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Bienvenue!

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  • : lieu d'échanges et de convivialité, en toute simplicité sur tous les sujets qui vous intéressent, des débats, de l'actualité, musique, poésie, humour, partage... bienvenue à tous les gourmands de la vie et aux adeptes de la pensée sans frontière!...ou de la non-pensée :) n'hésitez pas, proposez vos questions/sujets en cliquant sur "contact", en bas de page...ce sera publié!
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T'entends quoi?

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Oscar 2012 dans la catégorie du 
 court métrage documentaire

pour "Saving Face":la réalisatrice pakistanaise

Sharmeen Obaid-Chinoy lance sa campagne

contre les attaques à l'acide qui chaque année

défigurent + d'une centaine de femmes.

www.savingfacefilm.com

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Pour suivre les décisions et les changements
voulus par le peuple et pour le peuple

c'est ICI, dossier ALUR pour ex

texte de Loi

►oops ça coupe, suite ici 
+ de zik ici [les notes que j'aime]

HOME
...pour voir le film de Yann Arthus-Bertrand
et une critique ici
; autre film (7'30):
Des fOrêts et des hommes
horloge mondiale

un moment Ted ici, avec Jill Bolte

hymne à la beauté de la nature ici

à lire absolument:
comprendre l'histoire d'Israël
par le grand universitaire Ilan Pappe
août 06 et toujours actuel...

138 pays reconnaissent la Palestine
en tant qu'état, 179 pays maintiennent leurs relations
diplomatiques, le pays est devenu membre de l'ONU
en 2011 (actuel statut d'observateur) mais
la demande d'adhésion n'aboutit pas à cause
du véto des E.U. et des pressions d'Israël
le 31 oct 2011:
la Palestine siège enfin à l'UNESCO
le 29 nov 2012
la Palestine devient
"un ETAT observateur
'non-membre' de l'ONU"


alerte huiles frelatées, à lire d'urgence

lexique pour les achats de poisson

dossier Red Bull, chez terre et mer
(plusieurs liens) ne pas consommer

Champs électromagnetiques et santé -
les REM, rayonnements électromagnétiques

les limites de la liberté d'expression:
incitations sans équivoques...
attention Printemps de Bourges en observation

HADOPI,
ses sanctions son vote aléatoire
pédagogie, pourquoi craindre Hadopi
sitôt votée, sitôt contournée, *ICI*
héhé...
riposte graduée censurée

les bibliothèques numériques sur Internet

Les 10 multinationales les + dangereuses
ICI

tout OGM = dépendance,...
moratoires nationaux et mobilisation

fruits et légumes de saison
chez Pol  merci 

scandale écologique de la fraise espagnole
chez
 Béa K

Où Qu'il Est, L'article?

Cap à citer

earth hour

 Samedi 29/03/14:
20h30/21h30
 ...merci à tous 
www.earthhour.be.
le 23/03/2013
on a aussi éteint les lumières!

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Tunisie-drapeau.jpg

Pour une Tunisie et une Egypte
libres & démocratiques
calligraphie
bravo aux Lybiens, ya du travail encore...:

 courage aussi aux Yéménites, avec la révolution des femmes:

Drapeau du Yémen
...aux Syriens, qui paient cher:
aux Maliens, en proie au mal anti-éducation qui fait le lit de toutes les dominations:
et, que partout où
la liberté est bafouée,
la révolution se propage:
Algérie,Bahrein,Burkina Faso,Chine,
Djibouti,Haïti,Irak,Iran,Japon, 
Jordanie,Kenya,Koweit,Liban, 
Maroc,Mauritanie,Nigeria,Oman,
Palestine et Israël,Somalie,Soudan 
 ...France!
...Ukraine qui choisit des valeurs de démocratie dans le rapprochement à l'Europe, au détriment d'avantages économiques à rester liée à la Russie! Avec les risques extrémistes que ça comporte...
Thaïlande...

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l'origine du  mot  bug

Severn, la voix de nos enfants

 http://nsm02.casimages.com/img/2009/11/23/091123092629330824919416.gif

de notre ami Vladimir Vodarevski

ZEM apprenti maître zen
ici

cannabis, attention quand même...
dangers, alerte, qlqs infos
chez cardamome

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lettre ouverte d'un gendarme au président

de la république M. Hollande:


Couches Absorbées

Caplibreurs et surfeurs

Blog animé depuis bientôt 7ans

792 000 visites au 13 jan 2015
merci à tous et à toutes
...pour tous vos commentaires:
le 55 000ème, mercredi 5 nov 2014
déposé par:
bouquet rose et mauve
MERCI DE VOTRE VISITE

Je m'insurge!

Hommage à Stephane Hessel, récemment il avait subi la censure pour s'être exprimé contre les choix du gouvernement israëlien à l'encontre du peuple palestinien

 

ici, extrait de son indignation chez Taddeï

ses voeux de résistance 2011

en savoir plus à la fin de cette page en clic

******************************************************************************

L'homme que vous voyez sur la photo n'est pas un 'Black Block' ni un misérable retraité. C'est Manolis Glezos qui en 1941, sous l'occupation nazie, est monté sur l'Acropole et a retiré le symbole nazi, la croix gammée. Qui est-il?
 
Manolis Glezos Manolis Glezos
70 ans + tard des personnes en uniforme, serviteurs des banques, qui ne mériteraient même pas de lécher ses chaussures, ont l'audace de lever la main sur lui...
Ceux qui ne comprennent pas que nous voyons monter une nouvelle forme de fascisme financier devraient y réfléchir à deux fois.
 Un lien chez bernard

******************************************************************************

Suite aux pétitions de demande de soutien qui circulent:


Je déclare ne soutenir Eric Zemmour dans son combat pour la liberté d’expression qu'avec la réserve qui s'impose en regard du commerce qu'il fait de son impertinence dans sa posture d'opposition fanatique à ce qu'il appelle la pensée unique, opposition massive qui n'est qu'un grand fourre-tout de toutes les transgressions délétères par l'incitation à décomplexer toute forme de propos, de posture et d'investigation raciste.

Le poids de la parole publique enjoint une responsabilité et une prudence éthique qui, de toute évidence, lui pèsent dans son fantasme de toute puissance infantile tellement patent.

Ainsi, je NE CONDAMNE PAS LES PLAINTES ET PROCES QUI LUI SONT FAITS, NI LES CAMPAGNES DE SENSIBILISATION CONTRE SES EXCES ET SES FRANCHISSEMENTS DE LIGNE. Les pressions et menaces dont il fait régulièrement l’objet, en revanche sont nulles et non avenues.

Vous pourrez vous informer sur la charte éthique professionnelle du journalisme sur ce lien, dont:

- Refuse et combat, comme contraire à son éthique professionnelle, toute confusion entre journalisme et communication

- Ne confond pas son rôle avec celui du policier ou du juge

- Respecte la dignité des personnes

- N’use pas de la liberté de la presse dans une intention intéressée

- Prend la responsabilité de toutes ses productions professionnelles/répond devant la justice des délits prévus par la loi

- tient l’accusation sans preuve, l’intention de nuire, la déformation des faits, le mensonge, la manipulation, (...) pour les plus graves dérives professionnelles

http://obeissancecanine.free.fr/images/exercice1.gif

 vous pouvez commenter ici >> page blanche

1 avril 2014 2 01 /04 /avril /2014 05:46

      http://www.maxi-gif.com/gif-ressource-webmaster/barre/barre-divers-00005.gif   

illustré par Alessio Atzeni

http://www.maxi-gif.com/gif-ressource-webmaster/barre/barre-divers-00005.gif

L'évangile de Marie

 commentaire 

http://www.maxi-gif.com/gif-ressource-webmaster/barre/barre-divers-00005.gif

 

  5  Ayant dit cela, Il partit.

  6  Les disciples étaient dans la peine;

  7  ils versèrent bien des larmes, disant:

  8  "Comment se rendre chez les païens et annoncer 

  9  l'Evangile du royaume du Fils de l'Homme?

10  Ils ne l'ont pas épargné, 

11  comment nous épargneraient-ils?"

page 9           

http://www.maxi-gif.com/gif-ressource-webmaster/barre/barre-divers-00005.gif 

Précédemment

 

Pour Pierre, il faudra rien de moins qu'une "vision" pour comprendre "que Dieu ne fait pas acception des personnes, mais qu'en toute nation celui qui L'aime et Le cherche et pratique la justice Lui est agréable"

(Ac 10, 34-35).

"Le lendemain, tandis qu'ils faisaient route et s'approchaient de la ville, Pierre monta sur la terrasse, vers la 6ème heure, pour prier.

Il sentit la faim et voulut prendre quelque chose.

Or, pendant qu'on lui préparait à manger, il tomba en extase.

'Il voit le ciel ouvert' et un objet, semblable à une grande nappe nouée aux 4 coins, en descendre vers la terre. Et dedans il y avait tous les qudrupèdes et les reptiles, et tous les oiseaux du ciel.

Une voix lui dit alors:

'Allons, Pierre, immole et mange'.

Mais Pierre répondit:

'Oh non! Seigneur, car je n'ai jamais rien mangé de souillé ni d'impur!'

De nouveau, une 2nde fois, la voix lui parle:

'Ce que Dieu a purifié, toi, ne le dis pas souillé'.

Cela se répéta par 3x, et aussitôt l'objet fut remporté au ciel.

Tout perplexe, Pierre était à se demander en lui-même ce que pouvait bien signifier la vision qu'il venait d'avoir, quand justement les hommes envoyés par Corneille, s'étant enquis de la maison de Simon, se présentèrent au portail. Ils appelèrent et s'informèrent si c'était bien là que logeait Simon surnommé Pierre.

Comme Pierre était toujours à réfléchir sur sa vision, l'Esprit lui dit:

'Voilà des hommes qui te cherchent. Va donc, descends et pars avec eux sans hésiter, car c'est moi qui les ai envoyés.'

Pierre descendit auprès de ces hommes et leur dit:

'Me voici, je suis celui que vous cherchez. Quel est le motif qui vous amène?'

Ils répondirent:

'Le centurion Corneille, homme juste et craignant Dieu, à qui toute la nation juive rend bon témoignage, a reçu d'un ange saint l'avis de te faire venir chez lui et d'entendre les paroles que tu as à dire.'

Pierre les fit alors entrer et leur donna hospitalité.

Le lendemain, il se mit en route et partit avec eux; quelques-uns Césarée le jour suivant. Corneille les attendait et avait réuni ses parents et ses amis intimes. Au moment où Pierre entrait, Corneille vient à sa rencontre et, tombant à ses pieds, se prosterna. Mais Pierre le releva en disant: 

'Relève-toi. Je ne suis qu'un homme, moi aussi'.

Et, tout en s'entretenant avec lui, il entra. Il trouve alors les gens qui s'étaient réunis en grand nombre, et il leur dit:

'Vous le savez, il est absolument interdit à un Juif de frayer avec un étranger ou d'entrer chez lui. Mais Dieu vient de me montrer, à moi, qu'il ne faut appeler aucun homme "souillé' ou 'impur'." (Ac 10, 9-28).

Il est donc demandé aux disciples d'abord de franchir cet interdit, de renoncer à leur élection, et pour un esprit masculin et religieux cela ne doit pas être si facile.

À ce propos, le terme d'"élection" doit être bien compris, sinon, après avoir parlé de "peuple élu" pour les juifs, on parlera de peuple élu pour les chrétiens, puis, quelques siècles + tard, de peuple élu pour les musulmans et, aujourd'hui, les sectes ne manquent pas qui se présentent comme "le petit reste", "les derniers des justes", "le nouveau et ultime peuple élu".

