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L'évitement du conflit


L'évitement du conflit
devenu théorie thérapeutique et pédagogique

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"petite" parenthèse, suite à un échange avec Echecs sur ce blog

Carl Rogers, une autodétermination obstinée qui brave les interdits avec audace et tact, tout en gardant une posture rassurante et bienveillante. Son art de l'évitement du conflit, il le transforme en une approche thérapeutique sur mesure, où le thérapeute est centré sur le client et lui fournit une aide à son autodétermination, à travers empathie, authenticité et acceptation positive: des qualités que l'on reconnaît fort bien.

Hiérarchie de ses centres (instinctif, mental et émotionnel), expression de son orientation et de son ombre la compulsion, manifestation de chacun de ces centres, à commencer par le centre mental (fixation et idée supérieure), le centre émotionnel (passion et vertu) et les instincts (conservation, social et sexuel) seront traités ici. (si vous voulez approfondir vous pouvez suivre le lien du texte complet en module "mirifique" en colonne de gauche ou cliquer ici)

 

Carl Rogers, tantôt homme d'action et de détermination (...)tantôt homme de science (...)tantôt homme de sensibilité (...), voilà ce qui se dégage au premier abord du profil de Carl Rogers. Aucun centre ne semble prédominer, aucun centre ne semble être réprimé.

Pourtant, il semble donner un aperçu de sa hiérarchie des centres ici: "Je crains de n'être pas aussi sensible que certains thérapeutes aux moindres nuances de l'expérience humaine. Je suis sûr de ne pas être mû par la seule curiosité comme le sont les meilleurs savants. Et pourtant cette compréhension sensible et subjective et cette curiosité objective et détachée sont deux aspects très réels de ma vie." Il "craint" de n'être pas aussi "sensible","sûr" de ne pas être mû par la seule "curiosité intellectuelle" des meilleurs savants. De la même manière, en revenant sur un congrès organisé par le mouvement des étudiants bénévoles à des moines, auquel il assiste en tant qu'étudiant, il écrit: "Je suis gêné aujourd'hui quand je relis le journal hautement idéaliste et chargé en émotion que je tenais alors." Encore une fois, l'émotionnel et le mental sont en bonnes places. (...)Et s'il ne compare son activité à d'autres, c'est peut-être parce qu'il ne doute pas de sa capacité d'action.

Dans son autobiographie, l'activité et la détermination transpirent à chaque chapitre de sa vie. Élevé à la ferme, il semble qu'il ait eu un environnement propice pour développer son penchant naturel pour l'activité: "Je me levais à 5 heures du matin ou même plus tôt et devais traire, le matin comme le soir, une douzaine de vaches, tout en allant à l'école." Il passait les mois d'été à labourer toute la journée, ce qui représentait pour lui "une leçon d'indépendance" que d'être son "propre maître; loin de tous les autres."

 

L'indépendance et la détermination sont toujours présentes bien plus tard: "Je me rends compte avec quelle obstination j'ai suivi ma route, sans trop me préoccuper de savoir si j'étais ou non dans la ligne de mon groupe de référence." Ou encore "Je suis capable de faire preuve d'une détermination acharnée quand il s'agit de terminer un travail ou de gagner une bataille."

Propre maître, obstination, détermination acharnée, bataille, voilà quelques mots et problématiques que l'on retrouve en premier plan chez les instinctifs. Cette autodétermination en particulier qui ressort très nettement tout au long de son observation introspective et rétroactive sur son parcours. N'en fera-t-il pas d'ailleurs la pierre angulaire de son approche?

 

Enfin, à l'âge de 70 ans, que fait Carl Rogers? Il passe une grande partie de son temps à jardiner: "Faire pousser des fleurs est un passe-temps que je goûte profondément." Il ajoute "J'adore faire pousser les choses, les plantes, comme les idées et les êtres." Faire pousser met bien là encore tout le corps en mouvement tout en requérant de l'entraînement, de l'endurance, de la persévérance et de la patience: des qualités parfaitement appropriées pour décrire un centre instinctif bien ancré. (...)

Il souligne souvent l'importance que revêt le monde des idées et des concepts dans son développement : "J'avais envie d'un champ d'action où ma liberté de pensée ne serait sûrement pas limitée" De son voyage en Asie en tant que jeune étudiant, il parle de ses lectures, discussions et "affinités intellectuelles" et observe que son "horizon intellectuel s'élargit de manière incroyable pendant toute cette période" Enfin, à son retour à l'université, il participe aux débats publics et décrit cette expérience ainsi: "C'était surprenant, enivrant, que de se découvrir capable d'aborder un sujet totalement inconnu — dans mon cas l'arbitrage obligatoire des conflits sociaux, de travailler dessus huit bonnes heures par jour pendant plusieurs semaines, et d'arriver au bout raisonnablement bien informé." Il conclut: "J'y acquis une certaine confiance dans mes capacités à aborder un nouveau problème intellectuel et à le maîtriser". Nous voyons bien là l'usage de son centre mental pour découvrir, décortiquer et maîtriser un sujet.

