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T'entends quoi?

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Oscar 2012 dans la catégorie du 
 court métrage documentaire

pour "Saving Face":la réalisatrice pakistanaise

Sharmeen Obaid-Chinoy lance sa campagne

contre les attaques à l'acide qui chaque année

défigurent + d'une centaine de femmes.

www.savingfacefilm.com

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Pour suivre les décisions et les changements
voulus par le peuple et pour le peuple

c'est ICI, dossier ALUR pour ex

texte de Loi

►oops ça coupe, suite ici 
+ de zik ici [les notes que j'aime]

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...pour voir le film de Yann Arthus-Bertrand
et une critique ici
; autre film (7'30):
Des fOrêts et des hommes
horloge mondiale

un moment Ted ici, avec Jill Bolte

hymne à la beauté de la nature ici

à lire absolument:
comprendre l'histoire d'Israël
par le grand universitaire Ilan Pappe
août 06 et toujours actuel...

138 pays reconnaissent la Palestine
en tant qu'état, 179 pays maintiennent leurs relations
diplomatiques, le pays est devenu membre de l'ONU
en 2011 (actuel statut d'observateur) mais
la demande d'adhésion n'aboutit pas à cause
du véto des E.U. et des pressions d'Israël
le 31 oct 2011:
la Palestine siège enfin à l'UNESCO
le 29 nov 2012
la Palestine devient
"un ETAT observateur
'non-membre' de l'ONU"


alerte huiles frelatées, à lire d'urgence

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(plusieurs liens) ne pas consommer

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Les 10 multinationales les + dangereuses
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Où Qu'il Est, L'article?

Cap à citer

earth hour

 Samedi 29/03/14:
20h30/21h30
 ...merci à tous 
www.earthhour.be.
le 23/03/2013
on a aussi éteint les lumières!

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Tunisie-drapeau.jpg

Pour une Tunisie et une Egypte
libres & démocratiques
calligraphie
bravo aux Lybiens, ya du travail encore...:

 courage aussi aux Yéménites, avec la révolution des femmes:

Drapeau du Yémen
...aux Syriens, qui paient cher:
aux Maliens, en proie au mal anti-éducation qui fait le lit de toutes les dominations:
et, que partout où
la liberté est bafouée,
la révolution se propage:
Algérie,Bahrein,Burkina Faso,Chine,
Djibouti,Haïti,Irak,Iran,Japon, 
Jordanie,Kenya,Koweit,Liban, 
Maroc,Mauritanie,Nigeria,Oman,
Palestine et Israël,Somalie,Soudan 
 ...France!
...Ukraine qui choisit des valeurs de démocratie dans le rapprochement à l'Europe, au détriment d'avantages économiques à rester liée à la Russie! Avec les risques extrémistes que ça comporte...
Thaïlande...

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l'origine du  mot  bug

Severn, la voix de nos enfants

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de notre ami Vladimir Vodarevski

ZEM apprenti maître zen
ici

cannabis, attention quand même...
dangers, alerte, qlqs infos
chez cardamome

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lettre ouverte d'un gendarme au président

de la république M. Hollande:


Couches Absorbées

Caplibreurs et surfeurs

Blog animé depuis bientôt 7ans

792 000 visites au 13 jan 2015
merci à tous et à toutes
...pour tous vos commentaires:
le 55 000ème, mercredi 5 nov 2014
déposé par:
bouquet rose et mauve
MERCI DE VOTRE VISITE

Je m'insurge!

Hommage à Stephane Hessel, récemment il avait subi la censure pour s'être exprimé contre les choix du gouvernement israëlien à l'encontre du peuple palestinien

 

ici, extrait de son indignation chez Taddeï

ses voeux de résistance 2011

en savoir plus à la fin de cette page en clic

******************************************************************************

L'homme que vous voyez sur la photo n'est pas un 'Black Block' ni un misérable retraité. C'est Manolis Glezos qui en 1941, sous l'occupation nazie, est monté sur l'Acropole et a retiré le symbole nazi, la croix gammée. Qui est-il?
 
Manolis Glezos Manolis Glezos
70 ans + tard des personnes en uniforme, serviteurs des banques, qui ne mériteraient même pas de lécher ses chaussures, ont l'audace de lever la main sur lui...
Ceux qui ne comprennent pas que nous voyons monter une nouvelle forme de fascisme financier devraient y réfléchir à deux fois.
 Un lien chez bernard

******************************************************************************

Suite aux pétitions de demande de soutien qui circulent:


Je déclare ne soutenir Eric Zemmour dans son combat pour la liberté d’expression qu'avec la réserve qui s'impose en regard du commerce qu'il fait de son impertinence dans sa posture d'opposition fanatique à ce qu'il appelle la pensée unique, opposition massive qui n'est qu'un grand fourre-tout de toutes les transgressions délétères par l'incitation à décomplexer toute forme de propos, de posture et d'investigation raciste.

Le poids de la parole publique enjoint une responsabilité et une prudence éthique qui, de toute évidence, lui pèsent dans son fantasme de toute puissance infantile tellement patent.

Ainsi, je NE CONDAMNE PAS LES PLAINTES ET PROCES QUI LUI SONT FAITS, NI LES CAMPAGNES DE SENSIBILISATION CONTRE SES EXCES ET SES FRANCHISSEMENTS DE LIGNE. Les pressions et menaces dont il fait régulièrement l’objet, en revanche sont nulles et non avenues.

Vous pourrez vous informer sur la charte éthique professionnelle du journalisme sur ce lien, dont:

- Refuse et combat, comme contraire à son éthique professionnelle, toute confusion entre journalisme et communication

- Ne confond pas son rôle avec celui du policier ou du juge

- Respecte la dignité des personnes

- N’use pas de la liberté de la presse dans une intention intéressée

- Prend la responsabilité de toutes ses productions professionnelles/répond devant la justice des délits prévus par la loi

- tient l’accusation sans preuve, l’intention de nuire, la déformation des faits, le mensonge, la manipulation, (...) pour les plus graves dérives professionnelles

http://obeissancecanine.free.fr/images/exercice1.gif

 vous pouvez commenter ici >> page blanche

4 décembre 2014 4 04 /12 /décembre /2014 23:46

       http://blogs.etab.ac-caen.fr/sainte-scolasse-montchevrel/public/stesco/Egeorg/.noel-pere-noel-00125_m.jpg

Le rituel du cadeau

 

Souvenons-nous de la stupéfaction de nos grands parents devant l'accumulation de cadeaux sous le sapin le soi de Noël.

Le grand déballage du train électrique, du mécano, des poupées et autres jouets nous donnait irrémédiablement droit au sempiternel:http://storage.canalblog.com/45/13/667021/47635584.jpg

"de notre temps, nous n'avions rien de tout cela: chez nous, on recevait une pomme et trois noix!"

Même si ces remarques nous paraissaient alors excessives, leur pertinence soulignait bien l'ampleur de la dérive commerciale engendrée par l'amélioration générale du niveau de vie. Aujourd'hui, dans les milieux de stricte pratique religieuse, on continue à déplorer qu'un événement aussi fondamental que Noël dans l'histoire du christianisme soit à la source de la + spectaculaire entreprise commerciale de l'année.


http://canvey.c.a.pic.centerblog.net/noj86art.jpg

Une ancienne tradition

 

 

Les textes sont formels: la coutume d'offrir des cadeaux est très ancienne, nous en avons de nombreux témoignages dès le XVè s. Pour les enfants et les enfants seulement, nous l'avons vu, jusqu'à la Réforme les cadeaux leur sont apportés à la Saint-Nicolas sous la pression protestante, le remplacement des marchés de la Saint-Nicolas par les marchés de Noël, adultes et enfants se retrouvent tous le 24 décembre pour la distribution des cadeaux.

http://jclaudelive.j.c.pic.centerblog.net/6098554b.gif

Que s'offrait-on vers 1580

 

dans l'Europe Rhénane?

 

 

Retenons d'abord les cadeaux chargés d'une valeur symbolique en relation + ou moins étroite avec le rituel de Noël ou le solstice d'hiver. Les fruits figurent obligatoirement parmi les 13 desserts du repas de Noël provençal. Les pommes et les noix en étaient les représentants obligés et continueront à être offerts jusqu'après la 1ère guerre mondiale. Des 2 côtés du Rhin, le pain d'épice figure aussi parmi les inévitables cadeaux qu'on se faisait même entre adultes. Il fut longtemps chargé des valeurs symboliques d'amitié et de fidélité. Il faut décorer le sapin, ce qui permettait aux enfants, lors du démontage, de recevoir un 2ème cadeau. Les cadeaux se réduisaient-ils vraiment à ces seuls aspects comestibles? Certes non. Les sources alsaciennes des XVè et XVIè s. nous apprennent qu'on offrait également des vêtements et même de l'argent.

 Bien entendu, les disparités sociales, la faiblesse du niveau de vie, le manque d'argent liquide des sociétés rurales vivant en quasi autarcie ne permettaient pas toujours de donner un grand relief à la cérémonie des cadeaux. Cependant, il ne faut pas perdre de vue que ces sociétés renferment en leur sein des artisans, sabotiers, charrons, tonneliers, menuisiers, etc..., et que beaucoup de paysans profitaient des sermaines d'inactivité de l'hiver pour fabriquer eux  mêmes ustensiles divers et objets utilitaires.

