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Primauté du temps disponible

http://www.madinin-art.net/images/pancho_travailler_plus.jpg 

Ayant posé, ici, , et sur le site de la GR, une dizaine de questions essentielles, auxquelles nos élus sont incapables de répondre, Roland Poquet aborde ici la seconde, celle du plein emploi:

 

Travailler plus ou travailler moins?

 

"Tu gagneras ton pain à la sueur de ton front."

(la Genèse)

"Pourquoi une gouttelette ne suffirait-elle pas?"

(Jacques Duboin)

 

En assimilant le travail à un instrument de torture (tripalium) les grecs anciens affirmaient la primauté du temps disponible sur le temps contraint, les tâches serviles étant dévolues à leurs nombreux esclaves.

 

 

Contrairement à une opinion largement répandue, Karl Marx n’a jamais, dans ses écrits, glorifié le travail; c’est sans aucun doute son obstination à souligner la place et le rôle du travail dans la société industrielle de son temps qui a enraciné cette croyance: mieux que quiconque il était persuadé que les progrès techniques rendraient le travail de moins en moins nécessaire et que la vraie richesse était le temps disponible. Ce n’est pas par hasard qu’il cite dans ses superbes Grundrisse (1857–1858) un écrit anonyme de 1821, intitulé The Source and Remedy:

http://economiedistributive.free.fr/IMG/jpg/1111_Fatigues.jpg

 

 

"Une nation est véritablement riche si, au lieu de 12h, on en travaille 6. La richesse est le temps disponible en + du temps nécessité dans la production immédiate".

Aussi imagine-t-on le sourire du philosophe allemand à la lecture du Droit à la paresse, pamphlet dans lequel Paul Lafargue, son gendre, réclame avec enthousiasme 3h de travail par jour. L’un comme l’autre pressentaient que les progrès de la technique, et ses applications conjuguées dans les domaines de l’énergie, de l’agriculture et de l’industrie allaient entraîner la réduction conséquente de la durée du travail. Et ils n’auraient pas été surpris si un devin leur avait prédit qu’au cours du tout proche XXè s., le temps de travail diminuerait de moitié, passant par paliers de 72h/sem (6 jours de 12h) à 35 heures http://www.dugarun.de/blog/wp-content/uploads/2009/01/paul-laura.jpg(5 j. de 7h), tandis que dans le même temps la production serait multipliée par 10!

Paul Lafargue et Laura Marx►

Il n’aura donc fallu à l’homo sapiens que quelques dizaines de siècles pour, brutalement, grâce à son ingéniosité, être en mesure de sortir de la misère matérielle une partie de l’humanité. Révolution technique, révolution technologique, révolution informationnelle …tout est en place pour alléger la tâche sociale de l’homme et lui permettre de se livrer à des activités plus personnelles et plus enrichissantes.

Or, ce grand rêve de l’humanité – réalisable, palpable – tourne au cauchemar: les portes du paradis se ferment, tandis que des cerbères y affichent de mystérieux hiéroglyphes que le commun des mortels peine à comprendre: surproduction/misère – progrès/décadence – travail/chômage – paix/guerre – consommation/destruction – besoins réels/besoins factices.

Menacée par des poches de surproduction, un rétrécissement des marchés étrangers et une spéculation éhontée, la machine économique s’enraye. Qu’à cela ne tienne! Lançons une opération “gaspillage” de grande envergure. Créons de nouveaux produits, toujours + sophistiqués, à l’emballage onéreux, et excitons le désir du consommateur par une publicité omniprésente. En accord avec les concurrents, réduisons les durées d’usage afin que ces mêmes produits soient rapidement remplacés. Jetons sur le marché des biens inutiles, voire nuisibles (la France tient le 3ème rang mondial pour la vente d’armements). Tout est bon pour relancer la machine économique: ainsi l’emploi sera dynamisé, les salaires distribués, les profits dégagés. Il s’agit avant toutes choses de "sauver le soldat Ryan", à savoir l’emploi, pierre de touche de tout l’édifice. Tous les moyens sont utilisés pour y parvenir, y compris le recul de l’âge de la retraite!

Sommes-nous désormais condamnés aux travaux forcés à perpétuité?

 

Oui, le rêve tourne au cauchemar. Malgré toutes ces contorsions, peut-on espérer que l’emploi sera sauvé, le chômage éradiqué, la misère supprimée? Le progrès matériel aurait-il servi à rien, sinon à satisfaire le désir de pouvoir de quelques-uns par un enrichissement scandaleux?

 

Bref. Alors que toutes les conditions semblent réunies pour une diminution du temps de travail, ceux qui nous gouvernent nous demandent de travailler plus. Il nous faudra revenir sur ce paradoxe.

