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Bienvenue!

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  • : lieu d'échanges et de convivialité, en toute simplicité sur tous les sujets qui vous intéressent, des débats, de l'actualité, musique, poésie, humour, partage... bienvenue à tous les gourmands de la vie et aux adeptes de la pensée sans frontière!...ou de la non-pensée :) n'hésitez pas, proposez vos questions/sujets en cliquant sur "contact", en bas de page...ce sera publié!
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T'entends quoi?

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Oscar 2012 dans la catégorie du 
 court métrage documentaire

pour "Saving Face":la réalisatrice pakistanaise

Sharmeen Obaid-Chinoy lance sa campagne

contre les attaques à l'acide qui chaque année

défigurent + d'une centaine de femmes.

www.savingfacefilm.com

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Pour suivre les décisions et les changements
voulus par le peuple et pour le peuple

c'est ICI, dossier ALUR pour ex

texte de Loi

►oops ça coupe, suite ici 
+ de zik ici [les notes que j'aime]

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...pour voir le film de Yann Arthus-Bertrand
et une critique ici
; autre film (7'30):
Des fOrêts et des hommes
horloge mondiale

un moment Ted ici, avec Jill Bolte

hymne à la beauté de la nature ici

à lire absolument:
comprendre l'histoire d'Israël
par le grand universitaire Ilan Pappe
août 06 et toujours actuel...

138 pays reconnaissent la Palestine
en tant qu'état, 179 pays maintiennent leurs relations
diplomatiques, le pays est devenu membre de l'ONU
en 2011 (actuel statut d'observateur) mais
la demande d'adhésion n'aboutit pas à cause
du véto des E.U. et des pressions d'Israël
le 31 oct 2011:
la Palestine siège enfin à l'UNESCO
le 29 nov 2012
la Palestine devient
"un ETAT observateur
'non-membre' de l'ONU"


alerte huiles frelatées, à lire d'urgence

lexique pour les achats de poisson

dossier Red Bull, chez terre et mer
(plusieurs liens) ne pas consommer

Champs électromagnetiques et santé -
les REM, rayonnements électromagnétiques

les limites de la liberté d'expression:
incitations sans équivoques...
attention Printemps de Bourges en observation

HADOPI,
ses sanctions son vote aléatoire
pédagogie, pourquoi craindre Hadopi
sitôt votée, sitôt contournée, *ICI*
héhé...
riposte graduée censurée

les bibliothèques numériques sur Internet

Les 10 multinationales les + dangereuses
ICI

tout OGM = dépendance,...
moratoires nationaux et mobilisation

fruits et légumes de saison
chez Pol  merci 

scandale écologique de la fraise espagnole
chez
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Où Qu'il Est, L'article?

Cap à citer

earth hour

 Samedi 29/03/14:
20h30/21h30
 ...merci à tous 
www.earthhour.be.
le 23/03/2013
on a aussi éteint les lumières!

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Tunisie-drapeau.jpg

Pour une Tunisie et une Egypte
libres & démocratiques
calligraphie
bravo aux Lybiens, ya du travail encore...:

 courage aussi aux Yéménites, avec la révolution des femmes:

Drapeau du Yémen
...aux Syriens, qui paient cher:
aux Maliens, en proie au mal anti-éducation qui fait le lit de toutes les dominations:
et, que partout où
la liberté est bafouée,
la révolution se propage:
Algérie,Bahrein,Burkina Faso,Chine,
Djibouti,Haïti,Irak,Iran,Japon, 
Jordanie,Kenya,Koweit,Liban, 
Maroc,Mauritanie,Nigeria,Oman,
Palestine et Israël,Somalie,Soudan 
 ...France!
...Ukraine qui choisit des valeurs de démocratie dans le rapprochement à l'Europe, au détriment d'avantages économiques à rester liée à la Russie! Avec les risques extrémistes que ça comporte...
Thaïlande...

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l'origine du  mot  bug

Severn, la voix de nos enfants

 http://nsm02.casimages.com/img/2009/11/23/091123092629330824919416.gif

de notre ami Vladimir Vodarevski

ZEM apprenti maître zen
ici

cannabis, attention quand même...
dangers, alerte, qlqs infos
chez cardamome

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lettre ouverte d'un gendarme au président

de la république M. Hollande:


Couches Absorbées

Caplibreurs et surfeurs

Blog animé depuis bientôt 7ans

792 000 visites au 13 jan 2015
merci à tous et à toutes
...pour tous vos commentaires:
le 55 000ème, mercredi 5 nov 2014
déposé par:
bouquet rose et mauve
MERCI DE VOTRE VISITE

Je m'insurge!

Hommage à Stephane Hessel, récemment il avait subi la censure pour s'être exprimé contre les choix du gouvernement israëlien à l'encontre du peuple palestinien

 

ici, extrait de son indignation chez Taddeï

ses voeux de résistance 2011

en savoir plus à la fin de cette page en clic

******************************************************************************

L'homme que vous voyez sur la photo n'est pas un 'Black Block' ni un misérable retraité. C'est Manolis Glezos qui en 1941, sous l'occupation nazie, est monté sur l'Acropole et a retiré le symbole nazi, la croix gammée. Qui est-il?
 