Aussi, dès le XVIIè s., on trouve trace de cadeaux de Noël qui sont des jouets en bois + ou moins bien ouvragés. Cela pouvait aller de la poupée dont seule la tête était sculptée, le corps et les membres étant en tissu bourré de son, jusqu'à l'attelage complet avec le couple de boeufs ou de chevaux précédant la voiture à ridelles. Ce type de cadeaux n'étant d'alleurs pas toujours anodin et pouvait revêtir une valeur pédagogique. C'est ainsi que dans la vallée de Munster en Haute Alsace, les enfants

"recevaient de leur père, entre autres, des "Stekeleküeh": des bâtonnets taillés en forme de vaches, de veaux et de taureaux avec lesquels ils apprenaient à gérer leur cheptel et à mâitriser la vie économique à laquelle ils seront confrontés étant adultes". G. Leser

On serait tenté de ranger dans la même catégorie certains cadeaux que les pecheurs bretons faisaient à leurs enfants: des bateaux de pêche miniature qu'ils avaient confectionnés les jours où la mer était trop grosse pour s'y aventurer.

Revenons aux adultes pour souligner que dans les rapports sociaux très étroits qui tissaient les communautés urbaines et rurales au moins jusqu'à la révolution, le cadeau de Noël est un rite obligatoire. Au sein des corporations de métiers, le maître, le patron, se devait de faire un cadeau au compagnon qui a travaillé pour lui toute l'année écoulée, cadeau à la mesure de la satisfaction que le travail de l'employé avait donné à l'employeur. Il en va de même à la campagne où, avant la mécanisation, les paysans aisés travaillaient, secondés par une nuée de valets de fermes et de servantes. Ces domestiques, du moins ceux qui étaient attachés à la maison du maître depuis un certain temps, perticipaient à la fête de Noël et trouvaient sous le sapin, des chaussures, des vêtements et souvent aussi une pièce de monnaie: "le Taler de Noël".

Il s'agit là d'un rituel qui ne doit rien au hasard ou à une mansuétude quelconque. Nous sommes ici au coeur du pacte social entre celui qui donne le travail et possède du bien et celui qui fournit son travail et ne possède rien. Le patron, maître artisan ou propriétaire terrien s'acquitte de ce rituel comme d'un devoir: il donne, pour recevoir un travail de qualité. L'employé, valet de ferme ou compagnon, estime que ce rituel lui est dûr mais il sait également qu'il doit apporter sa quote-part de travail en échange. Les relations parents-enfants dans la période de Noël sont-elles d'ailleurs si éloignées de cette philosophie:

"Si tu n'es pas sage, le père Noël (ou le petit Jésus) ne t'apportera rien!"

 

Catherine Baillaud

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cailles en croûte de pain d'épice et compotée d'oignons... clic

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3 décembre 2014 3 03 /12 /décembre /2014 23:32

.......LE SEL.......

 

 

 

Seul minéral absolument indispensable à l'homme, le sel a développé à travers la planète des épopées fort comparables à celles de la soie ou celle des épices. 

Les 1ères grandes civilisations antiques ont toutes pris naissance dans des sites où le sel abonde, le bassin méditerranéen.

Offrande du pain et du sel en Grèce, chez les Hébreux, chez les Bédouins du désert, valeur symbolique, valeur sacrée du sel dans les religions païennes comme dans le christianisme. On pose un grain de sel, le sel de la sagesse, sur les lèvres du jeune baptisé.

Très symboliquement aussi, le sel, est le fruit à la fois de la terre et de la mer. Les marais salants, vieux comme l'humanité s'étendent en France, de Provence en Bretagne, les mines de sel abondent en Lorraine, Franche-Comté et Aquitaine.

Comme pour tous les produits de 1ère nécessité à localisation déterminée, le sel fait ravitailler les régions qui en sont dépourvues, depuis la + haute antiquité les convois empruntent les "routes du sel" de l'ouest vers Paris, de Lorraine vers l'Alsace.

Produit dont nul ne peut se passer, le sel se prêtait admirablement à l'exercice d'une fiscalité dont les états usèrent et bausèrent depuis l'antiquité jusqu'à la révolution de 1848 en France. La France de la monarchie vécut en effet sous le régime de la gabelle, l'un des impôts les + impopulaire qui fût.

Enoncer les multiples usages du sel serait une tâche trop lourde, retenons cependant son utilisation plusieurs fois séculaire pour le glaçage du grès au sel, où le potier de Betschdorf ↓ ou du Berry jette en cours de cuisson des poignées de gros sel qui vont se sublimer sur les parois des vases, ainsi que son importance dans un matériau modelable très en vogue actuellement: la pâte à sel.

 

Catherine Baillaud

Big up to:

c'est fait!

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rééd° du 121213

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2 décembre 2014 2 02 /12 /décembre /2014 23:59

 

Au rayon des idées fausses...  

   

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"Saint Pierre est le premier pape"

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Il ne peut évidemment être le 1er "pape", mot tiré du grec (papas=papa), une langue étrangère au pêcheur Pierre qui parlait l'araméen. Ce titre fut, à partir du IIIè siècle, employé affectueusement pour distinguer les évêques, "papas" de leur diocèse, puis, à partir du VIè s., il désigna + particulièrement l'évêque de Rome, ville dont le prestige rejaillissait sur le chef de son clergé. Durant cette période, on nommait aussi pape l'abbé d'un monastère, père spirituel de ses moines. Le titre de pape dut aussi accordé à l'évêque d'Alexandrie et il est toujours porté par le chef de l'Eglise copte d'Egypte, Sa Sainteté le pape Chenouda III . Ce pape-là se réclame non pas de saint Pierre mais de saint Marc, réputé évangélisateur de l'Egypte.
Personne ne sait qui était le 1er pape ni même le 2nd ou le suivant: les noms de LinClet, Evariste ou Télesphore sont cités sans aucune certitude biographique ni chronologique.
Quant à Pierre, sa présence, son martyre et sa sépulture dans la Ville éternelle ne sont pas absolument certains. Par contre, le culte de saint Pierre est attesté depuis le IIè s. et de nombreux textes, apocryphes ou canoniques (2 épîtres), lui sont attribués. Mais ils ont été écrits bien après la mort de l'apôtre dont on ne sait pas quand ni comment il aurait quitté la Palestine pour l'Italie.
Saint Pierre est donc non pas le 1er pape mais l'un des 2 premiers disciples (avec sonfrère André) choisis par Jésus. La primauté de Pierre est chronologique mais aussi théologique: le Christ dit à ce pêcheur de poissons qu'il aura désormais "des hommes à capturer" (Luc 5,10), càd à ramener vers les rivages de la foi. Ce "pêcheur d'hommes" (Marc 1,17) s'appelle Pierre et, dit Jésus, "sur cette pierre je bâtirai mon Eglise" (Matthieu 16,18). Le jeu de mots sur saint Pierre (incompréhensible dans de nombreuses langues) pourrait s'appliquer, en français, à saint Roch. Jésus a probablement dit à Pierre qu'il était solide comme un roc (kepha en araméen), nom que le Nouveau Testament a transcrit (Céphas) ou traduit du grec (Petros) puis en latin (Petrus).
Jésus donne aussi à Pierre "la clef du Royaume des Cieux" (Matthieu 16,19) et lui attribue le pouvoir de lier ou délier les fautes, càd de les absoudre ou non et, selon les catholiques, de ramener ou d'exclure (excommunier) le fautif dans la communauté. Pierre est donc à la fois confesseur des péchés et gardien du paradis. Mais ces phrases sont d'une interprétation délicate et ont toujours fait l'objet de vives controverses entre théologiens: Pierre est-il un porte-clefs sans pouvoir ou une sorte d'"ange trieur" qui contrôlerait l'accès à la vie éternelle et le renvoi (l'excommunication) de la vie ecclésiale? De +, le pouvoir de lier et de délier les fautes a été accordé par Jésus à l'"Eglise" représentée par les disciples (Matthieu 18,16) et pas seulement à l'apôtre Pierre.
Si la primauté de Pierre n'est guère discutée, l'étendue de celle-ci fait donc problème. Plus encore, ces "pouvoirs" de Pierre sont-ils transmissibles au cours des siècles ou n'ont-ils été accordés qu'au 1er des compagnon de Jésus? Les catholiques professent cette transmission et font donc de Pierre le 1er maillon d'une longue chaîne apostolique: il aurait été sinon le 1er "pape" du moins le 1er chef de l'Eglise, désigné par le Christ. Ses successeurs auraient hérité de ces pouvoirs surnaturels, bien qu'étant désignés par de simples mortels.
Les protestants et les orthodoxes, tout en reconnaissant la nécessité d'un ministère de l'unité, estiment que la succession apostolique ne saurait privilégier un seul homme. A la rigueur, l'Eglise peut désigner un primus inter pares, sorte de 1er "ministre" (càd serviteur) de la Parole de Dieu, mais cette primauté de fonction n'est pas un privilège de pouvoirs.
Ceux-ci ne sont acquis au pape que s'ils étaient donnés à Pierre. A défaut d'être pape, celui-ci fut-il le 1er "évêque" de Rome? Il est difficile de se prononcer, les fonctions d'évêque (épiskopos) n'étant pas encore clairement définies dans la Head Constantine Musei Capitolini MC1072.jpg1ère génération d'apôtres. A défaut de trone épiscopal, on lui cherche une tombe pontificale. C'est pourquoi on fouille toujours sous la basilique Saint-Pierre dont le 1er édifice fut construit, par l'empereur Constantin, au-dessus de la sépulture supposée de l'apôtre comme la basilique du Saint-Sépulcre sur l'éventuel tombeau du Christ. A défaut d'avoir eu les pouvoirs d'un pape, le pêcheur galiléen de saint-pierre (le poisson du lac de Tibériade) est vénéré comme un pontife.


