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Bienvenue!

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  • : lieu d'échanges et de convivialité, en toute simplicité sur tous les sujets qui vous intéressent, des débats, de l'actualité, musique, poésie, humour, partage... bienvenue à tous les gourmands de la vie et aux adeptes de la pensée sans frontière!...ou de la non-pensée :) n'hésitez pas, proposez vos questions/sujets en cliquant sur "contact", en bas de page...ce sera publié!
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T'entends quoi?

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Oscar 2012 dans la catégorie du 
 court métrage documentaire

pour "Saving Face":la réalisatrice pakistanaise

Sharmeen Obaid-Chinoy lance sa campagne

contre les attaques à l'acide qui chaque année

défigurent + d'une centaine de femmes.

www.savingfacefilm.com

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Pour suivre les décisions et les changements
voulus par le peuple et pour le peuple

c'est ICI, dossier ALUR pour ex

texte de Loi

►oops ça coupe, suite ici 
+ de zik ici [les notes que j'aime]

HOME
...pour voir le film de Yann Arthus-Bertrand
et une critique ici
; autre film (7'30):
Des fOrêts et des hommes
horloge mondiale

un moment Ted ici, avec Jill Bolte

hymne à la beauté de la nature ici

à lire absolument:
comprendre l'histoire d'Israël
par le grand universitaire Ilan Pappe
août 06 et toujours actuel...

138 pays reconnaissent la Palestine
en tant qu'état, 179 pays maintiennent leurs relations
diplomatiques, le pays est devenu membre de l'ONU
en 2011 (actuel statut d'observateur) mais
la demande d'adhésion n'aboutit pas à cause
du véto des E.U. et des pressions d'Israël
le 31 oct 2011:
la Palestine siège enfin à l'UNESCO
le 29 nov 2012
la Palestine devient
"un ETAT observateur
'non-membre' de l'ONU"


alerte huiles frelatées, à lire d'urgence

lexique pour les achats de poisson

dossier Red Bull, chez terre et mer
(plusieurs liens) ne pas consommer

Champs électromagnetiques et santé -
les REM, rayonnements électromagnétiques

les limites de la liberté d'expression:
incitations sans équivoques...
attention Printemps de Bourges en observation

HADOPI,
ses sanctions son vote aléatoire
pédagogie, pourquoi craindre Hadopi
sitôt votée, sitôt contournée, *ICI*
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riposte graduée censurée

les bibliothèques numériques sur Internet

Les 10 multinationales les + dangereuses
ICI

tout OGM = dépendance,...
moratoires nationaux et mobilisation

fruits et légumes de saison
chez Pol  merci 

scandale écologique de la fraise espagnole
chez
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Où Qu'il Est, L'article?

Cap à citer

earth hour

 Samedi 29/03/14:
20h30/21h30
 ...merci à tous 
www.earthhour.be.
le 23/03/2013
on a aussi éteint les lumières!

http://i54.photobucket.com/albums/g108/chrisnature/MERYCHRISTMASGold3.gif?t=1165322175http://nsm02.casimages.com/img/2009/11/23/091123092629330824919416.gifhttp://i54.photobucket.com/albums/g108/chrisnature/MERYCHRISTMASGold3.gif?t=1165322175http://nsm02.casimages.com/img/2009/11/23/091123092629330824919416.gifhttp://i54.photobucket.com/albums/g108/chrisnature/MERYCHRISTMASGold3.gif?t=1165322175

Tunisie-drapeau.jpg

Pour une Tunisie et une Egypte
libres & démocratiques
calligraphie
bravo aux Lybiens, ya du travail encore...:

 courage aussi aux Yéménites, avec la révolution des femmes:

Drapeau du Yémen
...aux Syriens, qui paient cher:
aux Maliens, en proie au mal anti-éducation qui fait le lit de toutes les dominations:
et, que partout où
la liberté est bafouée,
la révolution se propage:
Algérie,Bahrein,Burkina Faso,Chine,
Djibouti,Haïti,Irak,Iran,Japon, 
Jordanie,Kenya,Koweit,Liban, 
Maroc,Mauritanie,Nigeria,Oman,
Palestine et Israël,Somalie,Soudan 
 ...France!
...Ukraine qui choisit des valeurs de démocratie dans le rapprochement à l'Europe, au détriment d'avantages économiques à rester liée à la Russie! Avec les risques extrémistes que ça comporte...
Thaïlande...

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l'origine du  mot  bug

Severn, la voix de nos enfants

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de notre ami Vladimir Vodarevski

ZEM apprenti maître zen
ici

cannabis, attention quand même...
dangers, alerte, qlqs infos
chez cardamome

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lettre ouverte d'un gendarme au président

de la république M. Hollande:


Couches Absorbées

Caplibreurs et surfeurs

Blog animé depuis bientôt 7ans

792 000 visites au 13 jan 2015
merci à tous et à toutes
...pour tous vos commentaires:
le 55 000ème, mercredi 5 nov 2014
déposé par:
bouquet rose et mauve
MERCI DE VOTRE VISITE

Je m'insurge!

Hommage à Stephane Hessel, récemment il avait subi la censure pour s'être exprimé contre les choix du gouvernement israëlien à l'encontre du peuple palestinien

 

ici, extrait de son indignation chez Taddeï

ses voeux de résistance 2011

en savoir plus à la fin de cette page en clic

******************************************************************************

L'homme que vous voyez sur la photo n'est pas un 'Black Block' ni un misérable retraité. C'est Manolis Glezos qui en 1941, sous l'occupation nazie, est monté sur l'Acropole et a retiré le symbole nazi, la croix gammée. Qui est-il?
 
Manolis Glezos Manolis Glezos
70 ans + tard des personnes en uniforme, serviteurs des banques, qui ne mériteraient même pas de lécher ses chaussures, ont l'audace de lever la main sur lui...
Ceux qui ne comprennent pas que nous voyons monter une nouvelle forme de fascisme financier devraient y réfléchir à deux fois.
 Un lien chez bernard

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Suite aux pétitions de demande de soutien qui circulent:


Je déclare ne soutenir Eric Zemmour dans son combat pour la liberté d’expression qu'avec la réserve qui s'impose en regard du commerce qu'il fait de son impertinence dans sa posture d'opposition fanatique à ce qu'il appelle la pensée unique, opposition massive qui n'est qu'un grand fourre-tout de toutes les transgressions délétères par l'incitation à décomplexer toute forme de propos, de posture et d'investigation raciste.

Le poids de la parole publique enjoint une responsabilité et une prudence éthique qui, de toute évidence, lui pèsent dans son fantasme de toute puissance infantile tellement patent.

Ainsi, je NE CONDAMNE PAS LES PLAINTES ET PROCES QUI LUI SONT FAITS, NI LES CAMPAGNES DE SENSIBILISATION CONTRE SES EXCES ET SES FRANCHISSEMENTS DE LIGNE. Les pressions et menaces dont il fait régulièrement l’objet, en revanche sont nulles et non avenues.

Vous pourrez vous informer sur la charte éthique professionnelle du journalisme sur ce lien, dont:

- Refuse et combat, comme contraire à son éthique professionnelle, toute confusion entre journalisme et communication

- Ne confond pas son rôle avec celui du policier ou du juge

- Respecte la dignité des personnes

- N’use pas de la liberté de la presse dans une intention intéressée

- Prend la responsabilité de toutes ses productions professionnelles/répond devant la justice des délits prévus par la loi

- tient l’accusation sans preuve, l’intention de nuire, la déformation des faits, le mensonge, la manipulation, (...) pour les plus graves dérives professionnelles

http://obeissancecanine.free.fr/images/exercice1.gif

 vous pouvez commenter ici >> page blanche

28 novembre 2014 5 28 /11 /novembre /2014 23:11

Barre bleu gif

Barre bleu gif

Comment ça "n'importe quoi"? Ecoutez plutôt!!

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je vous en conseille vivement les 18 premières minutes, vraiment ou au moins en résumé les 5 dernières minutes

Il n’est pas normal que la question de la dette ne soit pas débattue publiquement. Il y a des dettes illégales quand il y a eu truandage évident… Est-t-il légitime que les citoyens, belges notamment, qui n’y sont pour rien soient obligés de rembourser? On dit toujours dans les médias que si on ne rembourse pas, on court à la catastrophe: il faut regarder des exemples comme l’Islande, qui a décidé de ne pas rembourser l’entièreté des dettes privées qui avaient été nationalisées, et maintenant, ce pays va avoir le meilleur taux de croissance de la région et se fait féliciter par le FMI pour avoir fait l’inverse de ce qu’il préconisait… Mais il y a d’autres exemples très intéressants comme l’Equateur, l’Argentine, qui montrent qu’il y a des pays qui peuvent vivre mieux en refusant de se soumettre à la logique de la dette.

C’est aujourd’hui, car la catastrophe, la vraie,

c'est l’austérité à vie

et le remboursement de la dette illégitime:

ça ne marche pas!

Olivier Bonfond est un économiste et conseiller au CEPAG. Il a publié un livre intitulé Et si on arrêtait de payer? 10 Questions/Réponses sur la dette publique belge et les alternatives à l’austérité aux éditions Aden.

 

source et

• A présent voilà que les banques commencent à être condamnées à verser des indemnités, les unes après les autres... (faudra surveiller nos frais bancaires!!) pour avoir profité en faisant prendre des risques aux états comme aux particuliers avec leurs emprunts....

• A la suite de ces mauvais comportements bancaires, le surendettement moyen étant devenu si important que 50% de la population de pouvait plus y faire face, l'Islande efface plus de €24000 d'emprunts par foyers sans conditions de ressources, et c'est effectif!

à suivre...

Barre bleu gif

proposé par mamadomi

rééd°réactualisée du 18 11 13

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18 novembre 2014 2 18 /11 /novembre /2014 23:19

red_divider.gifred_divider.gifImpensable oui, prenez la peine, en une ou plusieurs lectures, d'accéder à cet éclairage choisi scrupuleusement pour vous et arrangé avec amour, vous ne regretterez pas, ça rend plus fort...

red_divider.gifred_divider.gifintellectual-freedom.gif

red_divider.gifred_divider.gifLes mécanismes psycho-sociaux de l'aliénation néolibérale

red_divider.gifred_divider.gif

Comment penser et affronter les bouleversements impensables qui nous affectent aujourd'hui?

On va chercher à comprendre comment le néolibéralisme nous aliène tous collectivement, certes, mais surtout chacun d’entre nous, individuellement. Pas seulement les couches populaires, les Français moyens, les "beaufs", les lecteurs de Gala, les spectateurs de TF1 ou les électeurs qui marinent, mais vous, moi, nous tous… Tant qu’on nie cette évidence que chacun d’entre nous est étroitement, inconsciemment aurait dit Freud, conditionné par les valeurs égoïstes de la compétition marchande, tant qu’on n’a pas compris que les bouleversements qui nous affectent ne sont pas seulement de nature économique et sociale, mais de nature psychologique et individuelle, càd s’immiscent en nous jusqu’à influencer notre pensée elle-même,

...comment peut-on prétendre faire de l’éducation populaire, concrètement, comment accomplir une quelconque transition?

en référence à Le meilleur des mondes Aldous Huxleyle meilleur des mondes

En réalité, la guerre économique est aussi une guerre psychologique. Et si l’on veut penser autrement, sortir du déni de réalité dominant, guérir du "capitalisme cognitif" qui doit faire de nous les meilleurs sur le marché de l’emploi, du savoir et de la renommée, ici sur le campus du Mirail comme ailleurs, il faut connaître parfaitement l’ennemi, même et surtout quand il est tellement sournois qu’il s’est tapi à l’intérieur de soi, dans les recoins de son psychisme, ou ce qu’on nomme aujourd’hui communément tel.

Au fond, la question est de comprendre comment la loi du marché a finalement fait pour rentrer subrepticement, mais au sens propre, à l’intérieur du cerveau, de nos cerveaux… Car ce n’est pas un vain mot, quand on sait qu’une discipline nouvelle a vu le jour et a été adoptée par les + hauts conseillers des gouvernements occidentaux: la neuro-économie. Ces économistes au pouvoir ont intégré la technique comportementale et les neurosciences à leurs travaux.

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Un rapport du Centre d’analyse stratégique de 2010, officine d’experts patentés aux ordres du Premier ministre français, mais rapport co-dirigé par un conseiller du président Obama, Richard Thaler, se targue ainsi de pouvoir littéralement "rentrer dans le cerveau du consommateur", grâce en particulier à l’imagerie cérébrale, pour orienter, influencer ses choix économiques… Cela ne fait que confirmer redoutablement l’essentiel de mon propos: l’idéologie comportementale et cognitive, qui considère que l’individu, réduit à un instrument de traitement de l’information, peut être conditionné dans ses choix par un ensemble de sanctions et de récompenses, la bonne vieille méthode de la carotte et du bâton, est devenue une idéologie d’État pour les gouvernements néolibéraux: à travers un ensemble de techniques de propagande, il leur est possible aujourd’hui non seulement de conformer le comportement de chacun aux normes du marché, mais surtout de favoriser leur intégration cognitive, pour en faire une loi naturelle, incontestable… Quiconque y déroge, dorénavant, peut être ainsi déclaré objectivement, scientifiquement, souffrant sinon malade, et relever d’un traitement psychologique, et médical.icon_evil.gif

Ioana Hârjoghe Ciubucciu1986582268.jpg

Parler de ma place de psychiatre, praticien hospitalier de service public, pour décrire ces phénomènes est une position privilégiée, car l’évolution de la psychiatrie témoigne en 1ère ligne de cette évolution de la doctrine néolibérale: la psychiatrie constitue un miroir grossissant de ce que le système de domination économique dans lequel nous vivons est en train de faire de la subjectivité de chacun d’entre nous. neoliberal.gifLa psychiatrie n’a plus en effet pour rôle de soigner des maladies mentales, strictement définies par un ensemble de symptômes, mais s’occupe désormais officiellement de programmer la santé mentale des populations, santé mentale définie négativement, par l’absence de toute déviance comportementale vis à vis de la norme socio-économique. Un autre rapport, quasi-simultané, du Centre d’analyse stratégique gouvernemental, dirigé cette fois par une professeure d’épidémiologie formée à l’école comportementaliste et scientiste canadienne, Viviane Kovess, définit en effet la santé mentale, qui est "l’affaire de tous", comme "la capacité à s’adapter à une situation à laquelle on ne peut rien changer, (ou encore) l’aptitude à jouir de la vie".icon_exclaim.gif Il s’agit là ni + ni moins de la définition de l’individu libéral héritée d’Adam Smith, voire du marquis de Sade: la recherche égoïste et concurrentielle de l’intérêt individuel fait la richesse des nations et le bonheur collectif. Viviane Kovess est l’une des promotrices d’un programme européen de santé mentale visant à conditionner celle-ci par des logiciels d’apprentissage dès l’enfance. On voit que la psychiatrie est bel et bien devenue l’instrument d’une politique européenne et mondiale de santé, ou plutôt de conformité mentale, faisant d’ailleurs l’objet en France de plans quinquennaux, soutenus par la fondation d’État FondaMental. Cette dernière a pour mission de dépister tout trouble, toute défaillance individuelle le + précocement possible, et de les corriger par la "psycho-éducation", car ils nuisent à la compétition économiqueicon_eek.gif, ainsi que l’affirmait son ancienne présidente, parlementaire UMP… La psychiatrie est donc aujourd’hui vraiment une affaire d’État: elle est images?q=tbn:ANd9GcT0etxJveAsGy6_-KIQkMIinstrumentalisée par le pouvoir néolibéral pour lui servir de caution scientiste à sa politique gestionnaire et répressive qui ne cesse de se durcir (comme le laisse à penser la continuité de la politique d’expulsion des étrangers en situation irrégulière depuis le changement présidentiel). Elle est devenue l’arme principale du contrôle socio-économique des comportements déviants, délinquants et même simplement défaillants.