Manolis Glezos Manolis Glezos
70 ans + tard des personnes en uniforme, serviteurs des banques, qui ne mériteraient même pas de lécher ses chaussures, ont l'audace de lever la main sur lui...
Ceux qui ne comprennent pas que nous voyons monter une nouvelle forme de fascisme financier devraient y réfléchir à deux fois.
 Un lien chez bernard

******************************************************************************

Suite aux pétitions de demande de soutien qui circulent:


Je déclare ne soutenir Eric Zemmour dans son combat pour la liberté d’expression qu'avec la réserve qui s'impose en regard du commerce qu'il fait de son impertinence dans sa posture d'opposition fanatique à ce qu'il appelle la pensée unique, opposition massive qui n'est qu'un grand fourre-tout de toutes les transgressions délétères par l'incitation à décomplexer toute forme de propos, de posture et d'investigation raciste.

Le poids de la parole publique enjoint une responsabilité et une prudence éthique qui, de toute évidence, lui pèsent dans son fantasme de toute puissance infantile tellement patent.

Ainsi, je NE CONDAMNE PAS LES PLAINTES ET PROCES QUI LUI SONT FAITS, NI LES CAMPAGNES DE SENSIBILISATION CONTRE SES EXCES ET SES FRANCHISSEMENTS DE LIGNE. Les pressions et menaces dont il fait régulièrement l’objet, en revanche sont nulles et non avenues.

Vous pourrez vous informer sur la charte éthique professionnelle du journalisme sur ce lien, dont:

- Refuse et combat, comme contraire à son éthique professionnelle, toute confusion entre journalisme et communication

- Ne confond pas son rôle avec celui du policier ou du juge

- Respecte la dignité des personnes

- N’use pas de la liberté de la presse dans une intention intéressée

- Prend la responsabilité de toutes ses productions professionnelles/répond devant la justice des délits prévus par la loi

- tient l’accusation sans preuve, l’intention de nuire, la déformation des faits, le mensonge, la manipulation, (...) pour les plus graves dérives professionnelles

http://obeissancecanine.free.fr/images/exercice1.gif

 vous pouvez commenter ici >> page blanche

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Ils dirent:
"Ô Calih!
Tu étais auparavant un espoir pour nous.
Nous interdis-tu d'adorer ce que nos pères adoraient?
Nous voilà dans une profonde incertitude
au sujet de ce vers quoi tu nous appelles."
(Houd:62)


Si nous examinons l'attitude des peuples face aux innovations techniques, scientifiques, philosohiques et religieuses du passé, il ressort que ce que nous admettons aujourd'hui comme l'évidence la plus commune, fit l'objet de persécutions à ses débuts. A ce niveau, trois attitudes sont à considérer:
- d'une part, le rejet de la nouveauté, par peur de l'inconnu qui dérange intérêts, coutumes et croyances;
- d'autre part, l'acceptation totale et aveugle de tout changement, avec le danger pour l'individu, sous l'effet du charme de la nouveauté, de subir les contrecoups d'une mauvaise évaluation;
- enfin, la disposition d'esprit scientifique ouvert à toute éventualité. Dans ce cas, le sujet ne formule aucune prise de position et ne tire aucune conclusion avant d'avoir exploré attentivement la nature de l'objet étudié. Cette attitude pondérée est, bien sûr, la plus saine.

De l'attitude choisie dépend, il va sans dire, le bien-être et l'équilibre d'une communauté. A titre d'exemple, le contraste entre les concepts musulmans et chrétiens à l'époque moyenâgeuse et les conséquences qui s'ensuivirent, fournissent un merveilleux exemple dont peut s'inspirer le monde moderne afin de ne pas retomber dans les erreurs passées. La période de l'âge d'or islamique, plus particulièrement aux alentours du premier millénaire, offre plus d'une leçon en ce qui concerne les différences d'approche chrétienne et islamique face à l'exploration d'un même domaine.

Afin d'illustrer ceci, examinons les réactions provoquées par les découvertes arabes telles que la numération, la médecine, la conception de l'existence, etc...

De nos jours, le jeune écolier européen apprend à manier les chiffres arabes sans se douter qu'autrefois, de "grands" hommes de son pays appelés papes, cardinaux et prêtres, qualifièrent de sorciers et d'amis de Satan, tout un peuple d'orient, pour avoir finalisé la fonction de petits signes énigmatiques. Le sympathisant chrétien au contact de cette science encourait, au Moyen-Age, les flammes du bûcher, tandis que ses descendants du XXè siècle ne se posent plus la question de l'utilisation du système numérique arabe. Parallèlement, l'éclat des sarrasins dans le domaine de la médecine avec des noms retentissants tels que Rhasès, Avicenne et Averroès, faisaient frémir d'horreur et de dédain les chefs de l'Eglise chrétienne. Les ecclésiastiques mettaient leurs troupes en garde contre ces arabes "païens" qui se risquaient à ouvrir la chair malade du prochain au moyen d'instruments peu "catholiques". Le recours à la grâce divine par l'intermédiaire de la prière ne suffisait-il pas? L'apposition de quelque main sacerdotale sur la partie infectée n'était-elle pas plus digne d'un bon chrétien, même si le boucher du hameau se voyait contraint d'amputer le membre une semaine plus tard? Chose inconcevable pour l'esprit neuf arabe de ne pas pallier rapidement la souffrance alors qu'il ne déplaisait nullement à la pensée chrétienne d'inviter l'Ange de la mort sur son prochain, en lui imposant la confession de ses fautes avant d'appeler un médecin. Or, l'Eglise à présent, soumet ses membres au bistouri d'avant-garde de tout hôpital, avec la même désinvolture qu'elle déploie à faire le total de ses recettes paroissiales à l'aide de la numération arabe. Inconsciemment, elle s'incline aux pieds du génie arabe qui, revitalisé à la source d'une nouvelle foi, sut faire prospérer la fraîcheur de ses énergies pour le bienfait de l'humanité.