Odon Vallet

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 proposé par mamadomi

rééd° du 08 12 09

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1 décembre 2014 1 01 /12 /décembre /2014 23:17

Précédemment

Quel est l'objet de cette science? Dans le Charmide, dialogue platonicien sur la sagesse, Socrate apporte des éléments de réponse. Il réfute d'abord plusieurs formules proposées par son interlocuteur:

la sagesse n'est pas le calme, ni la pudeur, ni même l'autonomie.

Elle ne peut non plus être réduite à la seule connaissance de soi,

ni même à la connaissance de son ignorance.

On ne peut même pas se contenter de l'appeler la science des sciences.

Toutes ces définitions sont insuffisantes, parce que ces sciences ne donnent pas nécessairement la capacité d'être heureux en faisant le bien.

En fait, une seule connaissance semble digne de caractériser la sagesse,

c'est la science du bien et du mal.

La sagesse est moins la connaissance des choses que celle des valeurs. La science des valeurs, c'est la morale ou plutôt l'éthique, comme disent les philosophes grecs.

Une morale est un ensemble de règles impératives.

Alors que

l'éthique est la compréhension de

ce qui est bon et de ce qui est mauvais en vérité,

pour soi et pour tous les hommes.¹

C'est la partie la + importante de la philosophie, parce que c'est la voie qui mène à la sagesse en acte et au bonheur réel. L'éthique peut se formuler selon des principes de vie bonne, sous la forme de conseils. Mais nous devons comprendre par nous-même ce qui donne une valeur à notre vie et à nos actions, ce qui fait la valeur des choses, des actes et des êtres. Apprendre à bien vivre par notre propre jugement, c'est le programme de toute la philosophie.

"Le mot Philosophie pris dans son sens vulgaire, écrit Alain, enferme l'essentiel de la notion. C'est, aux yeux de chacun, une évaluation exacte des biens et des maux ayant pour effet de régler les désirs, les ambitions, les craintes et les regrets. Cette évaluation enferme une connaissance des choses, par ex s'il s'agit de vaincre une superstition ridicule ou un vain présage; elle enferme aussi une connaissance des passions elles-mêmes et un art de les modérer. Il ne manque rien à cette esquisse de la connaissance philosophique. L'on voit qu'elle vise toujours à la doctrine éthique, ou morale, et aussi qu'elle se fonde sur le jugement de chacunsans autre secours que le conseil des sages. Cela n'enferme pas que le philosophe sache beaucoup, car un juste sentiment des difficultés et le recensement exact de ce que nous ignorons peut être un moyen de sagesse; mais cela enferme que le philosophe sache bien ce qu'il sait, et par son propre effort. Toute sa force est dans un ferme jugement, contre la mort, contre la maladie, contre un rêve, contre une déception. Cette notion de la philosophie est familière à tous et elle suffit²."

La sophia n'est pas seulement un savoir-faire pratique et technique, mais bien une science, une compréhension théorique. La sagesse pratique peut être désignée par la notion de prudence (en grec, phronesis). La prudence est un savoir-agir qui peut en partie s'acquérir spontanément, par accumulation de l'expérience, sans la réflexion théorique de la philosophie. Elle consiste dans l'art d'adapter convenablement les moyens aux fins, d'après une perception spontanée des valeurs.

Plus je suis prudent,

mieux je saurai conduire une entreprise quelconque au succès.

La prudence est très précieuse, et même indispensable au philosophe, parce qu'elle permet la réussite effective de ses projets et de son action, de sa vie sociale et professionnelle. Mais elle n'est qu'une partie de la sophia, car seule la compréhension théorique des valeurs supérieures permet de distinguer les bons et les mauvais projets, les bons et les mauvais butsParce qu'elle est une connaissance des fins réellement nobles, des valeurs supérieures, des buts ultimes, la sagesse ne peut être acquise par la seule expérience, comme un simple savoir-faire empirique. Elle n'est pas seulement un bien-faire, elle est un faire le bien. La prudence est nécessaire pour réussir dans la vie, c'est une grande vertu, mais seule la sagesse nous dit ce qu'est, en vérité, réussir sa vie. Pour faire le bien il faut en effet le connaître avec certitude et clarté comme étant le bien. C'est pourquoi la sagesse est nécessairement fondée sur une compréhension théorique du bien. Le sage connaît avec certitude le vrai bien parce qu'il comprend l'essence même du bien. Il est savant au même titre que le physicien ou le musicien.

Sans quoi le sage ne saurait pas qu'il est sage,

ni comment l'être, ni pourquoi il l'est:

il ne serait pas dans la foi mais dans la croyance,

pas dans la confiance mais dans la confusion.

La sagesse inclut la science de la sagesse comme savoir pratique, tout en la dépassant. Car

la connaissance n'est pas le but ultime,

elle n'est que le moyen de l'action bonne.

La prudence n'est donc complète que si elle est conforme à la justice. Elle consiste à

chercher en toute circonstance les moyens d'accomplir

la meilleure action possible

et de s'assurer le vrai bonheur.

Qu'est-il nécessaire de connaître pour se comporter en sage? Rien d'autre que ce qui est nécessaire à la bonne conduite de la vie:

"Ce mot de philosophie signifie l'étude de la sagesse, écrit Descartes, et par la sagesse on n'entend pas seulement la prudence dans les affaires mais une parfaite connaissance de toutes les choses que l'homme peut savoir, tant pour la conduite de sa vie que pour la conservation de sa santé et l'invention de tous les arts.³"

Définition capitale parce qu'elle montre bien la finalité pratique de la philosophie et qu'elle définit aussi la sagesse comme une perfection dans la connaissance.

La sagesse n'est pas la connaissance de tout, ni du + de choses possibles

C'est un savoir de l'essentiel, de ce qu'il faut savoir pour bien agir.

Elle n'est pas quantitative. Elle est d'abord parfaite par son objet: ce qui entraîne le bien-vivre.

Une personne qui connaît bien peu de choses essentielles est + sage

que celui qui connaît mal beaucoup de choses sans intérêt.

"Ce qui nous fait le + défaut n'est pas la connaissance de ce que nous ignorons, dit Edgar Morin, mais l'aptitude à penser ce que nous savons*."

Socrate ne s'intéressait en effet qu'à peu de questions. Il dédaignait la quasi-totalité des sujets qui intéressent la foule. Mais il cherchait à bien comprendre la valeur de ce qu'il savait.

La sagesse est aussi parfaite par sa nature: c'est un savoir parfait, une véritable science. Non seulement parce que ce savoir est vrai, mais parce qu'il est parfaitement connu comme étant vrai. C'est donc un savoir éclairé, un savoir conscient de lui-même, de ses limites comme de sa valeur. La sagesse est le savoir parfait de ce qui a le + de valeur. Seules importent au philosophe certaines connaissances, celles qui sont à la fois certaines et essentielles.

Or l'essentiel, c'est la vie, la bonne vie, comme l'exprime bien Montaigne:

"Il n'est rien si beau et si légitime que de faire bien l'homme et dûment, ni science si ardue que de bien et naturellement savoir vivre cette vie." **

La sagesse est donc la science suprême, la "reine des sciences", parce qu'elle a pour objet l'art de vivre dans la lucidité, sans illusion. Elle n'exclut pas la fantaisie, l'exubérance, la créativité, l'originalité. Au contraire. Le sage est un homme libre, sans inhibition, parce qu'il est lucide sur l'essentiel. Son comportement est souvent déroutant. Il peut apparaître comme une folie aux yeux des ignorants qui n'en comprennent pas la cause.

La sagesse est en effet moins un savoir qu'une force psychique qui permet de lutter contre l'illusion, la grande ennemie du philosophe.

L'illusion est une ignorance au carré:

je crois savoir, et je ne sais pas que je ne sais pas.

Toute illusion est directement mauvaise, car elle est un désaccord partiel avec le réel. Mais elle est doublement mauvaise parce qu'elle se donne pour vraie et empêche donc toute recherche du vrai. L'homme illusionné ne sait pas distinguer entre son image du réel et le réel. L'état d'illusion devient la folie lorsqu'elle est généralisée au point d'engendrer une rupture totale avec la réalité, une fuite dans l'imaginaire.

La notion de folie désigne au sens strict l'incapacité à se diriger par soi-même,

à être en accord avec soi et avec les autres.

La folie est donc un bon terme pour désigner le contraire de la sagesse.