Comment diable en est on arrivés là ?

Guido Argentinigiuilia-in-a-zen-position.jpgred_divider.gifred_divider.gifSurvol de l’évolution historique de la psychiatrie

La psychiatrie est née avec les lumières et a grandi avec le scientisme positiviste: dès son origine, elle a constitué un système symbolique essentiel pour la civilisation occidentale (donnant une représentation acceptable de la folie et de la finitude, par le déplacement symbolique de la souffrance, de la violence sociale vers le psychisme individuel et la science médicale). Mais ce qui se passe aujourd’hui, c’est que ce système symbolique est devenu un système de propagande au service de l’ordre néolibéral: la métaphore psychologique et médicale permet de nier la violence que celui-ci exerce, de naturaliser la norme économique dans la subjectivité, de faire rentrer la loi du marché à l’intérieur de nos neurones sinon jusque dans nos gènesLa pression normative écrasante qui s’exerce aujourd’hui sur chacun d’entre nous et dans le monde entier est ainsi niée symboliquement, par psychiatrie interposée.

Comment une telle mutation s’est-elle opérée,

en 2 siècles d’histoire?

Passons rapidement sur les 2 guerres mondiales: à leur décours, avec Freud puis Parsons, le système symbolique médico-psychologique se prend de + en + pour la réalité, l’adaptation psychologique devient la norme individuelle du progrès civilisationnel. Mais c’est surtout avec la chute du mur de Berlin que ce système de croyances acquiert la force d’une conviction absolue. Avec l’effondrement du bloc communiste vient le triomphe du néolibéralisme, et le début de la 3ème guerre mondiale: le seul ennemi devient l’individu, à embrigader dans la guerre économique. Ce tournant se traduit par la mondialisation de l’idéologie comportementale: tout trouble est désormais une maladie mentale. Apparaissent en effet en cascade les classifications mondiales des troubles du comportement, et en France la loi sur l’hospitalisation d’office des troubles à l’ordre public6a00d83451619c69e2014e894ccd56970d-800wiainsi que la circulaire instaurant la politique de santé mentale. C’est aussi le début du contrôle informatique effréné des activités humaines.

Dix ans + tard, surviennent les attentats du World Trade Center, simple incident de parcours dans cette fuite en avant hégémonique du système néolibéral: le terroriste se cache parmi nous, l’ennemi est intérieur. On assiste alors à une avalanche de lois sécuritaires (+ de 30 en 10ans). Encore presque 10ans + tard, 2008, voici la crise ultime des SubPrimes. La bulle n’est pas seulement spéculative mais psychologique, la dépression est tout autant nerveuse qu’économique: c’est la baudruche consumériste qui éclate, l’illusion de la possession matérielle pour tous qui s’effondre. Pour sauver le capitalisme, au moins temporairement, il n’y aura pas d’autre solution que de "changer les comportements et 79418189_o.jpgles mentalités", projet que le président Sarkozy annoncera à plusieurs reprises. Son discours de Toulon (25.09.2008 pas 2011) sera très rapidement suivi du discours d’Antony (2008 en déc) instrumentalisant un fait divers, le meurtre commis par un schizophrène malencontreusement échappé d’un hôpital psychiatrique, pour annoncer le grand tournant sécuritaire de la psychiatrie: celle-ci devra dorénavant garantir le risque zéro. Vous voyez qu’il existe un rapport dialectique étroit entre science psychiatrique et crise économique…dsm-blaspheme-c10d6.jpg

Tout malade est un criminel en puissance, et tout individu est un malade qui s’ignore, pour peu qu’il trouve à redire à l’ordre en place: moins de 3ans + tard, cette dérive sécuritaire se concrétise en la loi du 5 juillet 2011 instaurant les "soins sans consentement". On peut, on doit désormais surveiller et traiter de force tout trouble du comportement, par des "programmes de soins" à domicile. Voici comment la psychiatrie est devenue sans coup férir une arme de dissuasion massive de tout remise en cause individuelle dérangeante du système de domination néolibéral, permettant un déni symbolique de toute contrainte, de toute violence socio-économique.

Diego Riverame00001049623.jpgred_divider.gifred_divider.gif

État des lieux actuel de la psychiatrie: une triple dérive qui s’accélère

Dérive scientiste: c’est donc le triomphe de l’idéologie comportementale, qui diffuse la bonne santé mentale dans l’ensemble de la société, du sommet de l’État à la dernière des classes maternelles en passant par le monde de l’entreprise, à travers les procédures d’évaluation et échelles de comportement. Cette idéologie au pouvoir est renforcée par un véritable délire scientiste: la norme comportementale a une origine biologique, tout trouble doit avoir forcément une cause médicale, organique. C’est le sens des recherches faramineuses en neurosciences et arton3083.jpg?1369301968sur la vulnérabilité génétique: tous les troubles, toutes les déviances sont concernés (hyperactivité, troubles des conduites, addictions, conduites suicidaires, troubles bipolaires et labiles…). Des intérêts colossaux sont en jeu, à la fois scientistes (congrès et publications de la psychiatrie universitaire, instituts de recherche privés comme FondaMental et publics avec l’Inserm), politiques (prises de positions gouvernementales, rapports du Centre d’analyse stratégique) et industriels (poids du lobbying pharmaceutique). On a parlé des recherches en neuro-économie, il faut citer également la classification internationale DSM-5 (parution mai 2013), et qui décrit des troubles prédictifs: désormais, il faut dépister le trouble le + précocement possible voire avant même qu’il arrive pour le tuer dans l’oeuf!

Dérive marchande: comme dans tous les services publics, ou ce qu’il en reste, c’est le triomphe de l’idéologie managériale cognitivo-comportementaliste de la rentabilité, de l’évaluation, de la qualité, réalisant une course incessante à la performance (sélection des meilleurs soignants au mérite, et culpabilisation, mise à l’écart des incapables), assurances-476X287.jpgparallèlement à une pénurie croissante des moyens et à un contrôle administratif renforcé, et aboutissant à une perte de toute indépendance et de toute éthique professionnelle.

Dérive sécuritaire: enfin, cachant une violence institutionnelle qui s’accroît: 5 lois et 2 circulaires en 5ans, psychiatrisant toujours + la déviance et la délinquance, et accompagnant des pratiques "soignantes" de + en + coercitives. La mission de la psychiatrie devient l’expertise prédictive omnipotente de la dangerosité, parallèlement à la mise en place d’un fichage généralisé des populations à problèmes, qui coûtent trop cher, pour les trier voire les éliminer en douceur. Surtout, la loi du 5 juillet 2011 instaure une société de contrôle d’un genre nouveau, à travers les soins sans consentement à domicile, autrement dit le déni psychiatrique de toute contrainte extérieure pesant sur l’individu. On assiste là à l’abolition de tout libre-arbitre, de la possibilité de penser différemment, et finalement de la vie privée, par une loi qui dicte à toute la population le bon comportement individuel. Dorénavant, chacun devra se conformer de lui-même à des normes posées comme une réalité absolue, même si il n’y consent pas. C’est l’avènement d’un État policier où la psychiatrie exerce la police des comportements, le ministère de l’intérieur psychique, conditionnant une normopathie de masse, au sens de Hannah Arendt.

L’implosion psychologique remplace

toute possibilité d’explosion sociale,

chacun est tenu d’être surveillé et traité médicalement chez soi et en soi pour être heureux… C’est l’avènement de l’hygiénisme du bonheur obligatoire, du repli programmé dans le confort de son cocon personnel, mais aseptisé, vidé de toute distance critique, de toute altérité.

Graziano Panfiligrazianopanfili09-580x387.jpgred_divider.gifred_divider.gif

La psychiatrie resituée dans l’évolution socio-économique: la propagande néolibérale

C’est la stratégie du choc psycho-économique dont parle Naomi Klein, jacket_us.pngautrement dit l’application systématique par le pouvoir des méthodes cognitivo-comportementales de soumission (on parlera de renforcement positif et négatif, ou en + imagé de la carotte et du bâton).

La "carotte", c’est la propagande spectaculaire et marchande du divertissement, de la consommation, et la propagande techno-scientiste (mythe du progrès, de la croissance, de l’amélioration des performances…). Elle est portée par le marketing publicitaire, les industries culturelles, la télévision, les technologies de l’information et de la communication (TIC), les jeux vidéo: tous ces moyens reposent sur le culte de l’argent roi et le star système, la promesse du bonheur et de la possession; ils agissent par hypnose, tendant un miroir narcissique dans lequel se reflète et se leurre toute la société. Ainsi se réalise une auto-excitation vers toujours +, une fuite en avant incessante, un emballement, comme un tourbillon qui nous emporte irrésistiblement…

Le "bâton", c’est la politique de la peur de l’ennemi intérieur, du bouc émissaire:barcelona-police-brutality.jpg?w=600&h=3

- une police de + en + répressive (gardes à vue, délits d’outrage, manifestations piégées, affaire de Tarnac, politique migratoire, armes non létales…);

une justice de + en + intrusive et prédictive (loi LOPPSI II, loi Estrosi, fichier Hortefeux PASP, FNAEG, délinquance routière = ex. de psychologisation cognitivo-comportementale généralisée, et redoutablement efficace, de la répression…);

- un dressage éducatif de + en + sévère (casse de l’école par la RGPP provoquant une sélection de + en + élitiste, politique de prévention de la délinquance, réforme de la justice des mineurs, fichage informatique des compétences…);

- une destruction sociale accélérée (précarisation généralisée, management par l’évaluation = modèle clef décidément de la psychologisation cognitivo-comportementale universelle de la soumission néolibérale, idéologie de la lutte contre la fraude, rôle de contrôle social et technologique des travailleurs médico-sociaux eux-mêmes menacés de sanctions automatiques);

dissuasion psychiatrique visant comme on l’a vu à renforcer le moral des troupes ou du troupeau (psychiatrisation de toute défaillance étiquetée "dépression").

Tout cela a généré en quelques années seulement d’ordre néolibéral absolu incarné par la présidence sarkozienne, une société de suspicion et de surveillance généralisée (dans laquelle les TIC jouent un rôle majeur: fichiers de police, mouchardage électronique, vidéosurveillance, géolocalisation, biométrie, fichier centralisé des Cartes nationales d’identité…) et même d’auto-surveillance où la vie privée devient transparente (TIC encore avec les réseaux sociaux, plan vigipirate, voisins vigilants, matraquage permanent, à tous les coins de rue, du message "pour votre sécurité" = emblématique de l’intériorisation psychologique de toute contrainte, de toute violence socio-économique)…

espionage.jpg?w=590red_divider.gifred_divider.gif

Conséquences de cette pression normative écrasante qui se dénie comme telle: la destruction de la subjectivité

C’est le conditionnement d’un conformisme, d’une normopathie de masse marquée par la duplicité. Il s’agit pour chacun d’entre nous, de faire semblant 316px-Thatcher_ThereIsNoAlternative.jpgd’adhérer à des normes de + en + injustes et absurdes: l’alternative se pose dans l’ensemble du champ social entre se soumettre, se démettre, tomber malade, ou résister. Pour illustrer: Arendt (banalité du mal), psychosociologie (Asch), Foucault (nouvelle gouvernementalité biopolitique post-disciplinaire), critiques du management par l’évaluation, telle que celle de Dejours (peur de la précarisation: oeillères volontaires, cynisme viril). Mis à part déserter ou résister, on peut donc au choix:

  • Tomber malade: c’est la dépression du burn out, qui touche les + vulnérables, autrement dit les gens sincères et engagés. En témoignent également les épidémies récentes de suicides professionnels et de crimes de masse (Norvège, Toulouse, Denver = Batman en avant-première au cinéma: acte "fou"? Pas tant que ça, car riche de sens en brisant le miroir spéculaire insupportable de la violence générée par "The American Way of Life"). Ainsi que les pathologies de la consommation (addictions) et de l’accélération (hyperactivité, labilité émotionnelle, troubles bipolaires…)images?q=tbn:ANd9GcTId2_5BHLvCHdoRgWaT2-
  • Se soumettre: la perversion narcissique est aujourd’hui la personnalité culturelle, la néo-subjectivité malade du néolibéralisme (Lasch, Dejours, Dufour, Brown, Dardot et Laval…). C’est le conditionnement généralisé d’un narcissisme conformiste et consumériste de masse voué à la jouissance immédiate. Il traduit une fuite auto-excitatrice, comme une ivresse, dans la concurrence et le profit immédiat, càd un déni de la dépression, de la vulnérabilité, et sa projection dans un bouc émissaire. Cette instrumentalisation, cette chosification d’autrui est entièrement commandée par les nouveaux modes de contrôle social (politique de santé mentale opportuniste, idéologie comportementale conquérante, course à la performance, fichage informatique omniscient…). Passons sur les analyses sociologiques du sadisme inconscient: Habermas, Bourdieu, De Gauléjac, Prigent, Méheust (politique de l’oxymore = injonctions paradoxales, euphémisation de la violence); et sur les conséquences historiques redoutables de cette évolution: retour de l’eugénisme (trans-humanisme), accélération insensée du temps vers ce que Hartmut Rosa décrit comme "immobilité fulgurante".

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"Remèdes": pistes pour une alterpsychiatrie

Retrouver un mode de pouvoir non abusif, réellement démocratique: l’autorité est La Communauté inavouable / Maurice Blanchot dans Anarchies 01légitime quand elle est capable de se critiquer, quand elle est reconnue comme telle car non niée symboliquement (par psychiatrie, TIC, etc.). Le rétro-contrôle individuel doit être rendu possible dans le système sociopolitique (tirage au sort, référendum d’initiative populaire, justice indépendante, etc.).

Restaurer des limites épistémologiques strictes à la psychiatrie et au travail socio-éducatif, qui ne doivent plus s’occuper du contrôle techno-scientiste de toute déviance sociale. En particulier, promouvoir une alterpsychiatrie soucieuse de la subjectivité, des droits et des libertés individuels (la véritable santé se définit comme liberté, création de ses propres valeurs – cf. Campguilhem). Une véritable psychiatrie devrait se constituer comme médiation symbolique, capable de résister sans concession à la triple dérive actuelle, scientiste, marchande et sécuritaire.