Forts d'une nouvelle foi n'admettant aucun intermédiaire entre l'homme et Allah, les musulmans sont libres de tout engagement envers les préjugés religieux, à la différence du chercheur occidental qui, en ces temps-là, devait payer de sa vie pour une initiative semblable. Tel l'enfant endormi sur les genoux de sa mère, qui s'éveille au terme du voyage et questionne les merveilles d'un nouveau monde, le fils des sables, lui aussi, va sortir de son sommeil et grâce au bouleversement d'une intervention divine, marcher sur la voie libre du progrès. Il n'oppose pas d'obstacles à sa soif de connaissance et rend hommage au Maître en explorant les coins et recoins de Sa création. Il va devenir le pionnier de la science expérimentale. Les glorieux ancêtres arabes ne craignent point les violentes accusations de l'occident obscurantiste (avec son mépris bien connu du corps et des choses de la nature au profit du salut de l'âme) et poursuivent leurs recherches expérimentales armés d'un pur esprit scientifique, optant pour ce que l'expérience prouve et abandonnant à plus tard ce qui échappe au bon sens de leurs observations. Les annales de l'Arabie du Xè siècle reflètent l'ampleur des progrès humains de l'époque, résultat de la libre expression d'un foisonnement de chercheurs à tous niveaux. Non seulement la civilisation arabe sut faire reconnaître et accepter sa vérité avec bienveillance aux nations vaincues, mais ce ne fut qu'après s'être approvisionnée aux cultures grecque, chinoise, indienne, perse, etc... Ainsi, sur un plan philosophique, scientifique, technique et social, il est intéressant de noter comment l'attitude réceptive d'un peuple au produit de cultures hétérogènes, débouche sur son rayonnement propre.
L'intérêt de cette analyse n'est pas de tourner en dérision les faux pas d'un peuple en d'autres temps ennemi mais tout simplement de démontrer comment le manque d'ouverture d'esprit à de nouveaux concepts peut nuire à l'évolution de l'homme. Le meilleur hommage à la grandeur d'un nouveau message est de voir l'ennemi venir emprunter la sagesse de ce dernier car cet emprunt prouve deux choses:

- en premier lieu, le caractère universel du message lui-même, puisqu'un autre peuple peut en expérimenter les bienfaits malgré tous les éléments culturels qui les différencient;

- en second lieu, la supériorité de calibre de certains êtres au-dessus de tous préjugés de races et de coutumes, ayant la capacité de discerner chez l'ennemi les éléments complémentaires dignes de progrès, mais que leur propre patrie ne s'abaisserait jamais à considérer, par orgueil et stupidité.

Pourtant, ce sont ces hommes et ces femmes qui, accusés par leurs institutions de s'allier à la cause ennemie, parviennent  à les ramener à un jugement sain à plus ou moins long terme. Mais avant cela, le peuple testé apprend la leçon à ses dépens. Qu'un Perse célèbre les croyances d'un Egyptien et réciproquement, il n'y a guère lieu de s'étonner car ils sont voisins d'art et de senteurs, mais que des rois de lignée chrétienne, venus de la terre humide des châteaux forts à la pierre grise, se soient prosternés en vainqueurs devant le trône déchu des sarrasins, voilà de quoi surprendre! Les rois normands n'ont pas honte de céder à l'attrait de l'Islam, et ce, avec d'autant plus de facilité que leurs contrées pluvieuses reposent dans le sommeil de l'ignorance et de la superstition religieuse. Avec les musulmans, l'homme renaît au souffle vital. Il retrouve un point de contact avec l'Esprit Universel en se mettant, comme disait le Prophète, en quête d'Absolu par le biais du savoir:

"L'encre de l'élève est plus précieuse que le sang du martyr"
("The sayings of Muhammad" Carol Publishing group Edition, NY 1990, p94)

Le roi Roger II de Sicile n'hésita pas à familiariser sa cour avec les passionnantes découvertes de la terre à l'image d'un globe, suscitant les railleries des Pères de l'Eglise. De son côté, son petit-fils Frédéric II admet humblement la pauvreté de sa propre culture occidentale. Comme son grand-père. Il accorde au sujet arabe les mêmes prérogatives en matière de foi et de coutumes ainsi que l'avaient fait les musulmans au temps de leur gloire dans l'île. Il ne fut de plus belle victoire pour l'Islam que de voir "l'ennemi" accomplir les commandements assignés par le Prophète, suivant lesquels l'on ne doit pas exercer de contrainte en matière de foi. Cette attitude s'inscrit dans le cadre de la loi de "cause à effet" car le respect soudain des normands (jusqu'alors barbares) à l'égard des arabes, traduit la puissante qualité du modèle islamique sans laquelle la réplique normande au même niveau eut été impossible! La bienveillance, la tolérance et l'esprit innovateur des musulmans suffirent à faire succomber le chrétien à l'évidence de l'adoption d'une nouvelle religion. La force de l'exemple des convictions défendues, créé un impact remarquable dont le résultat dépasse de loin celui obtenu par le martèlement des cerveaux à coups de principes figés.

