Dans la mesure où le K'i, ainsi que nous
l'avons vu précédemment, concerne tous les moments et tous les actes de notre existence, depuis le plus intime jusqu'au plus essentiel et au plus vital, on peut affirmer sans
risquer de forcer la note que nous pouvons intervenir grâce à une régulation particulière du K'i sur pratiquement tout ce qui concerne notre organisme et la totalité de nos fonctions
vitales.
En réalité, les limites de
l'intervention d'un individu sur sa propre personne grâce au K'i tiennent à sa propre connaissance de son corps et à la maîtrise qu'il a pu acquérir dans les techniques
d'insufflation et d'optimisation du Souffle universel en lui-même.
Alain Bocher
Certaines affections qui nous paraissent peu importantes, n'en sont pas moins très courantes dans notre société moderne et nous "polluent" l'existence de mille
manières. Il ne s'agit pas forcément de maladies au sens premier du terme, mais plutôt de troubles qui, par leur persistance, leurs poussées cycliques ou encore leur lent mûrissement, nous compliquent la vie, "pompent" nos ressources, nous épuisent et à terme affectent durablement notre
énergie vitale et notre équilibre général.
Ce dont il est question s'apparente
davantage à un phénomène de faiblesse du K'i originel, se traduisant le plus souvent par des troubles
nerveux, des déséquilibres émotionnels, des fatigues chroniques, qui tous s'apparentent à une dysharmonie générale -dans laquelle le
stress joue un rôle de premier plan - et ont un effet plus ou moins prononcé sur le comportement quotidien et les choix élémentaires de la vie de tous les
jours.
Notre action va donc consister à
retrouver et à rétablir l'équilibre vital dans notre organisme, suivant ainsi le vieil adage chinois affirmant: Ceux qui savent bien faire circuler le K'i renforcent et nourrissent
le corps à l'intérieur et repoussent les maladies à l'extérieur.
On ne peut comprendre la portée de
ces quelques mots si l'on oublie la référence constante qui est faite au Vide. En effet, selon la plus lointaine tradition chinoise, pour que le K'i circule de façon idéale et
optimale dans notre organisme, il faut que les canaux qu'il va emprunter soient libres de toute entrave et, pour tout dire, empreints de ce Vide fondamental et initial qui ne demande
qu'à être comblé par l'énergie vitale du K'i de
l'univers.
Cela signifie concrètement que
le K'i ne peut circuler librement dans le corps si des parasite tels que pensées négatives ou soucis encombrent notre esprit, et par là
développent ou entretiennent des blocages dans telle ou telle partie de notre organisme -n'oublions pas que c'est la dynamique de l'esprit
(positive ou négative) qui meut le corps-, ce qui a pour effet de réduire ou d'interrompre la circulation du K'i et d'occasionner des maux d'une
intensité proportionnelle aux altérations développées.
Le K'i est omniprésent dans le
bon fonctionnement de tous nos organes et par là il influe directement sur la qualité de notre existence au quotidien. Incidemment, sans même que nous nous en rendions compte, chaque
jour, chaque heure, chaque minute, il harmonise et fluidifie la circulation de notre sang; il réchauffe, nourrit et stimule nos organes, de telle sorte que
pour la médecine traditionnelle chinoise tout déséquilibre physique résulte le plus souvent d'une insuffisance, d'un vide ou d'un blocage du
K'i.
Mais, au-delà du simple point de
vue physique, le K'i est également vital dans nos moindres émotions, dans la teneur de nos sentiments, dans l'éclairage donné à notre moral jour après jour. Car, s'il nourrit
abondamment et de façon permanente nos organes, dans le même temps il équilibre notre esprit, introduit le calme et la sérénité, pacifie nos pensées, et par sa
dynamique intrinsèque nous aide à privilégier le positif au détriment de la vision négative des choses. En ce sens, son pouvoir curatif naturel, de même qu'il le fait au niveau de
nos cellules, chasse de notre esprit tout ce qui n'est pas essentiel et nous permet d'accéder à une autre perception de notre
trajectoire.
B. Baudouin
proposé par mamadomi
rééd° du 12 03 09
19
Quel que soit le niveau où l'on se
place, il n'est jamais agréable de perdre quelque chose. Les enfant sont aussi désemparés par la mort d'un animal
de compagnie ou la perte d'un jouet
que peuvent l'être les adultes par la mort d'un proche ou bien la perte d'un emploi. La souffrance que nous éprouvons devant la perte nous vient de l'attente: nous nous attendons à être heureux
si nous avons quelque chose, et malheureux si nous ne l'avons pas. On a beau se répéter que l'argent ne fait pas le bonheur, nous avons tous tendance à associer les possessions et le
bien-être.
