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Cap à citer

earth hour
 Samedi 29/03/14:
20h30/21h30
 ...merci à tous 
www.earthhour.be.
le 23/03/2013
on a aussi éteint les lumières!
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Pour une Tunisie et une Egypte
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 courage aussi aux Yéménites, avec la révolution des femmes:

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aux Maliens, en proie au mal anti-éducation qui fait le lit de toutes les dominations:
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la révolution se propage:
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Couches Absorbées

Caplibreurs et surfeurs

Blog animé depuis bientôt 7ans

792 000 visites au 13 jan 2015
merci à tous et à toutes
...pour tous vos commentaires:
le 55 000ème, mercredi 5 nov 2014
déposé par:
bouquet rose et mauve
MERCI DE VOTRE VISITE

Je m'insurge!

Hommage à Stephane Hessel, récemment il avait subi la censure pour s'être exprimé contre les choix du gouvernement israëlien à l'encontre du peuple palestinien

 

ici, extrait de son indignation chez Taddeï

ses voeux de résistance 2011

en savoir plus à la fin de cette page en clic

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L'homme que vous voyez sur la photo n'est pas un 'Black Block' ni un misérable retraité. C'est Manolis Glezos qui en 1941, sous l'occupation nazie, est monté sur l'Acropole et a retiré le symbole nazi, la croix gammée. Qui est-il?
 
Manolis Glezos Manolis Glezos
70 ans + tard des personnes en uniforme, serviteurs des banques, qui ne mériteraient même pas de lécher ses chaussures, ont l'audace de lever la main sur lui...
Ceux qui ne comprennent pas que nous voyons monter une nouvelle forme de fascisme financier devraient y réfléchir à deux fois.
 Un lien chez bernard

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Suite aux pétitions de demande de soutien qui circulent:


Je déclare ne soutenir Eric Zemmour dans son combat pour la liberté d’expression qu'avec la réserve qui s'impose en regard du commerce qu'il fait de son impertinence dans sa posture d'opposition fanatique à ce qu'il appelle la pensée unique, opposition massive qui n'est qu'un grand fourre-tout de toutes les transgressions délétères par l'incitation à décomplexer toute forme de propos, de posture et d'investigation raciste.

Le poids de la parole publique enjoint une responsabilité et une prudence éthique qui, de toute évidence, lui pèsent dans son fantasme de toute puissance infantile tellement patent.

Ainsi, je NE CONDAMNE PAS LES PLAINTES ET PROCES QUI LUI SONT FAITS, NI LES CAMPAGNES DE SENSIBILISATION CONTRE SES EXCES ET SES FRANCHISSEMENTS DE LIGNE. Les pressions et menaces dont il fait régulièrement l’objet, en revanche sont nulles et non avenues.
Vous pourrez vous informer sur la charte éthique professionnelle du journalisme sur ce lien, dont:
- Refuse et combat, comme contraire à son éthique professionnelle, toute confusion entre journalisme et communication
- Ne confond pas son rôle avec celui du policier ou du juge
- Respecte la dignité des personnes
- N’use pas de la liberté de la presse dans une intention intéressée
- Prend la responsabilité de toutes ses productions professionnelles/répond devant la justice des délits prévus par la loi
- tient l’accusation sans preuve, l’intention de nuire, la déformation des faits, le mensonge, la manipulation, (...) pour les plus graves dérives professionnelles
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 vous pouvez commenter ici >> page blanche
24 février 2019 7 24 /02 /février /2019 04:12

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Nous devons nous souvenir que nous sommes les enfants

du monde nouveau.

Shakti Gawain

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Description du profond changement de paradigme que nous sommes amenés à vivre, en dressant le portrait des "enfants du monde nouveau", ces frères des enfants du futur que nous avons déjà évoqué


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Une synchronicité

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Croyez-vous au hasard? Moi pas.

Le mot hasard appartient au langage d’un mental rivé aux apparences. Il est intraduisible dans le champ d’une conscience qui perçoit ces mêmes apparences comme la manifestation d’un ordre + profond auquel l’intuition lui donne accès. Là où le mental réduit les coïncidences à une forme de hasard, l'intuition les perçoit comme l'expression d'un ordre sous-jacent, qu'il faut apprendre à interpréter, et ce, dans les 2 sens du terme.

Le nouveau paradigme inspire une vision intégrale qui associe raison et intuition au sein d'une intelligence intuitive. Pour cette dernière, l’idée même de hasard est l’expression d’une limitation intellectuelle qui ne saisit que l’aspect extérieur des phénomènes parce qu'elle est incapable de participer, de manière sensible, à la dynamique interne dont ces phénomènes sont la manifestation.

C’est donc de synchronicité qu’il faut parler pour évoquer cette coïncidence significative qui s’est déroulée Jeudi 15 Mars vers minuit. La veille, je venais de poster le billet intitulé les enfants du futur. Avant de dormir, je prends un livre prêté récemment par une amie: Vivez dans la lumière de Shakti Gawain, une auteure américaine qui a notamment écrit Techniques de visualisation créatrice, traduit dans le monde entier.

 

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Deux textes en miroir

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Je commence donc à lire le 1er chapitre intitulé Une nouvelle façon de vivre qui commence ainsi:

"Nous vivons à une époque très intéressante, riche en possibilités. Au niveau le + profond de la conscience, une transformation radicale est en train de se produire. Sur un plan universel, nous sommes, me semble-t-il, invités à abandonner notre façon de vivre actuelle pour en créer une autre, tout à fait nouvelle. Nous entrons dans un processus de destruction de notre vieux monde et de construction d'un monde nouveau destiné à le remplacer."  

Deux pages + loin, l’auteure écrit:

"nous devons nous souvenir que nous sommes les enfants du monde nouveau".

Ces phrases font écho, de manière profonde, à celles que je venais d’écrire moi-même dans le texte posté la veille où, parlant des enfants du futurs, je notais:

"S'ils osent l'imaginaire, c'est parce qu'ils en font le vecteur d'une force spirituelle capable d'inventer un nouveau monde... S'ils avancent ainsi, l'air si assuré, c'est qu'ils savent que le vieux monde n'a plus à être détruit puisqu'il est déjà en ruine. Sur ce champ de ruines, ils cheminent en chantant et s'inventent ensemble, en riant, un destin d'architecte".

Les enfants du futur sont les frères des enfants du monde nouveau dont parle Shakti Gawain. Si la musique est la même, inspirée par l'esprit du temps, les paroles diffèrent quelque peu par l’origine et l’imprégnation culturelle de leurs auteurs. Un mélange d’abstraction, de lyrisme et de perspective critique, côté européen; une approche + directe et pragmatique, concrète et simple - voire parfois simpliste - du côté américain.

Tant il est vrai que les américains, de par leur tradition culturelle, n’éprouvent pas cette suspicion généralisée que suscite chez nous -de manière + ou moins consciente - une dimension spirituelle réduite bien souvent au domaine stigmatisant de "l'irrationnel". Ces 2 textes, l’européen et l’américain, fonctionnent en miroir l’un par rapport à l’autre, apportant chacun sa couleur complémentaire et faisant ainsi apparaître sa propre originalité.

 

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La loi de l'attraction

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Ce que révèle cette synchronicité, c’est que la force créatrice de notre esprit attire à nous les éléments de complémentarité et de compréhension dont nous avons besoin pour avancer. Par la loi universelle de l’attraction, ce que nous sommes et ce que nous pensons fait venir à nous ce qui nous ressemble et ce qui nous permet d'évoluer. La rencontre avec telle personne, la lecture de tel ouvrage, l’apparition de telle opportunité ne sont pas les fruits du hasard mais autant d'occasions qui, si on sait les saisir, permettent de se développer.

Il ne s’agit pas de tomber dans le piège d'une pensée magique qui est la résurgence des fantasmes infantiles de toute-puissance mais de reconnaître la magie d'une pensée qui participe à la dynamique évolutive et créative régissant l'univers. Nous avons tous en nous un pouvoir spirituel capable de transformer le poids du destin en une destinée créatrice.

 

Ce pouvoir se heurte à l’inertie de la matière qui s’exprime à travers les conformismes, les préjugés et les habitudes. A notre époque, le trajet évolutif de l’individuation consiste à se libérer des ces limitations pour inventer ce nouveau monde qui est celui d'une humanité reconnectée à son pouvoir spirituel.

C’est ainsi que le spectre du hasard - ce fantôme d’une raison déconnectée de l’intuition profonde - se dissout dans la lumière d’une conscience inspirée qui perçoit, derrière les apparences, le Grand Jeu de l'Esprit Universel auquel elle participe de manière intuitive.

En écho aux Enfants du Futur, voici donc eu envie le partage de ce texte où Shakti Gawain évoque ces enfants du monde nouveau que nous sommes aujourd'hui et la façon qu’ils ont de vivre en abordant un nouveau stade évolutif.

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Une nouvelle façon de vivre.

 Shakti Gawain

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Nous vivons à une époque très intéressante, riche en possibilités. Au niveau le + profond de la conscience, une transformation radicale est en train de se produire. Sur un plan universel, nous sommes, me semble-t-il, invités à abandonner notre façon de vivre actuelle pour en créer une autre, tout à fait nouvelle. Nous entrons dans un processus de destruction de notre vieux monde et de construction d’un monde nouveau destiné à le remplacer.

Le monde ancien reposait sur des critères extérieurs: ayant perdu notre lien spirituel fondamental, nous nous sommes mis à croire que le monde matériel était la seule réalité. Nous sentant de ce fait profondément perdus, vides et seuls, nous avons essayé sans cesse de trouver le bonheur et l'accomplissement dans des "choses" extérieures: l'argent, les biens matériels, les relations, le travail, le succès, les bonnes actions, la nourriture ou la drogue. 

Le nouveau monde se construit dès que nous nous ouvrons à la puissance supérieure de l’univers qui est en nous et que, consciemment, nous laissons cette énergie créatrice circuler en nous. Dès que nous établissons le contact avec notre conscience spirituelle intérieure, nous découvrons que le pouvoir créateur de l'univers réside en nous. Nous apprenons aussi que nous pouvons créer notre propre réalité et prendre nos responsabilités dans ce domaine. Le changement commence en chacun de nous et + nombreux sont les individus transformés, + la conscience collective s’en trouve modifiée.

Je me suis rendu compte de la profonde transformation de conscience qui s’opère actuellement, à partir des changements que j’ai observés en moi-même, chez ceux qui m’entourent et dans notre société. Elle m’est confirmée par les milliers de gens avec qui je travaille dans le monde. J’utilise les termes de "monde ancien" et "monde nouveau" tout au long du livre pour désigner l'ancienne façon de vivre que nous laissons derrière nous et la nouvelle que nous sommes en train de créer. 

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Un niveau supérieur de conscience

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Pour beaucoup de gens, cette époque risque de s’avérer éprouvante, car le monde et/ou nos vies personnelles vont sembler aller de mal en pis, comme si tout ce qui marchait bien autrefois ne marchait maintenant plus. Je crois que tout se désagrège et se désagrègera de + en +, mais je ne le ressens pas en négatif. Nous n’en serons perturbés qu’à la mesure de notre degré d’attachement affectif à notre ancienne façon de vive et aux vieux schémas que nous voudrions continuer à appliquer, au lieu d’essayer d’ouvrir les yeux sur les changements profonds qui ont lieu.

Aussi paradoxal que cela puisse paraître, ces changements constituent la + incroyables des bénédictions, au-delà de tout ce que nous aurions pu imaginer. Le vérité toute simple est: l'ancienne façon de vivre, que nous avons appliquée pendant des siècles, ne fonctionne pas. Elle ne nous a jamais apporté le profond épanouissement, la satisfaction et la joie que nous avons toujours cherchés. 

 

Bien sûr, certains ont mené des vies relativement heureuses (en y regardant bien, toutefois, je me demande s’ils n’étaient pas relativement déçus, douloureux et insatisfaits). La + heureuse des vies du monde ancien ne peut pas se comparer à la joie et à la plénitude profondes qui seront accessibles au niveau supérieur de conscience du monde nouveau.

Nous nous trouvons un peu comme si, toute notre vie, nous étions allés à l’école et avions reçu une éducation qui nous oriente dans le sens contraire du fonctionnement de l'univers. Nous essayons de faire marcher les choses comme on nous l’a appris et nous jouissons à l’occasion d’un certain degré de succès, mais pour la plupart d’entre nous rien ne se révèle jamais à la hauteur de nos espérances.

La relation parfaite ne se matérialise jamais, ou bien, si elle se produit, elle s’altère tôt ou tard, ou se flétrit. Ou alors on a l’impression de ne jamais avoir tout à fait assez d’argent; on ne se sent jamais vraiment en sécurité, jamais assez prospère. Peut-être n’obtenons-nous pas l’estime, l’intérêt ou le succès que nous attendions. Même si nous atteignons l’un ou l’autre de ces buts, nous continuons à souffrir d'un vague sentiment qu'il doit exister autre chose de + profond.

Certains d’entre nous, qui sont en contact avec ce sens + profond, se sentent incroyablement comblés et s’épanouissent par leur prise de conscience spirituelle grandissante. Il reste néanmoins d’anciens schémas, réfractaires et des aspects de la vie que la lumière ne semble pas avoir encore touchés.

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Notre tâche 1ère, en construisant le monde nouveau est donc d’admettre que notre "éducation à la vie" ne nous a pas nécessairement appris une façon de vivre satisfaisante. Il nous faut retourner au jardin d’enfants et commencer à apprendre une façon de vivre complètement opposée à la précédente. Cette tâche ne se révélera peut-être pas facile et elle nous demandera du temps, un engagement et du courage. Il nous faudra user d’indulgence envers nous-mêmes et ne jamais oublier que nous entreprenons un travail énorme.