Enfin respecter les limites éthiques de l’existence, ce qui demande un "travail" personnel et relationnel ("thérapie psycho-politique"): accepter sa vulnérabilité, avec humilité (auto-limitation, castration symbolique, etc.), prôner la décélération voire la décroissance, revendiquer la franchise, condition de la confiance. Concrètement, il va falloir se résoudre à sortir vraiment du mythe de l’enrichissement et de la performance pour accéder à l’austérité conviviale (Ivan Illich)[austérité matérielle volontaire]:ERES_LABOU_2012_01_L148.jpg

c’est d’abord cela, la transition.

Sur un mode comparable, une autre politique éducative est possible…

Olivier Labouret

source 1 et 2

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en référence à La fabrique de l'homme endetté, Maurizio Lazzarotto

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proposé par mamadomi

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15 novembre 2014 6 15 /11 /novembre /2014 23:00

green-sky-brooklyn.jpgtravailler-tue.jpg?w=665

 

Instaurer une alternative à un capitalisme moribond, c’est comme vouloir sauver une épave qui dérive dangereusement: il faut s’assurer de l’existence et de la fiabilité des conditions nécessaires. Comment connaître aujourd’hui le niveau d’engagement altruiste dont est capable l’être humain?

Quelle est sa propension à participer activement à l’œuvre sociale?

Quel comportement coopératif peut-il offrir qui puisse aider

à la mise en place et au développement d’une alternative au capitalisme 

telle l’économie distributive?

Les choix individualistes sont aujourd’hui encouragés et gratifiés par le libéralisme, par ceux qui trouvent intérêt à maintenir les différences de classes qui sont garantes de leur domination.

Un tel conditionnement ne forme t-il qu’une couche superficielle

dont il est aisé de se débarrasser?

Ou bien constitue t-il désormais la nature de l’homme moderne?icon_rolleyes.gif

Le capitalisme, et sa dérive extrême qu’est le néo-libéralisme, ont tellement harcelé les cerveaux de propagandes pour justifier leur authenticité et leur crédit, qu’il semble judicieux de faire le point.

Essayons de “débroussailler” le chemin qui mène à la prise de confiance envers cette nouvelle voie.

la-confiance-en-soi-.jpg

Cupidité, égoïsme et besoin de domination ont été présentés comme utiles à notre espèce, comme facultés d’adaptation créatrices de l’équilibre des échanges et de la circulation des richesses. Qu’en est-il vraiment de ces soi-disant vices innés de l’être humain? Ne s’agit-il pas d’un subtil et ingénieux stratagème qui, soumis à l’épreuve du temps, s’est révélé totalement caduc? C’est ce que soutient par ex Karl Polanyi[1]: 8183562_p.jpg

"un marché s’ajustant lui-même était purement utopique. Une telle institution ne pouvait exister de façon suivie sans anéantir la substance humaine et naturelle de la société, sans détruire l’homme et sans transformer son milieu en désert".

Si le résultat s’avère désastreux et détermine l’abandon d’un tel système économique,

...l’argumentation qui tend à le justifier

n’en demeure pas moins intacte dans les esprits.icon_rolleyes.gif

Dans la conversation courante, on voit combien la nature humaine a toujours mauvaise réputation: les pires accusations sont sans cesse proférées à son encontre[2]. L’idée judéo-chrétienne selon laquelle  chacun de nous hérite du _0000010.jpgpéché originel a la peau dure. Elle affaiblit, elle étouffe toute révolte contre ce système inhumain: quel esprit sacrilège oserait remettre en question une punition divine…?

Que se passerait-il si après un printemps arabe survenait celui du monde occidental?

Selon les philosophes et économistes libéraux des 18è et 19è siècles, qui servent encore de référence, c’est l’individualisme qui prévaudrait et une nouvelle société de classes verrait le jour, dominée par les + aptes à s’adapter. Il suffirait donc de laisser faire, de laisser passer, pour qu’un nouvel “équilibre” s’instaure, proche de l’actuel.

Mais des anthropologues et des penseurs contemporains s’interrogent à propos du communisme primitif que les groupes humains ont connu pendant des dizaines de milliers d’années.

Et ils y voient l’avènement possible d’un monde convivial.

Si dans les temps reculés, l’humain possédait la capacité à donner avant de recevoir, en est-il encore capable aujourd’hui? — Oui, parce que la supériorité de la coopération sur la compétition réside dans l’existence d’un élément économique essentiel qu’on peut appeler “abondance”. Au sein d’un régime de rareté, la compétition s’avère probable et nécessiter une autorité suprême. Quand l’abondance est possible, le capitalisme mène au productivisme, donc au pillage des ressources, il est incapable de réaliser un partage équitable de l’abondance. C’est la coopération, basée sur la réciprocité, qui permet alors une juste répartition d’une production raisonnée.

L’abondance est la garantie, c’est la condition économique nécessaire à la mise en œuvre et à la fiabilité d’une telle nouvelle organisation sociale. C’est cette condition qui a manqué, par ex, à l’instauration d’un véritable socialisme soviétique.

La réponse à la question

"l’humain est-il naturellement individualiste ou bien altruiste?"

dépend donc des conditions politiques et économiques dans lesquelles sa faculté d’adaptation est appelée à s’exercer. L’homme est façonné par son milieu. La coopération, la solidarité, la convivialité dépendent de la culture. Des conditions politiques et économiques sont nécessaires pour que l’individu se sente suffisamment en confiance, suffisamment autonome et reconnu par le groupe dans lequel il vit. De la cohésion de celui-ci, donc de l’investissement de chacun, dépendent sa liberté et sa sécurité.

Dans les sociétés évoluées, la division des tâches est indispensable pour produire biens et services. Personne, malgré l’encouragement à l’individualisme, ne peut vivre seul; personne ne peut subvenir à ses besoins essentiels sans l’apport des autres.petit_medicament.jpg

Alors comment concilier ceci avec la séparation entre revenu et travail, comme l’implique l’économie distributive?

Libéré de l’obligation de vendre son temps de vie contre l’accès à la consommation, qui voudra participer, qui offrira volontairement son temps à la communauté pour produire biens et services?

— Quand l’abondance est possible, la séparation entre sécurité matérielle et exercice d’une activité professionnelle le devient aussi.

Avec l’abolition du salariat, l’activité n’est plus motivée par le besoin d’assurer sa sécurité matérielle, mais elle l’est par le besoin, pour chacun, d’y trouver son développement personnel, un enrichissement intellectuel, une gratification, etc…

Or toutes ces motivations sont indispensables à son équilibre psychique, et c’est par cette recherche d’épanouissement personnel dans une activité choisie que l’abondance se trouve garantie.

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La société, càd le groupe humain dans lequel vit tout individu, lui offre d’abord éducation, formation et santé. Puis les moyens de vivre libre, et d’acquérir, par son activité personnelle, le savoir faire, la reconnaissance, le prestige, voire la renommée. Bref, de parvenir à la réalisation de sa personne, de son autonomie intellectuelle, de grandir dans son humanité et de réaliser l’être social qu’il est par naissance. En d’autres termes d’être reconnu, d’exister dans son individualité propre.

Réciproquement, par son activité, l’individu offre une partie de son temps et de ses compétences à la société, ce qui permet à celle-ci de vivre pour apporter cette même abondance à ses membres, et de progresser pour les générations futures.

Dans cet échange, dans ces dons réciproques, non quantifiables, non “marchands”, l’individu découvre l’estime de soi, indispensable pour découvrir l’estime des autres. Car la singularité de chacun ne s’exprime ni ne se reconnaît en vivant “chacun pour soi”, mais par l’expérience de la vie parmi ses semblables.

Cette réciprocité mettant en jeu la psychologie des rapports sociaux et des sentiments humains, génère ainsi de la force de cohésion et du ciment social.

Albert_W._Tucker.gifSavoir donner, recevoir et rendre,

voilà un art qui donne toute sa valeur aux relations humaines,

même si la base reste l’intérêt.

Afin d’appréhender la propension de l’être humain à coopérer, R.Axelrod et W.Hamilton[3] ont eu recours au "dilemme du prisonnier", présenté à Princeton en 1950 par < A.W. Tucker:

Le dilemme du prisonnier

 

Avec un complice, vous avez fait un cambriolage et vous êtes tous 2 interrogés par la police.

Faute de preuve, le procureur ne peut vous condamner que s’il obtient des aveux.

On vous isole de façon à ce que vous ne puissiez pas communiquer.

Et le marché suivant vous est proposé :

• Si seul l’un de vous 2 avoue et dénonce son complice, il sera libéré, l’autre condamné à 5ans;

• Si vous avouez tous les 2, vous serez tous les 2 condamnés à 3ans;

• Si aucun n’avoue, vous serez tous les 2 condamnés à 1 an.

Dans l’ignorance de ce que décide votre complice, votre intérêt, rationnellement, est de le trahir en avouant. Et comme vous êtes tous les 2 rationnels, le procureur obtient ainsi les aveux, il a gagné. 

Chacun des 2 acteurs a donc à choisir entre sa rationalité individuelle, qui lui dicte de dénoncer son complice, et la rationalité collective qui lui dicte de se taire.

Ce dilemme présente la situation la + fréquente dans les interactions sociales: le conflit entre l’intérêt individuel et l’intérêt collectif. Il a fait l’objet d’un grand nombre d’investigations scientifiques. Il est utilisé dans la théorie économique, en politique, en sociologie, en anthropologie. Par ex, 2 entreprises leaders sur un marché ont souvent tendance à se livrer une concurrence sans merci (en termes de prix, de publicité, etc.) alors qu’une entente permettrait de limiter les coûts pour chacune d’entre elles.

L’intérêt immédiat pousse chacun à trahir, càd adopter un comportement individualiste.

Mais, que se passe t-il si cette situation se répète plusieurs fois entre 2 protagonistes, ce qui se produit souvent dans la vie courante?

— Les travaux de Robert Axelrod, dans les années 1980, ont montré la supériorité, sur toutes les autres stratégies, de la stratégie dite de coopération conditionnelle particulière[4]. Souvent qualifiée de stratégie “donnant-donnant” (ou tit-for-tat), elle consiste à jouer la coopération lorsque l’autre joueur a lui-même coopéré, mais à ne plus coopérer dès que l’autre cesse de le faire.

• Si les adversaires ont peu de chances de se retrouver face-à-face, la trahison systématique est la meilleure stratégie. ^_^

• Si les adversaires vont jouer ensemble encore et encore, trahir systématiquement n’est pas du tout efficace, pas + que collaborer systématiquement.

La meilleure stratégie consiste à opérer de la façon suivante: si, au cours d’une partie, un joueur trahit, son adversaire trahira lors de la partie suivante. Et ainsi de suite. De sorte que si un joueur coopère, son adversaire coopère lors de la partie suivante. Si 2 joueurs appliquant cette stratégie se rencontrent, ils vont longtemps collaborer.

On vit en société, on ne disparaît donc pas après ses mauvais coups. Il faut rejouer, et rejouer encore. Axelrod.jpgLa situation est alors toute autre, et Axelrod > écrit:

"La coopération basée sur la réciprocité [tit for tat] peut démarrer dans un monde majoritairement non coopératif, elle peut se développer dans un environnement complexe et elle peut se défendre elle-même une fois qu’elle s’est répandue."

Il démontre qu’une fois installée, la stratégie "tit for tat" ne peut pas être battue: être méchant peut d’abord sembler prometteur, mais,

sur la durée, cette stratégie

détruit l’environnement qui lui permet de réussir.

Nash en déduit que le dilemme fournit un contre-exemple incontournable au mythe de la “main invisible” du marché.

Le dilemme du prisonnier est souvent donné comme ex pour montrer que la libre concurrence ne conduit pas forcément au résultat optimal.

Elle ne maximise même pas la somme des gains de tous les joueurs!

Dans les villages isolés, la grande proximité des individus favorise la coopération. Dans les sociétés + vastes, l’étranger pourrait survenir, trahir (càd profiter) et partir, mais les moyens actuels de communications rendent les étrangers moins étrangers.icon_smile.gif

À l’avenir, ils favoriseront la coopération à une échelle que l’humanité n’a jamais connue.

Cette étude montre combien, plongé dans un milieu où les relations sont suivies, l’être humain est porté à coopérer. Même en supposant que l’individu soit mu par son intérêt personnel, il n’empêche que s’il cherche à optimiser son projet, la coopération s’avère la stratégie la + favorable.

"Ainsi, la société humaine devrait, par les seules forces de la rationalité individuelle de ses membres, tendre vers la coopération! On pourra finalement faire remarquer que les recherches récentes en neurosciences tendent à confirmer l’idée que l’homme a été programmé génétiquement, au cours de l’évolution de l’espèce, pour coopérer avec ses congénères[5]".

Donc si le salariat était aboli, chacun aurait intérêt à entretenir de bonnes relations, à s’assurer une bonne réputation pour que les autres coopèrent avec lui. En économie distributive, la promotion de la coopération spontanée est donc primordiale, elle permet à l’individu d’avoir un environnement relationnel favorable qui lui apporte

accueil, savoir, sécurité, liberté, reconnaissance, estime et,

pourquoi pas, renommée.peter_singer_140x140.jpg

Selon < Peter Singer et Henri Laborit >, toute société augmente ses chances d’atteindre sesm_222248740_0.jpg objectifs sociaux et économiques quand elle intégre une vision scientifique de la nature humaine. Pour cela, il faut considérer que la “coopération“ est, elle aussi, un fait naturel, que la théorie darwinienne de l’évolution ne contredit pas. Contrairement aux darwinistes sociaux qui n’admettaient que la concurrence comme processus naturel.icon_rolleyes.gif

C’est surtout v Patrick Tort[6], qui soutient l’idée que

"par le biais des instincts sociaux et de l’accroissement des capacités rationnelles,

PatrickTort.jpgla sélection naturelle sélectionne

la civilisation qui s’oppose à la sélection naturelle".icon_lol.gif

Dans une chronique publiée en 2008, Michel Onfray se réfère à La descendance de l’homme et la sélection naturelle, un livre de Darwin dans lequel, au contraire de L’origine des espèces, il est question de l’homme en tant qu’être moral, naturellement et génétiquement. En effet, seul parmi les mammifères, il dispose d’un sens moral inné par lequel il juge ses actes, puis les condamne ou les approuve en fonction de leur utilité pour la vie et la survie de l’espèce.

"La coopération humaine doit pourtant pouvoir s’expliquer dans le cadre de la théorie de l’évolution puisque cette aptitude fait partie de notre héritage phylogénétique. En effet, cette coopération a des bases neuronales (King-Casas et al. 2008) et hormonales (Bos et al. 2010)"

et

"Il y a donc incontestablement chez Homo sapiens… une aptitude exceptionnelle à la coopération, bien au-delà de la parenté et du groupe d’appartenance… S’il devait y avoir un seul principe dominant représentant la nature humaine dans cette argumentation, ce devrait être le + certainement la coopération[7]".