Vous pouvez commencer dès le plus jeune âge à enseigner à vos enfants une autre
manière de voir, à chercher le bonheur en soi plutôt que dans des objets extérieurs. C'est ici qu'intervient la leçon sur le gain et la perte. Traiter la perte sur le plan uniquement
matériel n'est pas une solution satisfaisante pour un enfant. Dire: "Ne pleure plus, je t'achèterai une autre poupée" est aussi mal inspiré que de décréter, à l'inverse: "C'est de ta faute si tu
l'as perdue, tant pis pour toi!"
Ces deux affirmations partent du principe que la poupée est la source du bonheur. Bien sûr, vous allez
devoir décider de remplacer ou non ce qui a été perdu, mais le point essentiel ici est que la poupée n'a pas d'importance. Peu importe ce que l'on a ou ce que l'on n'a pas; il vous faut donner à
vos enfants de l'amour et de la sécurité. Une perte peut être l'occasion de renforcer l'idée que le "vrai toi" est demeuré intact. Laissez la tristesse s'exprimer -il ne faut pas
faire obstacle aux émotions, mais remettez les choses dans leur contexte: "Je sais que tu as de la peine, mais ce n'est qu'un objet, et tu es ici pour des raisons bien plus importantes que
les
choses que tu possèdes ou que tu ne possèdes pas."
Quelles sont ces raisons? Dans les
cas difficiles, une fois passée la première vague d'émotion, vous pouvez dire quelque chose comme:
"Tu es ici pour être unique, parce que tu es unique."
"Tu es ici pour découvrir toutes sortes de choses."
"Tu es ici pour que papa et maman t'aiment et prennent soin de toi."
"Tu es ici pour être heureux de toutes sortes de manières."
Chacune de ces affirmations renferme l'idée que "je" est un être unique, créatif, aimé et prémuni contre toute perte. Pleurer à cause d'une poupée égarée, ce
n'est pas la même chose que de perdre une part de soi-même... mais cette vérité toute simple échappe à beaucoup d'enfants parce que leurs parents oublient de la leur rappeler.
Ainsi le thème tout entier de la perte et du gain peut être traité en même temps. Beaucoup de gens sont élevés dans l'idée que leurs problèmes seront résolus dès qu'ils auront amasé assez de quelque chose: argent, réputation, situation,
etc... Mais la perte et le gain vont toujours par cycles. Il en va de même, en fin de compte, pour la vie et la mort, qui se succèdent sans cesse dans le cycle des naissances et des
renaissances.
Le détachement est
cette qualité qui nous permet de n'être pas touchés par la perte ou par le gain. Ni l'une ni l'autre n'affectent le Soi; le Soi est toujours entier. Il reçoit toujours de sa source assez
d'amour et de bonheur. Enseignez cela à vos enfants, en insistant sur le fait que cette source d'amour et de bonheur est toujours disponible. Le parcours
spirituel est la révélation que le Soi est bien plus sûr que le moi.
D.Chopra
proposé par mamadomi
rééd° du 11 04 09
19
Dimanche 20 septembre 2009
Une omelette humilante et une inquiétante tasse de thé
m'ont permis de comprendre que le sens de notre existence
est issu d'événements qui ne sont plus dans le contexte.
Thérèse pensait qu'elle menait une vie un peu trop sage, elle n'osait pas se dire qu'elle
était souvent morne. Le principal événement de sa journée consistait à faire les courses au supermarché, chaque matin vers onze heures. Ce jour-là, comme cela arrive souvent, son chariot heurte
celui d'un jeune homme qui, aussitôt, transforme l'incident en un gentil commentaire qui la fait sourire. Un peu plus tard, il l'aide à charger sa
voiture. Un peu plus tard, il lui fait un signe de la main en sortant du parking. Un peu plus tard, il se gare dans la même rue quand elle arrive devant chez elle. Un peu plus tard, elle est
stupéfaite de se retrouver dans son lit avec un homme charmant qu'elle ne connaissait pas deux heures plus tôt.