Le mot vient du latin folis qui désigne une outre remplie d'air, ballottée par le vent. Le fou est l'homme illusionné, déséquilibré, déstructuré, aliéné, l'homme esclave des images, en désaccord quasi total avec le réel, et donc avec lui-même. La philosophie trouve là une nouvelle définition, négative: c'est la lutte de l'homme contre sa folie intérieure. Le fou est l'homme submergé par l'illusion, il ne sait pas reconnaître le réel de l'imaginaire, ne dait pas distinguer le vrai du faux, le bon du mauvais. Il est l'esclave de ses idées confuses et la marionnette de ses passions. Car tout amour pathologique a pour racine l'imagination. C'est parce que j'imagine que cette chose me rendra follement heureux que je désire follement la posséder. C'est contre cette avidité que la vertu de tempérance est nécessaire, pour attribuer à chaque chose sa vraie valeur, pour la désirer à sa juste mesure. Cela ne veut pas dire que l'homme raisonnable peut éradiquer toute folie, toute force passionnelle et irrationnelle en lui, ni même toute illusion. Les sages sont peut-être aussi fous que les fous, mais seuls les sages connaissent leur part de folie, et c'est ce qui fait leur lucidité suprême. Comme le dit un proverbe bouddhiste:

"Le fou est celui qui se prend pour un sage, 

le sage celui qui connaît sa folie." ***

Quel rapport la sagesse entretient-elle avec les sciences particulières? Le savoir-vivre implique à divers degrés tous les autres savoirs: tous les arts, toutes les techniques, tous les savoir-faire, toutes les sciences -physique, biologie, écologie, psychologie, sociologie, économie, linguistique, histoire, etc... Mais aucun de ces savoirs ne peut remplacer ce que seul le savoir philosophique recherche: la sophia, qui regroupe

à la fois la science des valeurs,

le savoir-penser et le savoir-agir,

le savoir-aimer et le savoir-être.

La sagesse n'est donc pas un simple savoir. C'est plutôt

la maîtrise du savoir, un véritable art de vivre,

dont la finalité suprême est

la vie belle, la vie juste, la vie bonne.

Toutes les sciences portant sur les objets du monde sont bonnes, mais elle n'ont de valeur pour le philosophe qu'en tant qu'elles peuvent contribuer à l'augmentation de sa puissance intérieure et de sa liberté.

Le philosophe n'est pas l'homme curieux,

celui qui s'intéresse à tout et n'importe quoi.

Il est l'homme d'un seul amour, auquel il accorde

une valeur absolue.

Comme le dit pour lui-même Spinoza, le philosophe veut

"diriger toutes les sciences vers une seule fin et un seul but, qui est de parvenir à cette suprême perfection humaine dont nous avons parlé; et tout ce qui, dans les sciences, ne nous rapproche pas de notre but devra être rejeté comme inutile; tous nos travaux, comme toutes nos pensées, devront tendre vers cette fin."¤

Mais les grands sages de l'Antiquité tiennent le même discours. Socrate explique lors de son procès qu'il ne cherche pas à expliquer "ce qui se passe sous terre et dans le ciel", mais seulement à rendre chacun "le + possible excellent et raisonnable" ¤¤. A un disciple qui lui demande de répondre à des questions métaphysiques sur l'éternité du monde et sur la nature de l'âme, Bouddha répond:

"Je ne l'ai pas expliqué parce que ce n'est pas utile, cela ne concerne pas le principe d'une vie religieuse, cela ne conduit pas à l'absence de passion, à la sérénité, à la connaissance parfaite, au nirvâna, aussi ne l'ai-je pas expliqué" ¤¤¤.

Bouddha n'a expliqué toute sa vie que ce qui est vraiment utile au bonheur:

- la nature de la souffrance,

- l'origine de la souffrance,

- le moyen de détruire la souffrance,

- le chemin qui mène à la destruction de la souffrance.

Quel que soit l'objet sur lequel il s'interroge, c'est toujours la recherche du vrai bien qui motive la pensée philosophique, qui la stimule et lui donne sa force. Le "bien" est une notion problématique. Chaque philosophe doit la penser par lui-même, mais chacun peut comprendre avec Socrate que le bien suprême est nécessairement "la disposition de l'âme qui est capable de procurer à tous les hommes une vie heureuse" #.

En quoi la sagesse n'est pas seulement une science, mais aussi et avant tout un art de vivre.

à suivre (l'art de vivre)...

Bruno Giuliani

¹ La dernière partie précise la différence radicale qu'on peut faire aujourd'hui entre la morale (comme respect des devoirs) et l'éthique (comme recherche du bonheur).

² Alain, Eléments de philosophie, p.21

³ Descartes, Principes de la philosophie, préface

* Morin, Science avec conscience, p.26 Voir aussi La Méthode (4vol.)

** Montaigne, Essais, III, 13

*** Cité par Rech, Moine zen en Occident, p.56

¤ Spinoza, Traité de la réforme de l'entendement, vol1, p. 185

¤¤ Platon, Apologie de Socrate, 3,26

¤¤¤ Crépon, Les Fleurs de Bouddha, Anthologie du bouddhisme, parabole de la flèche, p42

# Platon, Philèbe, 11c

proposé par mamadomi

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30 novembre 2014 7 30 /11 /novembre /2014 23:04

Précédemment  

Mara Diop

Il est un arbre étrange qui se dresse sans racines et qui porte ses fruits sans fleurir;

n'ayant ni branches ni feuilles, il est couvert de lotus.

Kabir

Quand le foetus humain atteint l'âge d'à peu près 2 ou 3 mois, dans le sein de sa mère, le faisceau de rayons de conscience émis par l'omniprésent Amour Divin passe à travers le cerveau pour l'illuminer. Le cerveau étant en forme de prisme, ce faisceau se réfracte et se divise en 4 canaux différents, qui correspondent aux 4 aspects du système nerveux. Ce sont:

 

1. le système nerveux parasympathique

2. le système nerveux sympathique (S.N.S.) -droit

3. le système nerveux sympathique (S.N.S.) -gauche

4. le système nerveux central (notre lien cognitif avec le monde objectif).

clic schéma

Les rayons qui tombent sur la membrane fontanelle (le sommet de la tête, appelée "Talou"* la percent au centre et passent directement dans la moelle épinière, à travers le canal de la Sushumna. Cette énergie ayant laissé une trace très fine et filiforme dans la moelle épinière, va se fixer, enroulée sur elle-même, en exactement 3 ½ replis, dans l'os triangulaire qui se trouve à la base de la colonne vertébrale (mooladhara). Cette énergie est appelée "Kundalini"... Le système nerveux parasympathique est le médium par lequel nous absorbons l'énergie".

 

Toni Carmine Salerno >

  

Mais aussitôt que l'enfant est né et que le cordon ombilical est coupé, une brèche se crée dans la Sushumna, entre le plexus solaire et le nerf vague du système nerveux parasympathique. Dans la pensée hindoue, cet espace est appelé Maya (Bhav Sagar). Plus tard, quend l'ego et le super-égo se gonflent comme des ballons et recouvrent notre cerveau, au sommet des systèmes nerveux sympathiques droit et gauche, la fontanelle se calcifie et l'on est coupé de la force vitale et omniprésente de l'Amour Divin... Alors l'être humain se perçoit comme un être séparé et il est gouverné par la conscience de l'égo (Aham). C'est pourquoi l'homme ne connaît pas son Inconscient universel. Il en est coupé par son égo.

 

H.H.S.M. Nirmala Srivastava

 

"Tout ce qui est humain est relatif,

en tant que reposant

sur des contrastes intérieurs;

car tous les phénomènes

sont de nature énergétique".

C.G. Jung

 < Soa Lee


* Dans l'Aitreya Upanishad, le maître Shankaracharya observe que le Seigneur-conscience pénètre dans le corps par "la couronne de la tête", "là où les cheveux sont divisés par la raie du milieu". Encore aujourd'hui, les femmes hindoues, sans en savoir la raison, ornent cet endroit en y appliquant une poudre rouge.

à suivre...

 

Toni Carmine Salerno

proposé par mamadomi

rééd° du 10 05 13

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29 novembre 2014 6 29 /11 /novembre /2014 23:21

De l'existence des particules élémentaires

Précédemment:


Pourquoi le bouddhisme s'intéresse-t-il aux particules élémentaires, alors que leur analyse ne semble pas avoir une grande incidence sur notre vie quotidienne? Si l'on s'interroge sur la réalité, ou l'irréalité, du monde qui nous entoure, il importe d'élucider la nature de ce qui en constituerait les "briques fondamentales". Le bouddhisme n'est pas le seul à remettre en question la vision "réaliste" des phénomènes. L'interprétation de la physique quantique selon l'école de Copenhague nous conduit également à penser que les atomes ne sont pas des "choses" mais des "phénomènes observables". Débat passionnant entre tous, puisqu'il nous place d'emblée au coeur de ce que l'on nomme la matière: si sa "solidité" est remise en question, bien d'autres barrières conceptuelles peuvent et doivent à leur tour tomber.

(...)

Trinh Xuan Thuan:

(...)

Le schéma d'une hiérarchie de particules de + en + élémentaires -molécules, atomes, électrons et noyaux d'atome, protons et neutrons, quarks- semble mieux d'écrire nos observations des phénomènes atomiques et subatomiques.

 

...Suite...

 

Matthieu Ricard:

Pourtant, certains philosophes des sciences comme Bernard d'Espagnat > et v Michel Bitbol dénoncent ce schéma comme une généralisation abusive de nos perceptions grossières, associée à une tendance à réifier les phénomènes. Le 2nd affirme que

 

les phénomènes quantiques peuvent être expliqués "au moins aussi bien en se servant d'un modèle de substitution qui ne suppose aucun élément de type corpusculaire".¹

Faisant écho à Schrödinger, qui disait que

"la théorie atomique moderne a été précipitée dans une crise sans précédent²",

Bitbol poursuit:

"Ni les impacts sur les écrans ni les traces dans les chambres à bulles ni, je l'ajoute, les images si évocatrices fournies par le microscope à effet tunnel ne prouvent ce qu'ils paraissent prouver. [...] Nous ne devons pas oublier qu'en physique quantique au sens large, la possibilité d'individualiser des objets d'échelle atomique est restreinte à certaines situations expérimentales bien particulières, et qu'elle fait complètement défaut à partir du moment où ces conditions ne sont plus remplies. Dans certaines situations, la charge d'une particule, par ex, ne peut être décrite comme si elle était localisée en un seul point.¹"

Il cite également Quine qui se demande si les théories quantiques n'ont pas imposé à la physique une volte-face assez complète pour

"menacer non seulement une ontologie tendrement aimée de particules élémentaires, mais encore le sens même de la question ontologique, la question "qu'y a-t-il?" ³". 