Je pense à l'histoire de ce vieux rabbin, qui disait:

"Dieu nous a élus parce que nous sommes le moins spirituel, le + charnel, le + lent à croire de tous les peuples; nous avons la nuque raide. Donc, si nous sommes élus, à + forte raison tous les autres, qui sont + spirituels, moins durs d'échine, moins orgueilleux et moins lents à croire..." 

C'est ce que disait aussi Paul de Tarse:

"SDieu m'a élu, moi, un criminel, un persécuteur, à + forte raison vous aussi, vous qui n'avez pas tué et persécuté." 

On pourrait encore remonter + loin et citer David, le roi de Messiah; celui qui a reçu l'onction de l'Esprit n'était-il pas un adultère, un violeur, un criminel, lui qui envoie se faire tuer au front d'Urie, l'époux de Bethsabée, qu'il convoite, alors qu'il dispose déjà d'une multitude de concubines.

Dieu ne choisit pas un peuple ou une personne en raison de ses qualités. Il les choisit pour qu'ils deviennent les témoins d'un Amour qui déborde, sans les nier, nos simples éthiques humaines; là où nous pouvons nous sentir jugés, ou exclus par les hommes, il existe un autre recours, une autre conscience, qui nous connaît tels que nous sommes, quelles que soient nos splendides ou déplorables apparences.

Mais ce n'est pas toujours ainsi que l'on va comprendre l'élection, et certains ne tarderont pas à en faire un titre d'orgueil et de mépris à l'égard de ceux qui n'ont pas la même appartenance.

C'est évidemment le reproche que fera Yeshoua à ceux dont Il partage la lignée, les traditions et la foi. 

 

 Autant Il est tendre avec ceux qu'on appelle dans la société juive des "pécheurs", autant Il est impitoyable avec ceux qui se prennent pour des "justes":

"Vous êtes, vous, ceux qui se donnent pour justes devant les hommes, mais YHWH Celui qui Est, l'Etre qui Est ce qu'Il Est, connaît vos coeurs.

Ce qui est élevé aux yeux des hommes peut être objet de dégoût en Présence de YHWH, l'Etre qui Est ce qu'Il Est" (Lc 16, 15)

On connaît également la parabole savoureuse du pharisien et du publicain, qu'il faudrait évidemment aujourd'hui réécrire à l'envers, car pour certains "se mettre au fond de l'Eglise", se frapper la poitrine et se considérer comme les pires des hommes suffit à leur donner "bonne conscience", donc de faire d'eux de parfaits pharisiens sous les oripeaux et les allures du publicain!

"Il dit encore, à l'adresse de certains qui se flattaient d'être des justes et n'avaient que mépris pour les autres, la parabole que voici:

'Deux hommes montèrent au Temple pour prier; l'un était pharisien et l'autre publicain. Le pharisien, debout, priait ainsi en lui-même:

'Mon Dieu, je Te rends grâces de ce que je ne suis pas comme le reste des hommes, qui sont rapaces, injustes, adultères, ou bien encore comme ce publicain; je jeûne 2x la semaine, je donne la dîme de tout ce que j'acquiers'

'Le publicain, se tenant à distance, n'osait même pas lever les yeux au ciel, mais il se frappait la poitrine en disant:

'Mon Dieu, aie pitié  du pécheur que je suis!'.'

Je vous le dis: ce dernier descendit chez lui justifié, l'autre non.

Car tout homme qui s'élève sera abaissé, mais celui qui s'abaisse sera élevé." (Lc 18, 9-14).

 

Ainsi, les disciples n'ont pas encore en eux la paix du Fils de l'Homme et Sa liberté pour annoncer Son Evangile à tous. Ils craignent de souffrir à un niveau ou à un autre, dans leur réputation ou dans leur coeur, mais le serviteur n'est pas au-dessus de son maître:

"Si le monde vous hait, sachez qu'il m'a haï avant vous"

(Jn 15, 18) 

"En vérité, en vérité, je vous le dis,

vous pleurerez et vous vous lamenterez,

et le monde se réjouira;

vous serez dans la douleur,

mais votre peine se changera en joie.

La femme sur le point d'accoucher 

est dans la douleur

parce que son heure est venue;

mais, lorsqu'elle a donné le jour à l'enfant, 

elle ne se souvient plus de la peine,

dans la joie qu'un Humain [Anthropos] vienne au monde"

(Jn 16, 20-21)

C'est Myriam de Magdala qui va se tenir auprès d'eux non comme une accoucheuse d'âmes ou de corps, mais comme l'Accoucheuse de ce Fils éternel dont la Présence veut s'éveiller au coeur même de ce qui ne cesse de trembler en eux.

à suivre...

Evangile copte du IIè s.

(Maria Magdalena) traduit et commenté

par J.-Y. Leloup

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 proposé par mamadomi

art. philo n°700 

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31 mars 2014 1 31 /03 /mars /2014 09:20

Si vous avez l’impression que vous êtes trop petit pour pouvoir changer quelque chose, essayez donc de dormir avec un moustique...et vous verrez lequel des deux empêche l’autre de dormir

Le Dalaï Lama 
Le + haut chef spirituel (religieux) du Tibet 
Chef du gouvernement tibétain en exil de 1959 à 2011

 

Vous voulez les misérables secourus, moi je veux la misère supprimée.

Vous voulez l’impôt proportionnel, moi je ne veux point d’impôt du tout.

Je veux la dépense commune réduite à sa + simple expression

et payée par la plus-value sociale. 

Victor HUGO 
Poète, dramaturge et prosateur romantique 
considéré comme l’un des plus importants écrivains de langue française 
Personnalité politique et intellectuel engagé du XIXe siècle

"J'ai la conviction que l'Univers est à la recherche d'une harmonie faite de Justice et de Liberté"

"La vraie charité ne consiste pas à jeter une piécette à un mendiant.

Elle conduit à penser qu'un édifice social où sont produits des mendiants

a besoin d'être remodelé"

Martin Luther King 1929-1968

militant des Droits de l'Homme, Pasteur, Ecrivain, Pacifiste, Prix Nobel de la Paix (1964) 
Médaille d'Or du Congrès (2004)

"Ainsi que la plupart des gens de ma génération, j'ai été élevé selon le principe que l'oisiveté est mère de tous les vices. Comme j'étais un enfant pétri de vertu, je croyais tout ce qu'on me disait, et je me suis ainsi doté d'une conscience qui m'a contraint à peiner au travail toute ma vie. Cependant, si mes actions ont toujours été soumises à ma conscience, mes idées, en revanche, ont subi une révolution. En effet, j'en suis venu à penser que l'on travaille beaucoup trop de par le monde, que de voir dans le travail une vertu cause un tort immense, et qu'il importe à présent de faire valoir dans les pays industrialisés un point de vue qui diffère radicalement des préceptes traditionnels.

Les méthodes de production modernes nous ont donné la possibilité

de permettre à tous de vivre dans l'aisance et la sécurité.

Nous avons choisi, à la place, le surmenage pour les uns

et la misère pour les autres:

en cela, nous nous sommes montrés bien bêtes, mais il n'y a pas de raison

pour persévérer dans notre bêtise indéfiniment."

Bertrand Russel

Mathématicien, logicien, philosophe, 
Epistémologue, homme politique et moraliste britannique. 
"Eloge de l’oisiveté" (Ed. Allia, Paris 2002)

"Celui qui croit qu’une croissance exponentielle peut continuer indéfiniment dans un monde fini est un fou ... 

 ... ou un économiste capitaliste.

Association pour l’Économie Distributive
"On domine d'autant mieux que le dominé en reste inconscient"
 
Ignacio Ramonet
Sémiologue du cinéma, Journaliste
ancien directeur du Monde Diplomatique 
Un Etat totalitaire vraiment "efficient" serait celui dans lequel le tout-puissantesclaves modernes comité exécutif des chefs politiques et leur armée de directeurs auraient la haute main sur une population d'esclaves qu'il serait inutile de contraindre, parce qu'ils auraient l'amour de leur servitude. La leur faire aimer, telle est la tâche assignée dans les Etats totalitaires d'aujoud'hui aux ministères de la propagande, aux rédacteurs en chef des journaux et aux maîtres d'école."
 
Aldous Huxley
Le meilleur des mondes
Un emploi pour tous?
"Si un homme du XIXè s. pouvait débarquer dans notre actualité, la 1ère chose dont il s'étonnerait serait l'épuisement complet, l'assèchement radical, le tarissement de toute imagination politique! Comment est-il possible qu'avec tant de possibilités technologiques, qu'avec autant de richesses matérielles et immatérielles accumulées, avec une telle diffusion de savoir-faire, avec un tel développement de la science, les syndicats et les partis politiques accouchent d'un vide d'action et de proposition?
Un militant de gauche serait tout simplement effaré
par la proposition majoritaire de la gauche "un emploi pour tous".
A ses oreilles éveillées par des débats autrement passionnés sur les mille manières d'abolir et de dépasser l'esclavage du travail salarié, ce mot d'ordre sonnerait comme celui d'une nouvelle servitude: nous voulons des patrons." 
 
Maurizio Lazzarato 2005
Sociologue et philosophe italien indépendant, résidant à Paris
Liberté de choisir l'activité
"C'est une société de travailleurs que l'on va délivrer des chaines du travail, et cette société ne sait plus rien des activités hautes et + enrichissantes pour lesquelles il vaudrait la peine de gagner cette liberté." 
 
Hannah Arendt
Philosophe allemande naturalisée américaine,
connue pour ses travaux sur l'activité politique, le totalitarisme et la modernité. 
De la relativisation du progrès
Si au temps passé pour parcourir une distance donnée, on ajoute le temps passé pour gagner l'argent nécessaire à l'achat du véhicule, du carburant, du garage, au paiement des impôts qui financent les voies de circulation et les services associés, notre vitesse moyenne de déplacement est ramenée... à celle de la marche à pied.
 
Ivan Illich
Penseur de l'écologie politique
Figure importante de la critique de la société industrielle
On dirait que le peuple tombe de + en + dans l'indifférence, que les droits qui lui ont coût le + cher, ont cessé de lui paraître précieux, qu'il voit sans inquiétude violer ou éluder les lois qu'il  a eu le + de peine à conquérir et qu'il laisse sortir de sa mémoire tout ce qu'ont fait ses pères, et que le peuple se montre disposé à souffrir ce qu'il n'eut jamais supporté auparavant...
 
Alexis de Tocqueville
... déjà en 1843!
proposé par mamadomi
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30 mars 2014 7 30 /03 /mars /2014 11:41

BARRE ORIENTALE

 

Annelie Solis 

BARRE ORIENTALE

Le courage, c’est d’être tout ensemble, et quel que soit le métier, un praticien et un philosophe.

Le courage, c’est de comprendre sa propre vie, de la préciser, de l’approfondir, de l’établir et de la coordonner cependant à la vie générale.

Le courage, c’est de surveiller exactement sa machine à filer ou tisser, pour qu’aucun fil ne se casse, et de préparer cependant un ordre social + vaste et + fraternel où la machine sera la servante commune des travailleurs libérés.

Le courage, c’est d’accepter les conditions nouvelles que la vie fait à la science et à l’art, d’accueillir, d’explorer la complexité presque infinie des faits et des détails, et cependant d’éclairer cette réalité énorme et confuse par des idées générales, de l’organiser et de la soulever par la beauté sacrée des formes et des rythmes.

Le courage, c’est de dominer ses propres fautes, d’en souffrir, mais de n’en pas être accablé et de continuer son chemin.

Le courage, c’est d’aimer la vie et de regarder la mort d’un regard tranquille;

c’est d’aller à l’idéal et de comprendre le réel;

c’est d’agir et de se donner aux grandes causes sans savoir quelle récompense réserve à notre effort l’univers profond, ni s’il lui réserve une récompense.