Les croisades déchirent deux peuples! Frédéric a compris depuis longtems que la rivière de sang à Jérusalem charrie des corps ennemis vers un même au-delà. Fidèle à la foi de ses ancêtres dans son essence, mais honteux des actes des représentants du Vatican, il respire profondément le parfum de la fleur arabe avec d'autant plus d'amour qu'elle rapproche le coeur de la Réalité. L'instrument a-t-il pour nom celui de Mohhammed tant décrié par les chrétiens. Peu importe au souverain, qui trouve le complément de sa personnalité sous le soleil d'Egypte. Le roi des Francs ne peut trahir l'ombre du Vatican derrière sa couronne, mais son coeur bat à l'unisson de celui de "l'infidèle". Raison de plus pour la papauté de réprouver un empereur commettant le péché de pénétrer les mystères de la création, plutôt que de s'agenouiller les yeux fermés et prier le Maître de l'Oeuvre! Quoiqu'il en soit, le souverain "hérétique" fait la sourde oreille aux menaces proférées contre lui, et s'aventure de plus belle à questionner l'ordre scientifique de l'univers aux côtés de ses frères des sables. Il n'éprouve aucune honte à interroger l'Inconnu selon les éclaircissements d'une nouvelle conception de l'existence, jugée indigne pour un roi couronné à Rome. C'est comme si à son insu, l'admirable souverain de Sicile avait joint les lumières du Christ et du Prophète car ouvrir son coeur à un peuple ennemi en religion, c'est élever l'humanité dans les hautes sphères de la foi universelle, de cette foi irrésistible qui appelle l'homme sur les grands chemins de la vie, à l'écoute des messages portés par le vent, car les signes de la nature ne trompent pas.

A ce sujet, il existe dans le récit des croisades un merveilleux épisose illustrant cette communion des coeurs et des esprits. En effet, la qualité des rapports qu'entretenaient le sultan d'Egypte et le roi des chrétiens exprime le comble du respect et de la délicatese lorsqu'un jour, à l'arrivée de Frédéric II à Jérusalem, Al-Hamil fait interrompre l'appel à la prière. Le cadi explique au roi quelque peu étonné, les raisons de la disparition des belles voix matinales:

- "Ô cadi! Pourquoi les muezzins n'ont -ils pas appelé le peuple à la prière?
- Ô prince des rois, nous savons apprécier l'honneur de ta visite!
- Vous avez tort de changer cos habitudes à cause de moi dans votre propre pays. Vous n'auriez même pas à le faire si vous habitiez dans le mien. En outre, je me réjouissais d'entendre le chant nocturne des muezzins!"

("Le soleil d'Allah brille sur l'occident" de Sigrid Hunke. Ed° Albin Michel, Ligugé, avril 1987, p.280)

Ils sont bien loin les jours où la voix singulière de l'aube éveillait l'étranger au sourire d'un jour nouveau. Mais il n'est pas sûr aujourd'hui que Son nom lancé du sommet du minaret puisse apaiser le malaise qui règne sur les cités du Prophète. Au contraire, la beauté du son ne fait qu'élargir la faille entre les merveilles de l'Ordre naturel et le poids de règles observées pour Le satisfaire. Nous avons ôté nos souliers sur le seuil de la mosquée, nous avons jeûné, fidèles comme le tournesol à la course du soleil, puis nous avons immolé l'agneau. Malgré cela, la vie continue son cours aussi mystérieuse, cruelle et désarmante qu'auparavant.

A ce point, nous pouvons nous poser la question suivante: Le Prophète saurait-il, aujourd'hui, reconnaître au milieu de ces gestes systématiques, les fidèles qu'il laissa armés de l'épée de Vérité et du bouclier de la Vertu? Et nous, saurions-nous Le reconnaître?
Probablement pas, car il donnerait des directives différentes afin de revigorer nos coeurs fatigués et nos corps apathiques. Les commandements établis il y a 1400 ans étaient justifiés, comme nous l'avons dit, par l'état des circonstances. Mais aujourd'hui, le musulman sincère, comme ses semblables dans les autres religions, a atteint un degré d'évolution tel que le respect statique des lois islamiques originelle crée un état de gêne intérieure. Imaginons une paire de boeufs tirant une charette avec de minuscules roues gauches et d'énormes roues droites. Quiconque verrait le paysan frapper les bêtes essoufflées par l'incommodité de la tâche courrait lui conseiller de remplacer les petites roues par de grandes. De même, l'essence coranique est une roue immense dont la roatation s'effectue à partir d'un axe permanent: amour, compassion et miséricorde universels! Par contre, l'expression de cet axe dans les menus détails conformes aux besoins de la société de l'époque, grincent aujourd'hui comme autant d'essieux rouillés par le temps. De même que la nature change spontanément de visage au cours des saisons, l'homme doit constamment se mettre en harmonie avec ses propres mutations internes et externes, sous peine d'atrophier le Soi réel. La recherche de l'intégration totale de son être le pousse à remettre en cause tout ce à quoi il est confronté car, de toute évidence, l'homme sincère ne peut exécuter aveuglément ce qui n'apporte pas une satisfaction véritable à sa nature profonde. Une fois de plus, il ne s'agit pas de renier l'héritage du passé, mais tout simplement de juger de la cohérence entre l'application d'un principe et le profit retiré de cette application.