L’enfant tombe sans arrêt en apprenant à marcher et nous devons nous souvenir que nous sommes les enfants du monde nouveauNous apprendrons en commettant beaucoup d’erreurs et, souvent, nous nous sentirons ignorants, effrayés ou peu sûrs de nous. Il ne nous viendrait pas à l’idée de nous fâcher contre un enfant chaque fois qu’il tombe (si nous le faisions, il n'apprendrait probablement jamais à marcher avec une totale confiance), aussi faut-il essayer de ne rien nous reprocher si nous ne sommes pas capables de vivre et de nous exprimer immédiatement aussi pleinement que nous le souhaiterions.

Nous allons maintenant apprendre à vivre en accord avec les vraies lois de l’univers. Vivre en harmonie avec l'univers, c’est vivre pleinement la vitalité, la joie, la force, l’amour et la prospérité à tous les niveaux. Et bien qu’il nous semble parfois difficile d’abandonner le monde ancien, cela vaut la peine, à n’importe quel prix, de faire la transition vers le monde nouveau

 

source

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23 février 2019 6 23 /02 /février /2019 06:01

BARRE ORIENTALE

L’intuition est un don sacré et la raison,

une fidèle servante.

Nous avons crée une société

qui honore la servante en oubliant le don.

 

Albert Einstein

BARRE ORIENTALE


A travers cette phrase, Albert Einstein pose, de manière synthétique, le problème essentiel auquel notre civilisation se trouve confrontée: l'hégémonie d'une rationalité abstraite enfermant la conscience humaine dans un modèle technocratique qui la coupe d'une participation intuitive au flux créateur et évolutif de la vie/esprit.

Le déni contemporain de l’intuition conduit à une profonde régression: notre culture abstraite identifie la conscience au mental et le mental à la satisfaction des intérêts égoïstes. Dans une telle société, l’économie devient tout naturellement le modèle d’interprétation dominant qui réduit l’homme à la figure abstraite de calculateur égoïste.

Mais ce modèle technocratique est saturé. Il n’est plus adapté à l’ère qui vient:

celle de l’information et de l’interconnexion

fondée sur l'immédiateté

et d'où émergent de nouvelles formes

de sensibilité, de pensée et d'organisation

L'ancien modèle s'effondre à travers une crise systémique qui est, en fait, une crise évolutive: à cet effondrement correspond l’émergence d’un nouveau modèle adapté au prochain stade évolutif où l’intuition retrouve toute sa place.

Le paradigme émergent associe intuition holiste et raison instrumentale en redonnant à la 1ère sa fonction prééminente et en remettant la 2nde à sa place qui est celle d’un moyen au service d’une finalité qui la transcende.

Cette série (en lien source) de billets intitulée La voie de l'intuition explore quelques uns des multiples visages de l’intuition et les rapports que celle-ci entretient avec la raison, la création et l’évolution tant sociale que spirituelle. 


BARRE ORIENTALE

Un regard intérieur

BARRE ORIENTALE

 

La conscience - tel Janus - possède 2 faces. L’une, immédiate, liée à l’intériorité: c’est l’intuition qui fonctionne sur le mode d’un "regard intérieur", puisque tel est le sens de in-tueri, son étymologie latine. L’autre, instrumentale et utilitaire: c’est la rationalité qui, pour adapter l’homme à son environnement, fonctionne sur le mode d’une formalisation logique et abstraite.

Notre culture moderne déteste tout ce qui n'est pas réductible à une définition conceptuelle. Mais vouloir définir l'intuition c'est la réduire à une de ses multiples expressions qui appartiennent à un vaste spectre de phénomènes allant de l’inspiration visionnaire à l’instinct en passant par toutes les dimensions - corporelle, émotionnelle, intellectuelle, créatrice et spirituelle - de l'être humain.

Ce qui fait justement la spécificité de l’intuition, c’est qu’elle est irréductible: impossible de réduire ce "regard intérieur" à une de ses manifestations puisque, se situant toujours au-delà, il les transcende tous.

 

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Le fil et le flux

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L’intuition apparaît comme la voix d’un mystère qui dépasse nos facultés de raisonnement. Pour se familiariser avec elle, il faut donc quitter le terrain objectif du phénomène ou celui abstrait du concept pour rejoindre le sien, celui d'une expérience subjective véhiculée à travers le langage poétique de l’analogie et de la métaphore.

Dans l'expérience vécue par les créateurs, les visionnaires et les mystiques, l'intuition est décrite notamment comme un flux et une sourceune voix et un filUn fil ténu et fragile qui conduit la conscience à une dimension supérieure où elle participe à l'ordre interne qui sous-tend l'univers physique et dont celui-ci est une manifestation matérielle.

Un flux qui s’exprime à travers toutes les dimensions de l’être humain – sensations, émotions et conceptions – comme un même courant d’énergie, connecté à cette force évolutive et créatrice qui anime aussi bien le microcosme humain que le macrocosme universel.

Comme l'écrit le philosophe André Lalande:

"Le discours ne crée rien par lui même, il n'est qu'un moyen de transport, un canal conduisant l'eau d'une source. Notre force, pour la connaissance, est toute dans l'intuition, et notre faiblesse dans la nécessité de prouver médiatement ce dont la vérité ne s'impose pas d'elle même". (Les raisons et les normes)

En quittant la terre statique des concepts pour entrer dans le flux vivant des relations, l’intuition libère la conscience des limites individuelles et des logiques formelles pour participer à la dynamique associative et intégrative de la vie/esprit. L’intuition dévoile l’unité organique qui relie la subjectivité à ses objets d’attention et les 2 à une même source qui est celle de l’Esprit.

Henri Bergson faisait del'intuition la pierre de touche de sa pensée évolutionniste. Dans La pensée et le mouvant,il écrit:

"Un absolu ne saurait être donné que dans une intuition ... nous appelons ici intuition la sympathie par laquelle on se transporte à l'intérieur d'un objet pour coïncider avec ce qu'il a d'unique et par conséquent d'inexprimable".

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Une connaissance immédiate

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Toutes les traditions, à travers l’histoire, font part des mêmes expériences intuitives vécues comme un mode de connaissance immédiat qui pénètre la profondeur du réel en participant intimement à la continuité indivisible de la vie intérieure. Chaque tradition a développé ses propres rituels et ses méthodes pour se relier à l’intuition et pour la développer, notamment à travers des états d’expansion de conscience.

Ami de Teilhard de Chardin et de Bergson, Edouard Le Roy écrit ceci:

"Ce qui caractérise avant tout l'intuition, c'est d'être une connaissance antérieure parfois, en tout cas supérieure à l'analyse, à la réflexion abstractive, une connaissance transcendante au discours, source plutôt que résultat du discours, une connaissance enfin qui se justifie rien qu'en se présentant, qui porte son évidence avec soi." (La Pensée intuitive)

Liée à l’hémisphère droit du cerveau qui perçoit les relations et les ensembles, l’intuition est cette faculté qui permet à la conscience de se connecter à la force créatrice de la vie/esprit et qui exprime cette force à travers une forme symbolique et/ou esthétique qui la contient et la manifeste en même temps.

Cette forme n’est pas rationnelle mais opérationnelle, càd qu’elle opère dans la conscience une connexion avec le flux de l’intuition créatrice qui l’a générée. Les clés de cette pensée opérationnelle sont transmises à travers des traditions herméneutiques propres à chaque culture.

 

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Une représentation abstraite
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Alors que l’intuition relève d’une résonance intérieure qui perçoit de manière immédiate, globale et dynamique, le mental est à l’origine d’un raisonnement qui - via un processus d’abstraction intellectuelle - sépare, analyse et objective dans le but de l’action. Bergson a bien montré comment l’intelligence humaine advient, durant le long processus de l’évolution, comme un outil au service de la vie. Selon lui, la faculté de comprendre apparaît dès lors comme une annexe de la faculté d’agir:

"De là devrait résulter cette conséquence que notre intelligence, au sens étroit du mot, est destinée à assurer l'insertion parfaite de notre corps dans son milieu, à se représenter le rapport des choses extérieures entre elles, enfin à penser la matière... La nature a doté l'homme d'une intelligence fabricatrice. Au lieu de lui fournir des instruments, comme elle l'a fait pour bon nombre d'espèces animales, elle a préféré qu'il les construisît lui-même".

Ce que la rationalité nous donne à voir ce n’est pas l’homme ou la nature mais une représentation abstraite de ceux-ci en vue de l’action. La logique distinctive, abstraite et linéaire, liée à l'hémisphère gauche du cerveau, permet de classer et de contextualiser l'information. Cette formalisation logique et conceptuelle destinée à l’action construit un rapport d’objectivation instrumentale avec le milieu que celui-ci soit naturel ou social.


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Deux visions du monde

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Ces 2 modes de connaissance que sont l’intuition et la raison donnent naissance à 2 visions du monde: la vision holiste de la résonance intuitive et la vision analytique du raisonnement abstrait.

L'intuition implique la subjectivité dans la connaissance de son milieu d'évolution. Elle inspire une vision holiste qui fut celle des traditions, fondée sur la participation intime du microcosme humain à un macrocosme universel dont il se sent partie intégrante. Cette participation intuitive est initiatiqueelle est à l'origine d'un processus d'universalisation à partir duquel la conscience évolue à travers divers stades évolutifs de profondeur et d'intégration croissante.

Fondée, quant à elle, sur une approche objective qui met une distance abstraite entre la conscience et ses objets d’attention, la rationalité est explicative: elle analyse une totalité en séparant de manière abstraite ses éléments. La raison inspire une vision du monde - l'universalisme abstrait - qui fait la promotion d'un individu autonome et rationnel, désaffilié de toutes ses appartenances culturelles, sociales et spirituelles.


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      Un coup d'état d'esprit

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A partir de la Renaissance, la modernité émerge en tant que nouveau stade de l’évolution culturelle qui s’émancipe de la vision traditionnelle pour promouvoir les valeurs de la raison, de l’individu et du progrès.

La modernité est marquée par le développement progressif de la raison instrumentale auquel correspond la dévaluation graduelle de l'intuition. Durant le 17ème et 18ème, intuition holiste et raison analytique ont tendance à s'équilibrer dans une synthèse novatrice qui inspire la philosophie des Lumières jusqu'au moment où s'opère, au cours du 19ème siècle, un véritable coup d'état d'esprit: la raison instrumentale usurpe le pouvoir souverain de l’intuition.

A l’origine de cette usurpation, l’hypostase de la raison crée le rationalisme: une hégémonie de la rationalité instrumentale produite par le déni et/ou la diabolisation d’une intuition caricaturée et stigmatisée sous la forme de l’irrationnel. Fondée sur la séparation et l’abstraction, la raison - devenue autonome - crée un univers unidimensionel à son image où la relation, la profondeur et le mouvement disparaissent au profit d’une vision instrumentale et objective, à la fois mécanique et technocratique.

Conséquence de ce coup d'état d'esprit: la société technocratique où nous vivons pourrait être définie comme la tyrannie des moyens sur les finalités qui les transcendent. Placé sous la tutelle d'un rationalisme abstrait, l'homme moderne est infantilisé, réifié, castré de son potentiel créateur, incapable de donner un sens à sa vie et de donner vie à une existence fantomatique devenue totalement insensée. Dès lors que l'individu perd le sens de l'orientation existentielle, son autonomie se transforme en automatisme régi par le jeu compulsif des pulsions narcissiques et des intérêts égoïstes. Le processus évolutif de l'individuation se pervertit en individualisme régressif.


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Un nouveau mode de pensée

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Les impasses de notre société technocratiques sont celles d’une science sans conscience qui, elle-même, est la conséquence d’une conscience déconnectée de la source vivifiante et créatrice de l’intuition. L’émergence impérative d’une autre forme de pensée est indispensable pour sortir de ces impasses. La crise évolutive que nous vivons correspond à la fin de l’ère économique et à l’émergence d’un autre modèle qui inspire un nouveau mode de pensée.

Pour Einstein:

"La puissance déchaînée de l'homme a tout changé, sauf nos modes de pensées et nous glissons vers une catastrophe sans précédent... Il devient indispensable que l'humanité formule un nouveau mode de pensée si elle veut survivre et atteindre un plan + élevé".

Cettepensée novatrice nécessite de changer de niveau de conscience car, selon lui,

"aucun problème ne peut être résolu sans changer le niveau de conscience qui l'a engendré ".

Ce changement évolutif implique l’inversion des rapports entre raison et intuition. Se libérer de la tyrannie technocratique c’est redonner à l’intuition sa fonction prééminente de "regard intérieur" et remettre la raison à sa juste place: celle d’un moyen au service d’une totalité multidimensionnelle qui le dépasse.

à suivre...

Olivier Breteau

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21 février 2019 4 21 /02 /février /2019 19:15

L'économiste Jean Tirole vient de se voir attribuer le prix Nobel pour son "analyse de la puissance du marché et de la régulation".

- j'ai beaucoup aimé la présentation qui en a été faite:     

 

Jean Tirole sera donc, après Maurice Allais, un prix Nobel d'économie français dont il faut souligner qu'il a effectué ses recherches tant en France qu'aux États-Unis, en particulier au célèbre M.I.T. Notamment ancien élève de l'école Polytechnique.

Un économiste qui cherche à "favoriser les études à caractère quantitatif qui tendent à rapprocher le point de vue théorique du point de vue empirique dans l’exploration des problèmes économiques".