Le courage, c’est de chercher la vérité et de la dire;

c’est de ne pas subir la loi du mensonge triomphant qui passe, et de ne pas faire écho, de notre âme, de notre bouche et de nos mains aux applaudissements imbéciles et aux huées fanatiques.

Jean JAURES, 1903 
Homme politique français, Orateur et parlementaire socialiste, Pacifiste
né à Castres (Tarn) en 1959, assassiné à Paris en1914.

BARRE ORIENTALE

 

proposé par mamadomi

rééd° du 22 06 13

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28 mars 2014 5 28 /03 /mars /2014 18:49

     divider_600.jpg

signature-appel-egalite-femme-homme.pngEn 2012 était célèbré le tricentenaire de la naissance de Jean-Jacques Rousseau. L’occasion d’un retour sur l’œuvre et la pensée du philosophe (1712-1778). En particulier, dans la France des débats électoraux de 2012, de nombreux médias se sont interrogés sur la pertinence des idées développées dans le Contrat social.

Guy Evrard tente ici de retenir de l’œuvre du philosophe mise en avant ces derniers mois, les idées qui continuent d’inspirer notre réflexion ou de faire débat à la Grande Relève!

 

divider_600.jpg

J-Jacques Rousseau[1] est né roturier, d’une famille protestante d’origine française, un père horloger et une mère qui meurt suite à sa naissance. Livré à lui-même dès son jeune âge, autodidacte, c’est donc en lui-même et dans les hasards de ses errances, de fuites en refuges, entre exils et conversions, qu’il puise les éléments de réflexion à la source de son œuvre. 9782253067245-T.jpgUne œuvre qui suscita tour à tour amitiés et inimitiés envers son auteur, mais qui laisse, aujourd’hui encore, une profonde empreinte, tant les sujets sur lesquels il développa ses idées restent débattus. Une œuvre qui s’inscrit dans l’histoire de la pensée.

À Genève en 1712, J-Jacques Rousseau naît de parents citoyens et donc citoyen lui-même, de la République de Genève[2], [3]. Il revendique cette naissance républicaine, forgeant ainsi progressivement son idéal de liberté et d’égalité. Il dédiera à la République de Genève son Discours sur l’origine et les fondements de l’inégalité parmi les hommes, en 1755. Ses déambulations ou retraites dans des lieux où la nature est belle sont pour lui des moments de bonheur et de passion. Encore enfant, dévorant les romans de la bibliothèque familiale, il rencontre très tôt les sentiments humains, et développe ainsi sa propre sensibilité, cultivant l’introspection, dont son œuvre est souvent marquée. Les sentiments précédant les concepts, il y reconnaît une "dangereuse méthode":

"Je n’avais aucune idée des choses, que tous les sentiments m’étaient déjà connus. Je n’avais rien conçu, j’avais tout senti."

Dans l’Émile, il en fait un principe d’éducation, dont la pédagogie est évidemment aujourd’hui toujours source de polémique, tant elle peut être pervertie:

"Vivre est le métier que je veux lui apprendre. En sortant de mes mains, il ne sera, j’en conviens, ni magistrat, ni soldat, ni prêtre: il sera premièrement un homme".

Claude Lévi-Strauss verra en lui le fondateur des sciences de l’homme.

JPEG - 18 ko

J-Jacques Rousseau meurt le 2 juillet 1778 à Ermenonville, bourgade de l’Oise. Il entrera au Panthéon en 1794. Peu de temps après sa mort, Maximilien Robespierre, alors âgé de 20ans, vient lui rendre hommage, au seuil de sa maison. Il écrira cette Dédicaces aux mânes de Rousseau:

"Homme divin, tu m’as appris à me connaître... Je veux suivre ta trace vénérée... heureux si, dans la périlleuse carrière qu’une révolution inouïe vient d’ouvrir devant nous, je reste constamment fidèle aux inspirations que j’ai puisées dans tes écrits." [4]

Jean-Jacques Rousseau et le Contrat social (Repris de France-Culture)

 

[1]André Lagarde et Laurent Michard, XVIIIè s, J-J Rousseau, éd. Bordas, Textes & Littérature, Paris, 3è éd°, 1955 et 1965 

[2]Julliette Cerf, Gilles Heuré et Olivier Pascal-Mousselard, J-Jacques Rousseau agitateur depuis 300ans, Télérama n°3259, du 30/6 au 6/7/2012

[3]Le Canton de Genève fut une république indépendante depuis le XVIe s. jusqu’à ce qu’elle devienne un canton suisse le 31 déc. 1815. C’est un sujet de fierté pour les Genevois, qui parlent encore de la République de Genève. (Wikipédia)

[4]Odile Nguyen-Schoendorff, philosophe, Un homme adulé, mal aimé, mais aussi trop souvent mal compris, l’Humanité, 28/6/2012

divider_600.jpgDes airs de campagne (électorale)

et Contrat social

 

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Après plusieurs émissions consacrées à J-Jacques Rousseau depuis début 2012, France-Culture saisissait l’opportunité, au terme d’une période électorale qui surfa 415aiBO9XqL.jpgmalheureusement + souvent sur la forme politicienne que sur le fond des idées, pour interroger [5]: Toujours modernes, les théories républicaines de Rousseau?

"En 1762 (...) il mettait la touche finale à son très célèbre “Contrat social”. Depuis, ce texte s’est imposé comme l’un des + importants de la philosophie politique, surtout à partir de la Révolution française dont les + enragés se réclamaient des théories de Rousseau - (...) alors que le philosophe genevois, loin d’appeler à l’insurrection, considérait que celle-ci attisait en l’homme tout ce qu’il y a de pernicieux."

Paul Audi, philosophe, répond que c’est d’abord l’injustice sociale qu’a éprouvée J-Jacques Rousseau dès ses 1ers pas dans la recherche d’un travail qui l’a conduit à cette réflexion, vite élargie.

"Dans le système de l’ancien régime, la hiérarchie et les fondements de l’autorité ne laissaient pas de place à l’égalité, elle-même subordonnée à la notion de liberté, (...) qu’on peut éprouver au sein d’une société civile à la fois policée et réglementée par des lois."

Et il conclut que la pensée de Rousseau "consista, dès l’origine, à affirmer que la seule universalité digne de ce nom devait être (...) un principe d’égalité. Au commencement est l’égalité." Si aujourd’hui la hiérarchie et l’autorité ne reposent plus tout à fait sur les mêmes fondements, ne sont-elles pas toujours aussi pesantes à ceux qui ne parviennent pas à emprunter l’ascenseur social républicain, mis en panne par le développement du capitalisme?

Une fois ce principe d’égalité établi, Rousseau ne concevait pas de démocratie autre que directe, reposant sur les modèles de l’antiquité. Pour Paul Audi, l’apport principal du Contrat social a été de placer la souveraineté dans le peuple de manière inaliénable.

"Il n’y a pas de souveraineté transcendante au peuple lui-même."

En revanche, sur les questions d’égalité et de démocratie représentative

"Il y a des caractères d’autorité (...) qui ne sont pas du tout ceux élaborés dans le “Contrat social”. Aujourd’hui, nous parlons beaucoup de transfert de souveraineté, mais il s’agit en fait d’une démultiplication des lieux d’autorité."

Sauf que ces nouveaux lieux d’autorité n’ont pas, comme nous l’avons souvent dénoncé, la moindre légitimité démocratique populaire, même dans le modèle représentatif moderne! Sans aucun doute, ils seraient condamnés par Rousseau.icon_rolleyes.gif

À 2 représentants du peuple (dont le passé universitaire témoigne qu’ils ont pu, eux, emprunter l’ascenseur social républicain) élus députés, l’un UMP, l’autre PS, à qui l’on demande leur appréciation du Contrat social, ceux-ci ont une réponse convenue, qui ne met pas en danger leur statut d’élus professionnels. Pour le 1er, l’égalité des droits est bien au cœur de la conception politique française, préalable pour assurer un pacte national solide. Il ajoute cependant:

"Nécessaire, mais évidemment insuffisante: si l’on se contente d’égalité des droits sans regarder ce que cela signifie en termes de devoirs, d’obligations, de contreparties, je crois que cela ne suffit pas pour garantir l’unité et le bon fonctionnement de la société."

Pour le 2nd, l’égalité des droits et les libertés reconnues par les lois sont aussi évidemment essentielles et fondatrices.

"Mais ensuite, les inégalités de toutes sortes, économiques, culturelles et sociales, viennent mettre en cause l’exercice des libertés et de la citoyenneté. Depuis le 18ème s., nous avons mesuré qu’il fallait agir par la loi et le biais de l’action publique pour s’efforcer de mieux garantir l’accès à l’égalité pour un nombre + important de nos concitoyens".

Tous les 2 admettent que la démocratie représentative présente des insuffisances, et davantage encore à l’échelle européenne et mondiale (c’est le moins que l’on puisse dire), mais jugent la démocratie directe inapplicable. En somme, de bons gardiens du temple républicain version Vème République, pour qui des vœux pieux valent mieux qu’une nouvelle révolution, qui pourrait aller jusqu’à bousculer le capitalisme, qui s’est fort bien accommodé des défauts du système actuel!icon_rolleyes.gif

Ce qui n’a pas échappé à un auditeur, qui moque cette façade commune de défenseurs de la loi garante de l’égalité, sans toutefois mettre UMP et PS strictement sur le même pied:

"Rares sont les domaines où l’on a pu voir l’UMP, comme le PS, lutter pour le respect de la loi en tant qu’elle est garante de l’égalité. (...) Une formation politique se réclame + que toute autre de l’égalité. C’est le Front de gauche. Seule la loi permet en la matière de faire progresser l’égalité. Dès lors que la loi est appliquée (...). Quant aux tartuffes de l’égalité dans sa version “discrimination positive” ou “inégalité des civilisations”, ils donnent envie de rire (...) tant ils ont tourné le dos à J-Jacques Rousseau. (...) C’est très bien de parler de Rousseau. Ce serait encore mieux de donner la parole à ses véritables héritiers."

Sacrifiant à l’illusion du grand rendez-vous quinquennal de la démocratie, mais sans y entrevoir de nouveaux horizons à la hauteur des défis auxquels nos sociétés sont confrontées, Philosophie Magazine[6] caricature l’affrontement au 2nd tour entre Nicolas Sarkozy et François Hollande comme la réplique de la controverse décalée entre Thomas Hobbes (1588-1679) et J.J Rousseau:

"L’un était convaincu que “l’homme est un loup pour l’homme” et a donc imaginé un État Léviathan[7].

L’autre défendait au contraire une bonté naturelle appelée à être réactivée par un “contrat social”. (...)

Il est en effet frappant de constater à quel point Nicolas Sarkozy est proche de la philosophie libérale et autoritaire de Hobbes[7], là où François Hollande rejoint l’aspiration républicaine de Rousseau."


La suite est plus étonnante mais intéressante à méditer:

"Vu sous cet angle, le débat, en apparence atone, de la présidentielle prend un relief inattendu. Et ses enjeux s’éclairent car (...) les Français apparaissent majoritairement rousseauistes mais aux prises avec un monde hobbesien dédié à la compétition de tous contre tous."

À vouloir résumer la vie politique au seul affrontement des 2 partis majoritaires, c’est effectivement se priver de la réflexion de tous ceux qui n’acceptent pas ce jeu à 2 où le capitalisme est le seul vainqueur. Alors, il ne faut pas se plaindre de la monotonie de la campagne électorale. Celle du Front de gauche rompait cette monotonie, les abstentionnistes par choix politique avaient également beaucoup à dire pour peu qu’ils aient eu la parole. Mais il fallait vouloir entendre. La GR s’est faite l’écho, de ces points de vue. Quant au sondage auquel se réfère Philosophie Magazine, il montre que, certes, les Français aiment à se flatter d’être rousseauistes, c’est conforme à l’image de leur histoire révolutionnaire, mais, pétris d’individualisme depuis près d’½ siècle, ils adhèrent majoritairement à l’apparente liberté dont se targue le libéralisme, même s’ils en subissent les méfaits.icon_rolleyes.gif

Jusqu’à quand?