Pour cette raison, il existe donc chez l’homme des tendances instinctives à la sympathie et à l’entraide qui visent le perfectionnement de l’espèce. Michel Onfray > conclut:Onfray58.jpg

"enseignons donc le Darwin qui célèbre l’humanité du mammifère susceptible de solidarité, naturellement doué pour l’entraide, capable d’éducation mutuelle, porteur d’un sens inné de la république (au sens étymologique: de la chose publique)[8]".

La religion chrétienne a instauré l’individualisme par la notion du péché, de la responsabilité individuelle. L’Église, seule intermédiaire déclarée entre l’individu et Dieu, a remplacé la communauté dans la recherche de la reconnaissance. Peu à peu, c’est l’État qui a hérité du pouvoir de reconnaissance et de punition, pouvoir qu’il partage aujourd’hui avec l’entreprise privée. Ainsi

chacun recherche la reconnaissance du pouvoir ou du système.

C’est une manière de perdre un lien avec les autres,

alors qu’en réalité nous leur devons tout…icon_rolleyes.gif

Ne pas chercher la reconnaissance des autres, c’est détruire les rapports sociaux. L’ex "du dilemme du prisonnier" montre qu’à l’aide de la stratégie “CRP“ (=coopération - réciprocité - pardon) un équilibre optimal est trouvé entre les intérêts individuels et les intérêts collectifs. Un système qui privilégie les échanges par le don/contre-don (et sur lequel les humains ont pendant très longtemps fonctionné) est à même de transformer le travail en service rendu au groupe social. Chacun donne de son temps et de sa personne pour une activité choisie, et, en contre-partie, la société lui assure tout un processus lié à la gratification et à la reconnaissance. L’activité professionnelle est ainsi incluse dans un système de réciprocité, basé sur la personne, et déconnecté de toute recherche de sécurité matérielle puisqu’en économie distributive celle-ci est assurée par le revenu garanti.

Vouloir toutes les chances de réussite à une nouvelle société, s’assurer de la coopération de tous, c’est donc avant tout donner ce pouvoir d’estime, de 989722-qu-est-ce-qu-une-monnaie-virtuellreconnaissance, de renommée, ni à l’État[9], ni à l’entreprise privée, mais à l’environnement relationnel de chacun, au groupe social auquel l’individu aura choisi d’appartenir pour mener à bien un projet.

Dans un excellent article sur la coopération[10], < Michel Cornu présente son expérience sur le sujet. Il y énumère les risques de déviations, fait les recommandations et présente les règles de réussite.

En voici quelques extraits :

img19"Chacun sera poussé non par contrainte ou par altruisme, mais parce que, par ex, l’environnement fait que son intérêt propre rejoint l’intérêt du groupe."

Il s’agit ici de l’application aux relations sociales du dilemme du prisonnier réitéré à l’infini, par lequel même le + individualiste mesure son intérêt à coopérer afin de se trouver parmi les gagnants.

"La réconciliation de l’intérêt individuel et collectif est favorisée par:

Un environnement d’abondance qui permet une économie du don et provoque des mécanismes de contrepartie collectifs.

• La mise en place d’une communauté qui multiplie les interactions entre ses membres et qui s’instaure pour durer.

• Une nouvelle façon d’évaluer les résultats a posteriori qui implique l’ensemble de la communauté.

Lorsque monnayer un bien n’a plus de sens car il est abondant et facile à trouver, et lorsqu’on a satisfait ses besoins minimaux de survie, la seule chose qu’on puisse encore rechercher est l’estime de la communauté. Le fait que la contrepartie du don passe par l’ensemble des autres personnes aide à faire converger les intérêts individuels et collectifs.

L’un des éléments clés qui favorise le basculement d’une économie d’échange vers une économie du don est le passage de la pénurie à l’abondance. L’abondance signifie que les acteurs ont résolu leurs besoins de sécurité et qu’ils recherchent autre chose, par exemple la reconnaissance."

"Le sentiment d’appartenance et l’existence de particularités spécifiques au groupe sont indispensables pour qu’une communauté existe. Mais elle ne peut s’enrichir qu’en restant ouverte sur l’extérieur.

Il existe 2 critères qui favorisent l’ouverture du groupe vers l’extérieur :

• Chaque participant doit pouvoir en sortir à tout moment.

• L’appartenance à d’autres groupes doit être autorisée et même encouragée pour enrichir le groupe au travers de ces liaisons informelles.

Il existe des règles du don qui, si elles ne sont pas respectées, conduisent à des déviations :

• 1. L’abondance doit être préservée et bien répartie pour éviter le retour à une économie de la consommation.

• 2. L’évaluation doit être globale et décentralisée pour ne pas qu’un don particulier serve à écraser l’autre.

• 3. Donner à chacun une vision à long terme pour permettre le développement de comportements du type CRP (coopération - réciprocité - pardon)

• 4. Développer un historique pour préserver l’héritage commun pour éviter les "retours à zéro"

• 5. Permettre à tous de sortir à tout moment et encourager l’appartenance à d’autres groupes pour éviter la sectarisation d’un groupe fermé.

L’abandon total du pouvoir coercitif donné par le titre hiérarchique ou le contrat d’engagement est remplacé par l’incitation à coopérer par les résultats et l’estime obtenus.

Notre image du fainéant est celle d’une personne qui ne fait rien. Notre image d’une personne efficace est celle de quelqu’un qui fait de nombreuses choses. Le langage commun est assez pauvre pour décrire quelqu’un qui fait le minimum de choses ayant le maximum d’impact et sait conserver du temps pour de nouvelles opportunités. …il vaut mieux autant que possible que chacun puisse choisir son rôle, cherchant alors à s’investir dans les fonctions non ou mal remplies pour "trouver sa place", plutôt que d’affecter des rôles à l’avance".

Le milieu éducatif, l’environnement social, la sollicitation des pairs, l’encouragement et l’apprentissage du succès, la relation de confiance réciproque, participent à la réussite du projet.

Si la société démocratique se pose comme une représentation de la volonté du peuple, la participation et le rôle de chacun ne peuvent correspondre qu’à un choix individuel libre.

Une coopération entre société et individu permettra d’accompagner chacun à trouver son rôle gratifiant. Le temps consacré au travail choisi, considéré désormais comme un moyen d’épanouissement et de réalisation de son être, relève de la liberté de chacun, puisque ce travail est devenu une activité gratifiante.83795.jpg

En retour, c’est à la société de protéger ce libre choix et d’assurer cette gratification.

Ainsi chacun se trouve récompensé, rémunéré par l’exercice de sa liberté, par le bénéfice d’une formation appropriée et par l’exercice d’une profession gratifiante, favorable à sa réalisation personnelle.

L’engagement à exercer une profession tient à la fois de la réalisation personnelle, d’une marque de reconnaissance envers l’environnement social et éducatif auquel chacun doit tout, et de la qualité de l’accueil accordé à chacun par ce groupe social.

D’un côté, l’individu autonome a conscience de son intérêt et de ses besoins envers la société pour maintenir et même améliorer son Être, alors que la société connaît son intérêt et ses besoins envers l’individu pour maintenir sa situation et même l’améliorer.

La réciprocité s’exerce en toute égalité et sans contrainte.

Cet échange fructueux permet aux individus d’acquérir la liberté et l’autonomie, et au groupe d’y gagner cohésion et équilibre en se protégeant de tout pouvoir coercitif.

Selon F. Lordon:

"Être autant que possible utile aux autres pour l’unique et bonne raison d’être le + utile à soi, telle est la perspective éthique de la philosophie spinoziste".

"La décision de passage à l’acte pour coopérer à un projet se fait de façon brutale, tel un basculement. Elle se réalise lorsque la somme de toutes les incitations dépasse un certain seuil (le neurone dans le cerveau humain fonctionne d’ailleurs de cette façon). La transformation d’un membre passif en contributeur actif dépend donc à la fois des différentes incitations et de la hauteur du seuil, de la motivation par la reconnaissance, le plaisir et l’acquisition de savoir-faire."

Genndy-Tartakovsky-dirige-Braccio-di-fer

Les personnes passent à l’acte grâce à l’estimation des gains qu’elles peuvent attendre du don de leur temps et de leur personne. Ils sont de 3 ordres:

1• Le savoir-faire: toute participation à un projet doit permettre d’acquérir des savoir-faire dans les domaines opérationnels où nous nous impliquons.

2• Le plaisir: dans les projets coopératifs, le plaisir n’est plus apporté indirectement grâce aux gains en argent, mais directement par le projet lui-même, par l’exercice d’une passion, d’une vocation. Il agit comme un moteur pour susciter l’implication qui est une des clés de la réussite de tout projet.

3• La reconnaissance: elle apporte par ricochet plusieurs avantages:

- Un moyen très efficace pour attirer la coopération des autres dans les projets proposés.

- La satisfaction du besoin de reconnaissance que nous avons tous.

- L’acquisition possible de l’estime et de la renommée qui vont permettre de susciter des engagements et des vocations à l’origine d’élargissement et d’évolution des projets.

Les 6 règles de la contrepartie au sein d’une communauté fonctionnelle s’énoncent ainsi:

1. L’estime, qui est une des principales contreparties, doit être apportée de façon globale par l’ensemble de la communauté et non par la décision d’une personne;

2. La contrepartie doit être obtenue a posteriori (par ex l’estime acquise par les résultats obtenus) et non a priori (telle que la nomination à un titre);

3. L’amélioration ou la diminution de l’estime doit être un processus continu. Chacun récolte l’estime qu’il mérite. Faire circuler l’information sur les réalisations de chacun, conserver un historique des réalisations, sont des moyens efficaces de faciliter l’autorégulation par l’estime;

4. L’évaluation ne doit pas se faire uniquement en fonction de critères objectifs mesurables, elle doit prendre en compte les ressentis subjectifs de chacun;

5. Le rôle du manager n’est pas de reconnaître seul le travail de chacun mais de favoriser les mécanismes de contrepartie collectifs (estime, plaisir, acquisition de savoir-faire);

6. Il faut être attentif à ce que la contrepartie ne soit pas demandée, mais reçue"[10].

L’absence de crainte à propos de l’engagement de chacun à coopérer va permettre de séparer définitivement d’une part l’œuvre humaine et de l’autre la sécurité matérielle, la consommation. Le revenu universel garanti est totalement détaché des relations humaines, de l’exercice réciproque du don/contre-don en vigueur au sein du groupe social.

La seule différence avec les sociétés ancestrales vient du fait que l’abondance venait d’une nature providentielle, alors

qu’elle sera demain la conséquence de la réussite de l’organisation sociale.

Mieux la coopération sera assurée, meilleurs seront les résultats productifs [anglicisme!], et ils seront bien mieux adaptés à ce que peut fournir un système prônant l’individualisme et la compétition.

Les études sociologiques et économiques le garantissent.

La substitution d’une monnaie non “fructifiable” à la monnaie capitaliste empêche la formation des inégalités qui sont responsables de la prise de pouvoir et de la Euros.jpgconfiscation des libertés. Afin d’empêcher ce processus déstabilisateur de l’équilibre du groupe, certaines sociétés primitives avaient recours à la fête pour qu’y soient dépensés les surplus créateurs de différences socialesicon_wink.gif. Chaque membre du groupe apportait ses réserves et la fête se poursuivait jusqu’à leur épuisement.

La caducité de la monnaie, après un certain délai fixé par la société,

est un procédé similaire qui permettrait, si besoin,

de remettre les pendules à zéro. 

F.Chatel, GR, Avril 2013

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[1] La grande transformation, Karl Polanyi éd.Tel, Gallimard, 1985

[2] Voir François Chatel, Nature humaine et agressivité  GR 1118

[3] dans The Evolution of Cooperation Science, 211, 1981

[4] Cette stratégie la + efficace a été découverte en 1974 par le philosophe & psychologue Anatol Rapaport

[5] A Neural Basis for Social Cooperation, J Rilling, D Gutman, T Zeh, G Pagnoni, G Berns & C Kilts, Neuron, 35, 395-405, [2002]

[6] spécialiste de l’œuvre de Darwin, notamment à travers 2 ouvrages, le 1er: La Pensée hiérarchique et l’Évolution publié en 1983 et le 2nd, L’Effet Darwin, publié en 2008

[7] Pourquoi coopérer, Joël Candau, Université de Nice Sophia Antipolis, Laboratoire d’anthropologie et de sociologie, “Mémoire, Identité et Cognition sociale” (Lasmic)

[8] Pour une gauche darwinienne, La chronique mensuelle de Michel Onfray N° 34, mars 2008

[9] Voir L’État est-il indispensable?, GR1136

[10] extraits de La coopération, par Michel Cornu, Nouvelles approches, Version 1.2 24/12/2004

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Patrick Di Frusciapatrick-di-fruscia-here-i-stand.jpg

proposé par mamadomi

rééd° du 18 08 14

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13 novembre 2014 4 13 /11 /novembre /2014 23:00

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Quelle belle et bonne idée que ces extraits magnifiquement choisis de la 6ème lettre du livre de Jacques Duboin, intitulé Egalité économique. Comme la lecture de cette forte page est réconfortante! Quand on pense que l’achèvement de ce livre date de fin 1938, et que la belle et exemplaire raison-raisonnante de son auteur sur une économie politique digne de l’Humain, a été rejetée depuis lurette par les potentats + ou moins anonymes de la haute finance internationale et ceux qui leur font Cour, nous ne devrions plus parler d’états de Droit à propos de ce qu’il nous reste, en Europe, d’Etats-Nations, mais d’états soumis aux diktats des mercantis et des financiers.

Ces diktats tendraient à prouver combien les humanoïdes qui constituent l’espèce dite humaine n’appartiennent pas tous à la même essence. Nous devrions nous demander si les fameux droits de l’homme et du citoyen ne jouent pas le rôle de l’arbre qui cache la forêt. D’ailleurs faut-il nous référer à la Déclaration initiale, celle de 1789, ou à celle de 1948, quelque peu remaniée et devenue Internationale?

J.Duboin voulait donc, en 1938,

"créer un ordre social où personne n’aurait l’excuse de chercher son bonheur dans l’augmentation de son bien-être matériel".

C’est ce qui aurait dû conduire à l’instauration d’une société distributive (ou distributiste?) orientée vers l’harmonie, par le biais d’une coopération et d’une complémentarité bien comprises. La grande boucherie, estampillée 2ème Guerre Mondiale, avec majuscules, dans les manuels d’Histoire, allait écraser, annihiler pour longtemps, cette belle utopie raisonnée et raisonnable.