Il convient de recommander la lecture du livre de Bernard Walliser: "Comment raisonnent les économistes? Les fonctions des modèles" (paru en 2011), qui permet d'aborder + efficacement la prise de connaissance des œuvres de Jean Tirole.

Lire aussi >> Un homme, une oeuvre et un appel

Citons v Walliser"Un phénomène social peut donner naissance à des explications multiples, généralement incompatibles entre elles. (...) 2 types d'explication peuvent être proposés selon qu'on s'intéresse à un phénomène générique ou spécifique.

Une explication nomologique (ou nomothétique) s'intéresse aux principes généraux qui rendent compte d'une classe de phénomènes qui diffèrent quant aux conditions particulières. Il s'agit d'expliquer pour quelles raisons générales telle ou telle classe de phénomènes est susceptible de se produire.

Une explication idiographique (ou idiothétique) s'intéresse aux conditions particulières qui rendent compte d'un phénomène spécifique, compte tenu de principes donnés. Il s'agit alors de comprendre les raisons particulières pour lesquelles tel phénomène se produit dans un contexte donné".

Erudit isolé? ...acteur engagé!

 

À l'heure présente, c'est ce type d'approche et de fonction syllogistique qui peuvent contribuer à éclairer le risque d'occurrence de la déflation en zone €, voire en Europe. Jean Tirole n'est toutefois pas qu'un érudit isolé, il est un acteur engagé: ainsi a-t-il proposé en 2003 aux côtés d'Olivier Blanchard (Chief economist du FMI) une taxe qui viserait les licenciements et aboutirait à graduer les cotisations des entreprises à l'assurance-chômage selon leur taux de licenciement. Ainsi, il est fondamental de mesurer que Jean Tirole est tout à la fois un économètre, mais aussi un homme d'économie politique ouvert vers d'autres disciplines qui permettent un cumul de savoirs, afin de tenter de mieux cerner les grands défis sociétaux.

À ce titre, on ne peut qu'être hautement admiratif face à un prix qui lui a été décerné en 2010: le prix Claude Lévi-Strauss qui consacre la qualité de travaux en sciences sociales. Économétrie et sciences sociales sont délicates à faire converger: Jean Tirole a su maîtriser + d'un obstacle méthodologique. Enfin, Jean Tirole est aussi un économiste connu pour ces recherches sur la régulation. Autrement dit, ses travaux ont aussi porté sur les conditions acceptables d'encadrement voire d'endiguement des forces du marché. À ce stade, il faut rappeler un point souvent méconnu: notre pays a su faire prospérer un courant de pensée, nommé "théorie de la Régulation", conceptualisé par Robert Boyer, Jacques Mistral et Michel Aglietta.

Pour ses créateurs, il existe une architecture donnée, à un instant t, des formes institutionnelles: par ex du rapport du salariat ou des relations sociales et de l'État. Cette idée de contextualiser l'économie dans un rapport à l'Histoire n'est pas partagée par la communauté des économistes. Beaucoup croient y voir un retour du déterminisme marxiste et du fameux sens de l'histoire. Pour Jean Tirole, ses travaux sont clairs: dans le cas de l'économie industrielle, il y a datation de certains processus.

Pour terminer, le prix Nobel de ce jour est aussi un auteur prolifique quant à la crise et quant à la régulation des banques. Dès 1997, 10ans avant les subprimes, Bengt Holmström ^ et Jean Tirole ont démontré l'urgence d'imposer aux banques un montant de fonds propres en proportion avec le volume de leurs actifs risqués. À rapprocher des travaux de la commission Lamfallussy et de la supervision bancaire en cours de déploiement en Europe suite au rapport du gouverneur Liikanen.

Pour mieux comprendre: Banques et rapport Liikanen, passion ou raison?

- L'auteur du billet de rajouter, comme gage de crédibilité:

[Ouvert à l'évolution des actifs (essor des immatériels et rapport sur la propriété intellectuelle co-émis avec Bernard Caillaud et Claude Henri) donc aux destins de groupes comme LVMH ou L'Oréal], ouvert aux sciences économiques transversales tout autant qu'au carrefour économétrique contemporain, ouvert au fait social, Jean Tirole est donc un économiste de véritable envergure qui mérite nos sincères félicitations collectives. 

Henri Poincaré a écrit (in "La science et l'hypothèse"): 

"Une accumulation de faits n'est pas + une science qu'un tas de pierres n'est une maison".

Dans l'œuvre et la vie de Tirole, les faits sont accumulés et soumis à un tel ordonnancement qu'il est bien question de science et de remarquable contribution à la maison commune.

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rééd° du 14 10 2014, art. cap nouveaux horizons n°300

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13 février 2019 3 13 /02 /février /2019 23:01

Femmes et hommes de la texture de la parole et du vent
Qui tissez des tissus de mots au bout de vos dents
Ne vous laissez pas attacher
Ne permettez pas qu’on fasse sur vous des rêves impossibles

On est en amour avec vous tant que vous correspondez aux rêves que l’on a fait sur vous
Alors le fleuve amour coule tranquille
Les jours sont heureux sous les marronniers mauves
Mais s’il vous arrive de ne plus être ce personnage qui marchait dans le rêve
Alors soufflent les vents contraires le bateau tangue et la voile se déchire
On met les canots à la mer
Les mots d’amour deviennent des mots couteaux qu’on vous enfonce dans le cœur
La personne qui hier vous chérissait aujourd’hui vous hait
La personne qui avait une si belle oreille pour vous écouter pleurer et rire
Ne peut plus supporter le son de votre voix

Plus rien n’est négociable on a jeté votre valise par la fenêtre
Il pleut et vous remontez la rue dans votre pardessus noir
Est-ce aimer que de vouloir que l’autre quitte sa propre route et son propre voyage
Est-ce aimer que d’enfermer l’autre dans la prison de son propre rêve

Femmes et hommes de la texture de la parole et du vent
Qui tissez des tissus de mots au bout de vos dents
Ne vous laissez pas rêver par quelqu’un d’autre que vous-mêmes

Chacun a son chemin qu’il est seul parfois à comprendre

Femmes et hommes de la texture de la parole et du vent

Si nous pouvions être d’abord toutes et tous et avant tout et 1èrement des amants de la vie
Alors nous ne serions plus ces éternels questionneurs ces éternels mendiants
Qui perdent tant d’énergie et tant de temps à attendre des autres des signes des baisers de la reconnaissance
Si nous étions avant tout et 1èrement des amants de la vie tout nous serait cadeau
Nous ne serions jamais déçus
On ne peut se permettre de rêver que sur soi-même
Moi seul connaît le chemin qui conduit au bout de mon chemin
Chacun est dans sa vie et dans sa peau
A chacun sa texture son tissage et ses mots.

 

Julos Beaucarne, Le Jaseur Boréal

proposé par mamadomi

rééd° du 12 08 2014

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10 février 2019 7 10 /02 /février /2019 02:25
L’histoire humaine n’est qu’un effort incessant d’invention et la perpétuelle évolution est une perpétuelle création.
Jean Jaurès
 
A travers le déni collectif auquel elle a donné lieu, la campagne présidentielle en France aura montré l’impuissance et démontré l’impasse d’un modèle agonisant. Une société interconnectée, en mouvement permanent, composée de citoyens éduqués et informés, sensibles à l’éthique et à la justice sociale, ne peut et ne veut plus se reconnaître dans le langage, la pensée et les solutions des "élites" au pouvoir.

Un gouffre s’installe entre celles-ci et le peuple qui, de manière + ou moins consciente, perçoit le modèle dominant comme tout à fait inadapté au saut évolutif et créatif indispensable pour relever les défis d’une crise systémique. Annoncé depuis des décennies par nombre de penseurs visionnaires, un changement de paradigme est au cœur d’une "transition culturelle" qui doit trans-former ce modèle dominant.

En marge des institutions, un profond courant de régénération composé de "créatifs culturels" crée les bases à la fois théoriques et pratiques de cette transition. Fondé sur le rationalisme abstrait, l’ancien paradigme doit se métamorphoser pour permettre l’intégration de la raison et de l’intuition au sein d’une intelligence connective, à la fois intuitive sur le plan personnel et collective sur le plan social.

Parce qu’elle conditionne la transformation socio-économique comme la transition écologique - càd, en fin de compte, la survie de l’espèce - la transition culturelle surgit donc au cœur du débat en ce début du 21ème s., comme la question sociale s’est imposée à la fin du 19ème s. et la question écologique durant la 2nde partie du 20ème s.
 
Le Grand Déni
Les campagnes électorales sont des rendez-vous au cours desquels se cristallise, s’exprime et se révèle cette conscience collective qu’est une nation. Elles sont l’occasion de mieux comprendre les dynamiques qui animent cette conscience collective en décryptant les évènements, les signes et les formes à travers lesquels se manifestent ces forces évolutives ou régressives.
Les observateurs français et étrangers sont unanimes: la campagne présidentielle de 2012 a été fondée toute entière sur le déni des crises - économiques et financières, écologiques, et sociales, morales et culturelles - auxquels nous sommes confrontés collectivement. Tout se passe comme si la France était une île déconnectée des enjeux planétaires et chaque français une entité autonome, indépendante de tout appartenance collective.
Dans Le Monde, Dominique Simonnet analyse ainsi cet autisme hexagonal:
"Alors que la mondialisation bouleverse tous les secteurs d'activité, que les révolutions du Moyen-Orient interpellent nos démocraties, que les défis environnementaux majeurs réclament une sagesse internationale (jusque-là introuvable), on fait en France comme si on vivait entre soi, derrière la ligne Maginot de nos vieilles certitudes. Rien d'étonnant que, dans ce contexte, les considérations écologiques, globales, soient aussi négligées que les enjeux de politique étrangère".
De nombreuses études l’ont mesuré: tétanisés par la peur face à une mondialisation qui rend leur vision du monde obsolète, les français vivent une dépression qui tend à les recroqueviller sur leurs intérêts égoïstes, catégoriels et corporatistes.
"N'oublions pas que la France est l'un des pays qui a le plus de difficultés à entrer de plain pied dans la globalisation"
analyse Pascal Perrineau, directeur du CEVIPOF, le Centre de recherches politiques de Sciences Po Paris.
Ce que les sciences humaines objectivent et mesurent, l’intuition de l’artiste le ressent et l’exprime à la manière dont l'écrivain et chanteur Yves Simon dresse un portait saisissant de cette France dépressive:
"Les Français ne se sont jamais sentis aussi seuls, divisés, isolés face à l'adversité, ils ne s'aiment pas, ont peur de l'autre, de l’avenir, ne croient + en un destin estimable ni encore moins en leur pays. Dans une France dépressive, certains, au faîte du désespoir, se suicident sur leur lieu de travail. Le comble, ce peuple ardent, auteur des + nobles avancées sociales et d'une Révolution, se retrouve aux dernières places des nations du monde qui espèrent en elles". (Le Monde)
 
 
Une réalité virtuelle
Viande hallal, permis de conduire, cannabis, horaires des piscines: tout fût bon pour éviter de parler des problèmes qui fâchent càd ceux qui permettent d’évoluer si on les considère comme des défis en osant leur faire face. Faute de pouvoir changer la réalité ou de s’y adapter, on s’en invente alors une autre, virtuelle, fondée sur une prétendue exception française qui n’est rien d’autre que le masque d’une dépression hexagonale. Les psychiatres le savent: le déni accompagne toujours une forme d’hallucination qui le renforce et le justifie. Ce qui est vrai des individus l’est aussi des sociétés.
Comme l’écrit F.O Giesbert dans Le Point:
"C'est l'une des 1ère leçons, proprement hallucinante, de cette campagne électorale: les Français ne demandent pas aux candidats ce qu'ils peuvent faire pour sortir le pays du fossé dans lequel il est tombé. Au contraire, ils leur posent à peu près tous la même question:
"Que pouvez-vous faire pour moi?"
Outre que leur attente révèle une perte totale d'esprit collectif, elle montre aussi que notre pays a perdu le sens des réalités. Qu'il ne croit plus guère en lui-même, désintéressé qu'il est de son destin. Qu'il vit désormais dans un monde virtuel".
Cette forme d’hallucination collective vise à compenser une absence totale de vision et de réflexion prospective. Pour François Fressoz du Monde:
"C'est la campagne des petits maux et des petits mots. Il y en aura pour tout le monde et c'est tant mieux tant flotte sur la campagne un parfum de désenchantement. Mais tous les efforts faits n'enlèveront rien au fait que cette campagne pêche par défaut de vision et absence de mobilisation collective. Il y a la crise mais pas de dynamique électorale pour la surmonter. C'est la campagne de l'impuissance politique".
 

 

 
Rien ne sera plus comme avant
Et pourtant des voix s’élèvent - à droite comme à gauche de l’échiquier politique - pour sortir le pays de ce déni collectif en affirmant la nécessité d’inventer un modèle correspondant au monde radicalement nouveau dans lequel nous entrons. Selon Michel Rocard 
"Le capitalisme est entré dans une crise profonde, aucun retour à la normal n'est envisageable, rien ne sera plus comme avant... Nous sommes partis pour des années de croissance faible et peut-être même de récession. Il faut le dire clairement et essayer de penser un monde qui sera radicalement nouveau... Nous avons oublié d'être radicaux dans nos manières de pensée". (Le Monde)
Même diagnostic pour Dominique de Villepin:
"Je pars d'une analyse simple: la crise n'est pas une parenthèse. Depuis des mois je le répète: rien ne sera plus comme avant. Ce n'est pas à coup d'expédients et de promesses que nous allons nous en sortir. Les défis à relever sont tellement difficiles qu'ils appellent des changements profonds dans nos structures". (Le Monde)
François Bayrou est sans doute, parmi les candidats, celui qui a parlé avec le plus de vérité de la situation actuelle et de sa gravité. Résultat: il a plongé dans les profondeurs des sondages d’opinion. Tous ces lanceurs d’alerte prêchent dans le désert du déni. Mais, aussi lucides soient-ils, ces membres de l’élite institutionnelle s’inscrivent toujours dans la même logique et le même niveau de conscience que le système qu’ils cherchent à réformer. C’est une erreur.
 