En toute honnêteté, si Mohammed s'adressait aux foules contemporaines en ces termes: "Vers quel objet de désir s'enfuit votre attention lorsque vous priez en son nom cinq fois par jour? Quelle paix vous accorde la somme des prières au crépuscule? Vos mains se tendent chaque jour vers la voûte des cieux, mais n'êtes-vous point las de ne pas encore en connaître la signification, après tous ces siècles d'obéissance? Contentez-vous désormais d'une seule et puissante invocation à l'aube, car vous ne possédez plus le coeur pervers de vos aïeux!" Nous entendrions très certainement surgir les voix du passé:

"Vous n'êtes que des mortels comme nous.
Vous voulez nous éloigner
de ce que nos pères adoraient.
Apportez-nous donc
une preuve incontestable de votre pouvoir!"

(Abraham:10)

"Nous allons vous chasser de notre pays,
à moins que vous ne reveniez à notre religion!"

(Abraham:13)

"Ô toi, sur qui on a fait descendre le Rappel!
Tu es sûrement un possédé!
Pourquoi si tu es véridique,
n'es-tu pas venu à nous avec les anges?"

(Al Hijr:6)


L'histoire des prophètes prouve une chose commune: tous furent relégués au ban du mensonge, et l'humanité ignorante ne se priva point de leur porter coups et injures. Les nombreuses retraites forcées du Porphète et de sa famille illustrent l'hostilité rencontrée au VIIè siècle, bien qu l'opposant pouvait prétexter les forces armées des croyants. Mais pour quelle raison la vie non violente du Christ attira-t-elle sur lui la persécution des romains? Dans ce cas, il s'agit d'ignominie pure car l'ensemble de la masse humaine accepte mal qu'un élément éclairé fasse lumière sur ses souillures:

"Les hypocrites redoutent que l'on fasse descendre sur eux
une sourate leur montrant ce
qui se trouve dans leurs coeurs!"

(L'immunité:64)

"Chaque fois qu'un prophète est venu à vous,
en apportant ce que vous ne vouliez pas,
vous vous êtes enorgueillis!
vous avez traité plusieurs d'entre eux de menteurs
et vous en avez tué quelques autres!"

(La vache:87)


Il est difficile pour l'âme fourbe et opportuniste, d'admettre son erreur et la suprématie d'une conception jusqu'alors insoupçonnée, surtout lorsque la dénonciation de ses actes sort d'une bouche humble. Quels notables, quels riches marchands allaient prêter l'oreille aux propos du Christ? Le fils d'un quelconque charpentier allait-il prétendre à un meilleur royaume que celui des biens et des richesses de ce monde? Allait-il oser défier l'autrorité incontestée des maîtres opulents de Jérusalem, lui qui n'avait même pas un toit pour s'abriter?
Certes, rien n'est plus irritant que de voir surgir devant soi le miroir d'une force magistrale faisant ressortir la bassesse de nos attachements et intérêts. De la même manière, le pharaon d'Egypte s'empressa de conduire Moïse aux portes du désert plutôt que de perdre le peuple d'Israël, sur la sueur duquel reposait la gloire de sa cité. L'instinct colonisateur écrase toutes vérité qui éclate sans le recours à sa puissance, car il supporte mal que quiconque puisse être roi sans sceptre ni couronne, c'est-à-dire sans exiger de sujets leur soumission au trône d'un empire. L'ego dictarorial a besoin de se justifier sur la base d'un support matériel, sans lequel il perd toute raison d'exister; Il tente farouchement de camoufler son hypocrisie en exigeant de la Vérité ce qu'il sait lui être impossible de prouver, car il a compris la menace qu'elle représente pour le confort de ses illusions. C'est pourquoi il fut de tous temps reproché aux prophètes de s'être incarnés dans des conditions modestes, alors qu'ils défendaient un royaume sans pareil. L'essence de la Vérité étant impalpable à l'oeil nu de l'hypocrite, cette attaque de bas niveau reste l'unique moyen de pallier la peur des qualités hors du commun d'autrui. La sagesse ne se présenta pas à Moïse suivant les préceptes égyptiens, mais par un bouleversement intérieur de toute autre nature, d'où l'amère déception pour le prestige des pharaons. Jésus captivait les foules, et l'éloquence innée d'un enfant de douze ans ne peut qu'irriter les patriarches du soi-disant "temple du savoir". Quant à mohammed, ce fut le comble! De ses lèvres d'enfant élevé à l'air libre du désert, s'échappa la littérature la plus parfaite, la plus complète et la plus poétique. Les réactions qui suivent ne sont donc pas surprenantes pour l'orgueil piqué à vif:

"Si seulement on avait fait descendre le Coran sur un personnage important
de l'une de ces deux cités!"

(L'ornement:31)

"Pharaon fit une proclamation à son peuple;
Il dit:
"Ô mon peuple!
Le royaume d'Egypte ne m'appartient-il pas,
avec les fleuves qui coulent à mes pieds?
Ne voyez-vous pas?
Ne suis-he pas meilleur que cet homme misérable
et incapable de s'exprimer clairement?
Si seulement on lui avait lancé des bracelets d'or,
ou si les Anges l'accompagnaient?"