Lire cette belle page m’a fait me souvenir que vers la fin des années 70, une partie de mes recherches universitaires terminées, je devais porter mon attention de chercheur en psychologie sociale et sociologie de la connaissance sur la militarisation de notre société. Et ce fut la sortie, plus que silencieuse, de Cinq milliards d’otages (chez Les Lettres Libres et Vrac éditeurs), grâce surtout au soutien, entre autres, de mes grands amis Léo Campion et Robert François, dit Mystag. Parallèlement, dans 2 établissements d’enseignement supérieur qui m’employaient dans la bonne ville de Tours, j’enregistrais, sans idée vraiment préconçue, que l’idéal type orwellien l’emportait majoritairement. J’avais été à l’époque l’un des rares enseignants et socianalystes à vouloir sauvegarder la substantialité propre de chaque mot, afin qu’on continue à appeler un chat un chat, et non un chien ou un marcassin. À ce propos, j’ai évoqué, dans la postface de mon Du harcèlement moral ou du harcèlement immoral? [1] l’importance de "l’intégrité des mots de la tribu", comme l’aurait dit Mallarmé. Ce qui ne m’empêcha aucunement de me faire embabouiner comme un demeuré tout au long de ma misérable carrière de pédago! Je ne suis nullement habilité à me faire “donneur de leçon” à qui que ce soit. Mais je me dois, d’une part en ma qualité “d’expert” de la vérité sociale et d’autre part, en conscience par le simple fait que

"quiconque connaît la vérité et ne la gueule pas se fait le complice des menteurs et des faussaires",

comme le clamait Péguy il y a un bon siècle, de décrypter méthodiquement l’état de décomposition anomique dans lequel se trouve notre monde. Et qu’on le dise “globalisé”, la belle affaire!

Ni l’adjectif “anomique”, ni le substantif “anomie” ne sont des mots du langage courant, ils appartiennent au jargon des sociologues. On parle d’anomie lorsque, dans une société humaine organisée, les lois et les valeurs ont perdu leur prégnance sur les citoyens. Livrés à eux-mêmes, ces derniers ne se préoccupent plus que de satisfaire, par quelque moyen que ce soit, leurs intérêts particuliers. Cet état de fait crée évidemment un chaos général, que les journalistes qui ignorent tout de la vie et de l’œuvre d’Elisée Reclus, appellent à tort l’anarchie. Un tel grand chaos généralisé s’est développé pendant la 2ème Guerre Mondiale et pendant toutes celles qui ont suivi.

"Il ne s’agit donc pas, comme le disait déjà Duboin en 1938, de changer les gérants du régime capitaliste pour essayer de faire mieux ou + justement qu’eux: c’est donc de changer le régime lui-même qu’il s’agit".

Mais par quel Deus ex machina, parvenir à une mutation donnant le primat à l’humain? Au “bonheur d’être” au lieu de se polariser sur le profit, sur “l’avoir“ et sur le pseudo-pouvoir que cela confère? Hélas! 3 fois hélas! Les responsables de la gangstérisation du monde ne comprennent certainement pas le beau titre de l’article L’être humain non plus n’a pas de prix.

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Il faut dire que j’étais disposé au mieux pour comprendre cet article de M-L Duboin, puisque je viens de mettre le point final à mon livre-témoignage intitulé D’un délit d’humanité excessive? De l’Ethique et de la Justice [2].

Quand des actes d’humanité vraie, faite de compassion et d’empathie, ne se voulant ni médiatisée à l’extrême, ni ostentatoire, deviennent “délit” pour l’institution Justice elle-même, c’est tout de même signe que notre société va + que mal! Bah! Il va bientôt faire 2 siècles que le grand poète et penseur italien Giacomo Leopardi a asséné sans hésitation aucune, sur une page de son Zibaldone [3]:

"J’affirme que le monde n’est que l’association des coquins contre les gens de bien, des + vils contre les + nobles"!

 

G. LECHA, GR, mars 2013 

[1] Est-Samuel Tastet Editeur, Bucarest, 2004

[2] Ed° Opéra, 9, rue Hélène Boucher - 44115 - Haute-Goulaine, Janv 2013

[3] Ed° Allia, 2398 pages, nov 2003

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rééd° du 14 06 14

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4 novembre 2014 2 04 /11 /novembre /2014 23:00

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Nicholas Scarpinato

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Les résidents de la France et ceux de la Communauté économique européenne ont-ils encore un avenir?

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La présente situation socio-économique y laisse beaucoup à désirer. La responsabilité de ce regrettable état des lieux est largement partagée entre de nombreux décideurs ayant généralement voulu bien faire, sans y réussir, au cours des 3 ou 4 décennies passées.focus.jpg

En France, le chômage, toutes catégories confondues, a atteint un niveau anormalement élevé, insupportable: il frappe tout particulièrement les jeunes et, dans les départements d’outre-mer, leur taux de chômage frôle les 50%; le taux de pauvreté s’accroît comme il ne l‘avait jamais fait. Notre balance commerciale est d’autant PLUS durablement déséquilibrée que son montant correspond presque exactement aux importations d’énergies fossiles carbonées paraissant essentielles à notre économie. Notre budget, toutes catégories confondues, est en déficit croissant et c’est inquiétant. Ceci n’est pas dû au train de vie scandaleux des résidents français, dont une proportion croissante vit misérablement, pas PLUS qu’à une grande efficacité de notre lutte contre les émissions abusives de gaz à effet de serre. Se loger dans des locaux décents proches des lieux de travail, et ne constituant pas une passoire énergétique, reste difficile, d’où une périurbanisation entraînant des déplacements motorisés coûteux et de grandes pertes de temps, tandis que la généralisation des véhicules à moteur diesel cause de graves nuisances environnementales et sanitaires. La diminution apparente de nos émissions de gaz à effet de serre est un artefact si l’on tient compte des émissions associées à nos importations.

La situation française n’est pas exceptionnelle. C’est celle subie, avec des variantes nationales, par la majorité des résidents de la CEE. On doit même admettre que celle de la France est PLUS favorisée que la moyenne.

Il existe, depuis des décennies, une tendance très marquée à l’uniformisation de la pensée économique, tant mondiale que nationale, sous l’influence de groupes d’analyse et de conseils (les “think tanks”) très influents, longtemps appuyés sur la Banque mondiale et le Fonds Monétaire International. Cette tendance, en France, est renforcée par le fait que de nombreux cadres politiques sortent du moule de l’École Nationale d’Administration, et que le pantouflage entre secteur public et secteur privé est très répandu.

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La construction de la CEE puis, en son sein, celle de l’Eurogroupe, avec pour finalité ultime une fédération, ont été faites pour limiter les controverses et accélérer les évolutions, en négligeant délibérément quelques conditions essentielles à la bonne gestion, voire la survie, de ces entités qui sont:

• une harmonisation progressive, mais impérative, des fiscalités et lois sociales et environnementales, sans lesquelles la “concurrence libre et non faussée ” au sein de la Communauté relève d’une mauvaise plaisanterie;

• l’établissement d’un budget communautaire conséquent facilitant les harmonisations précitées, associé aux fiscalités nationales requises pour maintenir des services publics d’un excellent niveau dans tous les domaines;

• des accords-cadres avec les autres pays du monde et un contrôle associé des échanges commerciaux pour limiter les tentatives externes de dumping;

• une lutte efficace contre les paradis fiscaux;

• l’uniformisation progressive de l’enseignement général et professionnel, et des modalités de gestion des ressources humaines au sein des entreprises et des services sociaux nationaux, pour que la mobilité des travailleurs au sein de la Communauté puisse se généraliser — ce qui pourrait impliquer l’enseignement prioritaire d’une langue de travail commune;

• une gestion politique de la Banque Centrale Européenne, visant à favoriser l’emploi, et pas seulement la lutte contre l’inflation (il est curieux de noter que la BCE prête à taux très réduit aux grandes banques, alors que ces dernières prêtent aux États à des taux PLUS élevés, parfois beaucoup PLUS élevés);

• l’établissement rapide de dispositifs démocratiques de gestion de la CEE, et en son sein de l’Eurogroupe, tenant compte de la diversité démographique et politique des pays membres.

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En attendant une harmonisation fiscale et sociale, bien des pays de la Communauté, et même de l’Eurogroupe, font du dumping. Et les évadés fiscaux français, anciens comme nouveaux, font les manchettes des quotidiens. On se demande, en lisant ces textes, pourquoi la France, et bien d’autres pays, ne font pas comme les États-Unis qui exigent que tous leurs citoyens déclarent leurs revenus et payent leurs impôts correspondants aux États-Unis. Il ne s’agit pas là d’une figure de rhétorique: le délit en la matière peut atteindre pour les résidents une peine de prison à perpétuitéicon_eek.gif, et pour les non-résidents, la perte de la nationalité. Si des institutions étrangères facilitent de telles fraudes, elles risquent de devoir payer des transactions de milliards de $ pour éviter d’être définitivement exclues des marchés américainsicon_cool.gif.

La crise économique mondiale, qui affecte tout particulièrement les pays industrialisés depuis 2001, a plusieurs causes, dont

- le coût croissant de l’accès à des matières 1ères essentielles

- et une distorsion du partage des bénéfices de la croissance entre le travail et le capital, qui accroit les inégalités sociales et pénalise les budgets nationaux.

Les personnes ne pouvant pas faire face à leurs besoins essentiels (ou supposés l’être) ont été encouragées à faire appel au crédit - sans limites.

Lutter contre les gaspillages de toutes natures est essentiel, mais mener une politique d’austérité déraisonnée ne peut conduire qu’à une aggravation de la situation. On doit noter aussi que les gigantesques mouvements internationaux de capitaux, presque instantanés grâce à l’informatique, n’ont que dans 2 à 3% des cas des objectifs de production de biens ou de services, et dans 97 à 98%, des objectifs spéculatifs, cela ne paraît pas justifié.

Certaines recommandations des grandes institutions paraissent caricaturales. La Grèce a été incitée à sabrer dans toutes ses dépenses civiles, au point qu’une maladie disparue, comme le paludisme, fait sa réapparition. Mais ces institutions n’ont pas obligé la Grèce à imposer les deux catégories les PLUS riches du pays: l’église orthodoxe, grand propriétaire terrien, et les armateurs. Par ailleurs ce pays paraît avoir un grand potentiel gazier et pétrolier dans la Mer Égée, mais, en le ruinant maintenant, il va privatiser d’autant PLUS facilement ces ressources énergétiques à bas prix…icon_evil.gif

sobriete.jpgObtenir de façon durable de meilleurs taux de croissance économique au sein de la CEE pose problème si cela nécessite une PLUS grande consommation de matières 1ères essentielles, non renouvelables, alors que le présent partage de ces matières entre États est lourdement faussé au bénéfice des PLUS riches d’entre eux.icon_rolleyes.gif

Une telle situation est tant moralement inacceptable que politiquement dangereuse.

Par ailleurs, la disponibilité de certains métaux et métalloïdes essentiels est trop limitée pour permettre aux pays les PLUS dynamiques de l’ex Tiers Monde d’accéder à notre niveau de vie, et aux PLUS pauvres d’entre eux d’obtenir les conditions d’existence de la France du XIXè s. Il semble que, mondialement, le taux moyen de croissance soit corrélé à celui de l’utilisation des énergies fossiles carbonées; la disponibilité de ces dernières ne pouvant que décroître au fil des décennies, nous devons nous préparer à une décroissance qui sera d’autant PLUS marquée que les ressources essentielles seront moins mal partagées entre les États - et entre les individus.

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Que cela nous plaise ou non, il faut nous préparer à un mode de vie PLUS frugal au sein de notre pays et de la Communauté, pour permettre à des centaines de millions d’autres êtres humains de, tout simplement, pouvoir vivre.14215580976_8b958b07f5.jpg

Nicholas Scarpinato > 

La présente crise économique a fait passer au 2nd plan les problèmes environnementaux, et en particulier la lutte contre les émissions excessives de gaz à effet de serre. On parle beaucoup de la croissance durableicon_lol.gif, une croissance qui laisserait aux générations à venir des conditions similaires à celles que notre génération a trouvées. Il s’agit là d’un mythe, toute croissance consommant des biens irremplaçables et produisant des polluants persistants. Il va donc falloir nous accoutumer à vivre non seulement en équilibre avec notre environnement, mais en compensant, là où c’est possible, nos abus passés, et cela en quelques décennies dans un monde allant vers 9 à 10 milliards d’habitants d’ici 2050. On parle d’éviter que la température moyenne terrestre augmente de PLUS de 2°C d’ici 2100, alors que les émissions de gaz à effet de serre sont 3x plus élevées que celles que la Terre peut spontanément recycler, ce qui pourrait nous valoir dans le courant du siècle une augmentation de la température moyenne de 6°C et une montée du niveau de la mer de PLUS d’un mètre, peut-être PLUS, à la vitesse à laquelle les inlandsis glissent vers la mer, et y fondent. Cette élévation du niveau de la mer continuera pendant des siècles.

Nourrir décemment 9 à 10 milliards d’êtres humains dans un monde PLUS chaud, et PLUS sec là où l’aridité menace, ne sera pas facile. Une série d’études montrent la possibilité de ce faire, sous réserve de modifications drastiques des présentes approches. Une généralisation de la culture biologique, au sens strict de ce terme, conduirait à la famine, mais il va falloir mieux lutter contre prédateurs et pathogènes des cultures avec moins d’intrants chimiques (tout en les introduisant dans des agricultures du Tiers Monde qui n’en utilisent pas), et maintenir la fertilité des sols sans abuser d’apports d’engrais devenant rares. En un mot, redécouvrir l’agriculture de nos anciens et en généraliser la mise en œuvre optimisée à travers le monde. La mécanisation devra le PLUS souvent être remplacée par un emploi massif de main d’œuvre qualifiée; cela pourrait être relativement facile dans les pays les moins développés, mais posera problème dans les pays les PLUS industrialisés, dont la Franceicon_rolleyes.gif.

Dans le cas particulier de notre pays,

- améliorer l’habitat,

- réduire massivement la consommation d’énergies fossiles

carbonées,

- protéger ce qui reste de notre biodiversité,

- et assurer à chacun une bonne alimentation

aussi peu carnée que raisonnable,

parait pour l’instant possible, sous réserve de revoir complètement nos priorités, tant personnelles que nationales. Il faudra des travailleurs bien formés et convenablement rémunérés, et des objectifs à court, moyen et long terme clairs, réalistes, et définis en commun.

Il faudra aussi des ressources financières, et c’est peut-être ce dernier facteur le moins défavorable. Une analyse rapide de nombreux documents récents, souvent officiels, montre l’existence d’abondantes ressources correspondant aux fraudes fiscales et sociales, aux niches fiscales sans réel intérêt socio-économique, à des dépenses militaires de prestige, au remboursement par la sécurité sociale de médicaments inefficaces, etc. Le total de ces avoirs éventuels atteint €200 milliards/an. Tous ne sont pas récupérables, mais les ressources disponibles devraient largement excéder 100 milliards/an, sous réserve évidemment de disposer des fonctionnaires spécialisés dans les domaines concernés… ce qui, pour le moment, ne parait plus être le casicon_rolleyes.gif.

Dans le cadre des économies énergétiques, beaucoup peut être attendu de la rénovation de l’habitat, avec l’énorme avantage que presque toutes les activités concernées prendront place en France, employant des résidents français.

De grandes économies sont aussi réalisables en réduisant les vitesses maximales autorisées et en remplaçant progressivement les véhicules en service par des modèles bien PLUS modestes voués à la circulation urbaine et périurbaine, équipés seulement de l’éclairage et du lave-glace, avec une consommation inférieure à 2 litres aux 100 (ou équivalent s’ils sont électriques), comme certains modèles mis en service au Japon.