 
Un changement de conscience
S’ils sont reconnus par le système c’est que le système se reconnaît en eux et s'il se reconnaît en eux c'est qu'ils utilisent ses codes dominants. Ils leur manquent cette profondeur visionnaire qui remet en perspective et en mouvement un système de références et un champ de conscience en le trans-formant dans un niveau plus complexe et intégré.
Or, on sait, notamment depuis Einstein que
"Les problèmes auxquels nous sommes confrontés ne peuvent être résolus au niveau et avec la façon de pensée qui les a engendrés."
Et c’est justement ce changement de conscience qui doit être aujourd’hui au cœur de la réflexion politique parce qu’il conditionne toutes les autres dimensions, économiques et sociales, écologiques et géopolitiques.
On parle de transition énergétique pour évoquer l’adaptation de nos sociétés à la fin programmée des énergies fossiles. Il faudra désormais parler de "transition culturelle" pour évoquer le changement de modèle, indispensable pour aborder cette crise systémique comme un défi plutôt que de la fuir dans le déni. Un changement aussi fondamental ne peut être le produit de l’institution dans la mesure où il participe d'une dynamique instituante qui obéit à d’autres codes et d'autres niveaux de conscience, à la fois inimaginables et imperceptibles pour la pensée dominante.
 
 
 
Un modèle alternatif
Il fut un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître où l’écologie politique fut porteuse d’un modèle alternatif en rupture avec la pensée dominante. Inspiré par les valeurs de la contre culture dans les années 60, l’écologie politique fut, à ses origines, un projet radical et global qui participait à une nouvelle vision du monde fondée sur le refus du productivisme et de l’économisme ainsi que sur la promotion d’un art de vivre en harmonie avec un milieu naturel, social et culturel.
Calomniés et caricaturés des décennies durant, avant d’être reconnus pour leur lucidité, voilà longtemps que les écologistes nous disent avec justesse que rien ne sera plus comme avant: les contraintes climatiques et environnementales rendent indispensable un nouveau modèle de société. Et pourtant, par manque de profondeur et de vision, les Verts n’ont pas su traduire cette promesse des origines: ils voulaient changer le monde et le monde les a transformés parce qu'ils n'ont pas su ou osé mettre la transition culturelle au coeur de leur logiciel.
En privilégiant souvent un point de vue gestionnaire, pseudo-réaliste, au détriment d’une vision globale et radicale, une bureaucratie et une technocratie vertes ont ainsi émergé, prises au piège dans le filet du paradigme dominant, pour servir d’alibi réformiste et de supplément d’âme à un système qui a bien compris qu’il fallait, selon les mots de Lampedusa dans Le Guépard "que tout bouge pour que rien ne bouge". L’idéologie du développement durable – cet oxymore – a permis de repeindre en vert la cupidité de l’oligarchie capitaliste.
 
 
Un aveuglement collectif
C’est malheureusement une constante dans l’histoire que de voir un mouvement politique s’éloigner de son inspiration d’origine et parfois la trahir au profit de calculs électoraux, de tactiques politiciennes et d’ambitions personnelles. Les Verts se sont rendus inaudibles durant cette campagne en caricaturant puis en rejetant Nicolas Hulotun médiateur populaire dont la réflexion a évolué et s’est complexifiée au contact de divers penseurs visionnaires, héritiers contemporains des pionniers de l’écologie politique.
Loin de la caricature de marionnette médiatique, agent secret des multinationales, à laquelle l’ont identifié un majorité des Verts, Hulot sait qu’à une crise systémique, il faut répondre par une pensée globale qui nécessite un véritable saut de conscience. Il l’a souvent dit et écrit en faisant référence à des penseurs comme Edgar MorinPierre RabhiPatrick Viveret ou J-Baptiste de Foucauld, autant de penseurs du nouveau paradigme dont nous avons évoqué les travaux dans Le Journal Intégral.
Mais une telle approche visionnaire, nuancée et inspirée, n’a pas sa place dans les jeux du cirque politicien où l’on préfère les combats de gladiateurs à la profondeur d’une vision et à la longévité d’un engagement. Le rejet de Nicolas Hulot par une majorité des Verts est un symptôme, parmi d’autres, de ce qu’il faut bien nommé un aveuglement collectif. Espérons, sans trop y croire, que l’échec aux présidentielles permettra à l’écologie politique de se refonder autour d’un discours moins gestionnaire et + visionnaire càd + conforme à ses origines contre culturelles.
 
 
Le point aveugle
Ces constats nous amène à penser que le point aveugle de toutes les réflexions politiques actuelles c’est le nécessaire changement culturel et personnel qui doit inspirer et accompagner transition écologique et transformation socio-économique. La classe politique, gauche et droite confondues, fait comme si on pouvait transformer l’organisation sociale sans faire évoluer en même temps les mentalités. Comme si un nouveau modèle de société pouvait émerger des anciennes formes de pensée et de sensibilité complètement dépassées!... Comme si des branches mortes pouvaient éclore des fleurs éclatantes!...
Or ce qui apparaît évident dans une perspective intégrale c’est que l’organisation sociale est l’expression et le reflet d’une "vision du monde" qui inspire les représentations culturelles. Au fur et à mesure où cette "vision du monde" évolue en complexité à travers des stades successifs, l’organisation sociale se transforme avec elle et rétroagit sur elle en la faisant évoluer. Ce qui freine la transition écologique comme la transformation sociale, ce sont les modèles profondément inadaptés au saut évolutif et créatif indispensable pour relever les défis d’une crise systémique.
La transition culturelle c'est la modification des modèles dominants par la participation des individus comme des sociétés à la dynamique créatrice de l’évolution culturelle. Comme l'écrivait Jean Jaurès, inspiré par son ami Bergson, grand penseur de l'évolution:
"L'histoire humaine n'est qu'un effort incessant d'invention et la perpétuelle évolution est un perpétuelle création".
Cette transition est annoncée depuis plus d’un siècle par une série de penseurs et d’avant-gardes visionnaires dont nous avons esquissé à plusieurs reprises la généalogie, notamment ici et . Modélisée et expérimentée par des pionniers au sein du vaste courant des "créatifs culturels", la transition culturelle c’est la participation à une métanoïa collective évoquée ici.
 
 
 
Une politique intégrale
La transition culturelle, c’est la conversion d’un rationalisme abstrait, fondé sur le déni de l’intuition, à une intelligence intuitive qui associe et intègre les ressources de l’intuition et celles de la raison, cette dernière mettant ses capacités formelles et structurales au service des facultés créatrices et visionnaires de l’esprit. Au développement de cette intelligence intuitive sur le plan individuel correspond sur le plan social le développement d’une intelligence collective qui naît de la synergie créatrice entre des individus libérés des limites du mental et des fascinations de l’ego.
La transition culturelle c’est d’abord l’initiation aux modèles permettant de comprendre et de participer à la dynamique créatrice de la vie/esprit qui préside à l’évolution des mentalités individuelles et collectives. C’est ensuite, l’occasion de donner à sa vie un sens + profond en accédant à des ressources cognitives, créatrices, et spirituelles développées dans toutes les grandes cultures traditionnelles mais ignorées ou caricaturées par la culture intellectuelle et abstraite de notre modernité.
En réaction à l’exploitation capitaliste, la question sociale s’est posée à la fin du 19ème s. pour s’imposer au cours du 20ème s. En réaction à la destruction des ressources naturelles, la question écologique s’est posée au milieu du 20ème s. pour s’imposer à la fin de celui-ci par l'urgence du changement climatique. Voilà quelques décennies que des pionniers posent la question d’une transition culturelle qui conditionne la transformation socio-économique comme la transition écologique.
Et c'est parce que de la survie de l’espèce dépend en fin de compte de la transition culturelle que, dans les années et dans les décennies qui viennent, elle s'imposera de manière centrale en refondant la pensée politique. Cette refondation correspond à l’émergence d’une "politique intégrale" dont nous nous sommes fait l’écho dans le Journal Intégral, comme nous avons consacré nombre de billets à la dynamique de l’évolution culturelle et aux modèles développés par la théorie intégrale à ce sujet. J’encourage les lecteurs à s’y référer pour mieux en comprendre le sens de cette transition culturelle.
proposé par mamadomi
rééd° du 26 09 2014
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9 février 2019 6 09 /02 /février /2019 02:04

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Prenez 3 minutes, vraiment

...tout ce passe comme prévu...merci Etienne, merci Frédéric!
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proposé par mamadomi
rééd°du 22 10 2014
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7 février 2019 4 07 /02 /février /2019 23:00

Barres

 justice et égalité 2 

Barres

BarresBarresBarres

Quelle belle et bonne idée que ces extraits magnifiquement choisis de la 6ème lettre du livre de Jacques Duboin, intitulé Egalité économique. Comme la lecture de cette forte page est réconfortante! Quand on pense que l’achèvement de ce livre date de fin 1938, et que la belle et exemplaire raison-raisonnante de son auteur sur une économie politique digne de l’Humain, a été rejetée depuis lurette par les potentats + ou moins anonymes de la haute finance internationale et ceux qui leur font Cour, nous ne devrions plus parler d’états de Droit à propos de ce qu’il nous reste, en Europe, d’Etats-Nations, mais d’états soumis aux diktats des mercantis et des financiers.

hem hem...

 

Ces diktats tendraient à prouver combien les humanoïdes qui constituent l’espèce dite humaine n’appartiennent pas tous à la même essence. Nous devrions nous demander si les fameux droits de l’homme et du citoyen ne jouent pas le rôle de l’arbre qui cache la forêt. D’ailleurs faut-il nous référer à la Déclaration initiale, celle de 1789, ou à celle de 1948, quelque peu remaniée et devenue Internationale?

J.Duboin voulait donc, en 1938,

"créer un ordre social où personne n’aurait l’excuse de chercher son bonheur dans l’augmentation de son bien-être matériel".

C’est ce qui aurait dû conduire à l’instauration d’une société distributive (ou distributiste?) orientée vers l’harmonie, par le biais d’une coopération et d’une complémentarité bien comprises. La grande boucherie, estampillée 2ème Guerre Mondiale, avec majuscules, dans les manuels d’Histoire, allait écraser, annihiler pour longtemps, cette belle utopie raisonnée et raisonnable.

Lire cette belle page m’a fait me souvenir que vers la fin des années 70, une partie de mes recherches universitaires terminées, je devais porter mon attention de chercheur en psychologie sociale et sociologie de la connaissance sur la militarisation de notre société. Et ce fut la sortie, plus que silencieuse, de Cinq milliards d’otages (chez Les Lettres Libres et Vrac éditeurs), grâce surtout au soutien, entre autres, de mes grands amis Léo Campion et Robert François, dit Mystag. Parallèlement, dans 2 établissements d’enseignement supérieur qui m’employaient dans la bonne ville de Tours, j’enregistrais, sans idée vraiment préconçue, que l’idéal type orwellien l’emportait majoritairement. J’avais été à l’époque l’un des rares enseignants et socianalystes à vouloir sauvegarder la substantialité propre de chaque mot, afin qu’on continue à appeler un chat un chat, et non un chien ou un marcassin. À ce propos, j’ai évoqué, dans la postface de mon Du harcèlement moral ou du harcèlement immoral? [1] l’importance de "l’intégrité des mots de la tribu", comme l’aurait dit Mallarmé. Ce qui ne m’empêcha aucunement de me faire embabouiner comme un demeuré tout au long de ma misérable carrière de pédago! Je ne suis nullement habilité à me faire “donneur de leçon” à qui que ce soit. Mais je me dois, d’une part en ma qualité “d’expert” de la vérité sociale et d’autre part, en conscience par le simple fait que

"quiconque connaît la vérité et ne la gueule pas se fait le complice des menteurs et des faussaires",

comme le clamait Péguy il y a un bon siècle, de décrypter méthodiquement l’état de décomposition anomique dans lequel se trouve notre monde. Et qu’on le dise “globalisé”, la belle affaire!

Ni l’adjectif “anomique”, ni le substantif “anomie” ne sont des mots du langage courant, ils appartiennent au jargon des sociologues. On parle d’anomie lorsque, dans une société humaine organisée, les lois et les valeurs ont perdu leur prégnance sur les citoyens. Livrés à eux-mêmes, ces derniers ne se préoccupent plus que de satisfaire, par quelque moyen que ce soit, leurs intérêts particuliers. Cet état de fait crée évidemment un chaos général, que les journalistes qui ignorent tout de la vie et de l’œuvre d’Elisée Reclus, appellent à tort l’anarchie. Un tel grand chaos généralisé s’est développé pendant la 2ème Guerre Mondiale et pendant toutes celles qui ont suivi.

"Il ne s’agit donc pas, comme le disait déjà Duboin en 1938, de changer les gérants du régime capitaliste pour essayer de faire mieux ou + justement qu’eux: c’est donc de changer le régime lui-même qu’il s’agit".