(L'ornement: 51,52,53)


Le tricheur feint de ne pas saisir les paroles d'un messager lorsque celles-ci présagent l'effondrement d'intérêts qu'il reconnaît au fond de lui-même éloignés de la Voie droite. Avec la perfidie qui est sienne, il s'acharne à saper la tâche de l'incarnation en lui opposant brillamment le caractère irréfutable de la sagesse ancienne à laquelle il prétend adhérer:

"Ces gens-là en arrivent à dire:"Si seulement
nous possédions un Rappel provenant des Anciens,
nous serions certaienement des serviteurs sincères de dieu!"

"Les bédouins te rappellent leur soumission
comme si c'était, de leur part, une faveur!"

(Les appartements privés:17)


L'esprit démoniaque utilise le subterfuge de la fausse croyance et, ainsi vêtu de l'habit jumeau des prophètes, espère retenir à lui la masse conditionnée. Il existe déjà une croyance instituée de père en fils sur laquelle a été structurée une gamme d'avantages; il est par conséquent hors de question qu'un souffle nouveau vienne en troubler l'ordre.
Mais qui dit "croyance" ne dit pas "soumission". En effet, la croyance a très souvent pour objet l'acceptation de concepts emmagasinés mais non vérifiés par soi-même, tandis que la soumission à Dieu suppose la capacité spontanée de se mettre en accord avec les lois naturelles. La croyance est un état de rupture avec l'environnement et la soumission une porte ouverte sur la régénération  de l'être qui y trouve la véritable libération. L'homme soumis ne craint pas pertes et dommages et  le renouvellement de lui-même sous d'autres horizons, mais le croyant a peut de la lumière d'une aube nouvelle sur les murs décrépits de sa vaste demeure:

"Les bédouins disent: nous croyons!
Dis: nous ne croyez pas, mais dites plutôt:
nous nous soumettons!
la foi n'est pas entrée dans votre coeur!"

(Les appartements privés:14)


Toujours dans l'habit du Porphète, le loup appelle les moutons à ne pas désobéir à la religion de leurs pères, mais:

"Si vous êtes croyants, ce qu evous ordonne votre foi est très mauvais."
(La vache:93)


car elle n'est pas à l'écoute du présent mais du passé! Et la preuve qu'une religion doit toujours se tenir au présent est le fait que les différentes incarnations se sont succédé à diverses époques pour revitaliser le produit desséché d'une seule et unique source vivante de Vérité.

L'attitude négative des maîtres de ce monde envers les prophètes, pour les raisons que nous venons de voir, a un effet hypnotique sur la masse gouvernée. Cette dernière calque ses humeurs sur celles des chefs religieux ou autres. Les sujets s'accrochent fermement  aux principes reçus par intérêt, facilité ou hypocrisie. Il n'est pas nécessaire de détenir quantités de pouvoirs pour rejoindre les rangs de l'opportunisme. Le solide concept de "famille" par exemple, suffit amplement à former à lui seul un motif d'oposition à l'innovation. Il faut pourtant reconnaître que la société musulmane a conservé de nombreuses valeurs familiales que l'occident a perdues depuis plusieurs décennies. Tandis que ce troisième âge, et que ses fils ne connaissent plus les limites de sécurité d'un foyer, l'enfant musulman au contraire grandit au sein d'un noyau tribal dont les membres soudés assurent sa protection pour la vie entière. Chaque personne du clan familial est respectée pour les qualités que lui confèrent son âge et son lien de parenté. Fait contrastant, les occidentaux regardent venir avec angoisse la solitude quasi certaine de la vieillesse, car la société de consommation n'assure plus désormais les fondements moraux nécessaires à la sécurité affective de l'homme. A côté de cela, le musulman aborde avec sérénité -consciente ou non- l'automne de sa vie, sachant que ses proches ne failliront pas au devoir coranique de les assister.

Malgré cela, l'excès de solidarité envers la cellule familiale de type musulman peut devenir une sérieuse entrave pour l'évolution individuelle face à l'innovation. Le chef de famille a déjà déterminé le chemin à suivre pour tous: celui des ancêtres! La forte pression exercée par le mari, le père et l'aïeul étouffe dans l'oeuf toute tentative de voir et de juger par soi-ême, et ce toujours, pour préserver le cachet de la communauté. Qui se soucie des morsures et des aspirations du coeur dans la mascarade de la vie quotidienne à la maison? Tels des automates, les chefs de famille ont absorbé sans réfléchir (ou plutôt en soupesant soigneusement leurs intérêts), dans une petite case de leur tête, les gestes et pensées de l'ancêtre et, sûrs de leurs provisions, les ont rangés à leur tour dans le cerveau de leur progéniture. Mais gare à celui d'entre eux qui fait la moue à la vue du ver dans le fruit:

"Nous avons trouvé nos pères suivant tous la même voie, nous nous guidons d'après leurs traces!"
(L'ornement:22)


ainsi commence une phase épineuse pour le chercheur de Vérité, semblable en tous points à la difficulté d'une incarnation à faire accepter la possibilibté d'un esprit neuf susceptible d'apporter une amélioration générale.

"Et si je vous apportais une direction plus parfaite
que celle que vous avez troubé chez vos pères?"