 

[5]Hélène Combis-Schlumberger, Toujours modernes, les théories républicaines de Rousseau? France-Culture, http://www.franceculture.fr/2012-06.... La thèse de doctorat de Paul Audi portait sur l’éthique de JJ Rousseau

[6]Martin Legros et coll., Dossier Rousseau vs Hobbes, le vrai duel de la présidentielle, Philosophie Magazine, n°58, avr.2012

[7]Le Léviathan, ouvrage de Hobbes (1651). L’abandon mutuel et consenti de tout droit au profit d’un Etat au pouvoir absolu apparaît comme la seule solution à la guerre perpétuelle que les hommes se livrent à l’état de nature. "L’homme est un loup pour l’homme". Petit Larousse, 2004

divider_600.jpgDe l’homme et la nature

à l’homme moderne


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JPEG - 9.8 koLa nature est au centre de la théorie politique de J-Jacques Rousseau, probablement bien + fondamentalement que dans celle de mouvements écologistes d’aujourd’hui. Dans le Discours sur l’origine et les fondements de l’inégalité parmi les hommes, Rousseau imagine le passage de l’état de nature à l’état social:

"L’état de nature est un état qui n’existe plus, qui n’a peut-être point existé, qui probablement n’existera jamais, et dont il est pourtant nécessaire d’avoir des notions justes pour bien juger de notre état présent."

Contrairement à Hobbes, pour qui à l’état de nature c’est la guerre de tous contre tous, Rousseau considère que l’inégalité naturelle est négligeable et que les êtres n’y sont pas sensibles puisqu’ils vivent libres, indépendants les uns des autres. C’est lorsque les hommes commencent à faire société que les choses se gâtent jusqu’à "rendre un être méchant en le rendant sociable".

Aujourd’hui, certains anthropologues et archéologues[8], [9] analysent en effet leurs découvertes en admettant que c’est bien à la révolution du néolithique, lorsque de chasseurs-cueilleurs au paléolithique supérieur, dans une société qualifiée parfois “d’abondance”, les hommes se fixent et deviennent progressivement agriculteurs, qu’apparaissent des rapports sociaux de domination, 1ère étape vers la société de classes.

 

Dans un n° spécial de l’Humanité, Bruno Bernardi [10], philosophe, met en JPEG - 49.1 koévidence toute la cohérence de la pensée de J-Jacques Rousseau. Ainsi, nous dit-il, dans le 2nd discours,

"Rousseau montre que le rapport que les hommes entretiennent avec la nature est la racine du rapport que les hommes entretiennent entre eux: c’est en particulier l’invention de l’agriculture et de la métallurgie qui a entraîné l’institution de la propriété foncière et de ce fait la création des classes sociales. (...) Selon Rousseau, le rapport à la nature nous est donc nécessaire dans la constitution d’un juste rapport à nous-mêmes, ce qui a une portée politique évidente."

Selon Bernardi, pour Rousseau,

"la condition de l’homme moderne tient dans le fait d’avoir à assumer à la fois sa singularité et son existence socialisée."

Et il ajoute:

"Un siècle et ½ avant Freud, les Confessions défendent une idée nouvelle: la construction de l’intériorité comme singularité. Simultanément, il pense l’homme comme être relatif, social, citoyen."

Ces notions sont au cœur de notre débat autant philosophique que politique entre liberté individuelle et liberté collective, un débat dont la synthèse ne sera probablement jamais définitive, mais que Rousseau tentait déjà dans le Contrat social:

"Chacun de nous met en commun sa personne et toute sa puissance sous la suprême direction de la volonté générale: et nous recevons encore chaque membre comme partie indivisible du tout."

L’absolutisme de cette proposition apparait aujourd’hui critiquable après les vicissitudes de l’Histoire et son insuffisance ne répond plus, me semble-t-il, aux exigences des femmes et des hommes de notre siècle dans leur lutte contre toutes les formes d’aliénation. 

 

[8]J-Paul Demoule, La révolution néolithique, éd. Le Pommier, Cité des sciences et de l’industrie, Paris, 2008

[9]Jean Guilaine, Caïn, Abel, Ötzi, L’héritage néolithique, éd. Gallimard, 2011

[10]Anna Musso, "Sa lucidité est ce dont nous avons le plus besoin aujourd’hui", entretien avec Bruno Bernardi, l’Humanité, 28/6/2012. Bruno Bernardi est directeur de programme au Collège international de philosophie, spécialiste de Rousseau

divider_600.jpgPrécurseur de l'écologie?

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J-Jacques Rousseau a-t-il été un des précurseurs de l’écologie? Sans tomber dans l’anachronisme, pour Bruno Bernardi,

"Rousseau a envisagé, c’est incontestable, l’envers du projet prométhéen de maîtrise de la nature. (...) Il a pensé la responsabilité sociale et politique qui incombe aux hommes pour les transformations qu’ils font subir à la nature. (...) Plus généralement, il montre qu’il n’y a pas de transformation du rapport à la nature qui n’implique une transformation du rapport des hommes entre eux et inversement."

Nous sommes là tout près de notre analyse selon laquelle les luttes politiques et sociales menées aujourd’hui contre le capitalisme doivent intégrer la dimension environnementale, pas seulement parce-que le néolibéralisme détruit la nature ou cherche à en faire une marchandise, mais aussi pour ce fondement philosophique que l’homme est au départ constitutif de la nature et qu’il semble pour le moins prématuré de rompre définitivement le cordon ombilical. Il serait utile de prolonger et d’enrichir la pensée de J-Jacques Rousseau sur ce terrain-là, n’en déplaise, peut-être, à J-Michel Besnier, philosophe, qui semble vouer à la réaction toute recherche en ce sens, dans un article publié il y a quelques années dans un numéro de Télérama consacré au temps des Lumières:

"Car la rupture avec tout ce qui ressemble de près ou de loin à un consentement au monde, à une alliance avec lui, est le prix à payer pour satisfaire aux idéaux progressistes. Cette rupture s’effectue d’abord avec la nature, comme Rousseau en témoigne, en concevant le progrès comme le produit d’une dénaturation de l’homme et comme l’exploitation de sa perfectibilité" [11],icon_confused.gif

ce que Rousseau considérait justement avec circonspection.

Besnier ajoute:

"C’est pourquoi la tentation de reconstituer un rapport de proximité, sinon de fusion, avec la nature n’est jamais anodine et toujours contraire à la dynamique appelée par le progrès: l’illustreraient certains romantiques qui ont pactisé jadis avec le camp de la réaction politique, tout comme certains écologistes (qu’on dit “profonds”) se montrent aujourd’hui disposés à militer pour les causes les + obscurantistes".

Ce n’est évidemment ni d’écologie “fusionnelle” ni de l’écologie “profonde” dont nous attendons des progrès, mais d’une écologie scientifique et politique, celle qui analyse les phénomènes qui ont cours sur la planète et leur interaction avec les activités humaines, celle qui reconnait dans la crise globale actuelle les composantes économiques et sociales et la composante écologique, et qui s’efforce d’en comprendre les liens étroits, d’en éclairer les responsabilités, dans une stratégie de lutte pour éloigner la catastrophe finale.

 

[11]J-Michel Besnier, professeur de philosophie à l’université de Paris IV Sorbonne. Arrête-t-on le progrès? Télérama hors série Les Lumières, des idées pour demain, mars 2006.

divider_600.jpgPhilosophie des Lumières

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Auteur lyrique célèbre, JJ Rousseau rédigea des articles sur la musique pour l’Encyclopédie. Mais, dans sa réponse à d’Alembert qui, à l’instigation de Voltaire, regrettait l’absence de théâtre à Genève, Rousseau se demandait comment le théâtre pourrait corriger les mœurs

"puisqu’il est obligé, pour plaire, de flatter les goûts du public et d’exciter ses passions ?".

Ce fut la rupture avec Voltaire et avec les Encyclopédistes, dirigés par Diderot et d’Alembert, qui encourageaient l’art dramatique. On ne saurait ici approuver Rousseau:

JPEG - 51.4 ko

En fait, selon Bruno Bernardi, les contemporains de Rousseau ne comprennent pas l’axe de sa pensée et la déforment:

"Voltaire, par ex, prête à Rousseau le rêve d’un retour de l’homme à son état primitif, alors qu’un tel retour en arrière n’est pour lui ni possible ni souhaitable. Mais il se veut lucide (...) devant la face d’ombre de la civilisation. C’est à elle que nous devons le développement de notre raison, mais aussi celui de l’inégalité, de l’envie, de l’hostilité entre les hommes. Les encyclopédistes misaient sur la science et la technique. Rousseau leur objecte les mutilations que le progrès économique fait subir aux hommes et à la nature. Ils affichaient leur confiance en la seule raison, il montre la place prise par nos passions dans le développement de notre esprit."

Rousseau nous dit en effet, dans son Discours sur l’origine et les fondements de l’inégalité parmi les hommes:

"Quoi qu’en disent les moralistes, l’entendement humain doit beaucoup aux passions (...), c’est par leur activité que notre raison se perfectionne."

Toujours selon Bernardi, ce qui rendait Rousseau inaudible à ses contemporains est sans doute ce par quoi il nous parle le + aujourd’hui.

"Rousseau participe certainement du mouvement des Lumières, dont il partage le projet d’émancipation. Il est même celui qui exprime le mieux la revendication pour l’homme de sa liberté: comme personne, comme individu singulier, comme citoyen membre du peuple souverain. (...) Mais en même temps, il critique les philosophes des Lumières de “l’intérieur”, en mettant en évidence leurs présupposés comme autant d’illusions: leur ignorance de ce que la liberté, sans égalité, est un leurre, leur croyance en un progrès moral et humain qui découlerait ipso facto de celui des connaissances, leur arrogance dans leur rapport à la nature considérée comme pur moyen de satisfaction de nos désirs."

Pour Rousseau, l’homme se fait "le tyran de lui-même et de la nature". Et Bruno Bernardi conclut:

"Cette lucidité est ce dont nous avons le + besoin aujourd’hui si nous voulons prolonger ce projet d’émancipation et ne pas rester aveugle aux contradictions de la modernité."

JPEG - 11.8 koOn ne saurait d’autant moins approuver la position de JJ Rousseau sur le théâtre que, d’anniversaire en anniversaire, est célébré ces jours-ci le 100ème anniversaire de la naissance de Jean Vilar (1912-1971), qui rendit son nom au TNP (Théâtre national populaire) et créa le festival d’Avignon. Pierre Laurent, secrétaire national du PCF, lui rend hommage en évoquant, au contraire, tout ce que le théâtre peut apporter de culture et d’espérance au peuple: "À l’heure où l’obscurantisme et le populisme se conjuguent à d’énormes reculs JPEG - 6.2 kosociaux et humains, il est urgent de retrouver les chemins de l’espérance et de l’utopie."

 

 ^ Gérard Philippe et Jean Vilar à Avignon, dans les premières années du festival.

 

 

Jean Vilar et Georges Wilson dans La résistible ascension d’Arturo Ui, de Bertholt Brecht, au TNP, en 1960. > 

 

Vilar, la culture et les communistes, Pierre Laurent, l’Humanité, 6-7-8 juillet 2012

Appel de Heidelberg

 

Nous soussignés, membres de la communauté scientifique et intellectuelle internationale, partageons les objectifs du sommet de la Terre qui se tiendra à Rio de Janeiro sous les auspices des Nations Unies et adhérons aux principes de la présente déclaration.