Mais par quel Deus ex machina, parvenir à une mutation donnant le primat à l’humain? Au “bonheur d’être” au lieu de se polariser sur le profit, sur “l’avoir“ et sur le pseudo-pouvoir que cela confère? Hélas! 3 fois hélas! Les responsables de la gangstérisation du monde ne comprennent certainement pas le beau titre de l’article L’être humain non plus n’a pas de prix.

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Il faut dire que j’étais disposé au mieux pour comprendre cet article de M-L Duboin, puisque je viens de mettre le point final à mon livre-témoignage intitulé D’un délit d’humanité excessive? De l’Ethique et de la Justice [2].

Quand des actes d’humanité vraie, faite de compassion et d’empathie, ne se voulant ni médiatisée à l’extrême, ni ostentatoire, deviennent “délit” pour l’institution Justice elle-même, c’est tout de même signe que notre société va + que mal! Bah! Il va bientôt faire 2 siècles que le grand poète et penseur italien Giacomo Leopardi a asséné sans hésitation aucune, sur une page de son Zibaldone [3]:

"J’affirme que le monde n’est que l’association des coquins contre les gens de bien, des + vils contre les + nobles"!

 

G. LECHA, GR, mars 2013 

[1] Est-Samuel Tastet Editeur, Bucarest, 2004

[2] Ed° Opéra, 9, rue Hélène Boucher - 44115 - Haute-Goulaine, Janv 2013

[3] Ed° Allia, 2398 pages, nov 2003

BarresBarresBarres

proposé par mamadomi

rééd° du 14 06 14

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7 février 2019 4 07 /02 /février /2019 02:02

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Nicholas Scarpinato

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Les résidents de la France et ceux de la Communauté économique européenne ont-ils encore un avenir?

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La présente situation socio-économique y laisse beaucoup à désirer. La responsabilité de ce regrettable état des lieux est largement partagée entre de nombreux décideurs ayant généralement voulu bien faire, sans y réussir, au cours des 3 ou 4 décennies passées.

En France, le chômage, toutes catégories confondues, a atteint un niveau anormalement élevé, insupportable: il frappe tout particulièrement les jeunes et, dans les départements d’outre-mer, leur taux de chômage frôle les 50%; le taux de pauvreté s’accroît comme il ne l‘avait jamais fait. Notre balance commerciale est d’autant PLUS durablement déséquilibrée que son montant correspond presque exactement aux importations d’énergies fossiles carbonées paraissant essentielles à notre économie. Notre budget, toutes catégories confondues, est en déficit croissant et c’est inquiétant. Ceci n’est pas dû au train de vie scandaleux des résidents français, dont une proportion croissante vit misérablement, pas PLUS qu’à une grande efficacité de notre lutte contre les émissions abusives de gaz à effet de serre. Se loger dans des locaux décents proches des lieux de travail, et ne constituant pas une passoire énergétique, reste difficile, d’où une périurbanisation entraînant des déplacements motorisés coûteux et de grandes pertes de temps, tandis que la généralisation des véhicules à moteur diesel cause de graves nuisances environnementales et sanitaires. La diminution apparente de nos émissions de gaz à effet de serre est un artefact si l’on tient compte des émissions associées à nos importations.

La situation française n’est pas exceptionnelle. C’est celle subie, avec des variantes nationales, par la majorité des résidents de la CEE. On doit même admettre que celle de la France est PLUS favorisée que la moyenne.

Il existe, depuis des décennies, une tendance très marquée à l’uniformisation de la pensée économique, tant mondiale que nationale, sous l’influence de groupes d’analyse et de conseils (les “think tanks”) très influents, longtemps appuyés sur la Banque mondiale et le Fonds Monétaire International. Cette tendance, en France, est renforcée par le fait que de nombreux cadres politiques sortent du moule de l’École Nationale d’Administration, et que le pantouflage entre secteur public et secteur privé est très répandu.

La construction de la CEE puis, en son sein, celle de l’Eurogroupe, avec pour finalité ultime une fédération, ont été faites pour limiter les controverses et accélérer les évolutions, en négligeant délibérément quelques conditions essentielles à la bonne gestion, voire la survie, de ces entités qui sont:

• une harmonisation progressive, mais impérative, des fiscalités et lois sociales et environnementales, sans lesquelles la “concurrence libre et non faussée ” au sein de la Communauté relève d’une mauvaise plaisanterie;

• l’établissement d’un budget communautaire conséquent facilitant les harmonisations précitées, associé aux fiscalités nationales requises pour maintenir des services publics d’un excellent niveau dans tous les domaines;

• des accords-cadres avec les autres pays du monde et un contrôle associé des échanges commerciaux pour limiter les tentatives externes de dumping;

• une lutte efficace contre les paradis fiscaux;

• l’uniformisation progressive de l’enseignement général et professionnel, et des modalités de gestion des ressources humaines au sein des entreprises et des services sociaux nationaux, pour que la mobilité des travailleurs au sein de la Communauté puisse se généraliser — ce qui pourrait impliquer l’enseignement prioritaire d’une langue de travail commune;

• une gestion politique de la Banque Centrale Européenne, visant à favoriser l’emploi, et pas seulement la lutte contre l’inflation (il est curieux de noter que la BCE prête à taux très réduit aux grandes banques, alors que ces dernières prêtent aux États à des taux PLUS élevés, parfois beaucoup PLUS élevés);

• l’établissement rapide de dispositifs démocratiques de gestion de la CEE, et en son sein de l’Eurogroupe, tenant compte de la diversité démographique et politique des pays membres.

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En attendant une harmonisation fiscale et sociale, bien des pays de la Communauté, et même de l’Eurogroupe, font du dumping. Et les évadés fiscaux français, anciens comme nouveaux, font les manchettes des quotidiens. On se demande, en lisant ces textes, pourquoi la France, et bien d’autres pays, ne font pas comme les États-Unis qui exigent que tous leurs citoyens déclarent leurs revenus et payent leurs impôts correspondants aux États-Unis. Il ne s’agit pas là d’une figure de rhétorique: le délit en la matière peut atteindre pour les résidents une peine de prison à perpétuitéicon_eek.gif, et pour les non-résidents, la perte de la nationalité. Si des institutions étrangères facilitent de telles fraudes, elles risquent de devoir payer des transactions de milliards de $ pour éviter d’être définitivement exclues des marchés américainsicon_cool.gif.

La crise économique mondiale, qui affecte tout particulièrement les pays industrialisés depuis 2001, a plusieurs causes, dont

- le coût croissant de l’accès à des matières 1ères essentielles

- et une distorsion du partage des bénéfices de la croissance entre le travail et le capital, qui accroit les inégalités sociales et pénalise les budgets nationaux.

Les personnes ne pouvant pas faire face à leurs besoins essentiels (ou supposés l’être) ont été encouragées à faire appel au crédit - sans limites.

Lutter contre les gaspillages de toutes natures est essentiel, mais mener une politique d’austérité déraisonnée ne peut conduire qu’à une aggravation de la situation. On doit noter aussi que les gigantesques mouvements internationaux de capitaux, presque instantanés grâce à l’informatique, n’ont que dans 2 à 3% des cas des objectifs de production de biens ou de services, et dans 97 à 98%, des objectifs spéculatifs, cela ne paraît pas justifié.

Certaines recommandations des grandes institutions paraissent caricaturales. La Grèce a été incitée à sabrer dans toutes ses dépenses civiles, au point qu’une maladie disparue, comme le paludisme, fait sa réapparition. Mais ces institutions n’ont pas obligé la Grèce à imposer les deux catégories les PLUS riches du pays: l’église orthodoxe, grand propriétaire terrien, et les armateurs. Par ailleurs ce pays paraît avoir un grand potentiel gazier et pétrolier dans la Mer Égée, mais, en le ruinant maintenant, il va privatiser d’autant PLUS facilement ces ressources énergétiques à bas prix…icon_evil.gif

sobriete.jpgObtenir de façon durable de meilleurs taux de croissance économique au sein de la CEE pose problème si cela nécessite une PLUS grande consommation de matières 1ères essentielles, non renouvelables, alors que le présent partage de ces matières entre États est lourdement faussé au bénéfice des PLUS riches d’entre eux.icon_rolleyes.gif

Une telle situation est tant moralement inacceptable que politiquement dangereuse.

Par ailleurs, la disponibilité de certains métaux et métalloïdes essentiels est trop limitée pour permettre aux pays les PLUS dynamiques de l’ex Tiers Monde d’accéder à notre niveau de vie, et aux PLUS pauvres d’entre eux d’obtenir les conditions d’existence de la France du XIXè s. Il semble que, mondialement, le taux moyen de croissance soit corrélé à celui de l’utilisation des énergies fossiles carbonées; la disponibilité de ces dernières ne pouvant que décroître au fil des décennies, nous devons nous préparer à une décroissance qui sera d’autant PLUS marquée que les ressources essentielles seront moins mal partagées entre les États - et entre les individus.

 

Que cela nous plaise ou non, il faut nous préparer à un mode de vie PLUS frugal au sein de notre pays et de la Communauté, pour permettre à des centaines de millions d’autres êtres humains de, tout simplement, pouvoir vivre.14215580976_8b958b07f5.jpg

Nicholas Scarpinato > 

La présente crise économique a fait passer au 2nd plan les problèmes environnementaux, et en particulier la lutte contre les émissions excessives de gaz à effet de serre. On parle beaucoup de la croissance durableicon_lol.gif, une croissance qui laisserait aux générations à venir des conditions similaires à celles que notre génération a trouvées. Il s’agit là d’un mythe, toute croissance consommant des biens irremplaçables et produisant des polluants persistants. Il va donc falloir nous accoutumer à vivre non seulement en équilibre avec notre environnement, mais en compensant, là où c’est possible, nos abus passés, et cela en quelques décennies dans un monde allant vers 9 à 10 milliards d’habitants d’ici 2050. On parle d’éviter que la température moyenne terrestre augmente de PLUS de 2°C d’ici 2100, alors que les émissions de gaz à effet de serre sont 3x plus élevées que celles que la Terre peut spontanément recycler, ce qui pourrait nous valoir dans le courant du siècle une augmentation de la température moyenne de 6°C et une montée du niveau de la mer de PLUS d’un mètre, peut-être PLUS, à la vitesse à laquelle les inlandsis glissent vers la mer, et y fondent. Cette élévation du niveau de la mer continuera pendant des siècles.

Nourrir décemment 9 à 10 milliards d’êtres humains dans un monde PLUS chaud, et PLUS sec là où l’aridité menace, ne sera pas facile. Une série d’études montrent la possibilité de ce faire, sous réserve de modifications drastiques des présentes approches. Une généralisation de la culture biologique, au sens strict de ce terme, conduirait à la famine, mais il va falloir mieux lutter contre prédateurs et pathogènes des cultures avec moins d’intrants chimiques (tout en les introduisant dans des agricultures du Tiers Monde qui n’en utilisent pas), et maintenir la fertilité des sols sans abuser d’apports d’engrais devenant rares. En un mot, redécouvrir l’agriculture de nos anciens et en généraliser la mise en œuvre optimisée à travers le monde. La mécanisation devra le PLUS souvent être remplacée par un emploi massif de main d’œuvre qualifiée; cela pourrait être relativement facile dans les pays les moins développés, mais posera problème dans les pays les PLUS industrialisés, dont la Franceicon_rolleyes.gif.

Dans le cas particulier de notre pays,

- améliorer l’habitat,

- réduire massivement la consommation d’énergies fossiles

carbonées,

- protéger ce qui reste de notre biodiversité,

- et assurer à chacun une bonne alimentation

aussi peu carnée que raisonnable,

parait pour l’instant possible, sous réserve de revoir complètement nos priorités, tant personnelles que nationales. Il faudra des travailleurs bien formés et convenablement rémunérés, et des objectifs à court, moyen et long terme clairs, réalistes, et définis en commun.

Il faudra aussi des ressources financières, et c’est peut-être ce dernier facteur le moins défavorable. Une analyse rapide de nombreux documents récents, souvent officiels, montre l’existence d’abondantes ressources correspondant aux fraudes fiscales et sociales, aux niches fiscales sans réel intérêt socio-économique, à des dépenses militaires de prestige, au remboursement par la sécurité sociale de médicaments inefficaces, etc. Le total de ces avoirs éventuels atteint €200 milliards/an. Tous ne sont pas récupérables, mais les ressources disponibles devraient largement excéder 100 milliards/an, sous réserve évidemment de disposer des fonctionnaires spécialisés dans les domaines concernés… ce qui, pour le moment, ne parait plus être le casicon_rolleyes.gif.

Dans le cadre des économies énergétiques, beaucoup peut être attendu de la rénovation de l’habitat, avec l’énorme avantage que presque toutes les activités concernées prendront place en France, employant des résidents français.

De grandes économies sont aussi réalisables en réduisant les vitesses maximales autorisées et en remplaçant progressivement les véhicules en service par des modèles bien PLUS modestes voués à la circulation urbaine et périurbaine, équipés seulement de l’éclairage et du lave-glace, avec une consommation inférieure à 2 litres aux 100 (ou équivalent s’ils sont électriques), comme certains modèles mis en service au Japon.

Il faudrait revoir aussi les péages autoroutiers: une étude sur l’usure des voies de roulement a suggéré que, pour couvrir les frais d’entretien, les camions lourds devraient payer une taxe/km au moins 10x PLUS élevée que les présents péages, ce qui pourrait relocaliser beaucoup de productions agricoles. Il faut noter aussi qu’à puissance égale, le diesel est très sous-taxé par rapport à l’essence, et que les exonérations fiscales concernant les carburants des avions et des bateaux n’ont aucune justification.