Il faudrait revoir aussi les péages autoroutiers: une étude sur l’usure des voies de roulement a suggéré que, pour couvrir les frais d’entretien, les camions lourds devraient payer une taxe/km au moins 10x PLUS élevée que les présents péages, ce qui pourrait relocaliser beaucoup de productions agricoles. Il faut noter aussi qu’à puissance égale, le diesel est très sous-taxé par rapport à l’essence, et que les exonérations fiscales concernant les carburants des avions et des bateaux n’ont aucune justification.

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Nous vivons dans une société à la recherche du toujours PLUSPLUS loin, PLUS vite, mais diverses analyses montrent que le taux de satisfaction des êtres humains atteint une asymptote bien avant la satisfaction du toujours PLUS, qui n’est d’ailleurs jamais atteinte. On peut donc, avec moins de ressources, vivre aussi bien qu’avec plusieurs fois PLUS. Les gaspillages de toute nature, dont alimentaire, sont consternants. De très nombreux matériels et équipements ont une durée de vie infiniment PLUS brève que ce qui pourrait être produit pour le même prix, et beaucoup ne sont pas réparables, ou le coût proposé pour réparer est prohibitif. Non seulement tout ceci doit changer, mais la conception même des produits doit en faciliter la déconstruction et le recyclage des composants.

Tout ceci peut conduire à des sociétés bien PLUS frugales, mais peut-être aussi PLUS conviviales. Mais, à moyen et long terme, la seule alternative sera un chaos meurtrier.

Ces réflexions s’appuient sur 69 références ci-dessous.

 J. HAMON, GR, avril 2013

Nicholas Scarpinato

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pour références (et pour des vacances instructives, lol!!)

Artus P. & Virard M. P., 2010. Pourquoi il faut augmenter les revenus. Le seul antidote à l’appauvrissement collectifLa Découverte, Paris

Baqué P & al., 2012. La Bio entre business et projet de société. Contre Feux/Agone, Marseille

Barroux P., 2012. La facture énergétique de la France continue de s’alourdir. Les Echos, 09.08.2012

Barroux D., Energie: le devoir de vérité. La transition énergétique sera longue, coûteuse et complexe. Les Echos, 21.08.2012

Basdevant J. L., 2012. Maitriser le nucléaire. Sortir du nucléaire après FukushimaEyrolles, Paris

Birraux C. & al., 2011. L’avenir de la filière nucléaire. Office Parlementaire d’Evaluat° des Choix Scientifiques et Technologiques, Rapport n°4097 de l’Assemblée nationale + n°199 du Sénat, Paris, tome I & II

Bonnaure P., 2012. Les automobiles électriques et hybrides. Etat des lieux et tendancesFuturibles

Bourguignon F., 2012. La mondialisation de l’inégalité. Seuil, Paris

Cadu C. & al., 2012. France, ta santé fout le camp! Marianne

Canfin P. & al., 2008. L’état du développement durable en France. Alternatives économiques, h. série n°34

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Chatelier M. & al., 2012. Nucléaire: quels scénarios pour le futur?  La Ville Brûle, Paris

Chevallier NI. & al., 2012. L’Europe a t elle un avenir? Alternatives économiques (Hors série)

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Cotta J., 2006. 7 millions de travailleurs pauvres. Fayard, Paris

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Dedieu F. & al.,2012. Inévitable protectionnisme. Gallimard, Paris

de Ravignan A. & Moatti S., 2012. Les chiffres 2013. L’économie et la société en 30 thèmes et 290 graphiques. Alternatives économiques (hors série)

de Smedt G. & al., 2012. Dossier Changement climatique. Les impacts. La Jaune et la Rouge

Drevet J F., 2012. L’union européenne peut elle sortir de l’impasse?. Futuribles

Duval G. & Pech T., 2012. Pourquoi on ne s’en sort pas? Alternatives économiques

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Gadjos T., 2012. Et si on créait un impôt sur le revenu? Le Monde Eco & Entreprises),23.102012

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Hamelin E. & Razemon O. La tentation du bitume. Où s’arrêtera l’étalement urbain?  Rue de l’Echiquier, Paris

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Hamon J., 2005. Biocarburants: une solution pour les transports?  Ingénieurs de la Vie

Hamon J., 2006. Perspectives et problèmes de l’énergie éolienne. Ingénieurs de la Vie

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Hamon J., 2008. Préserver la biodiversité sans sacrifier l’espèce humaine. Bulletin trimestriel de la Société d’Histoire naturelle de la Haute Savoie, 2è trim.

Hamon J., 2009. Climat terrestre et dérive climatique: quel monde demain? Présentation faite au Rotary Club d’Annemasse le 16 avril et largement diffusée

Hamon J., 2010. Energies fossiles, métaux essentiels: comment s’adapter après l’épuisement des réserves Environnement & Technique

Hamon J., 2011. Satisfaction des besoins énergétiques ou lutte contre l’effet de serre: faudra t il choisir? Environnement & Technique

Hamon J., 2012. Un développement durable est il possible? Gaillard Contact

Hamon J., 20912. L’indispensable changement. La Grande Relève, 1133

Harribey J. M. & al., 2012. Changer vraiment! Quelles politiques économiques de gauche? Syllepse, Paris

Hessel S. & al., 2012. Europe: et si on passait à l’action Libération, 09.10.2012

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Krugman P., 2012. Sortez nous de cette crise.., maintenant! Flammarion, Paris

Krémer P., 2012. Cette jeunesse qui s’enfonce dans la pauvreté. Le Monde, 04.12.2012

Laffitte P. & Saunier, C., 2007. Les apports de la science et de la technologie eu développement durable. Tome II.La biodiversité: l’autre choc? L’autre chance? Office Parlementaire d’Evaluation des Choix Scientifiques et Technologiques, Paris. Rapport n° 510 de l’Assemblée nationale & n° 131 du Sénat

Larrouturou P., 2007. Le livre noir du libéralisme. Ed° du Rocher, Monaco

Larrouturou P., 2011. Pour éviter le krach ultime. Nova éd°, Paris

Larrouturou P., 2012. C’est + grave que ce que l’on vous dit...mais on peut s’en sortir! Nova é°, Paris

Le Buanec B., 2012. Le tout bio est il possible?  Ed° Quae, Versailles

Lenglet R & Vilain 0., 2011. [in pouvoir sous influence. Quand les think tanks confisquent la démocratie. Armand Colin, Paris

Les économistes atterrés, 2011. Changer d’économie! Nos propositions pour 2012. Les Liens qui Libèrent, Paris

Mathis P., 2011. Les énergies. Comprendre les enjeux. Ed° Quae, Versailles

Mon J. P., 2012. Désintoxication. La Grande Relève, 1129

Montebourg A., 2012. Diminuer nucléaire et pétrole tout en finançant le renouvelable est irréaliste. Le Monde, 18.09.2012

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Paillard SZ. & Treyer, S., 2010. Nourrir la planète: 2 scénarios. Agrimonde et le débat sur l’avenir de l’agriculture et de l’alimentation à l’échelle mondiale. Futuribles

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Pech T. & al., 2012. Pourquoi on ne s’en sort pas? Alternatives économiques

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Sainteny G., Plaidoyer pour l’éco fiscalé. Buchet Chastel, Paris

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Semeta A., 2012. Il faut mettre la lutte contre l’évasion fiscale au cour du projet européen. Les Echos, 15.10.2012

Stiglitz J., 2012. Le prix de l’inégalité. Les Liens qui Libèrent, Paris

Stoeckel H., 2012. La faim du monde. L’humanité au bord d’une famine globale. Max Milo, Paris

Vandevoorde P.&al., 2012. Produire et distribuer les énergies nouvelles. La Jaune et la Rouge, (suppl.)

Vaulerin A., 2012. Des autos de poche. Libération (Ecofutur), 08.10.2012

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proposé par mamadomi

art. n° 3100 - rééd° 06 08 14

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27 octobre 2014 1 27 /10 /octobre /2014 12:51

L’économie


Voilà un an qu’on a changé de Président. Je n’avais pas voté pour Hollande, ni au 1er tour, ni au 2ème, où j’ai fait un vote blanc, tellement j’étais persuadé que ça ne changerait rien au sort d’une partie de + en + grande du peuple qui vivote et qui souffre. Néanmoins je fus satisfait de ne plus voir Sarkozy et ses sbires au pouvoir. Au lendemain de l’élection, j’ai regardé la journée de son intronisation et je reconnais que je fus touché par la joyeuse effervescence de la foule quand Hollande serrait des mains. Les gens étaient vraiment émus, certains avaient sans doute des larmes qui perlaient, tant l’espoir d’un sort meilleur semblait naître avec ce changement de majorité.

JPEG - 16.9 koLa désillusion n’allait pas tarder. Peu de temps après sa visite à la Thatcher allemande, le Président envoyait aux orties sa promesse de modifier le traité européen et il renia par la suite tous ses engagements qui devaient nous améliorer un peu l’existence.

Un an après, il continue de faire allégeance aux puissances financières et au patronat: il s’est presque fait applaudir publiquement par la présidente du Medef après la signature des accords sur la flexi-sécurité signé honteusement par la CFDT.

Il est donc clair que les socialistes au pouvoir ne font que gérer la crise et se contentent de placer des rustines et des béquilles là où il y a urgence et clament à l’envi que toutes les mesures austères et impopulaires permettront d’accoucher d’une société bien meilleure en 2017.

Tu parles Charles! Ça me rappelle Mauroy en 1983:

"On sème aujourd’hui et on récolte demain!"

On a surtout récolté des clopinettes!

Tout ça fait que la classe ouvrière modeste, les chômeurs, les précaires, les exclus, se jettent dorénavant dans les bras du front national. Marine Le Pen a déclaré le 1er mai qu’elle était "la lumière de l’espoir pour la France plongée dans les temps obscurs" (sic).

Je vois avec effroi le fascisme revenir à grands pas.

La doxa médiatique est aussi en grande partie responsable de cet état de putréfaction, car pour trouver des solutions à la crise (qui a bon dos) elle ne cesse de ressortir les vieilles recettes qui n’ont jamais rien prouvé: j’en ai marre d’entendre D. Pujadas, C. Chazal, M. Drucker et leurs confrères des chaînes radios et TV reprendre finalement le fameux “il n’y a pas d’alternative“ de la dame de fer rouillée. Et les économistes et journalistes économiques qui se pavanent à longueur d’année nous servent la même soupe libérale: F. de Closet, É. Cohen, J. Attali, A. Minc, J-P. Fitoussi, J-P Chapel, M.Touati, D. Seux, J.-M. Aphatie, J.-M. Sylvestre bref tous ceux qui passent chez Calvi ou ailleurs.

[ Alors, faisons le bilan:

Vous avez des patrons qui se paient

4,5 millions d'€ par an,... - si si...

soit 6 vies de 42ans travail au salaire de €1500/mois... grosso modo...

Donc en un an, ils se paient 6 vies de travail...!! 

quel génie, quelle fatigue, quel "utilité publique privée" peut légitimiter cela?

Non mais vraiment, la question mérite d'être posée, non?...

...pendant 30ans! + retraite+ parachute doré + actions... etc...

Est-ce qu'un salaire d'un demi-million d'€/an ce serait pas déjà

un joli plafond?... la reconnaissance, la notoriété et les héritages en sus...?

ça resterait encore de l'ordre de 2/3 d'une vie de 42ans de travail au salaire de €1500 net/mois et cela, chaque année!!! .... 

- rêvez pas, ça n'arrivera pas de si tôt... pas à ce plafond-là en tous cas...

Et, ces "mecs" qui prennent à eux seuls pendant 30ans en moyenne

le salaire d'une vie de 180 travailleurs -qui donc chôment pendant ce temps, puisqu'on ne peut pas les embaucher, car cette masse salariale va en haut de la pyramide...

ces gars-là donc vont vous dire que la France

"a un gros problème de croissance malgré ses potentiels", qui est que

"le salaire de base est trop contraignant, ya trop de taxes"

...et donc de protections sociales sur les bas salaires...

 ça doit être pour cela que leurs salaires sont si important, pour compenser les taxes qui les lèsent... mmm?!

Et ça, c'est juste pour "le" patron de grosse entreprise,

reste la poignée de gros cadres dans son entourage,

et tous ceux, déjà riches qui investissent et prennent des dividendes qui grèvent d'autant les possibilités d'embauche et donc de croissance...

... Quand on dit que 1% de la population détient le pouvoir en empêchant les leaders politiques élus par le peuple de prendre les mesures pour le peuple, en menaçant de licencier toujours plus pour ne jamais gagner moins, par ex... ce qui fait qu'on ne plafonnera pas les salaires... et qu'importe puisqu'ils se paient déjà autrement qu'en "salaire"...

Alors quoi faire quand on est persuadé, tellement c’est logique, du bien-fondé de l’économie distributive pour mieux se faire entendre et surtout comprendre? Les gens qui s’interrogent connaissent bien maintenant et sont assez d’accord avec toute la 1ère partie du remarquable texte de François CHATEL dans la GR d’avril 2013 De la coopération. Où ça coince c’est dès qu’on aborde ce qu’on lit dans le dernier paragraphe: il faut une monnaie non fructifiable, autrement dit une monnaie qui soit seulement un pouvoir d’achat et qui ne serve qu’une fois. Personnellement je ne suis jamais arrivé à convaincre quelqu’un, mon ami Azzedine mis à part, de la nécessité de changer la nature de la monnaie. Les gens ont du mal à s’imaginer qu’on ne puisse plus mettre 3 sous de côté pour qu’ils fassent des petits!

Pour que la pensée de Jacques Duboin soit un peu + entendue, il faudrait bien sûr passer dans les médias et ce n’est pas de la tarte. En dehors des moyens habituels, il serait nécessaire que les abonnés de la GR envoient souvent des messages dans la boîte vocale de Là-bas, si j’y suis de Daniel Mermet sur France Inter. C’est la seule émission où un message concernant nos idées pourrait passer. Je donne pour cela le n° de téléphone de l’émission: 01 56 40 37 37.

La charité


Début 2013, il y a eu comme chaque année la campagne des Restos du cœur fondés par Coluche. C’est bien rôdé maintenant. Un client arrive au supermarché où un bénévole des Restos l’accueille, avec un grand sourire et lui donne un sac où le citoyen mettra des denrées achetées pour le compte de l’association. Grand sourire également du client. Quelques instants + tard, même manège à la sortie du magasin. Sourire de satisfaction chez celui qui donne le sac et chez celui qui le reçoit. Et les 2 sont bien contents. Je fais le bien, tu fais le bien, nous faisons le bien et chacun rentre chez soi la conscience soulagée et… à la prochaine!

Une fois que le bénéficiaire a fini ses denrées, il ne lui reste plus qu’à croupir en attendant la prochaine campagne. Et ça fait 27 ans que ça dure!

Que dirait Coluche, lui qui devait penser que son action allait mettre les politiciens devant leurs responsabilités! ça fait 27 ans que les Enfoirés font leurs n°s de charité et que la plupart des artistes viennent surtout pour leur image! Et toutes les associations font de même: le Secours Catholique, ATD Quart-Monde, Emmaüs de l’abbé Pierre, le Secours Populaire Français, l’Armée du Salut, etc.