Nous exprimons la volonté de contribuer pleinement à la préservation de notre héritage commun, la Terre. Toutefois, nous nous inquiétons d’assister, à l’aube du XXIème s., à l’émergence d’une idéologie irrationnelle qui s’oppose au progrès scientifique et industriel et nuit au développement économique et social.icon_evil.gif

Nous affirmons que l’état de nature, parfois idéalisé par des mouvements qui ont tendance à se référer au passé, n’existe pas et n’a probablement jamais existé depuis l’apparition de l’homme dans la biosphère, dans la mesure où l’humanité a toujours progressé en mettant la nature à son service et non l’inverse.icon_exclaim.gif

Nous adhérons totalement aux objectifs d’une écologie scientifique axée sur la prise en compte, le contrôle et la préservation des ressources naturelles. Toutefois, nous demandons formellement par le présent appel que cette prise en compte, ce contrôle et cette préservation soient fondés sur des critères scientifiques et non sur des préjugés irrationnels.

[...sur le pré-supposé que tout ce qui contrevient aux promesses de la toute puissante économie mondiale capitaliste ultralibérale relève de l'irrationnel bien sûr, l'économisme étant sans doute LA science ultime donc...]icon_rolleyes.gif

(Texte intégral sur http://www.global-chance.org/IMG/pd... )

Pour illustrer la pertinence de ce dernier propos, il nous suffit de revenir sur l’introduction du livre de Catherine et Raphaël Larrère [12][13]. Ces auteurs rappellent l’appel de Heidelberg (voir ci-dessus), réunissant de prestigieuses signatures scientifiques et intellectuelles, et lancé alors que le sommet de la Terre, à Rio, en 1992, images?q=tbn:ANd9GcSICwlNw4-g2x650U9mkaGs’apprêtait à consacrer la reconnaissance planétaire de la crise environnementale, tant par les peuples que par les États. Mais Catherine et Raphaël Larrère ajoutent

"que d’autres scientifiques leur répliquèrent que les Lumières avaient changé de camp. Les sciences sûres d’elles sont devenues conservatrices et s’opposent aux progrès des connaissancesicon_rolleyes.gif. Ce sont justement les développements les + récents des savoirs, non des frayeurs irrationnelles ou des fantasmes collectifs, qui ont contribué à la prise de conscience des menaces sur l’environnement."

Il n’est pas inutile de préciser que les instigateurs de l’appel de Heidelberg étaient manipulés (et financés) images?q=tbn:ANd9GcTvZeK5E1P55e-Zr_lDq3Anotamment par les industriels de l’amiante et du tabac, les mêmes qui ont manipulé le mouvement climato-sceptique[14]. Peut-on trouver meilleure illustration de l’intérêt à poursuivre la réflexion sur la pensée de J-Jacques Rousseau?

      à suivre...

G. EVRARD, HR, août 2012

 

[12] Catherine et Raphaël Larrère, Du bon usage de la nature - Pour une philosophie de l’environnement, Aubier 1997, éd. Flammarion, Paris, 2009

[13] G. Evrard, I. Changement climatique: de la controverse au débat démocratique, GR 1118, mars 2011

[14] Stéphane Foucart, L’appel de Heidelberg, une initiative fumeuse, Le Monde, 16/6/2012

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 proposé par mamadomi

rééd° 05 10 13

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27 mars 2014 4 27 /03 /mars /2014 21:44

en illustration, les talentueuses oeuvres de Waclav Wantuch

La théorie de la séduction:

  un mythe pour notre temps

 

Durant les dernières décennies du XXè s., les chercheurs ont montré qu'une grande partie de l'histoire communément reçue de la psychanalyse est composée de récits pour la plupart mythiques. Le + résistant de ces mythes est sans doute celui qui veut que Freud ait postulé sa théorie de la séduction après que ses patientes lui eurent rapporté, de façon répétée, avoir été abusées sexuellement durant leur enfance. Dans ce qui suit, je me propose de faire le point sur cette histoire, qui a été considérée comme un fait historique pendant presque tout le XXè s. et demeure encore largement perçue comme telle.

Selon la version traditionnelle, pendant la dernière décennie du XIXè s., la plupart des patientes de Freud lui auraient dit avoir été victimes d'abus sexuels dans leur petite enfance, des actes généralement perpétrés par leurs pères. La suite de l'histoire diffère, selon qu'elle est basée sur la version standard ou sur la version revue et corrigée adoptée par de nombreuses féministes et popularisée par Jeffrey Masson dans Le Réel escamoté, le renoncement de Freud à la théorie de la séduction. Dans la version orthodoxe, il est dit qu'en peu de temps Freud finit par se rendre compte que beaucoup des récits qu'il entendait n'étaient pas authentiques, que ces femmes fantasmaient et que c'est ce qui le conduisit à la découverte décisive des fantasmes infantiles-incestueux. Dans la version féministe, par contre, c'est la virulente opposition de ses collègues, scandalisés par ses affirmations au sujet de la fréquence des abus sexuels durant l'enfance, qui aurait poussé Freud à abandonner sa théorie. D'abord confident attentionné, il aurait trahi, dans un 2nd temps, les femmes qui avaient eu le courage de lui révéler leurs terribles expériences d'abus.

Quelle que soit la version choisie, les 2 histoires sont sensationnelles, et chacune d'entre elles a ses chauds partisans. Les éléments de base sont les mêmes, mais leurs interprétations diffèrent sensiblement. Mon impression est que la plupart des gens suivent leurs sentiments et optent pour Masson et la suppression de la vérité sur l'étendue des abus sexuels sur les fillettes à cette époque. Le moment est venu de vérifier ce qu'il en est en réalité.

 

Les articles publiés par Freud durant les années 1890 ainsi que sa correspondance avec son confident, Wilhelm Fliess, racontent une tout autre histoire. En bref, les patientes que Freud voyait autour du milieu des années 1890 ne lui avaient pas dit qu'elles avaient été sexuellement abusées durant leur enfance. Contrairement à ce qu'il devait affirmer dans ses comptes rendus ultérieurs, Freud écrivait à l'époque que ses patients "n'avaient aucun souvenir" et lui assuraient "avec véhémence qu'ils ne croyaient pas" aux traumatismes sexuels infantiles dont il insistait qu'ils auraient été victimes.

Dans ses lignes essentielles, l'épisode peut être résumé comme suit: au début des années 1890, Freud en était arrivé à la conviction que des souvenirs refoulés d'idées ou d'expériences sexuelles, infantiles ou non, étaient à la racine des symptômes des patients qu'il avait diagnostiqués hystériques. Puis, en octobre 1895, sur la base d'une hypothèse spéculative, il opta pour une théorie dont il était persuadé qu'elle fournissait 1x pour toutes la solution au problème de l'origine des psychonévroses. Ainsi qu'il le rapporta à Fliess, les symptômes hystériques seraient exclusivement provoqués par des souvenirs inconscients d'agressions sexuelles subies durant la toute petite enfance.

Grâce à la nouvelle technique analytique qu'il avait développée pour exhumer les idées inconscientes de l'esprit des ses patients, Freud s'attela immédiatement à prouver la justesse de ses vues. Bien qu'il n'eût auparavant rapporté aucun cas où il aurait dévouvert d'abus sexuel commis durant la petite enfance, Freud, dans les 4 mois qui suivirent la 1ère annonce de sa nouvelle théorie à Fless, écrivit 2 articles (l'un en français) dans lesquels il soutenait qu'il avait été capable de "retrouver" des souvenirs d'expériences d'abus sexuels précoces chez chacun de ses 13 patients "hystériques", auxquels s'ajoutaient quelques obsessionels. Quelques mois + tard, dans son article sur "L'étiologie de l'hystérie", il donnait un exposé + détaillé de sa théorie, prétendant avoir pu la confirmer sur 18 patients diagnostiqués comme hystériques, 6 d'entre eux étant des hommes. D'après Freud, les abus sexuels qu'il avait découverts à l'aide de sa technique analytique avaient eu lieu autour de l'âge de 2 ou 3 ans, ou même avant dans quelques cas.

Comment, en si peu de temps, avait-il réussi à retrouver chez tous ses patients des expériences aussi profondément refoulées? Bien qu'il prétendit avoir incité ses patients à "reproduire" ces expériences infantiles (ce qu'il signifiait par "reproduire" est ouvert à toutes sortes d'interprétations), il est clair que les découvertes de Freud résultaient en règles générale du décodage des symptômes et de l'interprétation analytique d'idées produites chez ses patients sous l'influence de la procédure clinique qu'il utilisait à cette époque. Freud expliquait ainsi que les symptômes des patients correspondaient au "contenu sensoriel des scènes infantiles" d'abus sexuel qu'il inférait à leur origine. Sa procédure analytique, écrivait-il, était analogue à celle de l'expert médico-légal qui parvient à définir la cause d'une blessure, "même s'il doit procéder sans aucune information de la part du blessé".

On en a un bon ex dans le cas d'une patiente atteinte de tics faciaux et d'eczéma autour de la bouche. Sur la base de ces symptômes, Freud déduisit analytiquement qu'elle avait été forcée durant la petite enfance à pratiquer des actes de fellation. "Je lui ai balancé l'explication", écrivait-il à Fliess le 3 janvier 1897, et quand elle avait exprimé son incrédulité, il avait "menacé de la renvoyer" si elle persistait dans son scepticisme; a l'évidence, le rejet de ses déductions était pour Freud une preuve de la "résistance" de la patiente, apportant une confimation supplémentaire de la validité de sa reconstruction analytique.

[sophisme manipulateur!]

Pour des raisons qui ne sont pas entièrement claires et qu'il serait impossible d'exposer ici en quelques lignes, Freud, 2ans après avoir annoncé publiquement qu'il avait trouvé la solution à l'étiologie des névroses, cessa d'y croire. Mais, au lieu que cela l'ait amené à mettre en question la fiabilité de sa nouvelle technique de reconstruction de souvenirs refoulés, il tenta d'expliquer ses prétendues découvertes en y voyant des fantasmes inconscients des patients. Finalement, dans le récit de cet épisode qu'il publia en 1925, il déclara que ses patientes (au féminin) avaient eu à l'époque des fantasmes exprimant le désir d'avoir été "séduites" par le père durant leur petite enfance. Au cours des métamorphoses de l'histoire, Freud modifia rétroactivement la théorie qu'il avait défendue originellement afin de rendre plausible la nouvelle théorie, en supprimant par ex le fait qu'en 1896 il avait insisté sur le caractère brutal de bien des attentats sexuels dont il faisait l'hypothèse. En fait, l'histoire passa par un certain nombre de phases avant de parvenir à la version familière que l'on trouve dans les Nouvelles Conférences d'Introduction à la psychanalyse (1933): "A la période durant laquelle l'intérêt principal était tourné vers la découverte de traumatismes sexuels infantiles, presque toutes mes patientes me dsiaient qu'elles avaient été séduites par leurs pères." (Soit dit en passant, personne ne semble avoir trouvé surprenant que ce soit seulement durant cette courte période que "presque toutes" ses patientes lui aient signalé avoir subi des abus sexuels durant leur petite enfance.)

Il importe de bien comprendre que les comptes rendus traditionnels de l'épisode ne précisent pas si ces "fantasmes de séduction" putatifs étaient des idées ou des souvenirs inconscients que Freud aurait dévoilés grâce à sa technique d'interprétation analytique. Au contraire, ses comptes rendus ultérieurs donnent l'impression, de façon trompeuse, que la plupart de ses patients avaient fait état à l'époque de pseudo-souvenirs dont ils étaient conscients. La vérité est que Freud n'était nullement en mesure de décider si ses reconstructions analytiques représentaient des souvenirs refoulés d'événements réels ou des fantasmes inconscients -ou encore, ainsi que c'était le cas, des scénarios pleins d'imagination sortis de son propre esprit.