Nous vivons dans une société à la recherche du toujours PLUSPLUS loin, PLUS vite, mais diverses analyses montrent que le taux de satisfaction des êtres humains atteint une asymptote bien avant la satisfaction du toujours PLUS, qui n’est d’ailleurs jamais atteinte. On peut donc, avec moins de ressources, vivre aussi bien qu’avec plusieurs fois PLUS. Les gaspillages de toute nature, dont alimentaire, sont consternants. De très nombreux matériels et équipements ont une durée de vie infiniment PLUS brève que ce qui pourrait être produit pour le même prix, et beaucoup ne sont pas réparables, ou le coût proposé pour réparer est prohibitif. Non seulement tout ceci doit changer, mais la conception même des produits doit en faciliter la déconstruction et le recyclage des composants.

Tout ceci peut conduire à des sociétés bien PLUS frugales, mais peut-être aussi PLUS conviviales. Mais, à moyen et long terme, la seule alternative sera un chaos meurtrier.

Ces réflexions s’appuient sur 69 références ci-dessous.

 J. HAMON, GR, avril 2013

Nicholas Scarpinato

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pour références (et pour des vacances instructives, lol!!)

Artus P. & Virard M. P., 2010. Pourquoi il faut augmenter les revenus. Le seul antidote à l’appauvrissement collectifLa Découverte, Paris

Baqué P & al., 2012. La Bio entre business et projet de société. Contre Feux/Agone, Marseille

Barroux P., 2012. La facture énergétique de la France continue de s’alourdir. Les Echos, 09.08.2012

Barroux D., Energie: le devoir de vérité. La transition énergétique sera longue, coûteuse et complexe. Les Echos, 21.08.2012

Basdevant J. L., 2012. Maitriser le nucléaire. Sortir du nucléaire après FukushimaEyrolles, Paris

Birraux C. & al., 2011. L’avenir de la filière nucléaire. Office Parlementaire d’Evaluat° des Choix Scientifiques et Technologiques, Rapport n°4097 de l’Assemblée nationale + n°199 du Sénat, Paris, tome I & II

Bonnaure P., 2012. Les automobiles électriques et hybrides. Etat des lieux et tendancesFuturibles

Bourguignon F., 2012. La mondialisation de l’inégalité. Seuil, Paris

Cadu C. & al., 2012. France, ta santé fout le camp! Marianne

Canfin P. & al., 2008. L’état du développement durable en France. Alternatives économiques, h. série n°34

Chappellaz J. & al., 2010. Changement climatique: les savoirs et les possibles. La Ville Brûle, Paris

Chatelier M. & al., 2012. Nucléaire: quels scénarios pour le futur?  La Ville Brûle, Paris

Chevallier NI. & al., 2012. L’Europe a t elle un avenir? Alternatives économiques (Hors série)

Conesa E., 2012. Le coût des niches fiscales pratiquement inchangé en 2013. Les Echos, 03.10.2012

Cotta J., 2006. 7 millions de travailleurs pauvres. Fayard, Paris

Dautray R. & Lesourne, J., 2009. L’humanité face au changement climatique. Odile Jacob, Paris

Dedieu F. & al.,2012. Inévitable protectionnisme. Gallimard, Paris

de Ravignan A. & Moatti S., 2012. Les chiffres 2013. L’économie et la société en 30 thèmes et 290 graphiques. Alternatives économiques (hors série)

de Smedt G. & al., 2012. Dossier Changement climatique. Les impacts. La Jaune et la Rouge

Drevet J F., 2012. L’union européenne peut elle sortir de l’impasse?. Futuribles

Duval G. & Pech T., 2012. Pourquoi on ne s’en sort pas? Alternatives économiques

Enderlin, 2012. Volt ! La voiture électrique sauvera t elle Le monde? Seuil, Paris

Gadjos T., 2012. Et si on créait un impôt sur le revenu? Le Monde Eco & Entreprises),23.102012

Grandjean A., 2012. La transition énergétique sécurise l’avenir. Libération (Ecofutur), 03.12.2012

Guillou M & Matheron G, 2011. 9 milliards d’hommes à nourrir. Un défi pour demain. François Bourin, Paris

Hamelin E. & Razemon O. La tentation du bitume. Où s’arrêtera l’étalement urbain?  Rue de l’Echiquier, Paris

Hamon J., 2004. Comment sortir du nucléaire? Bulletin trim. de la Société d’Histoire naturelle de la Haute Savoie, 2è trim

Hamon J., 2005. Biocarburants: une solution pour les transports?  Ingénieurs de la Vie

Hamon J., 2006. Perspectives et problèmes de l’énergie éolienne. Ingénieurs de la Vie

Hamon J., 2007. Manquerons nous bientôt de pétrole? Hélas non. Nouvelles trimestrielles de l’Association des Anciens de l’Organisation Mondiale de la Santé, janv.mars

Hamon J., 2008. Préserver la biodiversité sans sacrifier l’espèce humaine. Bulletin trimestriel de la Société d’Histoire naturelle de la Haute Savoie, 2è trim.

Hamon J., 2009. Climat terrestre et dérive climatique: quel monde demain? Présentation faite au Rotary Club d’Annemasse le 16 avril et largement diffusée

Hamon J., 2010. Energies fossiles, métaux essentiels: comment s’adapter après l’épuisement des réserves Environnement & Technique

Hamon J., 2011. Satisfaction des besoins énergétiques ou lutte contre l’effet de serre: faudra t il choisir? Environnement & Technique

Hamon J., 2012. Un développement durable est il possible? Gaillard Contact

Hamon J., 20912. L’indispensable changement. La Grande Relève, 1133

Harribey J. M. & al., 2012. Changer vraiment! Quelles politiques économiques de gauche? Syllepse, Paris

Hessel S. & al., 2012. Europe: et si on passait à l’action Libération, 09.10.2012

Jancovici I. M., 2012. Les limites énergétiques de la croissance. Le Débat

Krugman P., 2012. Sortez nous de cette crise.., maintenant! Flammarion, Paris

Krémer P., 2012. Cette jeunesse qui s’enfonce dans la pauvreté. Le Monde, 04.12.2012

Laffitte P. & Saunier, C., 2007. Les apports de la science et de la technologie eu développement durable. Tome II.La biodiversité: l’autre choc? L’autre chance? Office Parlementaire d’Evaluation des Choix Scientifiques et Technologiques, Paris. Rapport n° 510 de l’Assemblée nationale & n° 131 du Sénat

Larrouturou P., 2007. Le livre noir du libéralisme. Ed° du Rocher, Monaco

Larrouturou P., 2011. Pour éviter le krach ultime. Nova éd°, Paris

Larrouturou P., 2012. C’est + grave que ce que l’on vous dit...mais on peut s’en sortir! Nova é°, Paris

Le Buanec B., 2012. Le tout bio est il possible?  Ed° Quae, Versailles

Lenglet R & Vilain 0., 2011. [in pouvoir sous influence. Quand les think tanks confisquent la démocratie. Armand Colin, Paris

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Mathis P., 2011. Les énergies. Comprendre les enjeux. Ed° Quae, Versailles

Mon J. P., 2012. Désintoxication. La Grande Relève, 1129

Montebourg A., 2012. Diminuer nucléaire et pétrole tout en finançant le renouvelable est irréaliste. Le Monde, 18.09.2012

Normand J.M., 2012. Diesel, l’effet boomerang. Le Monde (Eco & Entreprise), 25.09.2012

Noualhat L., 2012. Des stocks proches de la faim. La baisse des réserves alimentaires pourrait provoquer une crise l’année prochaine. Libération, 20 & 21.10+2012

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Pech T., 2011. Le temps des riches. Anatomie d’une sécession.Seuil, Paris

Pech T. & al., 2012. Pourquoi on ne s’en sort pas? Alternatives économiques

Petit G., 2012. La Grèce, richissime?  La Grande Relève, 1134

Pinçon M. & Pinçon Charlot, M., 2012. L’argent sans foi ni loi. Textuel, Paris

Priollaud F. X. & Siritzky, D., 2008. L’Europe du Traité de Lisbonne. La documentation française, Paris

Rastoin J. L. & Ghersi, G., 2012. L’avenir du système alimentaire mondial. Futuribles

Rocard M., 2012. La politique exige beaucoup de mensonges. Libération, 03.12.2012

Ruolin Z., 2012. Les Chinois sont des hommes comme les autres. Denoël, Paris

Sainteny G., Plaidoyer pour l’éco fiscalé. Buchet Chastel, Paris

Salles A., 2012. La crise pousse la Grèce à reprendre l’exploration pétrolière et gazière. Le Monde, 14-15.10.2012

Semeta A., 2012. Il faut mettre la lutte contre l’évasion fiscale au cour du projet européen. Les Echos, 15.10.2012

Stiglitz J., 2012. Le prix de l’inégalité. Les Liens qui Libèrent, Paris

Stoeckel H., 2012. La faim du monde. L’humanité au bord d’une famine globale. Max Milo, Paris

Vandevoorde P.&al., 2012. Produire et distribuer les énergies nouvelles. La Jaune et la Rouge, (suppl.)

Vaulerin A., 2012. Des autos de poche. Libération (Ecofutur), 08.10.2012

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proposé par mamadomi

art. n° 3100 - rééd° 06 08 14

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6 février 2019 3 06 /02 /février /2019 01:45

L’économie

On pourrait clairement réactualiser avec Macron... jugez plutôt:

Voilà un an qu’on a changé de Président. Je n’avais pas voté pour Hollande, ni au 1er tour, ni au 2ème, où j’ai fait un vote blanc, tellement j’étais persuadé que ça ne changerait rien au sort d’une partie de + en + grande du peuple qui vivote et qui souffre. Néanmoins je fus satisfait de ne plus voir Sarkozy et ses sbires au pouvoir. Au lendemain de l’élection, j’ai regardé la journée de son intronisation et je reconnais que je fus touché par la joyeuse effervescence de la foule quand Hollande serrait des mains. Les gens étaient vraiment émus, certains avaient sans doute des larmes qui perlaient, tant l’espoir d’un sort meilleur semblait naître avec ce changement de majorité.

JPEG - 16.9 koLa désillusion n’allait pas tarder. Peu de temps après sa visite à la Thatcher allemande, le Président envoyait aux orties sa promesse de modifier le traité européen et il renia par la suite tous ses engagements qui devaient nous améliorer un peu l’existence.

Un an après, il continue de faire allégeance aux puissances financières et au patronat: il s’est presque fait applaudir publiquement par la présidente du Medef après la signature des accords sur la flexi-sécurité signé honteusement par la CFDT.

Il est donc clair que les socialistes au pouvoir ne font que gérer la crise et se contentent de placer des rustines et des béquilles là où il y a urgence et clament à l’envi que toutes les mesures austères et impopulaires permettront d’accoucher d’une société bien meilleure en 2017.

Tu parles Charles! Ça me rappelle Mauroy en 1983:

"On sème aujourd’hui et on récolte demain!"

On a surtout récolté des clopinettes!

Tout ça fait que la classe ouvrière modeste, les chômeurs, les précaires, les exclus, se jettent dorénavant dans les bras du front national. Marine Le Pen a déclaré le 1er mai qu’elle était "la lumière de l’espoir pour la France plongée dans les temps obscurs" (sic).

Je vois avec effroi le fascisme revenir à grands pas.

La doxa médiatique est aussi en grande partie responsable de cet état de putréfaction, car pour trouver des solutions à la crise (qui a bon dos) elle ne cesse de ressortir les vieilles recettes qui n’ont jamais rien prouvé: j’en ai marre d’entendre D. Pujadas, C. Chazal, M. Drucker et leurs confrères des chaînes radios et TV reprendre finalement le fameux “il n’y a pas d’alternative“ de la dame de fer rouillée. Et les économistes et journalistes économiques qui se pavanent à longueur d’année nous servent la même soupe libérale: F. de Closet, É. Cohen, J. Attali, A. Minc, J-P. Fitoussi, J-P Chapel, M.Touati, D. Seux, J.-M. Aphatie, J.-M. Sylvestre bref tous ceux qui passent chez Calvi ou ailleurs.

[ Alors, faisons le bilan:

Vous avez des patrons qui se paient

4,5 millions d'€ par an,... - si si...

soit 6 vies de 42ans travail au salaire de €1500/mois... grosso modo...

Donc en un an, ils se paient 6 vies de travail...!! 

quel génie, quelle fatigue, quel "utilité publique privée" peut légitimiter cela?

Non mais vraiment, la question mérite d'être posée, non?...

...pendant 30ans! + retraite+ parachute doré + actions... etc...

Est-ce qu'un salaire d'un demi-million d'€/an ce serait pas déjà

un joli plafond?... la reconnaissance, la notoriété et les héritages en sus...?

ça resterait encore de l'ordre de 2/3 d'une vie de 42ans de travail au salaire de €1500 net/mois et cela, chaque année!!! .... 

- rêvez pas, ça n'arrivera pas de si tôt... pas à ce plafond-là en tous cas...

Et, ces "mecs" qui prennent à eux seuls pendant 30ans en moyenne

le salaire d'une vie de 180 travailleurs -qui donc chôment pendant ce temps, puisqu'on ne peut pas les embaucher, car cette masse salariale va en haut de la pyramide...

ces gars-là donc vont vous dire que la France

"a un gros problème de croissance malgré ses potentiels", qui est que

"le salaire de base est trop contraignant, ya trop de taxes"

...et donc de protections sociales sur les bas salaires...

 ça doit être pour cela que leurs salaires sont si importants, pour compenser les taxes qui les lèsent... mmm?!