(L'ornement:24)


Âme honnête, ne vois-tu pas dans les paroles bafouées du Prophète, le reflet de ton combat actuel aux prises avec le voile poussiéreux de l'opinion collective?

"Ainsi nous avons envoyé avant toi
aucun avertisseur à une cité
sans que ceux qui y vivaient dans l'aisance ne disent:
oui, nous avons trouvé nos pères suivant tous la même voie et nous marchons sur leurs traces."

(L'ornement:23)


En effet, la position de dénonciation implique le courage de rompre avec les habitudes relatives à l'ensemble de l'environnement; en d'autres termes celui de vivre la condition peu agréable de marginalisation avec les épithètes connus d'hérétique, de frivole, d'illuminé, de traître, satanique, infidèle, schizophrène, mégalomane... Pour cette raison, l'homme de dimension inférieure opte (par paresse ou lâcheté) pour la cristallisation de ses pensées et coutumes. Se construire coûte cher, mais rien de plus facile que de suivre le chemin tracé par les prédécesseurs, et la voie de la facilité devient souvent celle de la dégradation.

Les familles trament des mariages consanguins pour éviter la dispersion des biens familiaux ou encore la honte d'une alliance avec "l'infidèle". L'hypocrisie et l'ignorance familiales jettent l'anathème sur celles de leurs filles qui s'unissent à un Juif, un Chrétien ou un Hindou. Qui est l'infidèle? Ne peut-il se cacheer parmi la race musulmane elle-même? Mohammed avait Abou Sofiane et son infâme épouse contre lui, pourtant frères d'une même cité! Maria la copte, bien que de naissance non musulmane, ne devint-elle pas l'épouse de l'Envoyé? La logique refuse le culte des aïeux qui interdit d'ouvrir son coeur aux autres peuples. Le soleil ne procure-t-il pas à tous la même soif et le froid els mêmes frissons?

"L'orient et l'occident appartiennent à Dieu.
suel que soit le côté vers lequel vous vous tournez,
la face de Dieu est là!"

(La vache:115)


Et pour ne pas revenir sur l'insistance du coran à transcender le phénomène des religions pour atteindre l'unité intérieure, le Prophète recommanda tout simplement d'épouser un coeur pur: qu'il fût juif, hindou ou chrétien, peu lui importait. Au lieu de cela, l'utilisation de la magie noire à des fins matrimoniales convient sans doute, pour les raisons que nous venons d'exposer, au maintien de l'esprit tribal musulman mais certes pas à la santé spirituelle de l'être. Les pouvoirs diaboliques de la terre natale ferment ainsi la porte à toute infiltration étrangère, et une société asphyxie lentement ses membres alors qu'il serait naturel de les laisser respirer l'air du dehors. Qui a jamais osé remettre en cause le geste matinal de l'épouse lorqu'elle invite la fraîcheur du large à venir chez elle purifier l'air de la nuit?

La nature prouve ses largesses mais nos yeux refusent de voir. La religion familiale pratiquée en masse ne va pas protéger le frère hypocrite, ou au contraire élever le fils sincère. L'homme naît seul et meurt seul. De la même manière, son évolution se réalise individuellement au sein d'une collectivité déterminée, à partir de laquelle il apprend à distinguer le bien du mal. Le discernement est de rigueur:

"Je désavoue ce qu vous adorez
mais non cleui qui m'a créé
car c'est lui qui me guide!" 607

(L'ornement:26,27)


Le Coran démontre qu'il n'est nullement contre nature de se détacher du noyau culturel familial pour franchir une étape supérieur. Comment en serait-il autrement, puisque chaque intervention divine survenue dans le courant de l'histoire, marqua un notable retournement de situation pour le groupe concerné, raison pour laquelle elle fut tout d'abord rejetée, mais:

"Ils ont traité de mensonge ce qu'ils ne connaissent
pas et ce dont l'explication ne leur est pas parvenue.
Ceux qui vécurent avant eux criaient au mensonge de la même façon!"

(Jonas:39)


Le récit d'Abraham met en évidence le concept de purs rapports familiaux:

"Dieu dit:
Je vais faire de toi un guide pour les hommes. Abraham dit:
Et pour ma descendance aussi?
Le Seigneur dit:
Mon alliance ne concerne pas les injustes!"

(La vache: 124)


Si nous sondons notre conscience, que représente exactement pour nous la famille? A quelles fins utilisons-nous ses membres?
Sommes-nous en mesure d'ouvrir nos maisons et de traiter l'ami ou l'étranger à l'image d'un fils ou d'une fille? Au contraire, le lien de parenté n'est-il que l'occasion à saisir pour opérer de basses spéculations matérielles, sans égard pour les difficultés de l'autre?
Quelles larges quantités nos mains insatisfaites, pourtant garnies, arrachent-elles à l'entourage? Et quels infimes dons nos demeures comblées offrent-elles? L'assoiffé des biens de ce monde opte pour la sauvegarde des intérêts de la famille, et n'éprouve aucune honte à faire pression sur l'ordre hiérarchique du clan afin de satisfaire ses plans.

