"Les Rêves,on peut les suivre", raconte Clifford Possum Tjapaltjarri, le plus célèbre peintre aborigène contemporain, assis sur une toile posée à même le sable et qui, bâtonnet à la main, la recouvre de milliers de petits points de peinture. "Celui-ci se dirige vers une source. Il s'arrête là, puis se remet en route, puis disparaît sous terre. Même invisible, il continue. Il s'enterre de plus en plus profond...Puis, là-bas, émerge de nouveau..." Les Rêves voyagent et s'entrecroisent sur et sous la surface du monde,
aussi invisibles qu'un champ magnétique. Ils se déploient tel un filet dont on pourrait suivre chaque fil en marchant, en dansant et en chantant. Ce réseau unit la matière aux plantes, les animaux aux humains. Et c'est ce réseau qui permettrait aux êtres de communiquer à distance, de s'entendre et de se parler en silence, même à des centaines de kilomètres l'un de l'autre. C'est le budh téléphone -le téléphone de la brousse, sans fil et sans combiné!
Mais quel rapport entre ces Rêves-là et les rêves que l'on connaît tous, ceux du dormeur?
"Il faut étudier pour compendre", répond Clifford Possum. "L'université de la brousse est faite pour ça. Etudiez trois, quatre, cinq ans, alors, vous connaîtrez peut-être la réponse."