Et ça, c'est juste pour "le" patron de grosse entreprise,

reste la poignée de gros cadres dans son entourage,

et tous ceux, déjà riches qui investissent et prennent des dividendes qui grèvent d'autant les possibilités d'embauche et donc de croissance...

... Quand on dit que 1% de la population détient le pouvoir en empêchant les leaders politiques élus par le peuple de prendre les mesures pour le peuple, en menaçant de licencier toujours plus pour ne jamais gagner moins, par ex... ce qui fait qu'on ne plafonnera pas les salaires... et qu'importe puisqu'ils se paient déjà autrement qu'en "salaire"...

Alors quoi faire quand on est persuadé, tellement c’est logique, du bien-fondé de l’économie distributive pour mieux se faire entendre et surtout comprendre? Les gens qui s’interrogent connaissent bien maintenant et sont assez d’accord avec toute la 1ère partie du remarquable texte de François CHATEL dans la GR d’avril 2013 De la coopération. Où ça coince c’est dès qu’on aborde ce qu’on lit dans le dernier paragraphe: il faut une monnaie non fructifiable, autrement dit une monnaie qui soit seulement un pouvoir d’achat et qui ne serve qu’une fois. Personnellement je ne suis jamais arrivé à convaincre quelqu’un, mon ami Azzedine mis à part, de la nécessité de changer la nature de la monnaie. Les gens ont du mal à s’imaginer qu’on ne puisse plus mettre 3 sous de côté pour qu’ils fassent des petits!

Pour que la pensée de Jacques Duboin soit un peu + entendue, il faudrait bien sûr passer dans les médias et ce n’est pas de la tarte. En dehors des moyens habituels, il serait nécessaire que les abonnés de la GR envoient souvent des messages dans la boîte vocale de Là-bas, si j’y suis de Daniel Mermet sur France Inter. C’est la seule émission où un message concernant nos idées pourrait passer. Je donne pour cela le n° de téléphone de l’émission: 01 56 40 37 37.

La charité

 

Début 2013, il y a eu comme chaque année la campagne des Restos du cœur fondés par Coluche. C’est bien rôdé maintenant. Un client arrive au supermarché où un bénévole des Restos l’accueille, avec un grand sourire et lui donne un sac où le citoyen mettra des denrées achetées pour le compte de l’association. Grand sourire également du client. Quelques instants + tard, même manège à la sortie du magasin. Sourire de satisfaction chez celui qui donne le sac et chez celui qui le reçoit. Et les 2 sont bien contents. Je fais le bien, tu fais le bien, nous faisons le bien et chacun rentre chez soi la conscience soulagée et… à la prochaine!

Une fois que le bénéficiaire a fini ses denrées, il ne lui reste plus qu’à croupir en attendant la prochaine campagne. Et ça fait 27 ans que ça dure!

Que dirait Coluche, lui qui devait penser que son action allait mettre les politiciens devant leurs responsabilités! ça fait 27 ans que les Enfoirés font leurs n°s de charité et que la plupart des artistes viennent surtout pour leur image! Et toutes les associations font de même: le Secours Catholique, ATD Quart-Monde, Emmaüs de l’abbé Pierre, le Secours Populaire Français, l’Armée du Salut, etc.

Je n’ai jamais vu une manif géante organisée par ces associations dans la rue, avec leurs bénéficiaires afin de sensibiliser un gouvernement à ce problème honteux qui est "la misère dans l’abondance".

En 2007, M.-L. Duboin est venue faire une conférence à Vaulx-en-Velin. Bien avant, j’avais envoyé l’information à tous les organismes cités + haut en leur expliquant en 2 mots de quoi il s’agissait. Eh bien personne n’est venu, ce qui en dit long sur leur intention de vouloir supprimer la misère!

Si la misère disparaît, eux aussi par la même occasion, cette perspective doit bien les chagriner quelque part car il est agréable de se voir flatter, remercier, photographier, filmer, mis en ex. pour le “bien“ qu’ils font…

C’est pourquoi je pense que nous, les partisans de l’économie distributive et les gens qui pensent un peu comme nous, nous devrions faire preuve dorénavant de + de fermeté… et de réserve envers ces associations. Nous montrer franchement désagréables dans nos propos et nous servir de la citation de Victor Hugo:

"Vous voulez des pauvres secourus, moi je veux la misère supprimée". 

L’infantilisation du peuple

 

Dans la GR d’avril 1997, L’abbaye de Sainte Économie revisitée, je dénonçais les procédés employés pour abêtir au maximum le peuple. Cela s’est amplifié: avec à côté du rugby professionnel, du foot et de sa cohorte de supporteurs déchaînés, les jeux de grattage se sont multipliés et le Tour de France draine encore + de monde malgré ses scandales à répétition.

Depuis quelques années, on peut ajouter les émissions de téléréalité, le nombre pléthorique des émissions culinaires avec des concours où il faut écrabouiller le concurrent, aller au bout de soi-même et autres tartignoleries du même tonneau, des feuilletons cucu gnan gnan comme Plus belle la vie, et que dire des concours de chant où le gagnant n’aura droit qu’à une gloire somme toute éphémère? Maintenant il faut ajouter les portables, pardon les smartphones, devenus quasi aussi indispensables que l’air qu’on respire. Déjà qu’on ne se parlait plus guère dans les transports en commun avant leur apparition, maintenant celui qui téléphone ignore complètement son voisin, l’autre, comme si physiquement il n’existait pas. Ça devient terrifiant! Certains dorment avec leur Smartphone tellement ils ont peur de louper un appel ou un SMS! À la télé les micros-trottoirs envahissent les JT: obtenir l’avis des vrais gens est d’une importance capitale, surtout dans les marronniers: départ en vacances, rentrée scolaire, 1ers bains de soleil, embouteillages, fin des vacances. Alors, par la force des choses, les réponses citoyennes sont d’une affligeante banalité. Et comment pourrait-t-il en être autrement quand le reporter demande par ex: 

 "que pensez-vous de ce printemps doux et précoce?"

Et le vacancier balbutie:

"c’est génial, c’est super, c’est super-génial!".

Et le commentaire se termine d’une voix suave et des propos infantiles.

Je pourrais continuer les ex. où l’apologie de la médiocrité est mise en exergue.

André Gorz a écrit que le passage dans une société post- capitaliste et + humaine se ferait en passant soit par la civilisation, soit par la barbarie.

Nous sommes bien partis, hélas, pour cette 2nde façon.

 

S.Bagu, GR, juin 2013

proposé par mamadomi

réactualis° du 27 10 2014

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5 février 2019 2 05 /02 /février /2019 01:41

Impensable oui, prenez la peine, en une ou plusieurs lectures, d'accéder à cet éclairage choisi scrupuleusement pour vous et arrangé avec amour, vous ne regretterez pas, ça rend plus fort...

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Les mécanismes psycho-sociaux de l'aliénation néolibérale

 

Comment penser et affronter les bouleversements impensables qui nous affectent aujourd'hui?

On va chercher à comprendre comment le néolibéralisme nous aliène tous collectivement, certes, mais surtout chacun d’entre nous, individuellement. Pas seulement les couches populaires, les Français moyens, les "beaufs", les lecteurs de Gala, les spectateurs de TF1 ou les électeurs qui marinent, mais vous, moi, nous tous… Tant qu’on nie cette évidence que chacun d’entre nous est étroitement, inconsciemment aurait dit Freud, conditionné par les valeurs égoïstes de la compétition marchande, tant qu’on n’a pas compris que les bouleversements qui nous affectent ne sont pas seulement de nature économique et sociale, mais de nature psychologique et individuelle, càd s’immiscent en nous jusqu’à influencer notre pensée elle-même,

...comment peut-on prétendre faire de l’éducation populaire, concrètement, comment accomplir une quelconque transition?

en référence à Le meilleur des mondes Aldous Huxleyle meilleur des mondes

En réalité, la guerre économique est aussi une guerre psychologique. Et si l’on veut penser autrement, sortir du déni de réalité dominant, guérir du "capitalisme cognitif" qui doit faire de nous les meilleurs sur le marché de l’emploi, du savoir et de la renommée, ici sur le campus du Mirail comme ailleurs, il faut connaître parfaitement l’ennemi, même et surtout quand il est tellement sournois qu’il s’est tapi à l’intérieur de soi, dans les recoins de son psychisme, ou ce qu’on nomme aujourd’hui communément tel.

Au fond, la question est de comprendre comment la loi du marché a finalement fait pour rentrer subrepticement, mais au sens propre, à l’intérieur du cerveau, de nos cerveaux… Car ce n’est pas un vain mot, quand on sait qu’une discipline nouvelle a vu le jour et a été adoptée par les + hauts conseillers des gouvernements occidentaux: la neuro-économie. Ces économistes au pouvoir ont intégré la technique comportementale et les neurosciences à leurs travaux.

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Un rapport du Centre d’analyse stratégique de 2010, officine d’experts patentés aux ordres du Premier ministre français, mais rapport co-dirigé par un conseiller du président Obama, Richard Thaler, se targue ainsi de pouvoir littéralement "rentrer dans le cerveau du consommateur", grâce en particulier à l’imagerie cérébrale, pour orienter, influencer ses choix économiques… Cela ne fait que confirmer redoutablement l’essentiel de mon propos: l’idéologie comportementale et cognitive, qui considère que l’individu, réduit à un instrument de traitement de l’information, peut être conditionné dans ses choix par un ensemble de sanctions et de récompenses, la bonne vieille méthode de la carotte et du bâton, est devenue une idéologie d’État pour les gouvernements néolibéraux: à travers un ensemble de techniques de propagande, il leur est possible aujourd’hui non seulement de conformer le comportement de chacun aux normes du marché, mais surtout de favoriser leur intégration cognitive, pour en faire une loi naturelle, incontestable… Quiconque y déroge, dorénavant, peut être ainsi déclaré objectivement, scientifiquement, souffrant sinon malade, et relever d’un traitement psychologique, et médical.icon_evil.gif

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Parler de ma place de psychiatre, praticien hospitalier de service public, pour décrire ces phénomènes est une position privilégiée, car l’évolution de la psychiatrie témoigne en 1ère ligne de cette évolution de la doctrine néolibérale: la psychiatrie constitue un miroir grossissant de ce que le système de domination économique dans lequel nous vivons est en train de faire de la subjectivité de chacun d’entre nous. neoliberal.gifLa psychiatrie n’a plus en effet pour rôle de soigner des maladies mentales, strictement définies par un ensemble de symptômes, mais s’occupe désormais officiellement de programmer la santé mentale des populations, santé mentale définie négativement, par l’absence de toute déviance comportementale vis à vis de la norme socio-économique. Un autre rapport, quasi-simultané, du Centre d’analyse stratégique gouvernemental, dirigé cette fois par une professeure d’épidémiologie formée à l’école comportementaliste et scientiste canadienne, Viviane Kovess, définit en effet la santé mentale, qui est "l’affaire de tous", comme "la capacité à s’adapter à une situation à laquelle on ne peut rien changer, (ou encore) l’aptitude à jouir de la vie".icon_exclaim.gif Il s’agit là ni + ni moins de la définition de l’individu libéral héritée d’Adam Smith, voire du marquis de Sade: la recherche égoïste et concurrentielle de l’intérêt individuel fait la richesse des nations et le bonheur collectif. Viviane Kovess est l’une des promotrices d’un programme européen de santé mentale visant à conditionner celle-ci par des logiciels d’apprentissage dès l’enfance. On voit que la psychiatrie est bel et bien devenue l’instrument d’une politique européenne et mondiale de santé, ou plutôt de conformité mentale, faisant d’ailleurs l’objet en France de plans quinquennaux, soutenus par la fondation d’État FondaMental. Cette dernière a pour mission de dépister tout trouble, toute défaillance individuelle le + précocement possible, et de les corriger par la "psycho-éducation", car ils nuisent à la compétition économiqueicon_eek.gif, ainsi que l’affirmait son ancienne présidente, parlementaire UMP… La psychiatrie est donc aujourd’hui vraiment une affaire d’État: elle est images?q=tbn:ANd9GcT0etxJveAsGy6_-KIQkMIinstrumentalisée par le pouvoir néolibéral pour lui servir de caution scientiste à sa politique gestionnaire et répressive qui ne cesse de se durcir (comme le laisse à penser la continuité de la politique d’expulsion des étrangers en situation irrégulière depuis le changement présidentiel). Elle est devenue l’arme principale du contrôle socio-économique des comportements déviants, délinquants et même simplement défaillants.

Comment diable en est on arrivés là ?

Guido Argentini

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Survol de l’évolution historique de la psychiatrie

La psychiatrie est née avec les lumières et a grandi avec le scientisme positiviste: dès son origine, elle a constitué un système symbolique essentiel pour la civilisation occidentale (donnant une représentation acceptable de la folie et de la finitude, par le déplacement symbolique de la souffrance, de la violence sociale vers le psychisme individuel et la science médicale). Mais ce qui se passe aujourd’hui, c’est que ce système symbolique est devenu un système de propagande au service de l’ordre néolibéral: la métaphore psychologique et médicale permet de nier la violence que celui-ci exerce, de naturaliser la norme économique dans la subjectivité, de faire rentrer la loi du marché à l’intérieur de nos neurones sinon jusque dans nos gènesLa pression normative écrasante qui s’exerce aujourd’hui sur chacun d’entre nous et dans le monde entier est ainsi niée symboliquement, par psychiatrie interposée.

Comment une telle mutation s’est-elle opérée,

en 2 siècles d’histoire?