Quant au physicien Laurent Nottale >, il remarque:

"Certains philosophes sont allés + loin, concluant à l'inexistence en soi de toutes choses, de la matière comme de l'esprit. Si nous avons pu faire remonter l'histoire de la relativité à Copernic pour ce qui concerne la pensée occidentale et les sciences de la matière, son 1er énoncé dans la pensée orientale semble remonter à Siddharta Gautama, il y a + de 2500 ans. On trouve dans la philosophie bouddhiste une authentique réflexion relativiste sur la vacuité de toutes choses, conséquence de leur non-être en soi, leur existence n'étant que dans les rapports entre elles. On ne peut qu'admirer une telle intuition, qu'on pourrait considérer comme une vision intérieure du but lointain, fondée sur le principe de la relativité. Il n'y a là aucun nihilisme, aucune négation de la réalité ni de l'existence, mais plutôt une vue profonde de la nature même de l'existence. Si les choses n'existent pas de manière absolue, mais existent néanmoins, leur nature est à rechercher dans les relations qui les unissent. Seuls existent les rapports entre les objets, non les objets par eux-mêmes. Ceux-ci sont donc vides en soi, et doivent se réduire à l'ensemble de leurs rapports avec le reste du monde. Ils sont ces rapports. [...] La physique du futur réussira-t-elle à mettre en équation ce qui relève actuellement d'une pure vision philosophique.*"

 

¹ Michel Bitbol, L'Aveuglante Proximité du réel, Flammarion

² Erwin Schrödinger, La Nature et les Grecs, précédé de M. Bitbol, La Clôture de la représentation, Le Seuil, 1992

³ W.V.Quine, La Poursuite de la vérité (trad. fr. M. Clavelin), Le Seuil, 1993, cité par M.Bitbol, inPhysique et Philosophie de l'esprit, Flammarion, 2000

* Laurent Nottale, La Relativité dans tous ses états

Thuan:

On ne peut nier que la méthode réductionniste qui vise à expliquer tous les phénomènes du monde en termes de particules élémentaires ait remporté maints succès, et certains physiciens comme Steven Weinberg défendent passionnément le réductionnisme**. Mais cette méthode a des limites certaines, notamment en ce qui concerne les propriétés émergentes de certains systèmes dont les qualités ne peuvent être expliquées par la simple addition de leurs composantes. D'autres façons d'appréhender le réel, comme celles que tu viens de mentionner, sont nécessaires.

Pour revenir à l'absence d'une réalité objective, il faut préciser qu'elle se fait surtout sentir expérimentalement dans le monde des particules. Si la réalité est décrite par des probabilités dans le monde atomique et subatomique, nous ne sentons pas cette indétermination à l'échelle des choses de la vie. Après tout, les objets macroscopiques tels que cette table ou ce libre sont faits de particules qui sont soumises au flou quantique. Pourquoi alors le livre ne quitte-t-il pas soudainement la table pour se retrouver dans un coin du jardin? Les lois de la mécanique quantique disent qu'en principe un tel événement peut survenir, mais que sa probabilité est si faible qu'il ne pourrait se produire que si l'on disposait d'une éternité. Pourquoi une si faible probabilité? Parce que les objets macroscopiques sont faits d'un nombre d'atomes tellement grand (un livre en contient env 10 puiss 25, et la terre env 10 puiss 50) que les effets du hasard se neturalisent. La probabilité que je trouve le livre dans le jardin est infiniment petite, car un grand nombre d'atomes implique une masse importante, et donc une grande inertie. Les objets ordinaires sont peu perturbés quand on les éclaire pour les observer, car l'impulsion donnée par la lumière est négligeable. Ce qui fait que la vitesse de ces objets peut être mesurée aussi précisément que possible en même temps que leur position. Le flou quantique s'estompe.

Où se situe la frontière entre le monde microscopique

où règne le flou quantique

et le monde macroscopique où l'incertitude perd ses droits?

A l'heure acruelle, les physiciens sont encore incapables de définir cette frontière, bien qu'ils tentent de repousser les limites du monde quantique chaque jour. La molécule du fullerène composée de 60 atomes de carbone est l'objet le + lourd et le + complexe qui ait jusqu'à maintenant révélé un comportement ondulatoire¤.

 

** Voir Steven Weinberg, Le Rêve d'une théorie ultime, Odile Jacob, 1997

¤ Markus Arndt, Olaf Nairz, Julian Vos-Andreae, Claudia Keller, Gerbrand Van der Zouw, Anton Zeilinger, "Wave-particle duality of C60 molecules", Nature, vol 401, n°6754 (1999)

Matthieu:

Peut-être parce que cette frontière n'existe pas. L'incertitude ne disparaît pas, elle devient simplement imperceptible dans nos conditions macroscopiques. De la même façon, dans la vie courante, nous ne percevons pas les effets de la relativité de l'espace-temps parce que nous nous déplaçons les uns par rapport aux autres à des vitesses très inférieures à celle de la lumière, mais cette relativité ne cesse pas d'exister pour autant: notre bicyclette diminue de taille quand nous commençons à rouler, mais ce changement est trop infime pour qu'une personne immobile le remarque.

La possibilité, même infime, que ce livre disparaisse soudainement de la table montre bien qu'il n'y a pas de différence fondamentale entre le macrocosme et le microcosme. Même si, à notre échelle, nous sommes dans une situation particulière où l'incertitude est imperceptible pour nos sens, cela ne remet pas en cause la nature quantique du monde. Henry Stapp, le théoricien de la physique quantique dont tu parlais, a écrit:

"Le point important du théorème de Bell est qu'il  étend clairement au monde macroscopique le dilemme posé par le phénomène quantique. [...] Cela montre que les idées ordinaires que nous avons du monde sont profondément déficientes, même au niveau macroscopique.¤¤"

Le problème majeur des réalistes est de concilier les découvertes de la physique quantique avec la réalité quotidienne du monde macroscopique. Les physiciens ne cessent d'osciller de l'un à l'autre, parlant tantôt de particules et d'objets réels, tantôt de complémentarité et de non-localisation, alors qu'il leur suffirait de tirer les conclusions de la mécanique quantique pour transformer leur vision personnelle du monde.

Pourquoi existerait-il une différence ontologique entre le macrocosme et le microcosme dont il est formé, l'un n'étant qu'une extension de l'autre? Qu'est-ce qui émerge lorsque le microcosme devient le macrocosme? Une structure, càd un ensemble de relations dont résultent des fonctions douées d'une certaine continuité et capables de transformer les phénomènes. Pourtant, ces fonctions ne confèrent pas une réalité supplémentaire à cette structure ni à ses éléments. Si les particules ne sont pas des "choses", la réalité grossière n'est pas non plus une "chose", quelles que soient son apparence et sa quantité.

 

¤¤ Henry Stapp, "S-Matrix Interpretation of Quantum Theory"

Thuan:

Dans ce cas, on peut se demander pourquoi et comment le macrocosme fonctionne. Nous sommes entourés d'objets macroscopiques avec des positions et des vitesses bien définies, qui ne sont pas soumises au principe d'incetitude de Heisenberg et ne possèdent pas la dualité onde-particule présente dans le monde atomique et subatomique. Le hasard est neutralisé au niveau macroscopique. Les objets macroscopiques ne peuvent pas être partout à la fois comme une onde. Comme je l'ai remarqué, je ne risque pas de retrouverta montre dans ma poche (à moins de jouer au pickpocket!) ou de voir la Lune aller se balader du côté de Mars.

Matthieu:

Leur solidité n'est qu'un trompe-l'oeil: une question d'échelle dans le temps et l'espace. Selon le bouddhisme, il ne s'agit que de la stabilisation momentanée d'un système de relations. Un rêve qui dure 100ans n'a pas + de réalité qu'un rêve qui dure une minute.

Notre façon de décrire le monde est conditionnée par le fait que notre expérience quotidienne ne nous permet de l'observer qu'à l'échelle macroscopique, laquelle jouit d'une + grande stabilité. Il est fort probable que si nous avions constamment le monde microscopique sous les yeux, nous n'attribuerions aucune solidité au monde extérieur. La perception que nous avons de ce monde dépend entièrement du point de vue selon lequel on se place. Selon certains physiciens comme Laurent Nottale, l'apparente incompatibilité entre la mécanique classique et les phénomènes quantiques n'est qu'une question de "relativité d'échelle#".