 
Concernant les émotions, Carl Rogers préfère le terme "je sens" (I feel): "C'est un terme que j'utilise énormément, et j'y attache une importance plus grande que purement émotionnelle." Il ajoute qu'il "considère qu'il exprime le sens personnel et sensibilisé de toute expérience", ce qui induit "une signification personnelle sentimentalisée" de l'expérience. En d'autres termes, est important ce que l’expérience présente fait remonter en lui du passé et qui constitue le lien avec la situation, le ressenti présent. Nous voyons bien là le rattachement du présent avec le passé, comme une juxtaposition qui n'est pas sans rappeler le mécanisme de comparaison continue du centre instinctif entre présent et passé. 
(...)

Un des secrets de l'approche rogérienne: une capacité d'écoute hors du commun, transmise par une posture apaisante, qui génère un doux sentiment de soulagement.

(...)

Sa conception de l'enseignement est également bien cohérente avec son orientation: "Il nous est impossible d'enseigner quelque chose à quelqu'un. Nous pouvons seulement faciliter l'apprentissage personnel d'autrui." Et de poursuivre: "Je réussis à trouver des moyens qui donnaient aux étudiants toute liberté pour poursuivre leurs propres buts, pour faire leur apprentissage personnel." Nous décelons bien là encore la volonté de non diriger et de soutenir l'élan de l'autre, ici l'étudiant.

Précisons également l'intérêt de Carl Rogers pour les grandes causes. Dès la fin de ses études, il écrira un article sur La source de l'autorité chez Martin Luther King, puis un mémoire sur Le pacifisme de John Wycliff, deux humanistes notoires. Rappelons d'ailleurs qu'au cours de sa vie, Carl Rogers s'est engagé dans des ateliers de la paix dans de nombreux pays, de l'Afrique du Sud à la Pologne, en passant par le Brésil et l'Australie. Jimmy Carter reconnaissait en lui "un faiseur de paix universellement connu et hautement respecté". Carl Rogers sera célébré deux fois de suite comme "l'humaniste de l'année" par l'Association Humaniste Américaine

Carl Rogers, l'homme de paix, le pacifiste: l'acceptation et le soutien poussés à leur paroxysme. 
Compulsion: évitement du conflit

"J'ai souvent été un fauteur de troubles. C'est que j'ai été impliqué dans toutes sortes de conflits, de batailles professionnelles. Je me rends compte aujourd'hui que j'ai toujours adopté une stratégie qui consistait à sauter l'obstacle." 

Carl Rogers fait allusion à ses divergences de point de vue avec le psychologue béhavioriste Burrhus F. Skinner sur la liberté de l'homme en ces termes: "Nous restons amicalement ennemis"

Malgré cet évitement, ne pensons pas un instant que la détermination du personnage s'amenuise: "Tout au long de ma vie professionnelle, j'ai pensé qu'il était stupide et dommage de combattre directement pour réaliser mes buts." La stratégie du saut de l'obstacle est encore ici perceptible, avec toujours en toile de fond l'approche du fin diplomate: combattre directement non, mais indirectement sûrement, comme il nous laisse le discerner à propos d'un conflit avec des collègues psychiatres: "Il s'ensuivit une longue et amère bataille, avec de nombreux revirements; mais pour finir, je gagnai."

(...)

Un événement majeur de la vie de Carl Rogers est son voyage en Orient alors qu'il n'a que 20 ans. Choisi par le WSCF (World Student Christian Federation) avec 11 autres camarades pour représenter les étudiants américains à la conférence internationale du WSCF à Pékin, il vivra là une très grande stimulation intellectuelle qui initiera une profonde transformation de ses idées, notamment religieuses. Il écrivait ses changements dans son journal et, n'en pouvant plus de garder tout cela pour lui, il envoya finalement une copie de son journal à ses parents, dont les réactions mettront deux mois à lui parvenir: "Lorsque je connus leurs réactions, j'avais complètement changé de point de vue. C'est ainsi qu'avec le minimum de douleur, je brisais les liens intellectuels et religieux qui m'attachaient aux miens."
(...)