C'est un fait peu connu qu'en 1896 Freud, fidèle à ses présupposés théoriques, prétendit avoir réussi grâce à l'analyse à retrouver chez chacun de ses 6 patients obsessionnels des souvenirs refoulés non seulement de "scènes" d'abus sexuels infantiles subis passivement, mais également d'abus sexuels perprétrés activement sur un frère ou une soeur en bas âge et datant de l'âge de 8ans env. et au-delà. On n'entendit plus parler par la suite de ces remarquables découvertes cliniques, et Freud ne fit aucun effort pour expliquer comment sa théorie ultérieure sur les fantasmes inconscients pouvait bien les expliquer.

De toute évidence, les arguments ci-dessus réfutent tout autant la version des faits présentée par Jeffrey Masson que l'histoire couramment admise en psychanalyse, quoique la construction de Masson manque aussi de force pour d'autres raisons. Dans Le Réel escamoté, Masson suggérait que les raisons de Freud pour abandonner la théorie de la séduction résidaient en partie dans son désir de se faire bien voir de ses collègues qui étaient soi-disant scandalisés par ce qu'il avançait. Cette thèse ne tient pas debout, car les affirmations de Masson au sujet de l'ostracisme dont Freud aurait fait l'objet de la part de ses colègues sont erronées. Mais elle est également infirmée par le fait que Freud ne fit part de son abandon de la théorie à ses collègues qu'env. 7ans après y avoir renoncé en privé. (Masson déclare  tort que "la période cruciale pour le revirement de Freud au sujet de l'hypothèse de la séduction" se situe "pendant les années 1900-1903". Cette date approximative supprime en partie l'écart entre l'abandon de la théorie et l'annonce publique par Freud de son changement d'avis, et concorde avec la thèse de Masson. Mais les lettres de Freud à Fliess prouvent clairement qu'il avait déjà totalement abandonné sa théorie à la fin de 1898.)

Il est d'autant + important de souligner que l'histoire traditionnelle de l'épisode de la théorie de la séduction est fausse dans son essentiel, maintenant qu'elle a été récemment utilisée dans le débat au sujet du refoulement de souvenirs d'abus sexuels infantiles censés être "retrouvés" des dizaines d'années + tard. Avant de citer à tort et à travers les prétendues 1ères expériences cliniques de Freud à l'appui de tel ou tel camp, on ferait mieux de s'informer d'abord des faits historiques. D'une façon + générale, comme le souligne Frank Cioffi, une reconstitution exacte du passage de la théorie de la séduction à la théorie du fantasme qui lui a succédé remet en question le raisonnement que Freud devait utiliser tout au long de sa carrière pour reconstruire la vie fantasmatique infantile et le contenu de l'inconcscient.

 

Allen Esterson

traduit de l'anglais par Agnès Fonbonne

 Mathématicien, a enseigné au Southward College de Londres

Waclav Wantuch

références:

 

M.Borch-Jacobsen, "Neurotica: Freud et la théorie de la séduction" (1996), Folies à plusieurs. De l'hystérie à la dépression, Paris, Les Empecheurs de penser en rond/seuil, 2002, p.65-109

F.Cioffi, "Was Freud a liar?" (1974), Freud and the Question of Pseudoscience, Chicago et La Salle, Open Court, 1998, p.199-204

A.Esterson, Seductive Mirage: An Exploration of the Work of Sigmund Freud, Chicago, Open court, 1993

A.Esterson, "Jeffrey Masson and Freud's seduction theory: a new fable based on old myths", History of the Human Sciences, 11 (1), 1988,p1-21

A.Esterson, "The mythologizing of psychoanalytic history: deception and self-deception in freud's accounts of the seduction theory episode", History of Psychiatry, XII, 2001, p.329-352

A.Esterson, "The myth of Freud's ostracism by the Medical Community in 1896-1905", History of Psychology, 5 (2), 2002, p.115-134

H. Israëls et M.Schatzman, "The seduction theory", History of Psychiatry, IV, 1993, p.23-59

J-M. Masson, Le Réel escamoté, le renoncement de Freud à la théorie de la séduction, Paris, Aubier-Montaigne, 1984, Tr F. Monod

J-M. Masson, The Complete LEtters of Sigmund Freud to Wilhelm Fless 1887-1904, Cambridge, MA, Harvard University Press, 1985

M. Scharnberg, The Non-Authentic Nature of Freud's Observations:Vol. 1. the Seduction Theory. Uppsala Studies in Education, n° 47 et 48, Stockholm, Almqvist & Wiksell International, 1993

J-G.Schimek, "Fact and fantasy in the seduction theory: a historical review", Journal of the American Psychoanalytic Association, 35, 1987, p.937-965

proposé par mamadomi

rééd° du 14 04 13

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26 mars 2014 3 26 /03 /mars /2014 21:08

Ch. Duc-Juvéneton a rapporté du colloque auquel elle fait référence ci-dessus beaucoup d’autres informations qui remettent en question les idées reçues sur les Roms:


Marc Bordigoni, dans son petit livre les gitans, reprend les idées reçues à propos des Roms, dont il dit:

"On ne sait plus comment les appeler, moi j’ai choisi de travailler sur les citoyens du voyage".

Il rappelle la loi de 1991 et se réjouit que le Conseil Constitutionnel vienne d’en abroger une partie [1].

Alexandre Leclere, de l’Association Rom Europe, revient sur la méconnaissance des Roms:

ce sont des Tziganes des pays de l’Est, tous très différents.

Alors qu’on pense que ce sont des asociaux, des délinquants et des nomades invétérés, la majorité en est sédentaire dans leur pays.

On crée donc un problème, doublé d’une injustice,

en ne les laissant absolument pas s’installer.

Il détaille les différents Roms qui sont venus en France:

- d’abord les Roms Roumains, après la 1ère guerre mondiale;

- les Roms de Yougoslavie (les “Yougos”) dans les années 70;

- et une vague stable, après 90, 20.000 personnes d’origines roumaine, slave et serbe.

Selon les “mesures transitoires” évoquées précédemment,

les Roumains et les Bulgares peuvent circuler, mais pas stationner!

Il ne peuvent pas avoir le livret de circulation qui est exigé pour avoir accès aux terrains des gens du voyage.

Alors comment travailler,

même avec le titre de séjour et l’autorisation de travailler,

si on ne peut pas stationner?

Ainsi, les Serbes de Bosnie voient leurs demandes d’asile toujours repoussées: ce sont donc des citoyens européens qui n’ont droit ni au travail ni au statut de réfugiés!

La situation politique ne s’arrange pas, voire se dégrade, le nombre d’expulsions augmente. L’association Rom Europe a été reçue, avec d’autres, au cabinet du ministre M.Valls. Il en est résulté une circulaire [2] demandant la concertation dans le cadre de démantèlements de terrains illicites. Mais on ne s’occupera de réinsertion qu’en Loire-Atlantique! 

Marc Durand, militant à la Ligue des Droits de l’Homme, très au fait de la situation des Roms dans la région aixoise prend longuement la parole. Il arrive à donner un visage, à travers ce qu’il raconte, à ses amis les Roms, lui qui les connaît si bien! Il confirme

qu’il ne s’agit pas d’une ethnie, mais

d’une foule de gens différents,

qui ont en commun une histoire de rejet.

Les Roms ont, depuis longtemps, une tradition de vie sédentaire. La découverte de la caravane, c’est en France qu’ils la font. C’est encore une image fausse que nous avons. Leurs caravanes ne sont pas faites pour rouler, ce n’est pas leur mode de vie.

 

Dominique Michel, de l’association Rencontres Tsiganes, apporte de l’eau au moulin des précédents intervenants, il veut qu’on en finisse avec cette idée reçue du déferlement d’un nombre de + en + important de Roms sur notre pays. Nous habitons, dit-il, un département de 2 millions d’habitants, et on a 2.000 Roms, soit 1/1000ème de la population! Et ça ne bouge pas!!! Cela fait, sans les enfants, 1.200 personnes sur le marché de l’emploi… qui leur est fermé! Ce ne sont donc pas eux les responsables du chômage!

Leur sort, c’est l’errance, avec des vagues d’expulsion d’un lieu à un autre. Une famille en est à sa 17ème expulsion! Quelle incidence sur les enfants? Ce sont des gens qui se cachent, sont planqués sur différents terrains de la ville. À Aix, c’est phénoménal: ils sont dans la rue, pas dans un bidonville!

 

[1]Les “sages” du palais Royal, saisis d’une question prioritaire de constitutionnalité déposée par l’association France Liberté Voyage, ont abrogé partiellement la loi du 3/1/1969 régissant la vie des gens du voyage: l’inscription sur les listes électorales est facilitée (l’obligation de résidence sur une commune en vue de s’inscrire sur les listes électorales est ramenée de 3 ans à 6 mois, comme pour tout citoyen) et le ”carnet de circulation” est supprimé. Mais les gens du voyage doivent faire viser leurs titres de circulation au commissariat de police ou de gendarmerie “périodiquement”. Or ces “titres de circulation” font office de documents d’identité. Ce terme vague autorise une certaine souplesse.

"Pourquoi conserver un des livrets de circulation ?" questionne le rapporteur d’une proposition de loi suggérant d’abroger la loi. "Je me félicite de la décision du Conseil Constitutionnel, mais il faut aller plus loin. Chaque citoyen doit être traité de la même façon et pouvoir circuler librement. Tout le monde est d’accord sur le sujet, du PS à l’UMP, et même les gendarmes!" Le Conseil Constitutionnel ne souhaitant pas se substituer au législateur, c’est donc logiquement au Parlement de prendre ses responsabilités. Cette proposition de loi avait été déposée par J-Marc Ayrault et comptait parmi ses signataires F. Hollande.

http://www.la-croix.com/

[2]La circulaire fait suite à la réunion interministérielle du 22 août, où le gouvernement s’était dit prêt à une levée partielle des "mesures transitoires ”… Après la polémique de l’été, elle indique aux préfets la façon dont les campements illégaux doivent désormais être démantelés. Elle demande de "procéder à une première évaluation de la situation" des Roms "dès [qu’ils auront] connaissance" de l’installation d’un campement. Le texte insiste sur la notion de "concertation" avec les associations et les autres acteurs publics. Si la "sécurité" des personnes est menacée, les évacuations pourront toutefois continuer à se faire de façon "immédiate", précise le texte. 

http://www.lemonde.fr/societe/artic... .html

Le concret de leur vécu


À Aix-en-Provence, selon la volonté de la mairie, il n’y aura bientôt plus aucun Rom sur la commune! Les expulsions ont eu lieu à Palette, Luynes, Vasarely (violente) et à l’Arbois (qui fut énorme, alors qu’ils ne gênaient personne). Aujourd’hui, les gens de Vasarely sont revenus, ceux de l’Arbois sont à Vitrolles, sur les trottoirs de la zone industrielle, et à Velaux (petite ville de 7.000 habitants) sur un terrain privé. La commune de Vitrolles a attaqué et a été déboutée, elle veut trouver maintenant un terrain. À Velaux, c’est la préfecture qui demande au propriétaire d’attaquer donc ils vont être expulsés [3]! La situation est différente à Gardanne où arrivent les Roms expulsés de Marseille. Le maire aménage un terrain de la mine désaffectée. On organise des conseils de village (à Velaux où ils n’ont pas d’eau) pour les aider à se coordonner. Ces expulsions engendrent de gros problèmes. Velaux a été la seule commune cet été à faire des aménagements de sécurité et à accepter que les gens “du voyage” viennent. Gardanne a essayé aussi de faire quelque chose, la scolarisation s’est mise en place en septembre. Mais à Arles, Vitrolles, Marseille, La Ciotat, ils ont été rejetés.