Prenons un ex. utilisé dans l'analyse bouddhiste: celui d'une tente. Si l'on démantèle la tente en séparant la toile, les poteaux et les cordes, il n'y a plus de tente. Mais les matériaux sont toujours présents. Lacérons la toile. Il reste les fils qu'on peut ensuite décomposer en fibres, puis en molécules, lesquelles peuvent être divisées en atomes et en particules dont la masse est finalement équivalente à de l'énergie intangible décrite par des formules mathématiques qui confèrent à cette énergie une existence nominale. Là encore, on se trouve à mi-chemin entre l'existence et la non-existence, et l'intellect perd pied. Dès lors que le discernement conclut à l'irréalité de toutes choses, il n'a plus de support, ni d'objet. Quand l'analyse n'a plus d'objet ni de support où se fixer, elle ne se manifeste plus et toutes les constructions mentales s'apaisent, comme les vagues sur l'eau.

Cette transition, de la tente à l'irréalité des particules ou, en sens inverse, des particules à la tente, ne présente aucune discontinuité qui justifierait l'établissement d'une distinction essentielle entre le microcosme et le macrocosme. Pourquoi alors percevons-nous la tente comme étant douée d'un + grand degré de réalité? Par suite d'une approximation et d'un simple manque d'investigation. Comme le disent les textes bouddhiques:

"Faute d'examiner avec un esprit ciritque, nous acceptons allègrement les choses telles qu'elles nous apparaissent.##"

Le nombre ne fait rien à l'affaire, et un milliard de particules n'a pas + de réalité propre qu'une seule d'entre elles. La non-réalité des particules est une preuve suffisante de la non-réalité des phénomènes macroscopiques. Lorsque quelqu'un est mort, il n'est pas nécessaire de le tuer une seconde fois.

Nagarjuna déclare dans le Ratnamala:

"Plus nous sommes loin du monde, + il nous paraît réel. Plus nous nous en rapprochons, moins il est saisissable, comme un mirage dénué de réalité tangible."

La solidité des phénomènes nous semble  évidente aussi longtemps qu'on ne la regarde pas en face, mais elle s'efface dès qu'on l'analyse. Si une particule élémentaire n'est ni toile ni piquet ni chaleur ni couleur, elle n'est ni "moi" ni "autre". Elle échappe ainsi au mental qui cause notre inadéquation au monde et, en le réifiant, notre souffrance. C'est ce qu'exprime Shantidéva en parlant de la connaissance qui transcende la pensée discursive:

"Quand ni la réalité ni la non-réalité ne se présentent plus à l'esprit, alors, en l'absence de toute autre démarche possible, l'esprit libéré des concepts s'apaise.¹¹"

Thuan:

Je ne vois donc pas de contradiction fondamentale entre les vues de la science et celles du bouddhisme concernant la réalité des particules élémentaires. Nous devons les considérer comme des potentialités qui ne se matérialisent que par le jeu de l'interaction avec un instrument de mesure ou avec la conscience de l'observateur. On n'arrive pas à détacher du processus d'observation une réalité complètement indépendante ou une détermination qui appartiendrait en propre à l'objet. La réalité ne peut donc pas être scindée en sujet et objet. Telle est la vue de l'école de Copenhague qui est adoptée par la majorité des physiciens.


à suivre....

Matthieu Ricard et Trinh Xuan Thuan

 

# Selon ce point de vue, l'espace-temps est de nature fractale à l'échelle microscopique et la transition entre comportement fractal et non fractal (aux + grandes échelles) s'identifie à la transition entre la mécanique quantique et la mécanique classique (voir Nottale). Les lois de la nature doivent être valides dans tous les systèmes de coordonnées, quel que soit leur état d'échelle.

## Shantarakshita, Madhyamaka-alankara (tib. dhu ma rgyen, l'ornement de la Voie du Milieu)

¹¹ Shantidéva, La Marche vers l'Eveil

 

 

proposé par mamadomi

rééd° du 17 03 14

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28 novembre 2014 5 28 /11 /novembre /2014 23:11

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Comment ça "n'importe quoi"? Ecoutez plutôt!!

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je vous en conseille vivement les 18 premières minutes, vraiment ou au moins en résumé les 5 dernières minutes

Il n’est pas normal que la question de la dette ne soit pas débattue publiquement. Il y a des dettes illégales quand il y a eu truandage évident… Est-t-il légitime que les citoyens, belges notamment, qui n’y sont pour rien soient obligés de rembourser? On dit toujours dans les médias que si on ne rembourse pas, on court à la catastrophe: il faut regarder des exemples comme l’Islande, qui a décidé de ne pas rembourser l’entièreté des dettes privées qui avaient été nationalisées, et maintenant, ce pays va avoir le meilleur taux de croissance de la région et se fait féliciter par le FMI pour avoir fait l’inverse de ce qu’il préconisait… Mais il y a d’autres exemples très intéressants comme l’Equateur, l’Argentine, qui montrent qu’il y a des pays qui peuvent vivre mieux en refusant de se soumettre à la logique de la dette.

C’est aujourd’hui, car la catastrophe, la vraie,

c'est l’austérité à vie

et le remboursement de la dette illégitime:

ça ne marche pas!

Olivier Bonfond est un économiste et conseiller au CEPAG. Il a publié un livre intitulé Et si on arrêtait de payer? 10 Questions/Réponses sur la dette publique belge et les alternatives à l’austérité aux éditions Aden.

 

source et

• A présent voilà que les banques commencent à être condamnées à verser des indemnités, les unes après les autres... (faudra surveiller nos frais bancaires!!) pour avoir profité en faisant prendre des risques aux états comme aux particuliers avec leurs emprunts....

• A la suite de ces mauvais comportements bancaires, le surendettement moyen étant devenu si important que 50% de la population de pouvait plus y faire face, l'Islande efface plus de €24000 d'emprunts par foyers sans conditions de ressources, et c'est effectif!

à suivre...

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proposé par mamadomi

rééd°réactualisée du 18 11 13

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26 novembre 2014 3 26 /11 /novembre /2014 23:16

modèle allemand 

Il y plusieurs années, lorsque la social-démocratie était au pouvoir en Allemagne avec le chancelier Schröder, nous avions vivement dénoncé dans nos colonnes [1] les “réformes structurelles” du plan Hartz IV: 

- flexibilité du marché du travail,

- stagnation (ou, souvent, baisse) des salaires,

- emplois à un euro de l’heure, etc...

Bref, toutes sortes de mesures qui mettent à mal l’État-providence mais font le bonheur des économistes orthodoxes qui nous rebattent les oreilles, ad nauseam, dans l’Europe néo-libérale qu’on nous a concoctée. Car ces réformes ("douloureuse, certes" concèdent même les bonnes âmes qui nous gouvernent) expliqueraient les “performances” actuelles de l’Allemagne, devenue + forte que jamais. Toujours est-il que ces réformes ont ouvert la voie à une austérité qui n’a fait que se développer sous le gouvernement CDU d’Angela Merkel. En bref, les Allemands ne feraient que toucher les dividendes de l’Agenda 2010 de l’ancien Chancelier social-démocrate Gerhard Schröder. Ce serait donc un ex à suivre par tous les pays européens pour sortir de la crise. Les chefs d’État ou de gouvernement de l’Union Européenne ont l’air d’être tous tombés sous son charme!

Une toute autre réalité

 

 

La réalité des faits et des chiffres est pourtant là. Rappelons tout d’abord qu’il n’y a pas de salaire minimum en Allemagne, ce qui permet de limiter outrageusement le coût du travail.

Ainsi un rapport [2] de l’Institut du travail de l’Université de Duisbourg-Essen montre

- que + de 6,55 millions de personnes (soit 2,6 millions de + qu’il y a 10 ans!) touchent moins de 10€ bruts de l’heure,

- que 2 millions d’employés gagnent moins de 6€ de l’heure

- et qu’en ex-RDA de très nombreux travailleurs à temps complet reçoivent moins de 4€ de l’heure.

C’est pourquoi 15% de la population (+ qu’en France) vit en dessous du seuil de pauvreté (c’est notamment le cas de 70% des chômeurs). Entre 2000 et 2012, le pouvoir d’achat a baissé en moyenne de 2,5%. Qui + est,

les célèbres “Jobs à 1€ de l’heure”,

censés permettre aux chômeurs de garder une vie sociale

et le contact avec le monde du travail,

ne peuvent être refusés par les chômeurs

(qui, du coup, sortent des statistiques du chômage)…!

Les conséquences

 

 

Dans un entretien [3], intitulé Méfiez-vous du modèle allemand, accordé au quotidien belge Le Soir, le professeur S.Lehndorf, directeur de l’Institut du travail et des qualifications de l’université de Duisbourg-Essen, décrit ainsi le “miracle” allemand:

"La “success story” allemande est basée sur un modèle d’entreprise de + en + unilatéral. Notre industrie manufacturière exportatrice est très forte. Ce n’est pas nouveau. Ce qui est neuf, en revanche, c’est que cette locomotive est de moins en moins intégrée dans un environnement institutionnel qui permet à de + larges parts de l’économie et de la société de bénéficier de ses succès".

Il explique comment au cours des 2 dernières décennies, et surtout depuis la mise en œuvre des “réformes du marché du travail” du gouvernement Schröder, la précarisation des emplois et la baisse des salaires ont conduit à une stagnation des salaires moyens avant même qu’éclate la crise de 2007:

"L’inégalité sociale croissante en Allemagne est la source des déséquilibres économiques à l’intérieur de la zone euro, qui ont rendu les États partageant la monnaie unique particulièrement vulnérables dans la crise économique et financière mondiale actuelle. En l’absence de monnaie unique, les pays pourraient réagir individuellement – par ex en dévaluant leurs monnaies, pour le meilleur ou pour le pire. Cette porte leur est aujourd’hui fermée. Ils sont désormais l’objet de la spéculation contre leurs obligations souveraines et sont forcés de se soumettre à une dictature fiscale. Je suis malheureux de constater que le gouvernement de mon propre pays soit le moteur principal derrière cette politique".