La crainte du conflit transparaît très nettement dans cet épisode crucial de sa vie, et surtout la satisfaction personnelle et le soulagement salvateur d'avoir su l'éviter.

L'évitement du conflit est le socle sur lequel s'est construite l'approche d'auto-direction de Carl Rogers. Contrairement à la traduction française communément répandue de non-directivité, l'auto-direction est un concept plus large qui englobe autodétermination, autorégulation et auto-efficacité, et qui vise à faire confiance au client pour trouver ses propres réponses à ses questions: une manière habile d'éviter de faire face à des résistances et à un conflit potentiel.

Mécanisme de défense: narcotisation

"J'apparais sous mon plus mauvais jour si l'on attend de moi un rôle de leader ou simplement de personnage impressionnant… Je me renferme dans ma coquille et me comporte comme la personne la plus terne de la compagnie."

Face à une contrainte extérieure qui l'amène à prendre ouvertement et fermement position sur un thème où il ne sait pas encore ce qu'il veut ou ne veut pas, alors Carl Rogers se replie sur lui et enclenche son mécanisme de défense de narcotisation. Celui-ci était déjà bien en place dès son adolescence: "Lire était échapper à ma part de travail ménager ou oublier délicieusement, tout ce qu'on m'avait dit de faire."

 

Face à une importante démonstration à mener à Harvard sur l'enseignement centré sur l'élève, où il ne sait comment aborder le sujet, Carl Rogers procrastine: "À ce moment-là, je partais pour Mexico… Là, je passais mon temps à peindre, à écrire, à faire de la photographie". Parfois, plus critique quand la narcotisation et l'inertie se conjuguent, il n'hésite pas à dire de lui-même: "J'ai tendance à m'encroûter dans ce que je fais".

(...)

Carl Rogers choisit comme "narcotique" tantôt les loisirs, tantôt le travail. L'angoisse du conflit active le mécanisme de défense de narcotisation, qui conjointement l'amène à la paresse à se connaître et à l'oubli de soi.

Fixation et idée supérieure: oubli de soi et amour

"La compréhension comporte un risque. Si je me permets de comprendre vraiment une autre personne, il se pourrait que cette compréhension me fasse changer." Une acceptation et un soutien tel, qu'il pourrait oublier ce qu'il est et ce qu'il pense.

(...)

Passion et vertu: paresse et activité

"Je m'intéresse à des tas de choses ; comme la photo couleur… J'aime jardiner et soigner chaque plante et chaque bourgeon. J'aime construire des mobiles. Je m'intéresse à la peinture et j'ai moi-même manié le pinceau, j'aime la menuiserie. Je m'intéresse aux cultures étrangères et plus particulièrement aux primitifs." Et il ajoute immédiatement: "C'est assez dire que mon travail professionnel ne représente pas les tenants et les aboutissants de mon existence."

Voilà un des nombreux paradoxes perceptibles dans le discours autobiographique de Carl Rogers, car le moins que l'on puisse dire est que l'activité professionnelle a pris une part très conséquente dans sa vie. Ses articles, documents, ouvrages se comptent en plusieurs centaines, et à cela s'ajoutent les très nombreuses responsabilités qu'il a assumées tout au long de sa carrière. Aussi, nul doute que Carl Rogers est ici tantôt au contact de sa passion de paresse à se connaître (dispersions culturelles), tantôt au contact de sa contrepassion d'hyperactivité (suractivité professionnelle), qui l'éloignent du regard introspectif, de ses sentiments propres et de ses conflits intérieurs. Comment ne pas voir ici aussi dans le manque de reconnaissance qu'il accorde à son propre travail, une trace de sa fixation d'oubli de soi?

(...)

"Si je parviens à exprimer mon être dans sa profondeur, je déclenche une résonance en autrui. C'est pour moi comme pour autrui un résultat positif" et d'ajouter en guise de conclusion: "Je me suis mis progressivement à me révéler à autrui avec plus de hardiesse."

(...)

Domaine de préoccupation et sa dichotomie: spiritualité, croyant–sceptique

La spiritualité comme préoccupation fondamentale du personnage et sa dichotomie: la conviction et l'implication totale, ou au contraire le doute et le retrait sceptique. Revenons donc sur le congrès organisé par le mouvement des étudiants bénévoles à des moines dont le slogan était: "Notre génération évangélisera le monde."  Voici comment Carl Rogers se positionnait par rapport à ce slogan: "Religieux que j'étais, je trouvais cet objectif enthousiasmant." Il montre bien là son implication et la profondeur de sa foi. Rappelons qu'il s'engagea alors dans une voie pour devenir pasteur, et c'est en tant que membre actif du YMCA (Young Men Christian Association) qu'il part peu de temps après pour ce voyage stimulant en Asie. Là, les riches échanges font émerger son scepticisme: "Peut-être Jésus était un homme comme les autres et non d'essence divine." Finalement quelque temps plus tard encore: "Je décidais de m'écarter du ministère religieux parce que, tout en m'intéressant profondément aux questions sur le sens de la vie, […] il m'apparaissait impossible d'exercer une profession où il me faudrait croire en une doctrine religieuse particulière."