Je n’ai jamais vu une manif géante organisée par ces associations dans la rue, avec leurs bénéficiaires afin de sensibiliser un gouvernement à ce problème honteux qui est "la misère dans l’abondance".

En 2007, M.-L. Duboin est venue faire une conférence à Vaulx-en-Velin. Bien avant, j’avais envoyé l’information à tous les organismes cités + haut en leur expliquant en 2 mots de quoi il s’agissait. Eh bien personne n’est venu, ce qui en dit long sur leur intention de vouloir supprimer la misère!

Si la misère disparaît, eux aussi par la même occasion, cette perspective doit bien les chagriner quelque part car il est agréable de se voir flatter, remercier, photographier, filmer, mis en ex. pour le “bien“ qu’ils font…

C’est pourquoi je pense que nous, les partisans de l’économie distributive et les gens qui pensent un peu comme nous, nous devrions faire preuve dorénavant de + de fermeté… et de réserve envers ces associations. Nous montrer franchement désagréables dans nos propos et nous servir de la citation de Victor Hugo:

"Vous voulez des pauvres secourus, moi je veux la misère supprimée". 

L’infantilisation du peuple


Dans la GR d’avril 1997, L’abbaye de Sainte Économie revisitée, je dénonçais les procédés employés pour abêtir au maximum le peuple. Cela s’est amplifié: avec à côté du rugby professionnel, du foot et de sa cohorte de supporteurs déchaînés, les jeux de grattage se sont multipliés et le Tour de France draine encore + de monde malgré ses scandales à répétition.

Depuis quelques années, on peut ajouter les émissions de téléréalité, le nombre pléthorique des émissions culinaires avec des concours où il faut écrabouiller le concurrent, aller au bout de soi-même et autres tartignoleries du même tonneau, des feuilletons cucu gnan gnan comme Plus belle la vie, et que dire des concours de chant où le gagnant n’aura droit qu’à une gloire somme toute éphémère? Maintenant il faut ajouter les portables, pardon les smartphones, devenus quasi aussi indispensables que l’air qu’on respire. Déjà qu’on ne se parlait plus guère dans les transports en commun avant leur apparition, maintenant celui qui téléphone ignore complètement son voisin, l’autre, comme si physiquement il n’existait pas. Ça devient terrifiant! Certains dorment avec leur Smartphone tellement ils ont peur de louper un appel ou un SMS! À la télé les micros-trottoirs envahissent les JT: obtenir l’avis des vrais gens est d’une importance capitale, surtout dans les marronniers: départ en vacances, rentrée scolaire, 1ers bains de soleil, embouteillages, fin des vacances. Alors, par la force des choses, les réponses citoyennes sont d’une affligeante banalité. Et comment pourrait-t-il en être autrement quand le reporter demande par ex: 

 "que pensez-vous de ce printemps doux et précoce?"

Et le vacancier balbutie:

"c’est génial, c’est super, c’est super-génial!".

Et le commentaire se termine d’une voix suave et des propos infantiles.

Je pourrais continuer les ex. où l’apologie de la médiocrité est mise en exergue.

André Gorz a écrit que le passage dans une société post- capitaliste et + humaine se ferait en passant soit par la civilisation, soit par la barbarie.

Nous sommes bien partis, hélas, pour cette 2nde façon.

 

S.Bagu, GR, juin 2013

proposé par mamadomi

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21 octobre 2014 2 21 /10 /octobre /2014 22:24

http://www.gifs-animes.net/images-image/Webmasters/Lignes/Lignes-32.gif

Prenez 3 minutes, vraiment

...tout ce passe comme prévu...merci Etienne, merci Frédéric!
http://www.gifs-animes.net/images-image/Webmasters/Lignes/Lignes-32.gif
proposé par mamadomi
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14 octobre 2014 2 14 /10 /octobre /2014 21:15

L'économiste Jean Tirole vient de se voir attribuer le prix Nobel pour son "analyse de lapuissance du marché et de la régulation".

- j'ai beaucoup aimé la présentation qui en a été faite:     

Jean Tirole sera donc, après Maurice Allais, un prix Nobel d'économie français dont il faut souligner qu'il a effectué ses recherches tant en France qu'aux États-Unis, en particulier au célèbre M.I.T. Notamment ancien élève de l'école Polytechnique.

Un économiste qui cherche à "favoriser les études à caractère quantitatif qui tendent à rapprocher le point de vue théorique du point de vue empirique dans l’exploration des problèmes économiques".

Il convient de recommander la lecture du livre de Bernard Walliser: "Comment raisonnent les économistes? Les fonctions des modèles" (paru en 2011), qui permet d'aborder + efficacement la prise de connaissance des œuvres de Jean Tirole.

Lire aussi >> Un homme, une oeuvre et un appel

Citons v Walliser"Un phénomène social peut donner naissance à des explications multiples, généralement incompatibles entre elles. (...) 2 types d'explication peuvent être proposés selon qu'on s'intéresse à un phénomène générique ou spécifique.

Une explication nomologique (ou nomothétique) s'intéresse aux principes généraux qui rendent compte d'une classe de phénomènes qui diffèrent quant aux conditions particulières. Il s'agit d'expliquer pour quelles raisons générales telle ou telle classe de phénomènes est susceptible de se produire.

Une explication idiographique (ou idiothétique) s'intéresse aux conditions particulières qui rendent compte d'un phénomène spécifique, compte tenu de principes donnés. Il s'agit alors de comprendre les raisons particulières pour lesquelles tel phénomène se produit dans un contexte donné".

Erudit isolé? ...acteur engagé!

 

À l'heure présente, c'est ce type d'approche et de fonction syllogistique qui peuvent contribuer à éclairer le risque d'occurrence de la déflation en zone €, voire en Europe. Jean Tirole n'est toutefois pas qu'un érudit isolé, il est un acteur engagé: ainsi a-t-il proposé en 2003 aux côtés d'Olivier Blanchard (Chief economist du FMI) une taxe qui viserait les licenciements et aboutirait à graduer les cotisations des entreprises à l'assurance-chômage selon leur taux de licenciement. Ainsi, il est fondamental de mesurer que Jean Tirole est tout à la fois un économètre, mais aussi un homme d'économie politique ouvert vers d'autres disciplines qui permettent un cumul de savoirs, afin de tenter de mieux cerner les grands défis sociétaux.

À ce titre, on ne peut qu'être hautement admiratif face à un prix qui lui a été décerné en 2010: le prix Claude Lévi-Strauss qui consacre la qualité de travaux en sciences sociales. Économétrie et sciences sociales sont délicates à faire converger: Jean Tirole a su maîtriser + d'un obstacle méthodologique. Enfin, Jean Tirole est aussi un économiste connu pour ces recherches sur la régulation. Autrement dit, ses travaux ont aussi porté sur les conditions acceptables d'encadrement voire d'endiguement des forces du marché. À ce stade, il faut rappeler un point souvent méconnu: notre pays a su faire prospérer un courant de pensée, nommé "théorie de la Régulation", conceptualisé par Robert Boyer, Jacques Mistral et Michel Aglietta.

Pour ses créateurs, il existe une architecture donnée, à un instant t, des formes institutionnelles: par ex du rapport du salariat ou des relations sociales et de l'État. Cette idée de contextualiser l'économie dans un rapport à l'Histoire n'est pas partagée par la communauté des économistes. Beaucoup croient y voir un retour du déterminisme marxiste et du fameux sens de l'histoire. Pour Jean Tirole, ses travaux sont clairs: dans le cas de l'économie industrielle, il y a datation de certains processus.

Pour terminer, le prix Nobel de ce jour est aussi un auteur prolifique quant à la crise et quant à la régulation des banques. Dès 1997, 10ans avant les subprimes, Bengt Holmström ^ et Jean Tirole ont démontré l'urgence d'imposer aux banques un montant de fonds propres en proportion avec le volume de leurs actifs risqués. À rapprocher des travaux de la commission Lamfallussy et de la supervision bancaire en cours de déploiement en Europe suite au rapport du gouverneur Liikanen.

Pour mieux comprendre: Banques et rapport Liikanen, passion ou raison?

- L'auteur du billet de rajouter, comme gage de crédibilité:

[Ouvert à l'évolution des actifs (essor des immatériels et rapport sur la propriété intellectuelle co-émis avec Bernard Caillaud et Claude Henri) donc aux destins de groupes comme LVMH ou L'Oréal], ouvert aux sciences économiques transversales tout autant qu'au carrefour économétrique contemporain, ouvert au fait social, Jean Tirole est donc un économiste de véritable envergure qui mérite nos sincères félicitations collectives. 

Henri Poincaré a écrit (in "La science et l'hypothèse"): 

"Une accumulation de faits n'est pas + une science qu'un tas de pierres n'est une maison".

Dans l'œuvre et la vie de Tirole, les faits sont accumulés et soumis à un tel ordonnancement qu'il est bien question de science et de remarquable contribution à la maison commune.

source

proposé par mamadomi

art. cap nouveaux horizons n°300

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5 octobre 2014 7 05 /10 /octobre /2014 12:53

Mensonges, propagande et vidéo

 

Le tout, à coup de financements politiques et religieux pour réunir tous les réacs communautaires de France

Olé!!

Si on finançait le transport de tous les travailleurs pauvres et chômeurs forcés de France pour manifester en la faveur d'un revenu universel d'existence, on verrait le tableau!!!

prier

En vrac plusieurs raison d'être dans la rue...

d'abord, avant toute chose, manifester pour dénoncer le droit à manifester contre les droits d'autrui qui n'enlèvent pas les vôtres...

déjà c'était pas mal comme cause d'indignation!!

On ne reviendra pas sur l'acquis de l'égalité devant le mariage

et donc devant les impôts, devant la location et le crédit, la succession,

l'accompagnement du conjoint en fin de vie, la parentalité partagée, etc...

ensuite la GPA... toujours pas autorisée en France, qu'on se rassure

ailleurs elle est sujette à conditions strictes, encadrement vigilant et circonstances très très particulières, notamment entre soeurs, cousines ou amies de longue date... on va dire qu'il s'agit de don de soi, et de consentement mutuel sans monnayer la mise au monde d'un enfant désiré par tous, et accueilli par tous, dans la joie et sans mensonge...

mais, ces cas sont rares...

on doit pouvoir en tenir compte, et offrir un encadrement à cela.

non, le noeud c'est que la gestation pour autrui porte en elle le germe de la pauvreté, de l'objétisation des corps, du corps de la femme, de l'enfant comme un objet-cadeau-droit, qu'on peut choisir, pré-définir et rejeter quand il ne correspond pas à nos attentes... des risques, voire du scandale autour de la GPA... mais pas que

oui c'est peu discuté, ça peut être encadré;

et en tout état de cause, une fois qu'un enfant est né, quelles que soient les circonstances de sa conception, lui, est un humain qui a des droits, et valider son existence au sein du couple qui l'a accueilli est une question qui ne devrait même pas se poser, particulièrement pour tous les Croyants du monde.

Il ne s'agit pas de cas jurisprudentiel comme se plaît à dire le fn. Aucun lien entre la non autorisation de la GPA en France et l'actualisation de l'état civil d'un enfant, une fois la GPA pratiquée à l'étranger. Le combat contre la GPA doit se mener autrement, par la prévention, par Humeurl'octroi de visa vers les pays l'autorisant, avec le cas échéant une enquête de motivation sur les séjours longs permettant ces négociations à l'étranger, c'est facile de jeter un oeil sur les comptes bancaires et les démarches d'adoption et de PMA déjà faites sur le territoire français.

Les enfants nés par GPA à l'étranger ou en France n'ont pas à faire les frais sur leur identité et leur filiation ardemment désirée, du manque de vigilance et d'encadrement des lois anti-GPA.

http://i.supertoinette.com/s/recette_difficile.gif

toujours en vrac, la PMA: l'enfant n'est toujours pas un "droit", il représente des devoirs parentaux, des devoirs pour la société, pour l'état. Oui, avoir recours à la PMA, alors qu'il y a tant d'orphelins et d'enfants abandonnés, ou remis à l'assistance publique, et parfois malades, à adopter... c'est discutable.

Discutons de cette "facilité"/disposition, une fois que les autres options sont explorées, et c'est ce qui se fait aujourd'hui, ça relève de l'avis médical et psychologique, c'est encadré, et ça le sera aussi pour les couples homosexuels, on imagine aisément le devoir de réserve des équipes de PMA ne facilitera pas le parcours de ces couples... que les réticents se rassurent, ce distingo fera encore date quelques temps...!!!

Mais la PMA est là, accessible à certains couples, sous réserve de circonstances médicales, psychologiques, sociales et financières... pourquoi le serait-elle sous la réserve de la sexualité des parents...? à quand aussi une déclaration sur l'honneur pour non-transformisme, non pratique du sado-masochisme et pratique active de la sexualité hétéro!?! 

Dans les faits, ce sera pas facile, car les humains en charge se feront encore prier au nom de leur liberté de penser appliquée dans leur profession... mais la loi, elle, doit être respectueuse de notre constitution et de nos voeux égalitaires.

Oui, la société a évolué, et désormais, 65% des enfants sont élevés soit:

- dans des familles recomposées, avec des demi-frères et quasi-frères

- dans une famille monoparentale (par choix, divorce, séparation, décès, maladie...)

- dans des familles d'accueil

- dans des familles adoptives

- par les grands parents

- dans le cadre d'une garde partagée avec 2 familles: parfois 2 papas ET 2 mamans

- dans une famille qui n'a pas ou moitié de lien génétique avec eux, suite à une GPA ou une PMA avec don

- dans une famille constituée de 2 pères avec ou sans lien biologique

- dans une famille constituée de 2 mères, "

- dans une famille polygame

- par les aînés de la fratrie, parents absents, malades, emprisonnés ou décédés

- dans une famille nomade, donc "sans domicile fixe"

- par une gouvernante (parents absents, pour raison professionnelle par ex)

- par un oncle résident français, au titre de regroupement familial suite à une immigration clandestine qui aura mal tourné,

- dans un établissement d'accueil suite à abandon, ou à retrait de la famille 

sans compter ceux qui sont, indépendamment de tout cela:

- dans une famille sous le seuil de pauvreté (oh préjudice)

- dans une famille dysfonctionnelle ou violente, ou avec parents démissionnaires (oh préjudice encore et toujours...)

etc...etc...

en amour

La filiation et l'information de la filiation pour l'enfant doit faire l'objet d'un encadrement légal et d'un accompagnement psychologique/éducatif dont les termes se discutent, eux, sans que ça ne fasse excuse à délégitimer tout type de famille ou d'encadrement éducatif.


"le droit à un papa et une maman" est un idéal qui non seulement n'est dans les faits pas réalisable, ni possiblement garanti universellement, ni même souhaité universellement, parce qu'il touche à la liberté des hommes et des femmes,

mais qui représente un modèle familial qui lui, peut être discuté, dans le cadre non seulement de l'évolution de la société, mais de son état réel à l'instant t, tout simplement!!