 

R. POQUET, GR, juillet 2010

 

 

http://nathou.n.a.pic.centerblog.net/9c043f6c.gif

proposé par mamalilou

rééd° du 17 10 2010

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M
<br /> -->> pourquoi lyncher? mais non, évidemment...<br /> 'est une très bonne idée d'entrer dans le débat, c'est fait pour cela, je te remercie de cet investissement temps et réflexion, vraiment<br /> <br /> - le beurre l'argent du beurre et le steack avec (épinards siouplé si possible merci aussi!!) quand on a un emploi, choisi, dur ou pas, mais qui rétribue, qu'on a de la marge pour faire des heures<br /> supplémentaires sans bousculer la famille, etc... il n'y a aucune raison de se plaindre, et parfois même oublie-t-on de reconnaître que cette situation est exceptionnelle<br /> réunir toutes ces conditions n'est pas donné à chacun<br /> et c'est là qu'est le problème<br /> doit-on continuer à vendre du rêve à tous, auxquels seuls quelques uns auront accès, et pas forcément au mérite, le pire, parfois, c'est juste une question de circonstances...<br /> <br /> - après tu mets le doigt sur le problème, salaire correct pour travail minimum<br /> tant qu'on assujettit la survie au travail, on aura un souci grave, au niveau planétaire, et comparer le temps de travail ici et là est déjà un problème, il faut alors comparer au travail dans les<br /> pays sur lesquels on appuie notre économie, en toute objectivité...<br /> <br /> - et on y revient, pour qu'ici on ne travaille "que" 35 ou 45 heures hebdo, ailleurs, on en est encore à 60 heures...il faut garantir un partage qui permette la survie, et faire dépendre le confort<br /> et les choix de vie du travail... ce qui se fait déjà dans certaines communautés, la mise en commun de ce qui garantit la survie...<br /> <br /> - bon après le point spécifique de la retraite, on le sait, il n'y a pas deux carrières qui se ressemblent, il n'y aura que le cas par cas, avec application d'une grille de barème, un système à<br /> établir qui tiennent compte de tous les aspects professionnels bien sûrs mais aussi des externalités négatives desdites professions successives, accidents du travail, santé, déplacements et frais<br /> inhérents, etc...<br /> sans cela, on ne pourra pas être justes... aucune globalisation ne peut y prétendre en ce domaine...<br /> <br /> - après tu abordes le point comparatif des métiers, c'est toujours délicat de dévaloriser les uns par rapport aux autres surtout quand il s'agit d'évaluer l'utilité sociétale... ceux qui disposent<br /> de deux mois de non déplacement professionnel (où l'on sait qu'ils ont du travail préparatoire et des réunions du reste à préparer), des disponibilités notamment pour l'accompagnement de soutien<br /> scolaire, la gestion de l'étude et des trajets périscolaires... etc... ceux-là te répondront en terme d'utilité sociétale et d'usure psychologique... par rapport à ceux qui construiront pour le<br /> bien privé des ronds points surnuméraires et des autoroutes qui balafrent inutilement au lieu de favorise le ferroutage par ex...<br /> on n'a pas fini de se renvoyer la baballe, il faut bien comprendre<br /> <br /> - je note aussi l'amalgame avec les diverses grèves qui touchent tous les métiers et pénalisent toujours le travailleur, celui qui fait la grève comme celui qui la subit, tout cela n'est le fait<br /> que de la mauvaise pratique gouvernementale, on ne se fâche pas contre la fumée, il faut éteindre le feu... c'est contreproductif de se reprocher les uns aux autres les diverses grèves... chacun à<br /> son tour du reste...<br /> <br /> je connais beaucoup de personnes qui ont déjà choisi de changer de métier ou d'arrêter avant l'heure pour une meilleure qualité de vie malgré de substantielles baisses de moyens financiers... c'est<br /> un indicateur patent en faveur d'une révision de ces constructions économiques autour de la valeur travail... qui, poussées à leur paroxysme comme aujourd'hui encore, négligent l'humain...<br /> <br /> je te remercie encore d'avoir permis ces réflexions, en espérant que tu goûte ce partage<br /> doux bisous de l'après midi<br /> <br /> <br />
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R