Même bien plus tard, cette dichotomie continue de s'afficher: "Une autre préoccupation dominante est, pour moi, la tension et la division que je ressens à l'intérieur de moi-même entre la sensibilité et la subjectivité du thérapeute, et l'objectivité rigoureuse du chercheur." La tension entre la croyance subjective et le scepticisme objectif.
(...)
  

L'orientation de l'ennéatype peut être la manifestation du meilleur et du pire. Le pire, c'est l'enfermement dans ses mécanismes égotiques, le repli sur soi, l'inaction, la peur et le désarroi(...). Le meilleur  c'est la connexion à l'essence, la partie la plus libre et profonde de notre être, l'ouverture aux autres et la contagion de l'orientation à l'environnement qui comprend alors l'apport substantiel de cette qualité intrinsèque à l'ennéatype dans l'harmonie de l'Être: ce que Carl Rogers fit découvrir à sa noble mesure au travers de ses travaux scientifiques et des groupes de rencontre qu'il anima et continue de faire répandre aujourd'hui.

Sources:

André de Peretti, La vie et l'œuvre de Carl Rogers, Journal des Psychologues, nov 1987
Vidéos Carl Rogers sur YouTube

Jean-Philippe Poupard
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M
-->> c'est vrai qu'il importe peu en soi de savoir qui est l'autre, ce qui importe c'est la part de vérité à laquelle accéder pour s'harmoniser<br /> <br /> s'harmoniser sur le dire du ressenti ou de la croyance d'être de l'autre est une illusion dans laquelle il faut assumer les conséquences de l'implication ...<br /> qui sont rarement durablement agréables...<br /> nous partageons beaucoup d'illusions je te le concède<br /> nous nous rencontrons le plus souvent sur des malentendus... il est vrai :o)<br /> <br /> quand je parle d'évitement du conflit j'entends que c'est la recherche usuelle, la quête d'harmonie à tout prix, quitte à ce que l'écoute feinte comme tu dis prime sur l'intention profonde<br /> <br /> laisser l'autre tout dire et accepter, c'est évidemment pas simple mais souvent univoque!!! celui qui crache son venin, sans utilité immédiate ou à terme, je suis désolée de te le dire, sa place et de cracher son venin auprès d'un spécialiste, aucun proche n'a à supporter cela...<br /> quand on exprime des reproches vains, sans proposer de solutions, exprimer d'attente ou d'émotions, on n'est pas dans la communication, on est dans la violence verbale<br /> il faut différencier dans la communication et dans l'écoute ce qui construit et ce qui détruit<br /> <br /> alors écouter oui, mais pas subir ce qui est vain<br /> un reproche sans suite mais qui laisse l'autre impossible à satisfaire, c'est à nouveau laisser prise à la manipulation...<br /> ceux qui sont éternellement insatisfaits (cherchent leur confort et leur bonheur dans les attentes à combler par les autres) sont légions<br /> <br /> alors évidemment on peut n'aborder que l'utopie... quand les deux interlocuteurs ont à coeur de s'exprimer, de communiquer leur ressenti, de s'harmoniser, de partager, de se connaître... <br /> vivre dans l'amour et la tendresse, à deux (quelque soit le binôme) c'est un projet à partager<br /> <br /> là où les vraies questions se posent (à savoir le comment faire pour que l'harmonie soit, ou au moins la paix dans la communication de l'être) c'est quand cette aspiration est univoque.<br /> <br /> on pourra toujours arguer que nul n'est l'autre, et que l'interaction, quelle qu'elle soit est utile, au-delà de notre entendement...:)<br /> mais là je reconnais que j'ai encore du travail à faire, celui de la non réactivité instantanée.. celui de privilégier la voie centrale...<br /> ah le mental... enfin, comme tu vois :))
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E