Tout autre est l'état d'âme du chercheur de Vérité qui, témoin de ce jeu mesquin, perçoit un équilibre meilleur dans le bien que lui procure un type différent de liens familiaux. Il sent battre son coeur à l'unisson de ceux et celles dont la satisfaction intérieure ne peut être atteinte que grâce au bien-être retiré de l'essence même des personnes, et non de leurs possessions terrestres. Il n'est de plus beau cadeau que de pouvoir échanger peines et aspirations sur l'énigme de la vie, et d'aller ainsi bien au-delà de la faible satisfaction que procurent parfois les liens familiaux. Combien est grand le soulagement du fou d'Absolu lorsqu'il cesse de hurler la solitude de sa douleur, en entrant dans la famille des chercheurs de Vérité. Il n'est plus seul, il est semblable à d'autres et d'autres semblables à lui. Tels les maillons d'une chaîne soudés les uns aux autres, ils avancent dans la même direction et cela rassure. Riches ou pauvres, beaux ou laids, l'écorce ne compte plus. Les êtres humains vendent leur existence à ces apparences trompeuses, mais de différence il n'y a point.

La vie distribue ses fruits comme bon lui semble: aujourd'hui tu manges sucré, demain amer, tandis que ton voisin mange amer aujourd'hui, puis sucré demain. Nous goûtons aux mêmes plats. Seul un décalage de temps crée l'illusion des différences mais en réalité, l'essentiel qui se cache à l'intérieur de nous, est identique. Tout revient à ce quelque chose d'impalpable, mais non moins réel pour cette grande famille de Vérité, éparpillée dans le temps et dans l'espace, avec ses frères et soeurs de joies et de peines. Bien entendu, il n'est pas aisé de vivre ce privilège car bâtir son être intérieur repose sur des fondations invisibles, et cela dérange l'ordre établi. Le mortel ordinaire, vivant dans l'illusion du monde palpable, ne comprend pas la nature de ce Royaume dont parle l'être supérieur, et pour cela le qualifie de "dérangé mental".

L'instant crucial, source de conflits est là: il faut transcender les conditionnements d'une éducation parentale, d'une religion communautaire, du concept de nation et de race pour retrouver la dignité et le respect de soi-même. A l'aube du siècle à venir, l'acceptation de la différence devrait être reconnue pour son potentiel d'amélioration collective, et non faire l'objet de représailles et de haine comme nous le constatons très souvent:

"Je ne cherche pas à vous contrarier
lorsque je vous défends quelque chose
je veux seulement vous réformer,
autant que je le puis!"

(houd:88)

"Abraham ne demanda pardon pour son père
qu'en vertu d'une promesse qui lui avait été faite;
mais quand il vit clairement que son père
était un ennemi de Dieu, il le désavoua!"

(L'immunité:114)


Il importe donc de comprendre que la rupture avec certains préceptes traditionnels peut marquer l'ouverture d'une nouvelle étape évolutionnaire à laquelle nulle ethnie ne peut échapper, ainsi que le prouve l'histoire.

Les erreurs commises au cours des siècles, concernant l'attitude de l'homme face à un nouveau message à quelque niveau que ce soit, philosophique, scientifique ou religieux sont donc patentes. (...)
L'islam contemporain est-il en voie de remplacer la lugubre chrétienté du Moyen-Âge? et de fermer sa porte à toute innovation extérieure à sa communauté? Le fanatisme et l'irrationalité dont il fait preuve actuellement dans le monde entier, déconcertent et laissent prévoir le pire.

"Lorsqu'on leur a dit:
"Croyez à ce que dieu a révélé", ils ont répondu:
"Nous croyons à ce qui nous a été révélé": mais ils sont incrédules à l'égard de ce qui vint ensuite
et qui est la Vérité confirmant ce qu'ils ont déjà reçu."

(La vache:91)


Chaque époque a vu jaillir des mystères de l'Inconscient l'eau régénératrice à laquelle l'homme se désaltère, et chaque fois l'ennemi de l'homme a voulu troubler l'eau claire de la source Eternelle. Aujourd'hui la crainte n'est autre que de voire la main du peuple musulman souiller à son tour le cours de la rivière. Mais que fera-t-il à l'avenir de son ruisseau tari, s'il lui plaît d'endosser aujourd'hui la cape sinistre de ses ennemis d'hier? si la source eternelle avait choisi déjà une autre incarnation pour venir rafraîchir l'univers d'un nouveau torrent, ce même peuple saurait-il boire à l'énergie de ce courant ou deviendrait-il le chrétien d'un temps qui humilia la civisisation arabe? A cela, il est difficile de répondre! Va-t-il au contraire être le digne fils de ses aïeux, brillants modèles d'un Islam doux, tolérant et cohérent, mais aussi pionniers d'un esprit scientifique expérimental prêt à explorer l'inconnu? si une autre communauté envoyait aujourdh'ui la main d'une dame répandre l'ambroisie divine sur terre, il est à espérer que le nectar d'orient dont se délecta le roi "ennemi" dans la splendeur du passé, puisse à son tour unir ses dernières gouttes à l'amphore de l'Etrangère:

"Ô, mon père!
pourquoi adores-tu
ce qui n'entend pas,
ce qui ne voit pas,
ce qui ne te sert à rien?

Ô mon père!
J'ai reçu une science
qui ne t'est pas parvenue.

Suis-moi
Je te dirigerai sur une voie droite!"

(Marie:42)


Flore Descieux, Lumière du Coran

page blanche


proposé par mamadomi

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