Passons rapidement sur les 2 guerres mondiales: à leur décours, avec Freud puis Parsons, le système symbolique médico-psychologique se prend de + en + pour la réalité, l’adaptation psychologique devient la norme individuelle du progrès civilisationnel. Mais c’est surtout avec la chute du mur de Berlin que ce système de croyances acquiert la force d’une conviction absolue. Avec l’effondrement du bloc communiste vient le triomphe du néolibéralisme, et le début de la 3ème guerre mondiale: le seul ennemi devient l’individu, à embrigader dans la guerre économique. Ce tournant se traduit par la mondialisation de l’idéologie comportementale: tout trouble est désormais une maladie mentale. Apparaissent en effet en cascade les classifications mondiales des troubles du comportement, et en France la loi sur l’hospitalisation d’office des troubles à l’ordre public6a00d83451619c69e2014e894ccd56970d-800wiainsi que la circulaire instaurant la politique de santé mentale. C’est aussi le début du contrôle informatique effréné des activités humaines.

Dix ans + tard, surviennent les attentats du World Trade Center, simple incident de parcours dans cette fuite en avant hégémonique du système néolibéral: le terroriste se cache parmi nous, l’ennemi est intérieur. On assiste alors à une avalanche de lois sécuritaires (+ de 30 en 10ans). Encore presque 10ans + tard, 2008, voici la crise ultime des SubPrimes. La bulle n’est pas seulement spéculative mais psychologique, la dépression est tout autant nerveuse qu’économique: c’est la baudruche consumériste qui éclate, l’illusion de la possession matérielle pour tous qui s’effondre. Pour sauver le capitalisme, au moins temporairement, il n’y aura pas d’autre solution que de "changer les comportements et 79418189_o.jpgles mentalités", projet que le président Sarkozy annoncera à plusieurs reprises. Son discours de Toulon (25.09.2008 pas 2011) sera très rapidement suivi du discours d’Antony (2008 en déc) instrumentalisant un fait divers, le meurtre commis par un schizophrène malencontreusement échappé d’un hôpital psychiatrique, pour annoncer le grand tournant sécuritaire de la psychiatrie: celle-ci devra dorénavant garantir le risque zéro. Vous voyez qu’il existe un rapport dialectique étroit entre science psychiatrique et crise économique…dsm-blaspheme-c10d6.jpg

Tout malade est un criminel en puissance, et tout individu est un malade qui s’ignore, pour peu qu’il trouve à redire à l’ordre en place: moins de 3ans + tard, cette dérive sécuritaire se concrétise en la loi du 5 juillet 2011 instaurant les "soins sans consentement". On peut, on doit désormais surveiller et traiter de force tout trouble du comportement, par des "programmes de soins" à domicile. Voici comment la psychiatrie est devenue sans coup férir une arme de dissuasion massive de tout remise en cause individuelle dérangeante du système de domination néolibéral, permettant un déni symbolique de toute contrainte, de toute violence socio-économique.

 
Diego Rivera

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État des lieux actuel de la psychiatrie: une triple dérive qui s’accélère

Dérive scientiste: c’est donc le triomphe de l’idéologie comportementale, qui diffuse la bonne santé mentale dans l’ensemble de la société, du sommet de l’État à la dernière des classes maternelles en passant par le monde de l’entreprise, à travers les procédures d’évaluation et échelles de comportement. Cette idéologie au pouvoir est renforcée par un véritable délire scientiste: la norme comportementale a une origine biologique, tout trouble doit avoir forcément une cause médicale, organique. C’est le sens des recherches faramineuses en neurosciences et arton3083.jpg?1369301968sur la vulnérabilité génétique: tous les troubles, toutes les déviances sont concernés (hyperactivité, troubles des conduites, addictions, conduites suicidaires, troubles bipolaires et labiles…). Des intérêts colossaux sont en jeu, à la fois scientistes (congrès et publications de la psychiatrie universitaire, instituts de recherche privés comme FondaMental et publics avec l’Inserm), politiques (prises de positions gouvernementales, rapports du Centre d’analyse stratégique) et industriels (poids du lobbying pharmaceutique). On a parlé des recherches en neuro-économie, il faut citer également la classification internationale DSM-5 (parution mai 2013), et qui décrit des troubles prédictifs: désormais, il faut dépister le trouble le + précocement possible voire avant même qu’il arrive pour le tuer dans l’oeuf!

Dérive marchande: comme dans tous les services publics, ou ce qu’il en reste, c’est le triomphe de l’idéologie managériale cognitivo-comportementaliste de la rentabilité, de l’évaluation, de la qualité, réalisant une course incessante à la performance (sélection des meilleurs soignants au mérite, et culpabilisation, mise à l’écart des incapables), parallèlement à une pénurie croissante des moyens et à un contrôle administratif renforcé, et aboutissant à une perte de toute indépendance et de toute éthique professionnelle.

Dérive sécuritaire: enfin, cachant une violence institutionnelle qui s’accroît: 5 lois et 2 circulaires en 5ans, psychiatrisant toujours + la déviance et la délinquance, et accompagnant des pratiques "soignantes" de + en + coercitives. La mission de la psychiatrie devient l’expertise prédictive omnipotente de la dangerosité, parallèlement à la mise en place d’un fichage généralisé des populations à problèmes, qui coûtent trop cher, pour les trier voire les éliminer en douceur. Surtout, la loi du 5 juillet 2011 instaure une société de contrôle d’un genre nouveau, à travers les soins sans consentement à domicile, autrement dit le déni psychiatrique de toute contrainte extérieure pesant sur l’individu. On assiste là à l’abolition de tout libre-arbitre, de la possibilité de penser différemment, et finalement de la vie privée, par une loi qui dicte à toute la population le bon comportement individuel. Dorénavant, chacun devra se conformer de lui-même à des normes posées comme une réalité absolue, même si il n’y consent pas. C’est l’avènement d’un État policier où la psychiatrie exerce la police des comportements, le ministère de l’intérieur psychique, conditionnant une normopathie de masse, au sens de Hannah Arendt.

L’implosion psychologique remplace

toute possibilité d’explosion sociale,

chacun est tenu d’être surveillé et traité médicalement chez soi et en soi pour être heureux… C’est l’avènement de l’hygiénisme du bonheur obligatoire, du repli programmé dans le confort de son cocon personnel, mais aseptisé, vidé de toute distance critique, de toute altérité.

Graziano Panfili

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La psychiatrie resituée dans l’évolution socio-économique: la propagande néolibérale

C’est la stratégie du choc psycho-économique dont parle Naomi Klein, jacket_us.pngautrement dit l’application systématique par le pouvoir des méthodes cognitivo-comportementales de soumission (on parlera de renforcement positif et négatif, ou en + imagé de la carotte et du bâton).

La "carotte", c’est la propagande spectaculaire et marchande du divertissement, de la consommation, et la propagande techno-scientiste (mythe du progrès, de la croissance, de l’amélioration des performances…). Elle est portée par le marketing publicitaire, les industries culturelles, la télévision, les technologies de l’information et de la communication (TIC), les jeux vidéo: tous ces moyens reposent sur le culte de l’argent roi et le star système, la promesse du bonheur et de la possession; ils agissent par hypnose, tendant un miroir narcissique dans lequel se reflète et se leurre toute la société. Ainsi se réalise une auto-excitation vers toujours +, une fuite en avant incessante, un emballement, comme un tourbillon qui nous emporte irrésistiblement…

Le "bâton", c’est la politique de la peur de l’ennemi intérieur, du bouc émissaire:

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- une police de + en + répressive (gardes à vue, délits d’outrage, manifestations piégées, affaire de Tarnac, politique migratoire, armes non létales…);

une justice de + en + intrusive et prédictive (loi LOPPSI II, loi Estrosi, fichier Hortefeux PASP, FNAEG, délinquance routière = ex. de psychologisation cognitivo-comportementale généralisée, et redoutablement efficace, de la répression…);

- un dressage éducatif de + en + sévère (casse de l’école par la RGPP provoquant une sélection de + en + élitiste, politique de prévention de la délinquance, réforme de la justice des mineurs, fichage informatique des compétences…);

- une destruction sociale accélérée (précarisation généralisée, management par l’évaluation = modèle clef décidément de la psychologisation cognitivo-comportementale universelle de la soumission néolibérale, idéologie de la lutte contre la fraude, rôle de contrôle social et technologique des travailleurs médico-sociaux eux-mêmes menacés de sanctions automatiques);

dissuasion psychiatrique visant comme on l’a vu à renforcer le moral des troupes ou du troupeau (psychiatrisation de toute défaillance étiquetée "dépression").

Tout cela a généré en quelques années seulement d’ordre néolibéral absolu incarné par la présidence sarkozienne, une société de suspicion et de surveillance généralisée (dans laquelle les TIC jouent un rôle majeur: fichiers de police, mouchardage électronique, vidéosurveillance, géolocalisation, biométrie, fichier centralisé des Cartes nationales d’identité…) et même d’auto-surveillance où la vie privée devient transparente (TIC encore avec les réseaux sociaux, plan vigipirate, voisins vigilants, matraquage permanent, à tous les coins de rue, du message "pour votre sécurité" = emblématique de l’intériorisation psychologique de toute contrainte, de toute violence socio-économique)…

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Conséquences de cette pression normative écrasante qui se dénie comme telle: la destruction de la subjectivité

C’est le conditionnement d’un conformisme, d’une normopathie de masse marquée par la duplicité. Il s’agit pour chacun d’entre nous, de faire semblant d’adhérer à des normes de + en + injustes et absurdes: l’alternative se pose dans l’ensemble du champ social entre se soumettre, se démettre, tomber malade, ou résister. Pour illustrer: Arendt (banalité du mal), psychosociologie (Asch), Foucault (nouvelle gouvernementalité biopolitique post-disciplinaire), critiques du management par l’évaluation, telle que celle de Dejours (peur de la précarisation: oeillères volontaires, cynisme viril). Mis à part déserter ou résister, on peut donc au choix:

  • Tomber malade: c’est la dépression du burn out, qui touche les + vulnérables, autrement dit les gens sincères et engagés. En témoignent également les épidémies récentes de suicides professionnels et de crimes de masse (Norvège, Toulouse, Denver = Batman en avant-première au cinéma: acte "fou"? Pas tant que ça, car riche de sens en brisant le miroir spéculaire insupportable de la violence générée par "The American Way of Life"). Ainsi que les pathologies de la consommation (addictions) et de l’accélération (hyperactivité, labilité émotionnelle, troubles bipolaires…)images?q=tbn:ANd9GcTId2_5BHLvCHdoRgWaT2-
  • Se soumettre: la perversion narcissique est aujourd’hui la personnalité culturelle, la néo-subjectivité malade du néolibéralisme (Lasch, Dejours, Dufour, Brown, Dardot et Laval…). C’est le conditionnement généralisé d’un narcissisme conformiste et consumériste de masse voué à la jouissance immédiate. Il traduit une fuite auto-excitatrice, comme une ivresse, dans la concurrence et le profit immédiat, càd un déni de la dépression, de la vulnérabilité, et sa projection dans un bouc émissaire. Cette instrumentalisation, cette chosification d’autrui est entièrement commandée par les nouveaux modes de contrôle social (politique de santé mentale opportuniste, idéologie comportementale conquérante, course à la performance, fichage informatique omniscient…). Passons sur les analyses sociologiques du sadisme inconscient: Habermas, Bourdieu, De Gauléjac, Prigent, Méheust (politique de l’oxymore = injonctions paradoxales, euphémisation de la violence); et sur les conséquences historiques redoutables de cette évolution: retour de l’eugénisme (trans-humanisme), accélération insensée du temps vers ce que Hartmut Rosa décrit comme "immobilité fulgurante".
 
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"Remèdes": pistes pour une alterpsychiatrie

Retrouver un mode de pouvoir non abusif, réellement démocratique: l’autorité est La Communauté inavouable / Maurice Blanchot dans Anarchies 01légitime quand elle est capable de se critiquer, quand elle est reconnue comme telle car non niée symboliquement (par psychiatrie, TIC, etc.). Le rétro-contrôle individuel doit être rendu possible dans le système sociopolitique (tirage au sort, référendum d’initiative populaire, justice indépendante, etc.).

Restaurer des limites épistémologiques strictes à la psychiatrie et au travail socio-éducatif, qui ne doivent plus s’occuper du contrôle techno-scientiste de toute déviance sociale. En particulier, promouvoir une alterpsychiatrie soucieuse de la subjectivité, des droits et des libertés individuels (la véritable santé se définit comme liberté, création de ses propres valeurs – cf. Campguilhem). Une véritable psychiatrie devrait se constituer comme médiation symbolique, capable de résister sans concession à la triple dérive actuelle, scientiste, marchande et sécuritaire.

Enfin respecter les limites éthiques de l’existence, ce qui demande un "travail" personnel et relationnel ("thérapie psycho-politique"): accepter sa vulnérabilité, avec humilité (auto-limitation, castration symbolique, etc.), prôner la décélération voire la décroissance, revendiquer la franchise, condition de la confiance. Concrètement, il va falloir se résoudre à sortir vraiment du mythe de l’enrichissement et de la performance pour accéder à l’austérité conviviale (Ivan Illich)[austérité matérielle volontaire]:ERES_LABOU_2012_01_L148.jpg

c’est d’abord cela, la transition.

Sur un mode comparable, une autre politique éducative est possible…

Olivier Labouret

source 1 et 2

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en référence à La fabrique de l'homme endetté, Maurizio Lazzarotto

proposé par mamadomi

réactualis° du 19 11 2014

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