Alors, si l'on veut lutter contre la pauvreté, qu'on le fasse, et nombre de problèmes tels que les marchés de la GPA tomberont avec!

Prendre le problème à l'envers aujourd'hui est de la pure manipulation

Or, l'essentiel de ceux qui manifestaient aujourd'hui avaient, video à l'appui, de toute évidence un niveau de vie largement supérieur à la moyenne, ... leur jugement moraliste ne peut-il s'accompagner de la clairvoyance à sortir des privilèges et à partager les ressources et le fruit du travail?

Oui la réac manif pour tous est contre tous, tous ceux, majoritaires qui ne répondent pas à un modèle ancien, qu'on le regrette ou non, et qu'on ne peut imposer.

Oui la réac manif pour tous était subventionnée, épaulée, instrumentalisée par un pouvoir dominant en place et qui tient à le rester, quels que soient les élus de pseudo-gauche ou de pseudo-droite modérée... eux, sont toujours dominants... même minoritaires...


Maintenant, à propos de classe dominante moralisatrice, en entendant régulièrement Zemmour, je me faisais la réflexion suivante.

Mille interlocuteurs déboutent à force d'argumentaires de poids chacune de ses assertions, de ses interprétations et manipulations de chiffres, de ses conjectures catastrophistes....

et pourtant, il se répète, répète inlassablement que tout le monde pense comme lui, qu'"il a le droit de dire" et de se l'octroyer unilatéralement, ce droit...

et de nier les chiffres, de nier la volonté du peuple et de trouver des torts aux autres, sans jamais se remettre en question...

le pouvoir de prendre la parole en public, et de prendre le public à témoin...

le pouvoir entre les mains de petit homme à grande gueule, passant du donneur de leçon au calimero selon les nécessités de la prise d'ascendance sur le dialogue, frustré de la dévirilisation du pouvoir, de devoir partager les droits et les devoirs avec les femmes, les homosexuels et les "étrangers"... la fin du privilège d'être un homme, français, blanc, de religion dominante, et de classe sociale et intellectuelle élevée.

Il dit par ex

"il est idéaliste de considérer des musulmans modérés et des musulmans extrémistes

je constate que tous les islamistes sont musulmans"

ce sont là ce qu'on appelle des propos fallacieux

fallacieux pourquoi?

je vais prendre un autre ex et appliquer la méthode rhétorique:

on peut dire aussi sur ce modèle:

il est idéaliste de considérer des chrétiens modérés et des chrétiens extrémistes

je constate que tous ceux qui manifestent contre le mariage pour tous sont des croyants non modérés de diverses religions, essentiellement chrétiens 

il n'est pas complètement erroné de formuler ainsi, mais ça nous avance à quoi ? 

si ce n'est à susciter du communautarisme, à insulter l'autre en le mettant dans des cases, en ne lui reconnaissant ni discernement ni droit d'exprimer son ressenti et ses choix de vie?

La réalité est:

ceux qui manifestent se réclament de leur morale et de l'importance qu'ils donnent à certains de leurs préceptes religieux + qu'à d'autres... religieux, mais pas tous; ils ne sont pas en priorité des croyants qui manifestent, mais des manifestants simplement.

on ne peut incriminer la religion au titre du fait qu'elle influence le jugement moral et, que ceux qui s'en réclament vont + ou moins étendre certains principes jusqu'au manque de discernement, de compassion, ou de tolérance!

a fortiori pour les terrorristes qui se réclament de l'Islam... qu'ils s'en réclament ne fait pas d'eux en priorité des musulmans, mais en priorité des terroristes...

idem pour les si mal nommés "pro-vie" capables de nier les droits et les conditions de la vie de la mère qui porte (rendue à l'état de ventre, de mère porteuse, la GPA de base, donner la vie parce que dieu l'a voulu, donner un enfant voulu par dieu quoi, en toutes circonstances, quite à abandonner son enfant à l'adoption + tard plutôt que de ne pas vouloir mener un amas de cellules jusqu'au stade foetal) et de tuer des médecins bien vivants pour protéger potentiellement des embryons indésirés à venir - et même pas encore conçus!!

On n'comprend pas trop, la Gestation Pour Autrui (GPA) est bien quand c'est "Dieu qui veut", même si pour ça, les autres enfants déjà nés vont moins bien manger, même si le papa s'en va, même si ya pas de papa? même si la maman risque sa vie, sa santé, même si un trauma est à la source de cette conception forcée? 

Savent-ils seulement que c'est justement le + souvent parce qu'elles veulent "une maman + un papa" pour leur futur enfant que les femmes avortent et reportent à + tard?

un terrorisme idéologique qui se réclame d'une morale religieuse donc...

alors qu'aucune religion de permet de tuer son prochain déjà né à ce monde, et en +, par prévention (cf minority report).

Humeur 

En observant les interventions médiatisées, de + en + on voit cette décomplexion à poser ses argumentaires comme zemmour:Smiley divers

- "je ne suis que le reflet de la réalité"

>> et de s'en féliciter tout seul, quel orgueil! quel pétition de principe! indiscutable

il est le nombril, le modèle de ce monde, ... un reflet... et il se plaît!!

- "je ne souffle pas sur les braises, je dis la réalité, c'est votre déni qui souffle sur les braises"

>> hop retournement de la faute, par une assertion non étayée, de son cru

ce n'est pas un contre argument, une défense construite, non, il se contente d'asséner le contraire.

- "les musulmans vont remplacer les chrétiens dans le monde..."

>> et alors? dans la pratique, un musulman moyen, d'une pratique compatible avec la démocratie, quel est le problème? l'Islam de la majorité est + dangereux que le Christianisme de la majorité? C'est pas ce que l'Histoire nous apprend...

et quand on lui demande combien ya t il de musulmans, combien vont-ils être après demain, y a pas de chiffres

c'est une assertion, il la pose, il fait peur

ya rien pour étayer; ya des études, mais il n'en tient pas compte

il y a 6% de musulmans en Europe, en 2030 on évalue à 8%, si les droits des femmes musulmanes dans les états laïcs n'évoluent pas + rapidement afin de les protéger de l'esclavage des naissances, et de la polygamie forcée parfois... ouah...

réponse: "les chiffres on peut leur faire dire ce qu'on veut...!!"  pourtant, il en use!

alors, si on reste sur ce schéma,

si j'assimile tous les chrétiens à ceux qui sont terroristes, criminels, déviants sexuels, je vais m'inquiéter de la croissance du peuple chrétien en Europe!?

bon abrégeons le compte rendu rhétorique, il ne fait plus aucun doute, sur le caractère hautement sophiste et le fantasme de toute puissance de ce chroniqueur qui, face à des responsables politiques ou des écrivains se comporte non pas en interviewer ou en journaliste, mais en orateur à écouter religieusement, sa parole étant parole d'évangile...

il est "notre" miroir, oui, pas celui de la réalité, mais le miroir de nos petitesses de vues, de nos regards biaisés, de notre manque d'éthique dans l'observation causale...

      

maintenant son attitude soulève un point important, dans cet appel à la peur de l'islam, derrière cette notion de "ya pas à idéaliser un islam modéré et un islam extrémiste"

en quoi la religion musulmane peut représenter un danger en elle-même? déjà!!

qui amène en parallèle:

en quoi la religion chrétienne peut représenter un danger en elle-même?

on a eu des croisades, l'inquisition, des interdits divers au nom de la religion chrétienne: pas porter de préservatif, pas avorter, pas forniquer avant le mariage (citons!), hier encore refus de la PMA... et aujourd'hui refus de valider l'identité des enfants issus de GPA, etc... refus du mariage indépendant du genre, refus aux homosexuels de l'adoption d'enfants à qui on ne ment pas sur leur conception, mais à qui on offre 2 parents alors que parfois même un seul adulte peu adopter (des femmes seules adoptent!), ...

on procèdera au même questionnement avec la religion de la Torah, et les colonisations en palestine par ex...

 couleurs

...alors pour cette réac manif pour toute une partie et contre toutes les autres, une quantité incroyable de mensonges et d'amalgames sur cette extension des droits à chaque citoyen indépendamment de toute considération de sexe, de genre, de religion, d'origines nationales de son pédigrée... une extension aux droits pour tous, qui n'enlève aucun droit à ceux qui les ont déjà... juste la disparition très naturelle et très tardive dans notre démocratie, dans un domaine, un seul, de la notion de privilège, de cette triste réalité d'aujourd'hui qui veut encore non pas des "citoyens modèles"

mais "un modèle de citoyen"

ou un "idéal standard français blanc chrétien"...

en quoi la religion est-elle dangereuse

sinon quand elle s'évertue à refuser l'application de la laïcité?

A étatiser les principes moraux qui lui sont propres?

A déterminer qu'un groupe majoritaire peut imposer à tous les autres ses principes moraux liés à sa religion, et non des principes éthiques légaux communs à tous les groupes constituant l'état? 

N'est-il pas étrange cet écho entre la modélisation dans la manif dite "pour tous" se revendiquant d'un combat de civilisation et le djihad mené par un "état" autoproclamé "islamiste" se revendiquant d'une civilisation supérieure?

Suffocant.

ceux qui refusent cette uniformisation de la loi autour du principe de laïcité sont aussi ceux qui ont peur des autres...

ils ont peur que la vie collective entre personnes aux moeurs, us, coutumes, sexualité, niveau de vie sociale même différents puisse être une remise en cause de leurs choix de vie... peur de la réalité, ils vivent dans le fantasme d'être et de demeurer un modèle universel, et d'en soutirer des privilèges impartageables.

  

être réactionnaire c'est regretter le temps d'avant, prétendre que les changements de société ne peuvent que porter le malheur, ne vouloir s'occuper que de sa rue, ne se mêler d'aucun malheur d'aucun autre, et se prendre pour modèle, que les autres doivent suivre...

un déni d'évolution en soi

même si on en avait le désir, personne ne pourrait revenir en arrière...

vivre c'est avancer

vivre ensemble c'est avancer ensemble en se respectant et sans domination,

sans distingo, sinon, les + pauvres trouvent des recours tels que vendre leur corps, tout ou partie... brader leur potentiel travail... et ça retombe sur ceux qui pensaient dominer en toute simplicité... comme boomerang...

vivre ensemble sans domination, c'est ça, ou se faire la guerre... et vous verrez les mêmes récuser l'intervention contre les libertés bafouées ailleurs... et qui se plaignent que ceux qu'on n'aide pas à se défendre ailleurs viennent se protéger chez nous... 

les réacs décidément sont perclus d'incohérence, d'ambivalence et surtout

pétris de peur.

ils sont des privilégiés qui entendent le rester, en endoctrinant leurs enfants

en battant le pavé de propagandes idéalistes et moralisatrices d'un autre temps, d'un temps qui n'a jamais existé que dans le monde étriqué qu'ils s'étaient décidé, 

scandant des appels moralisateurs décalés et des mensonges sur des risques des autres modèles familiaux (ils ne parlent pas de "modèle éducatif" du reste!), faisant diversion sur le droit aux deux parents différemment sexués, ... pour faire oublier l'homophobie de la plupart d'entre eux...

des hommes et des femmes se suicident, tous les jours, pour être en situation d'exclusion au titre de leur homosexualité

arf, on a dit et redit... mais c'est comme pisser dans un violon, le déni est + fort... la force de la propagande et de l'entre-soi qui ne veut pas entendre... c'est terrible

c'était déjà le terreau du collaborationnisme raciste... pourtant... qui pariera qu'il y a un lien entre ce comportement et l'éducation mono-culturelle reçue?

 

Rappelons que la France n'est pas un modèle universel, que la "famille française" n'est pas le seul mode de vie sur la planète, et que le modèle français n'est pas la famille chrétienne d'un autre siècle.

La France est multiculturelle et laïque, dans l'état, la nation, les lois religieuses ne dominent pas la loi laïque. 

Les droits des uns ne détruisent pas ceux des autres.

Les enfants biologiques, adoptés, conçus par GPA ou PMA, les demi-frères, les orphelins, existent tous depuis longtemps et on ne leur propose pourtant pas toujours

ce fameux modèle jugé idéal de vivre avec les 2 parents des 2 sexes qui les ont conçus.

65% des enfants ne sont pas dans ce schéma... et ce n'est de la faute à personne. Ce n'est pas forcément un mal pour eux, ni pour la société. C'est un constat.

La violence et la pauvreté font qu'aucun choix n'y est idéal, par contre.

 

marreLes réacs qui sont encore dans la rue aujourd'hui sont pour l'essentiel homophobes, ne vous y trompez pas, cette manifestation récuse aux homosexuels l'accession aux droits communs à tous.

Et les mensonges concernant le détournement d'attention sur les supposés préjudices aux enfants, mensonges aux enfants, ne trompent personne.

Les nombreux enfants aujourd'hui qui ne sont majoritairement pas élevés par leurs deux parents géniteurs dans le mariage hétérosexuel, ne vivent pas dans le mensonge, ils vivent bien, ils sont bien élevés dans notre France d'aujourd'hui. Tant qu'ils sont reconnus et encadrés par les aides sociales, l'éducation nationale et l'accompagnement psychologique et social le cas échéant.

 

Soyez bienveillants pour tous et pas seulement pour ceux que vous choisissez (enfants, hétérosexuels, chrétiens, français...etc...)

Soyez vrais: actez des réalités concernant les naissances, les couples, le multiculturalisme

Soyez utiles: actualisez les droits dès qu'ils excluent une frange de la population, encadrez les faits de société de ce maintien du seul modèle que nous ayons en commun:

Liberté, Egalité, Fraternité.

La réac-manif pour tous c'est la liberté des uns contre celle des autres, contre l'égalité, contre la fraternité multiculturelle.

Le mariage pour tous, les enfants pour tous, les droits pour tous,

c'est la liberté d'être, de vivre, d'aimer,

l'égalité de droits dans cette liberté et

la fraternité de se respecter dans cette liberté

... liberté qui ne changera rien de la nature des gens et des liens qui les unissent,

mais leur facilitera la socialisation et le financement du quotidien.

 

par mamadomi

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27 septembre 2014 6 27 /09 /septembre /2014 22:23

Il est temps pour le divin masculin d'émerger

 

Qu’est ce que cela signifie ? Il s’agit d’un appel à l’éveil pour que chacun puisse incarner leur plus haut potentiel d’énergie masculine.
Plutôt que de perpétuer une approche déséquilibrée de la création qui conduit finalement à la destruction et au chaos, c’est une chance réelle pour nous de pouvoir embrasser et exprimer notre intégrité, honnêteté, dignité et compassion.

Il s’agit d’autoriser l’énergie féminine émergente de se fondre avec notre masculin pour faire des choix éclairés et aimants.
En reconnaissant et en intégrant consciemment notre imagination, notre intuition et nos sentiments avec courage, force et le cœur ouvert, nous mettons au jour un nouveau monde où l’amour, la sagesse et la puissance sont toujours en équilibre.

Harold W. Becker, source
proposé par mamadomi
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