Mais,

"tôt ou tard, cela va se retourner contre l’économie allemande, car 40% de son commerce extérieur est effectué avec la zone euro et 60 % avec l’UE. Le modèle allemand est + vulnérable que ne voudraient nous le faire croire ses défenseurs".

Lehndorf pense pourtant qu’une alternative est possible:

"Je suis convaincu, dit-il, qu’une zone euro construite sur la solidarité serait une formidable opportunité pour tous, d’un point de vue économique, social et, ce qui n’est pas moins important, politique. Je ne crois pas que la solution soit d’abandonner l’euro, même si sa conception est défaillante – avec son “monétarisme” qui date du traité de Maastricht et

cette notion folle d’une concurrence

entre des États

comme s’ils étaient des entreprises

qui pourraient être éliminées du marché

ou reprises par des concurrents.

Cette monnaie unique mal conçue est aujourd’hui au bord de l’éclatement".

 

J.-P. MON, GR, janv. 2013


[1]Voir, par ex, GR1080, oct. 2007, GR 1115, déc. 2010

[2]http://www.iaq.uni-due.de/iaq-report /2010/report2010-06.pdf

[3]Le Soir, 20-21 oct. 2012

voir ici aussi:

Éloge de l’efficacité productive du travail en France 

proposé par mamadomi

rééd° du 07 03 14

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25 novembre 2014 2 25 /11 /novembre /2014 23:04

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 le numéro de décembre 2013 aurait été le dernier

mais nous nous sommes mobilisés pour les sauver !

En groupe, on avance toujours à la vitesse

des plus faibles

moralité:

si l'on veut vraiment avancer plus vite, - un but?

il faut tirer vers le haut...

càd tendre la main, aider, soutenir...

Tous ensemble!

...et j'en entends gronder qu'il faut écraser les plus faibles,

voire les jeter à la poubelle, aux frontières,

sur les déchetterires du bout du monde, qu'on prend soin de laisser pourrir à cet effet...  

dites-moi, au-delà de l'émotion,

c'est pas juste un peu trop LA HONTE nationale?

l'AFFRONT NATIONAL? 

      

Problème de base: comment faire sa politique quand on arrive au pouvoir de changer les choses, tout en appliquant les lois de la précédente majorité législative, différente...?

 

De là, des grand écarts de communication, et des cas de conscience

Si l'on ne veut

- ni séparer les enfants étrangers de leur famille sans autorisation de résidence prolongée sur le territoire français 

- ni accepter que n'importe quel chef de famille menteur, mesquin, filou et arrogant comme un arracheur de dent d'ivoire louvoie entre les dispositions humanistes et les lourdeurs administratives pour pratiquer la technique de la mise au pied du mur...

- ni transgresser les lois en vigueur par des cas particuliers, favorisant ces démarches manipulatrices, qui, par l'usage malin de recours créée un chantage au droits de l'enfant et à son intérêt

- ni appliquer ces lois parfois scélérates d'abus et d'intransigeance xénophobe et protectionniste, mises en place hier par un gouvernement aujourd'hui d'opposition et qui considère l'immigration comme une invasion, l'accueil comme un squatt, et substitue l'assimilation à l'intégration... 

- ni laisser les lourdeurs administratives entraîner des enracinements irréversibles des enfants, dont l'éducation, elle, ne peut attendre... et ne sont pas cohérentes avec les lois votées... (ou inversement, donc!! on ne peut poser de lois que celles qu'on a les moyens d'actionner dans un temps raisonnable, càd vite!)

 

on fait comment?

eh bien, devant les ambivalences de chacun (la xénophobie n'a pas de camp politique), on renvoie le peuple à sa réflexion:

La culture de la gouvernance

on peut gouverner autrement, 

la responsabilité n'est pas que de la fermeté, c'est de l'écoute,

la lucidité n'est pas que de l'intransigeance, c'est de l'éducation,

la gouvernance n'est pas une tutelle, le peuple n'est pas infantile,

l'autorité ne se fait pas que par injonction, mais par proposition de réfléxion

avant de s'aviser le cas échéant

d'imposer/appliquer à chacun le choix de la majorité


... certes ce qui fut dit (de part et d'autres d'ailleurs), fut maladroit, mais chacun pourra comparer la maladresse bonhomme de celui-ci à l'arrogance manipulatrice de son prédécesseur...

il n'empêche que, dans une fine stratégie, après des destructions de campement insalubres et mal situés sans ménagement, en expulsant spécifiquement celles des personnes (rroms en l'occurrence) ne respectant pas à la lettre les devoirs (assiduité scolaire, paiement des loyers en logement social, ...ça c'est un droit d'abus réservé aux Français dits "de souche" qu'on ne supervise pas!!) tout en profitant des dispositions légales pour se maintenir autant que possible sur le territoire par de multiples recours (lents, si lents...), notre Président et ses conseillers, dans la danse de polémiques qui nous sont servies, nous renvoient à notre réflexion profonde:

- devons-nous détricoter pour pouvoir harmoniser les volontés d'une majorité gouvernementale, présidentielle et législative, sénatoriale mais aussi régionale ne l'oublions pas, et rendre les engagements applicables, sans incohérence?

- devons-nous faire un cas d'une affaire comme celle de Leonarda, dont on voit avec la sollicitation du Pdt de la République, que, comme son père, elle manque de respect aux institutions, lois et personnes en charges de les faire appliquer? Càd exercer une justice ciblée, et non groupée et amalgamée... cas dont on voit aussi qu'il sert autant à inciter à cibler les expulsions plutôt qu'à les grouper en aveugle application de lois qu'on n'a pas voulues en son temps, qu'il sert à pointer encore une fois un cas personnel litigieux au milieu de l'immense majorité de migrants intégrés, désireux de s'intégrer, et absolument sans histoires...

- y-a-t-il des dispositions à aborder pour permettre un enseignement à distance de Léonarda dans sa langue éducative, afin, qu'une fois majeure, elle puisse obtenir un droit de séjour pour toute la durée de ses études, et ce, afin de ne pas la prendre en otage de la manoeuvre de son père qui a forcé la main à l'état français, qui lui, est respectueux de l'égalité de droits à chacun sans distinction aucune (hem)... (sans compter que pour échapper à l'expulsion, léonarda a été inscrite à l'excursion in extremis la veille au soir,... histoire de provoquer la situation d'interpellation séparée par les forces de l'ordre, auquel cas on aurait arguer de la nécessité de regrouper la famille partiellement expulsée... hein... on s'en amuserait presque)

- doit-on proposer une légalisation administrative, durant leurs études, des enfants immigrés scolarisés, avec obligation de/incitation à retourner dans leur pays d'origine?... pour contribuer à l'essor de leur pays, fort d'une éducation acquise ailleurs et à transmettre... chose qu'on peut aisément comprendre aussi, tant dans la démarche individuelle que dans la responsabilité collective nationale... Souffrons d'y réfléchir...

      éducation sans frontière

Mais peut-on faire comme si on ne comprenait pas les peuples qui subissent?... à nos portes?

particulièrement ceux du Caucase, et la communauté Rrom?

parce que l'état français est généreux et protège, soigne et éduque les enfants...

- officiellement...

on peut comprendre que ce soit attractif.

- pour ceux dont c'est supposément la démarche, hein

On peut aussi tenir que les peuples doivent être courageux et oeuvrer chez eux à la construction d'un état protecteur... 

- on peut... 

Pour cela, nous avons ici, notre responsabilité à comprendre intelligemment qu'il est

- autant dans leur intérêt que dans le nôtre (on le voit ici, avec la mise en déséquilibre du pouvoir par cette impérieuse interpellation)-

de notre devoir de contribuer à aider ces pays et ces peuples à accéder aux structures d'état (politique, technique, logistique, administrative etc...) qui leur permettrait de traiter eux-mêmes efficacement le volet social, sanitaire et éducatif, législatif aussi, càd garantir les droits de chacun, etc...

 

les solutions ne sont ni politiques, ni économiques, ni partisanes ...

cette contribution ne coûte rien que du partage d'information et de formation.

les peuples du monde nous interpellent,

ils ne peuvent pas continuer à passivement se laisser tuer par des despotes,

se laisser exploiter par des dirigeants qui se laissent exploiter par les pays riches

par quelques graissages de comptes bancaires

ils ne peuvent pas se laisser mourir sans réclamer l'asile économique

autant que politique puisque ça en découle évidemment...

 

Corne de gazelle et cul d'mouton !!!

le partage d'information et de savoir-faire !!!!

 

Maintenant, l'arbre qui cache la falaise: leonarda n'est pas kosovare, et pas plus italienne que française, elle est d'abord Rrom d'Europe.