[3]Cet ex montre bien comment le pouvoir monte, de façon inique et indigne, les citoyens les uns contre les autres. 

Le travail à faire


Marc Durand décrit le travail à faire: se battre sur les Droits de l’Homme; faire connaître les problèmes; s’occuper de la protection de leurs droits (avoir un avocat); faire que leurs droits sociaux soient assurés (aide pour les papiers); qu’ils puissent se poser. La scolarisation, par ex, est un droit fondamental, il est difficile, il demande un dispositif particulier car l’alphabétisation est différente chez les Roumains et les Serbes. Il faut une aide avant et après la scolarisation (les gens qui décident de le faire sont très bien reçus). Enfin il faut une aide alimentaire minimale (beurre et lait, surtout pour les enfants).

Dominique Michel rappelle que la question sanitaire est importante. Ils sont atteints de tuberculose, de saturnisme. Quand ils résident à un endroit, il est + facile de les soigner. Quand ils sont dans la nature comme actuellement autour d’Aix, c’est + dangereux à la fois pour eux et pour le reste de la population. Ces questions interrogent le service public et aussi les associations. Il y a parfois des tensions entre bénévoles et professionnels. Cela fait bouger les lignes car les uns ou les autres, seuls, ne suffisent pas.

Il faut juste leur permettre de vivre, de s’organiser, dit Marc Durand. Ils étaient à l’Arbois depuis un certain temps déjà. Ils étaient 250 à 500 personnes et c’était exemplaire, ils n’avaient plus besoin de nous! Or l’expulsion a été particulièrement fine et perverse en ce lieu. Elle a consisté à les harceler quotidiennement. Et quand les forces de l’ordre sont venues pour les expulser, ils étaient tous partis. Les humains n’ont même pas été traités comme des animaux: la SPA est venue ramasser leurs poules et leurs lapins, pour les soigner et leur donner un abri.

À Vitrolles, où ils arrivent en catastrophe après les expulsions, tout remonte à la surface et ils ont maintenant de mauvaises relations entre eux. Marc Durand donne des ex. concrets de ce qu’il est possible de faire, en étant simplement ”humain“: une association organise des jeux avec eux, et beaucoup de gens viennent. C’est pour eux enfin une rencontre avec des gens qui ne les engueulent pas, qui ne leur demandent pas leurs papiers. Pour beaucoup, c’est une découverte. Après 2 mois d’école, les enfants ne s’attaquent plus aux voitures. Marc Durand en témoigne: il faut simplement avoir des relations normales avec eux.

"Cela fait 6 ans que je travaille avec les Roms, ils m’ont énormément apporté et m’ont enrichi. J’y ai de vrais amis. Une famille partie à Rome, me donne régulièrement des nouvelles. Ce sont de gens très pauvres, très rejetés. C’est ça qui explique leur situation".

Conclusion générale


Tous se retrouvent pour conclure qu’il n’y a pas de problème Rom, si ce n’est que ce groupe de gens différents a en commun une histoire de rejet. Le problème Rom a été créé. Il n’y en aurait pas s’ils pouvaient travailler normalement et avoir un dispositif social comme n’importe quels précaires. Il y a une totale méconnaissance de ces gens dans notre société. Il faut faire des diagnostics sociaux et ne pas avoir de solutions toutes faites. La question des Roms est d’être le paravent de la paupérisation et de l’exclusion en France, qui, elles, se sont massifiées!

Mais il y a, en revanche, un gros problème de dignité de l’Homme. L’invité d’honneur de ce colloque était Monseigneur Gaillot, dont on connaît l’esprit de résistance dans l’Église Catholique, et l’engagement, auprès des Roms notamment, durant ces 15 dernières années. Entre les 2 tables rondes, il a parlé pour rappeler des "choses simples": l’humain d’abord. Il était avec des Roms expulsés dans un gymnase. Une jeune femme lui a dit:

"je vous remercie de reconnaître que nous sommes des humains comme vous, des citoyens du monde".

Un chômeur lui a dit aussi:

"ma dignité, personne ne peut me la prendre, elle fait partie de moi".

Mais on peut la menacer…! Combien il est difficile de voir l’être humain! souligna Mgr Gaillot, ajoutant que la seule attitude qui puisse libérer quelqu’un, c’est reconnaître sa dignité. Puis il raconta, lui aussi: 

 "Je me suis trouvé un jour à la mairie d’Évry avec des Roms. Un père de famille m’a dit: “personne ne veut de nous, où qu’on aille, on est de trop!” Ils font l’expérience du rejet, c’est inacceptable. (…) Les Roms sont surtout des victimes dans notre société et nous avons des responsabilités envers eux…"

Ils ne sont pas un danger pour nous, a poursuivi Mgr Gaillot, mais ils sont en danger. Si les minorités ne jouissent pas de leurs droits, c’est grave! Ils sont une chance pour la société parce que l’Europe, qui est vouée au métissage, a beaucoup reçu d’eux. Quand on met des gens à l’écart, on ne vit pas dans la paix. Une injustice n’est pas une condition de paix. On fait la charité, quand on n’a pas su faire passer la justice. Un après-midi comme ça peut changer notre regard et vous donner envie de rencontrer des Roms. Vous ne le regretterez pas. Je les fréquente depuis 15 ans. Quand la vie est dure, ils disent qu’il faut se réjouir. Pour eux, la lutte appelle la fête! On ne peut pas accepter qu’une minorité soit privée de ses droits. La lutte n’est pas perdue! Renoncer aux autres, c’est renoncer à soi, à jamais.

 

C. DUC-JUVENETON, GR, janv 2013 

 

La peur est bonne conseillère °ζ°

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25 mars 2014 2 25 /03 /mars /2014 09:45

Sands hotel, Macau

Un début de semaine printanière entre les giboulées,

ça s'accompagne d'un petit jeu de l'oie en blogosphère...

vous vous reconnaîtrez peut-être :)

et de quelques vues des constructions hautes de Macau:

Sands hotel, MGM Grand et Altira, another Crown Tower

 

MGM Grand, Macau

 

Chez Indian samourai

(...)Le castéisme est un pilier de l’hindouisme : l’accomplissement de son devoir personnel de caste – et non d’un devoir universel – et le système de réincarnation dans une caste plus ou moins élevée en récompense de vos actions bonnes et mauvaises constituent les deux piliers fondamentaux de cette religion en attendant la délivrance finale et le paradis. »).  

 

Pour lutter contre cette discrimination, l’Etat a mis en place des quotas d’accès à l’éducation, aux jobs de fonctionnaires, aux sièges politiques. Il y a même eu un président intouchable (K. R. Narayanan). 

Le problème c’est qu’aujourd’hui tout est chamboulé et au final ces quotas favorisent des gens à cause de leur statut social (caste) mais pas de leur mérite ni de leur revenus. Et comme ils forment une majorité**, les politiciens ont du mal à changer ce système…(...)

Chez le tonneau de diogène

Un certain Wolfgang Amadeus Mozart s'est introduit en ce Vendredi Saint à Saint Pierre de Rome, et s'est emparé du Miserere d'Allegri. Comme chacun le sait, cette oeuvre est détenue par un contrat d'exclusivité par Sa Sainteté le pape et ne doit en aucun cas être interprétée en dehors des murs de la cité vaticane. Profitant de son oreille totale, ce sinistre individu a retenu l'intégralité des accords, les a recopié sur une série de partitions qu'il a fait circuler. Nous exigeons la coupure immédiate de tout accès à la musique pour cet individu, et tant pis pour l'humanité qui n'a pas à profiter d'Allegri.(...)

Chez koryganne

Chez Axel21

En France, dès qu'il y a trois centimètres de neige, la pays est paralysé :(...)

Dès qu'il pleut trois jours, c'est l'alerte rouge inondations d'autant que l'on a construit allègrement dans le lit des rivières. 

En France, si jamais il fait beau trois jours, alors là c'est l'alerte pollution. (...)

 on se demande bien comment se débrouillent les Québécois avec leur neige, les Indiens avec la mousson où les habitants du Caire, de Lagos ou de Djakarta avec leurs macro particules. (...)

 

 

Chez durdecifer

Science

Propositions du jour:

Clare Goodwin

- j'ai des préférences

- je suis animé par l'impulsion de la vie

- et si j'avais tout ce dont j'ai besoin?

Crown Macau

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23 mars 2014 7 23 /03 /mars /2014 23:32

L'intention

 

L'éducation s'utilise soit comme un instrument facilitant l'intégration des jeunes générations dans la logique du système existant et amenant la conformité à ce système, soit comme un "entraînement à la liberté", moyen par lequel les hommes et les femmes abordent la réalité de façon critique et créative et découvrent comment participer à la transformation de leur monde.

 

Richard Shaull

 

En acupuncture, il est un enseignement qui ne cesse d'étonner les étudiants. L'expression chinoise et yi yi yin qi"l'énergie suit l'intention", ou "là où va l'intention, là va aussi l'énergie".

En pratique, ceci peut signifier que la concentration du praticien est importante lorsqu'il plante l'aiguille, par la connexion nécessaire qui s'établit avec le qi du méridien de façon à modifier l'état énergétique général du patient. Pour les étudiants, ceci peut être assez déroutant, étant donné que la précision avec laquelle ils localisent un point d'acupuncture détermine leur progrès, et vu qu'ils sont aussi exposés à l'apparente infinité des adaptations d'une médecine où les mains, les pieds, les oreilles et même les articulations des doigts semblent tous offrir des zones qui donnent accès à la totalité du champ énergétique du patient.

On a aussi avancé que, puisque la recherche scientifique a montré l'importance de l'effet placebo en acupuncture, on pourrait se dispenser de ses subtilités techniques. Mais un tel raisonnement n'est valable que dons le monde causal limité qui a retardé notre croissance intellectuelle depuis des siècles.

A la recherche de la vérité

 

Accroché à un modèle du monde reproductible par tous, la science a refusé d'accepter une idée + haute de son éthique afin d'explorer véritablement la réalité, plutôt que d'essayer de faire rentrer de force les données dans un ensemble mal agencé de présupposés.

La supériorité de l'acupuncture vient de sa capacité à sculpter le mystère de la guérison. Voici le futur de la recherche pour guérison. Voici le futur de la recherche pour la conscience: Comment pouvons-nous changer notre monde, et gérer les passions indisciplinées qui sont en nous, afin de changer le Corps/Esprit? Il faudra reconnaître que chaque personne est différente, et appliquer alors des méthodes sur mesure afin de favoriser leur développement.

      

Une question de foi

 

Depuis trop longtemps nous ne voulons voir en la foi qu'un appendice inutile de la superstition, ne lui laissant d'autre issue quele fondamentalisme. La foi est l'intelligence de l'esprit, et n'est pas moins importante dans la quête scientifique que dans la passion religieuse, bien qu'elle soit aussi dangereuse dans l'une que dans l'autre si elle s'ossifie. En effet, la foi peut nous apporter la paix intérieure pour voir l'amour à l'oeuvre dans l'univers, le reconnaître dans nos coeurs, et avoir l'équilibre spirituel qui nous permet de reconnaître chez d'autres leur propre vérité.

Chaque personne concentre en elle-même sa propre force: c'est cela qui nous permet de modeler la forme qui nous sert le mieux pour nous orienter dans l'univers.