Après l'affaire, Thérèse n'en revient pas de ce qui s'est passé. Elle lui dit: "Il est midi, si tu veux, je
vais faire une omelette." Il répond que c'est une bonne idée et que
pendant ce temps, il ira vérifier un bruit anormal dans sa voiture. Au grondement du moteur, elle
éprouve un sentiment bizarre, se met à la fenêtre et voit le véhicule tourner à toute allure au fond de la rue et disparaître. Elle ressent ce départ comme un coup de poing et fond
en larmes, humiliée.
Supposons que l'amant fugace ait partagé l'omelette de Thérèse (
j'adore cette image...). L'aventure sexuelle aurait pris une signification totalement différente: "Une jolie déraison, invraisemblable, qu'est-ce qui m'a pris, n'y pensons plus, ou plutôt si, pensons-y comme à un bel événement dans un ciel
morne."
C'est la fuite qui avait donné sens à la rencontre qui s'était
déroulée quelques minutes avant. Thérèse rageait en tenant son assiette à la main. Elle n'a pas mangé l'omelette qui signifiait "humiliation", alors que la même chose aurait pu signifier "jolie
folie" si l'amant l'avait partagée. Le déroulement des actes avait transformé la chose en signe.
Thérèse, choquée, revoyait certaines scènes et
se rappelait quelques phrases. Elle éprouvait, tout en maugréant le curieux plaisir que donne la satisfaction d'un besoin. Elle rectifiait des scènes, imaginait des mots: "J'aurais dû lui dire... me rendre compte... l'envoyer promener." En
même temps qu'elle reconstruisait son passé, elle intégrait son aventure dans l'histoire de sa vie et
cherchait à découvrir quelques analogies, répétitions, ou régularités qui lui auraient permis de comprendre comment elle gouvernait son existence: "Je
me fais toujours avoir par les hommes... c'était pareil avec mon premier flirt." Ayant découvert une orientation dans son histoire, elle
se construisait une règle qui la sécurisait pour son avenir: "Il faut que ça change, il faut que je me méfie de moi-même puisque je ne
me méfie pas assez des hommes." En cherchant dans son histoire quelques répétitions douloureuses, Thérèse présentait à nouveau dans sa conscience
(elle re-présentait) un scénario inscrit dans sa mémoire et le remaniait. En fait, en souffrant, elle ne ruminait pas, elle
travaillait au contraire à mettre au point une autre direction pour son avenir. Ce triste travail de remémoration la sécurisait en
l'aidant à découvrir une règle qui lui permettrait à l'avenir de maîtriser son existence. L'omelette signifiante, intégrée dans un récit de
soi, venait de lui permettre de découvrir une orientation de son existence.
La tendance à se faire le récit de ce qui nous est arrivé constitue un facteur de résilience à condition de donner sens à ce qui s'est passé et d'en faire un remaniement affectif.
Thérèse, bien sûr, ne répondait pas aux oeufs, elle répondait au sens que le déroulement des
actes avait attribué à l'omelette. Thérèse n'était pas humiliée par l'omelette, elle était mortifiée par le sens que le scénario du contexte et de
sa propre histoire lui avait fait donner à l'omelette.
Un être humain ne pourrait pas
vivre dans un monde sans mémoire et sans rêves.
Prisonnier du présent, il ne pourrait pas donner sens.
Le mystère de la tasse de thé peut illustrer cette idée. Vous jardinez tranquillement
quand, pour vous rafraîchir, vous entrez dans le salon de votre maison. Vous êtes surpris de voir vos enfants horrifiés devant la télévision. sur l'écran, un homme s'apprête à boire
une tasse de thé. Vous vous demandez où est l'horreur, et vous ne pouvez pas comprendre puisque vous étiez dans le jardin au
moment où, dans le film, la femme du héros a mis du cyanure dans le thé. Vos
enfants, eux, ont gardé cette scène en mémoire, ce qui leur permet de prévoir que ce monsieur va mourir. Ils
éprouvent la délicieuse horreur d'un film policier alors que vous n'y voyez qu'une banalité dépourvue de
sens.
Ils sont en train
de vivre un événement terrifiant alors que, pour vous, il ne se passe rien. Leur mémoire donne sens à la tasse de thé. Ils savent que cet objet représente beaucoup plus qu'une simple tasse car il
porte la mort. Le présent qu'ils perçoivent est imprégné par leur passé, ce qui provoque une délicieuse angoisse de
l'avenir.
B. Cyrulnik
proposé par mamadomi
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