 

à réfléchir:

L'immigration ne datant pas d'hier, Rroms ou non Rroms,

et souvent sollicitée d'ailleurs par l'état français, rappelons-le,

disons que

à partir du moment où les gens ont une nationalité, statuons, en fonction de nos capacités d'accueil décentes (et oeuvrons en ce sens), 

au besoin, selon les réflexions du peuple en accord avec les moyens techniques, évaluons un quota d'immigration par pays, ça se fait ailleurs, uniquement chiffré

(et non qualitatif dirigé, merci!!!),

duquel toute immigration clandestine serait défalquée, et au-delà duquel les expulsions seraient facturées aux pays sources... ce qui les responsabiliserait,

enfin, s'ils en ont tous la capacité structurelle

etc...

rappelons aussi que les Rroms d'Europe se voient distribuée une nationalité aléatoire, vu que le droit du sol n'est pas appliqué partout, càd avoir la nationalité du pays de naissance...

cessons de parler de PROBLEMES, il n'y a de problèmes persistants

que là où on ne travaille pas aux SOLUTIONS

soyons honnêtes:

si ça continue, c'est que les options jusque là ne fonctionnent pas

depuis le temps qu'on expulse, si ça avait été efficace

ou dissuasif, ça se serait su!

Prenons la situation telle qu'elle est et réfléchissons ensemble

plutôt que de déterminer qui a le droit de réfléchir, qui a l'apanage d'une morale, de quelle politique relève chaque réflexion

ici, il n'y a qu'une politique: celle de gérer, assumer

des problèmes qu'aucune politique n'a résolu, et qu'aucun clan n'aborde de façon substantiellement différente, si ce n'est en force, mais jamais en fond.

Car traiter les problèmes comme des poussières à mettre sous l'tapis

ou à jeter par la fenêtre...

chacun sait bien ce qu'il advient de la poussière ainsi traitée...

Marine avec sa grande gorge déployée sur sa xénophobie (enfin de la majorité de ses partisans au moins, ça c'est sûr)

et sa supériorité de franchouillarde chauvine apeurée

(enfin de son électorat du moins),

qu'on se le dise, doit se protéger des autres

comme si on allait la manger, la poularde de luxe!!!

...je schématise, hein, elle ou nous autres, c'est le même topo

la tentation d'actionner la peur des autres

pour n'avoir pas à risquer de devenir autre

c'est la même peur de vieillir, peur de voyager, peur de la foule

peur de déménager, de changer d'emploi, de divorcer!!!

Mais nous sommes, de toute éternité, des sangs-mêlés!!!

C'est notre Histoire!!!

Les immigrants sont plus éduqués que la moyenne des français et rapportent à la France plus qu'ils ne coutent !

La ballade des gens qui sont nés quelque part G. Brassens 

On oublie que notre pays, si l'on ne comptait que

l'immigration et non l'émigration aussi,

càd les entrées sans les sorties, notre population augmenterait donc considérablement chaque année... ce n'est pas le cas.

Boutons les idées malsaines sur ce sujet

¤ sur un siècle d'immigration, nous avons autant d'entrées que de sorties

un solde très positif > 100 000 dans les années 1955-73, certes

mais aujourd'hui, n'excédant pas 50 000 et encore, c'est parce qu'on n'évalue

les sorties du territoire qu'au seuil inférieur, les chiffres n'étant définitifs

que longtemps après le départ des personnes...

les données corrigées arrivent plus tard, abaissant le solde migratoire.

¤ les immigrés ne font pas + d'enfant par famille en moyenne, non! 

¤ et, comme ils sont discriminés, ils acceptent les emplois que ceux qui ne sont pas discriminés se permettent de refuser...

ce qui arrange les employeurs, qui révisent les salaires autant que les droits sociaux à la baisse...

marine donne des leçons, procède par appel à la peur depuis loooongtemps

elle juge de ce qui s'est fait... et comme elle, elle n'a rien fait

elle n'a pas de bilan à défendre, elle pourrait jouir de la fraîcheur

de la lutte utopique... 

sauf que, ... ses "valeurs", sa "politque", ses "propositions", elles,

sont loin d'être fraîches non plus, et qu'il ne lui suffit pas de dire

"je ne suis pas national-socialiste

je ne suis pas pour un ethno-socialisme fascisant

 le fn n'est pas de droite", 

pour se départir du bilan de ses prédecesseurs si difficiles à assumer...

une fois encore, informez-vous

les propos séducteurs, faciles et compréhensibles par tous

particulièrement ceux qui sont louches d'appel à l'opposition

des uns contre les autres

(diviser pour mieux régner, machiavélique à souhait)

méritent aussi d'être étudiés, l'Histoire ayant laissé des traces

de ce qui a déjà été testé sur cette voie et des dérives qui en ont découlé...

et puis, le retour en arrière n'a jamais été une option d'évolution

pas plus pour l'humanité que pour le reste du vivant:

et oui, l'avenir évolutionnaire est à la symbiose

passe le message à ton voisin!!

La France s'est construite par l'immigration, 

l'argument de "n'avoir pas les moyens d'accueillir"

est ridicule à côté de cette réalité, c'est un pays qui n'a pas les moyens

de se transformer en forteresse avec ses frontières et ses côtes, 

et des réfugiés climatiques vont prochainement accentuer la situation...

...faudra bien réfléchir autrement.

on n'est quand-même pas si cons et sans imagination qu'on doivent encore,

au XXIè siècle avoir recours à la force et aux barricades, ou bien?

Et pourquoi pas encore une "bonne" guerre aussi !!

ah non, ça on le fait ailleurs, là-bas, vous savez bien...

là où les gens sont trop cons  pour qu'on fasse autrement...

et puis faut bien stimuler la croissance de l'industrie sans dégâts territoriaux

et sans casser nos oeufs...

Soldes migratoires dans le monde

la France, avec un solde migratoire positif de 93.600 personnes en 2006 soit 1,5 immigrants pour 1000 hab. accueille proportionnellement moins d’immigrés que ses voisins, ce que l’on ne dit pas. Par ailleurs, il faut rappeler que c’est aussi politiquement de courte vue, puisque le vote au sein de l’Union européenne est proportionnel au poids démographique du pays ! ^_^

A lire aussi (pour changer des a priori véhiculés):

 

• Les immigrés sont + éduqués que la moyenne des Français

et rapportent à la France + qu'ils ne coûtent

• Rroms de France, les chiffres inédits

par mamadomi

rééd° du 21 10 13

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24 novembre 2014 1 24 /11 /novembre /2014 23:17
Diriger en croyant le monde
peuplé d'"écons"

Au travers de ses travaux et ses écrits, Daniel Kahneman a montré la complexité de nos motivations, pourquoi nous allions faire tel ou tel choix, comment ce n’était pas la simple perspective d’un gain qui allait nous décider, et combien le risque de perdre ce que nous avions déjà pouvait nous tétaniser.
Il a ainsi dressé un tableau de nous les humains, bien éloignés de ces êtres mathématiques et logiques que manipulent les économistes. Il résume ceci au travers d’une expression simple et parlante:
"Mes collègues économistes travaillaient dans le bâtiment voisin, mais je n'avais pas pris la mesure des profondes différences entre nos mondes intellectuels. Pour un psychologue, il est évident que les gens ne sont ni complètement rationnels, ni complètement égoïstes, et que leurs goûts sont tout sauf stables. C'était comme si nos disciplines étudiaient 2 espèces différentes, que l'économiste comportemental Richard Thaler a baptisées par noèmes, triturer les méningesla suite les Econs et les Humains. Contrairement aux Econs, les Humains que connaissent les psychologues ont un Système 1. Leur vision du monde est limitée par les informations dont ils disposent à un moment donné (COVERA), et par conséquent, ils ne peuvent pas faire preuve de la même constance et de la même logique que les Econs."
Les Econs et les Humains, voilà bien un des problèmes majeurs non seulement en économie, mais en management: j’ai croisé des dirigeants qui, trop bien formés et déformés par leurs études, croyaient leurs entreprises peuplés d’Econs, càd d’individus logiques et rationnels. Ces mêmes dirigeants oublient combien eux-mêmes ne sont pas des Econs, et combien ils sont mûs par leurs ambitions, leurs peurs et leurs émotions
S’ils étaient un peu + attentifs à la nature humaine des comportements, ils comprendraient pourquoi les changements qu’ils proposent génèrent + de peurs que d’adhésion, pourquoi "ceux qui risquent de perdre se battront avec + d’acharnement que ceux qui pourraient en tirer parti."
S’ils étaient un peu + informés des travaux de Daniel Kahneman, ils sauraient qu’un gestionnaire de portefeuille n’a pas un comportement rationnel, et qu’il cherchera toujours à vendre d’abord les titres sur lesquels il a le + gagné depuis leur prix d’achat, et non pas ceux qui ont le moins de perspectives de plus-value.
Dessin emprunté à la vaste bibliothèque des pensées du chat de Philippe Geluck…
Il est vrai par contre que "les vendeurs apprennent rapidement qu'en manipulant le contexte dans lequel un client voit un produit, ils peuvent profondément influencer ses préférences." La vente est souvent l’art de manipuler les réflexes induits par le Système 1 des clients.
Est-ce rêver que penser que l’on pourrait construire un monde où les dirigeants politiques comme économiques tiendraient compte de tous ces enseignements?
Pour terminer cette longue promenade dans le dernier livre de Daniel Kahneman, je lui laisse la parole avec une phrase qui résume toute son humanité:
"Les pauvres pensent comme les traders, mais la dynamique n'est pas du tout la même. Contrairement aux courtiers, les pauvres ne sont pas insensibles aux différences entre le gain et la perte. Leur problème, c'est qu'ils n'ont de choix qu'entre des pertes."

source
Article paru le 12 déc 2012

proposé par mamadomi

rééd° du 12 09 13

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