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On peut facilement, dans un aller-retour permanent, faire une comparaison entre société humaine et organisme vivant. Comme des êtres vivants, les sociétés humaines apparaissent, issues d’autres sociétés plus vieilles, se développent, s’engagent vers une apogée, entament leur déclin; c’est-à-dire qu’elles naissent, grandissent, vivent et meurent: ce sont là les premières caractéristiques du Vivant…
Sans aucun doute, si l'on regarde la société dans son ensemble, on voit parfaitement que c'est un organisme vivant avec des organes qui remplissent des fonctions, comme le fait tout corps animal ou humain.
Il y a par exemple, des fonctions de nutrition (agriculture, industrie alimentaire, restaurations, cantines…), des fonctions d'évacuation (ramassage d’ordures, industrie de recyclage…), des fonctions de défense contre les micro-organismes (police, gendarmerie…), des fonctions de réflexion (recherche, sciences…) etc.
Des flux circulent à l’intérieur de ce corps et lui permettent de fonctionner. Des maladies, des névroses l’atteignent… L’humanité respire, délire, invente, se distrait. Elle aime, elle hait, elle met en place des tabous, pratique des religions.
Elle se nourrit, se déplace, s’active pour assurer son maintien homéostatique, cherche à se reproduire pour assurer sa survie sur d’autres territoires : elle envisage de créer une progéniture capable de quitter le berceau de sa planète natale, pour vivre ailleurs, plus loin, par-delà les étoiles…
La société actuelle, influencée par la pensée occidentale est visiblement en pleine décadence, proche de la démence sénile. Il suffit de comparer ce qu’il se passe aujourd’hui avec ce qu’il se passait dans d’autres civilisations, autrefois, juste avant que de nouvelles civilisations, plus jeunes et plus vitales, ne les remplacent.
Ainsi, sur la décomposition sociale actuelle, discrètement mais inévitablement, sont en train de pousser les germes d’une nouvelle société, plus consciente de ses responsabilités, plus soucieuse de simplicité et de compassion. Pour beaucoup de personnes, l’exploitation grandissante des autres humains, des animaux et des plantes devient absolument intolérable. Ces personnes changent de comportement et leur nombre augmente chaque jour... Par exemple, on voit de plus en plus de personnes se détourner de la mode, amorcer un style de vie simplifié, ou devenir "flexitariens"* voire végétariens... Ce sont les cellules d'un nouvel organisme humain qui amorce sa venue au monde.
* personnes qui, sans être à 100% végétariennes, réduisent leur consommation carnée de manière notable.
Bref, la société humaine a toutes les caractéristiques d’un être vivant. Comme un hologramme, elle est semblable à l’un des membres qui la compose, un humain. L’analogie entre une société et notre propre corps est évidente:
il est donc tout naturel de prendre par commodité
et par affinité le modèle du corps humain
et de sa physiologie.
C’est ce modèle qui sert de cadre à la bioéconomie, qui permet de comprendre la pathologie actuelle de l’économie mondiale et qui offre l’image de ce que peut être une économie biocentrique, c’est-à-dire, mettant la Vie au centre.
Il s'agit donc d'observer chaque élément de notre économie actuelle avec la vision du Vivant, de comparer chacune de ses décisions, de ses conséquences avec ce qui se passe dans un organisme en bonne santé. Ainsi on peut voir tout ce qui mène à la mort ou ce qui apporte la vie à notre organisme planétaire humain. Sous ce nouvel angle de vision, l'économie peut enfin nous aider à régler nos problèmes et à refaire de la Terre un monde accueillant pour tous, humains ou non humains.
Marie Martin-Pécheux
proposé par mamadomi