Une telle  éducation n'est peut-être pas celle qui consiste à savoir lire, écrire et compter, mais bien plutôt la confiance intrinsèque, instillée dans l'enfant qui grandit par l'amour, le jeu et l'espace existentiel à l'intérieur duquel il peut découvrir toute la gamme de sa personnalité.

C'est à partir de cette fondation de foi que peut venir l'intention qui permet de sculpter une expérience du monde qui puisse absorber le choc et la beauté de la vie et trouver une approche qui serve le mieux possible l'expérience intérieure. Et pour celui qui possède ce centrage de la personnalité, vient l'ouverture vers d'autres dimensions de la vie.

      Il nous est possible de modifier consciemment

notre état de conscience,

la santé de notre corps et la profondeur de nos intuitions.

Le Corps/Mental/Esprit est le véhicule de notre expérience,

qui explore et change l'univers.

 

La pensée, un langage vivant

 

Evelyn Carter possédait des dons de voyance depuis l'enfance, mais c'est dans les années 1940 qu'elle commença à connaître des périodes de transe. C'était par ailleurs une ouvrière du Lancashire (nord de l'Angleterre) et une mère de famille tout à fait normale. Mais elle détenait aussi la clé d'un passage d'espoir, à un moment où d'autres phares brillaient moins fort.

Dennis Konstantin > 

Au centre de ses enseignements, on trouve une vision de l'"Oeuvre". Cette conception fait écho aux aspirations de l'hermétisme et des mystères occidentaux, où le "Grand Oeuvre" est considéré comme la transformation de l'humanité par la transformation de l'individu. La vision qu'Evelyn Carter avait de l'Oeuvre partageait cette éthique centrale qui consiste à changer le monde en commençant par nous changer nous-mêmes, mais son expression particulière avait + à voir avec les enseignements Maya des transitions planétaires de 2013.

Evelyn enseignait que certains aspects de la réalité qui nous apparaissent encore comme isolés, sont en train de devenir monnaie courante comme la télépathie, le fait de savoir interpréter les auras, les lignes mystiques qui parcourent le paysage et les énergies des roches, des arbres et des autres personnes, et pourraient être les agents d'un changement social à grande échelle. Sa sagesse avait en son coeur une vision de l'être humain comme être spirituel, et faisait de nos pensées les fondations de notre monde.

Elle n'a jamais rejoint le circuit des médiums professionnels et la simplicité de ses enseignements, de pair avec la puissance de sa présence, parvenaient à éviter les nombreux pièges qui guettent des versions + sophistiquées de l'Oeuvre.

 

Paul Hougham

Dennis Konstantin

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rééd° du 11 10 13

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22 mars 2014 6 22 /03 /mars /2014 23:26

émoticones et texte animésémoticones et texte animésémoticones et texte animésémoticones et texte animésémoticones et texte animés

 

RSA socle, SMIC, seuil de pauvreté

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Déjà qu'au SMIC c'est pas simple...

Et vous, vous proposez quoi?

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22 mars 2014 6 22 /03 /mars /2014 04:12

Erol Denec

http://yoga-narbonne.com/archi/namaste.gif

La sagesse est l'idée essentielle de la philosophie. Celle qui lui donne tout son sens. Paradoxalement, c'est sans doute la moins étudiée et la moins comprise. On en a souvent une idée négative, comme si elle était une entrave à la vie heureuse et à la volupté. On la confond souvent avec d'autres notions: vérité, science, prudence, morale, savoir-vivre... La sophia les contient toutes, mais elle les dépasse infiniment. Que signifie l'idée dde sagesse? Extrêmement riche, elle désigne à la fois une pratique, une science, un art et une vertu.

 

Une pratique

 

Dans toutes les traditions, la sagesse est définie comme une certaine pratique, une manière d'être. Elle ne se révèle pas dans le discours mais dans l'action, non dans la pensée mais dans la vie: c'est une capacité à se conduire de la façon la meilleure possible. La question socratique de la bonne conduite de la vie fonde toute la philosophie:

"Notre dialogue ne porte pas sur une bagatelle, mais sur la  manière dont il faut régler notre vie.¹"

La sagesse n'est pas l'application d'une morale, un ensemble de règles, un code de devoirs. C'est une qualité d'être, une puissance intérieure, une force d'âme dont le trait dominant est la sérénité.

"La + expresse marque de la sagesse, dit Montaigne, c'est une réjouissance constante; son état est comme des choses au-dessus de la lune: toujours serein.²"

Le sage n'est pas apathique et indifférent, mais tranquille et confiant. Son assurance en lui-même vient de son autonomie, de sa claire compréhension des choses. Le sage trouve en effet son bonheur en lui-même, dans un équilibre parfait avec le monde, parce qu'il sait faire ce qui est bon pour lui, sans dépendre de personne.

"S'il est un homme qui se suffit à lui-même pour être heureux, c'est bien le sage, écrit Platon. Il est de tous les hommes celui qui a le moins besoin d'autrui¹".

La sagesse n'entraîne pas l'autarcie, la fermeture aux autres. Au contraire. Elle est une puissance d'aimer qui se manifeste par une ouverture au monde, une disponibilité aux autres et une bonté exceptionnelle. Le sage est un homme tout à fait à part des hommes ordinaires parce qu'il comprend mieux ce qui est nécessaire de savoir pour être pleinement heureux en cette vie. Il est maître de soi et de sa vie parce qu'il a résolu pour lui-même la question clé de la philosophie: comment vivre?

Pour Socrate, comme pour Bouddha ou Jésus,

le but n'est pas le savoir

mais le bien vivre.

Il s'agit de se libérer du mal sous toutes ses formes: non seulement de l'ignorance, de l'erreur et de l'illusion, mais aussi et d'abord et surtout de la souffrance, de la maladie, de la misère, de la détresse, de la méchanceté, de la violence, de la haine, de tous ces maux qui entraînent inévitablement notre malheur. Le but du philosophe est bien pratique et non théorique: il s'agit de ne plus souffrir et de ne plus faire souffrir, de devenir bon, de devenir meilleur pour vivre dans les meilleures conditions possibles. Comment vivre, le mieux possible, chacun et tous ensemble? Toute la philosophie cherche à répondre à cette question. La sagesse est "science de vie²", dit Montaigne.

Philosopher, c'est apprendre à vivre.

Et donc, aussi à mourir.

C'est chercher dans la sagesse un remède à nos maux existentiels en se fondant sur un unique principe: la source principale du malheur humain est l'ignorance.

C'est peut-être l'un des seuls enseignements doctrinaux de Socrate, mais il est fondamental: les hommes n'agissent mal que par ignorance:

"Nul n'est méchant volontairement³".

Que veut dire Socrate? Que l'auteur d'un mal ne peut choisir librement de faire le mal qu'il fait. Nul en effet ne peut faire par volonté et selon sa conscience que ce qu'il croit être un bien. Si je peux choisir entre 2 solutions, voler ou respecter, mentir ou dire la vérité, tolérer ou frapper, obéir ou désobéir, je choisirai nécessairement la solution qui me semblera la meilleure. Si volontairement je vole, je mens, je frappe, je désobéis, c'est que je pense qu'il est mieux d'agir ainsi. En quoi je peux me tromper. C'est alors de l'ignorance, non de la méchanceté. Je serai certes coupable de m'être trompé, mais pas responsable puisque je n'aurai pas voulu faire le mal. Et si je sais que je fais le mal lorsque je vole, je mens, je frappe, je désobéis? C'est alors queje fais le mal que je ne veux pas: j'agis sous l'emprise d'une passion, une force intérieur qui me détermine irrésistiblement à agir vers un plaisir, mais qui n'exprime pas ma volonté du bien. C'est alors de l'impuissance, non de la méchanceté. L'auteur d'un mal est donc toujours un irresponsable. Soit il ignore ce qu'est le bien, et il est alors victime de son ignorance, soit il est impuissant à le réaliser, et il est alors esclave de ses passions, victime d'une illusion, envoûté par le charme d'une séduction.

Tous les méchants sont donc des faibles, des êtres à qui manquent une connaissance et une puissance que seul l'homme bon et libre possède. Comprendre cela, c'est pardonner: le méchant est coupable (il est bien cause d'un mal commis), mais il n'est pas responsable (il est sujet d'une impuissance qui l'empêche d'être responsable). En somme, il n'y a pas de "méchant", explique Socrate, car personne ne peut vouloir le mal: il n'y a que des "souffrants". Les méchants sont des irresponsables qui suscitent la compassion, la miséricorde et la générosité du sage.

Tout méchant souffre d'un manque de puissance et de connaissance

qui le rendrait responsable, fort et bon.

Cette puissance et cette connaissance, c'est la sagesse, qu'on peut donc définir ainsi: la force intérieur qui permet de dominer ses passions et d'agir selon la raison pour faire le bien. La thèse de Socrate, qui fonde toute la philosophie est que cette force n'a d'autre source que l'amour et d'autre moyen que la connaissance. Parce qu'il connaît clairement le bien et qu'il sait comment l'accomplir, le sage reste maître de lui-même. Il agit par amour, en accord avec lui-même, dans la philia. Il possède la force d'âme, le courage, la vertu du coeur. Par la sagesse, les passions, les violences, les haines et les tristesses sont vaincues. Cette force d'âme peut s'exprimer de façon héroïque: toujours être juste malgré une injustice subie, être généreux envers ses ennemis, pardonner à ses agresseurs, accueillir sa mort et celle des autres avec une totale sérénité, etc.. Mais elle peut se manifester aussi avec simplicité et humour. A un contradicteur qui, à bout d'arguments, lui asséna un coup de poing, Socrate répondit tranquillement:

"Il est fort ennuyeux de ne pas savoir quand il faut mettre un casque avant de sortir."

Alors qu'on s'étonnait de sa tolérance après qu'un homme lui eut donné un coup de pied Socrate se justifia:

"Eh quoi!? Si c'était un âne qui m'avait donné un coup de pied, irais-je lui faire un procès?"

Le sage reste maître de lui-même, parce qu'il a atteint la liberté intérieure face aux passions. Il est libéré de la colère, de l'envie, du mépris, de l'avidité. Plus ils manquent de sagesse, + les hommes sont soumis à leurs opinions et victimes de leurs passions, + ils sont illusionnés par leurs idées fausses et asservis aux forces intérieures qui les poussent à agir dans l'excès et la violence, contrairement au bien qu'ils désirent par nature.

Voilà ce que désire Socrate de tout son être, le désir ardent qu'il fait naître dans le coeur de jeunes gens enthousiastes comme Alcibiade et Platon: devenir un homme libre, capable de diriger sa vie selon des principes de sagesse. Car la vie ne prend tout son sens que lorsqu'elle s'accomplit sous sa forme excellente, joyeuse et sereine. La sagesse est le sens de la vie parce qu'elle est tout simplement ce par quoi l'homme accomplit son essence vivante. C'est pourquoi la philosophie est davantage une quête de sens que de vérité. Seul le sage vit dans la plénitude du sens, sans manquer de rien, en harmonie avec lui-même et le monde. En accord avec le réel.

La sagesse est ce savoir pratique qui dépasse tous les savoirs particuliers, parce qu'il n'est pas seulement utile à tel ou tel homme comme le sont les savoirs du physicien, du menuisier, du médecin ou du juriste, mais le savoir universel, indispensable à tous les homme en tant qu'ils sont hommes, pour accomplir leur humanité et vivre d'une façon sensée. 

Si elle se révèle dans la pratique, dans une puissance d'agir excellente, la sagesse nécessite pourtant une connaissance intellectuelle de l'ordre d'une science.

à suivre (la science suprême)...

Bruno Giuliani

¹ Platon, La République

² Montaigne, Essais, 1,26, 161

³ Platon, Ménon, et aussi Gorgias et La République

proposé par mamadomi

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Published by mamadomi - dans philosophies
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