Je suis d'accord sur le fait que certains ne disent rien et se cachent pour ne rien dire.<br /> <br /> Je ne te suis pas sur "ce que l'on pense être ou ce que l'on pense que l'autre est".<br /> Effectivement, ça entre en compte mais justement l'écoute rogérienne, c'est laisser la place à l'autre et essayer de reformuler pour voir si on a bien compris ce que dit l'autre. Et je garantis que lorsque l'autre nous écoute, on sait tout de suite s'il nous comprend ou non, s'il projette ou non. Il peut y a voir une illusion d'une rencontre, c'est à dire que celui qui parle croit que l'autre le comprend. Mais cette illusion reste libératrice car ce qui compte au fond des choses, c'est que nous même nous comprenions, nous écoutons. La plupart du temps la vraie rencontre se fait sur des choses que celui qui écoute a vécu (car autrement c'est beaucoup plus difficile) d'où la difficulté car l'écoute peut disparaître dès que le même vécu n'est plus là.<br /> <br /> Quant à l'évitement du conflit, je ne comprends pas ce que tu veux dire. Le principe rogérien, c'est de laisser l'autre tout dire et accepter que ces choses puissent être dites, que ces choses sont valables et ont une rasion quezlle quelle soit. Ce n'est pas une fuite du conflit, au contraire c'est son avénement, son acceptation, faire avec.<br /> <br /> L'objectif n'est pas de retranscrire ce que vit l'autre par le langage mais de lui permettre, lui , de comprendre ce qu'il vit et ça passe, la plupart du temps par une compréhension de ce qu'il vit, pas de ce qu'il est réellement (ça on s'en fout). Une fois compris ce que l'autre vit, il va beaucoup mieux et les sens se modifient. Et ça c'est possible, je te le garantis.<br /> <br /> Pour finir et ça je l'ai vécu et ça a changé ma vie, ce qui compte ce n'est pas tant soit d'être dans une situation d'écoute qui est artificielle et donc déjà dévoyée (mais souvent on ne peut pas faire autrement) mais d'être totalement accepté dans ce que l'on est, donner et prendre entièrement. Lorsque cette situation est réciproque, on tombe dans le domaine du magique, de la guérison tout en ayant toujours en tête que l'on vit ce que l'on est et qu'en fait, on ne le change pas mais on apprend à l'aimer et à le faire vivre dans l'amour et la tendresse.<br /> <br /> Yves
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M
-->> oui c'est juste, c'est une attitude qui peut être positive, cependant "ce que l'on pense être" ou "ce que l'on pense que l'autre est" ça reste une identification directe ou par procuration qui n'est pas simplement la réalité présente<br /> écouter l'un ou l'autre est une erreur à mon sens<br /> ce qui est à l'instant t peut n'être absolument pas retranscrit par le langage (verbal ou non verbal) de celui qu'on écoute<br /> c'est parfois une erreur d'identification de l'intérieur contre une erreur d'identification de l'extérieur...<br /> bien sûr l'une des options évite le conflits, mais la vérité, elle, n'est pas.<br /> je reste vigilante à user de discernement, certains portent et présentent des masques qui adhèrent tant, qu'ils croient eux-mêmes être ce qu'ils se prétendent, dès lors la communication de l'aveuglement docile dans la crainte de tout conflit, rend le rapport d'écoute inutile pour celui qui écoute (aucune réalité perçue, aucune adaptation utile possible) et rend le rapport de communication manipulateur pour celui qui s'exprime, puisqu'il maîtrise un jeu d'apparence et de relation de cause à effet biaisé<br /> <br /> l'écoute sans conflit c'est aussi PARFOIS une ouverture à la manipulation, le tout est de savoir si l'on a envie d'entrer dans le monde virtuel de l'autre...<br /> <br /> enfin sur mon parcours, c'est la limite que j'ai pu en définir... ne jamais quitter son discernement au nom d'une technique aveuglément applicable...<br /> l'absolue solution n'existe pas (pas mentalement, lol)<br /> après restent les vibrations...héhé
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E
Il n'y a pas de problème Mamalilou. L'Approche Centrée sur la Personne est pour moi une façon d'être. Mon souhait est de m'approcher le plus possible ce cette position immédiate d'écoute de l'autre, de le laisser dire ce qu'il est en laissant de côté ce que je pense qu'il est. <br /> Pas facile ! ni pour moi, ni pour celui que j'écoute.<br /> <br /> Yves
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M
-->> :o))<br /> belle approche centrée, tu aurais aussi pu m'envoyer directement sur le lien de ton article de fin avril!!!<br /> http://www.echecs31.info/article-30796554.html<br /> tu croyais que je n'avais pas lu?!!! <br /> héhé<br /> je me rattrape, je vais commenter chez toi du coup :)
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