<br /> Je risque de me faire lincher mais tans pis!<br /> <br /> Je trouve que les FRançais déjà ne travaille pas beucoup 35H/semaine c'est peu finalemnt. C'est d'ailleurs le seul pays d'Europe qui bosse si peu. Comment avoir des salaire correct sans fournir un<br /> minimum? Alors que l'âge de la retraite soit augmenter à 60 ans c'est pas énorme non? La retraite en Suisse se prend elle pour les homems à 65 et pour les femmes suivant leur années de naissance<br /> (et modification des lois) peu atteindre les 64....Dans tout les métiers. Et le métier de conducteur de transports publics (que je faisis) et un métier fatiguant et stressant en raison des horarire<br /> qui change chaque jours et du sterss de la circulation. Comparé à d'autres qui ont 2 mois de vacances minimum l'an et qui de surcroit sont en grève encore minimum 15 jours l'an!! Franchement je<br /> comprend pas.On en peut pas avoir le beurre l'argenmt du beurre et les épinard avec le steack...Voilà mon opinion (même si j'ai arrêter de travailler volontairement et donc ne gagne rien.) Bises du<br /> dimanche quand même....Je file lire encore un peu plus haut<br /> <br /> <br />
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G
<br /> Pour une fois, les commentaires sont intéressants...Au 20ème siècle, le progrès, c'était de travailler moins, les 35 heures, on nous a rabâché que c'était l'enfer, et que la modernité, c'était la<br /> mondialisation, la concurrence, travailler plus pour gagner plus....Je me demande si le chomage, la "crise" n'est pas une pure fabrication pour esclavagiser les gens...Bosse et crève ! Voilà le<br /> nouveau mot d'ordre...Métro, boulot, tombeau...<br /> Bon quand est-ce qu'on la fait cette révolution ? tout le monde a l'air complètement résigné. On est pas les plus riches, on a pas le pouvoir, mais on est les plus nombreux...Arrêtons de nous faire<br /> manipuler ! Jetons les financiers au feu et les politiciens au milieu !<br /> <br /> <br />
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M
<br /> <br /> ya toujours eu des excuses pour faire travailler le peuple plus que de raison pour trois clous, et même pour lui faire prendre les armes...<br /> <br /> <br /> je suis d'accord avec ce triste constat d'apparente résignation, oui, en-deçà d'un seuil de confort de vie, c'est vite submergeant et difficile de remuer un membre<br /> sans détruire le peu qui tient, je ne lance pas la pierre à ceux qui ne peuvent plus même réagir<br /> <br /> <br /> en revanche, il y a bien du monde qui, sachant cela, se complait dans le peu d'aise qu'il a, de peur de le perdre, et ça, c'est moche... et surtout dangereux pour la<br /> génération qui arrive<br /> <br /> <br /> déjà le populisme gronde dans l'Europe, nous serons confronté à un souci de méthode et la manipulation va aller grandissant....<br /> <br /> <br /> tiens, notre NS national a enfin dit un truc intéressant, faisons participer les financiers... c'est louche de sa part... mais allons-y explorons cette voie...<br /> espérons que ça ne retombe pas encore sur la tête des tits...<br /> <br /> <br /> à suivre<br /> <br /> <br /> <br />
G
<br /> On ne peut plus s'étonner que nos gouvernants ultra-libéraux essayent de nous faire croire (et malheureusement y réussissent !) que le marxisme est "ringard"..."Travailler moins pour vivre mieux"<br /> serait un slogan plus sympa, surtout qu'on produit de plus en plus...mais les gains de la production s'envolent dans les paradis fiscaux.<br /> Bon, j'ai pas lu les autres commentaires mais j'y vais de ce pas...<br /> <br /> <br />
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M
<br /> <br /> au départ, c'était quand même le but... l'industrialisation pour partager plus vite le progrès, la mécanisation pour avoir à travailler moins...d'ailleurs le temps<br /> de travail a réduit pour le bien de tous, alors tu penses si je suis d'accord avec ce slogan...<br /> <br /> <br /> et puis marx, tout le monde y est allé de la stigmatisation et de l'interprétation à géométrie variable, on fait souvent dire des choses à ceux qui ne sont plus...<br /> ce qui importe c'est de toujours s'adapter pour un mieux commun et individuel et pas pour le mieux des uns, selon la loi de la jungle... paradisiaque bisou<br /> <br /> <br /> <br />
E
<br /> Je laisserais volontiers mpa place à plus jeune dès aujourd'hui. Je ne supporte plus de me faire engueuler sans arrêt et d'avoir une pression de plus en plus forte. En période de crise les budgets<br /> sont resserrés et les exigences plus fortes. Bisous<br /> <br /> <br />
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M
<br /> <br /> c'est sûr, être dirigé sans ménagement, souvent par plus jeune que soit, quand on finit sa carrière, c'est un exercice difficile... ça devrait pas arriver en fait...<br /> c'est un non sens...<br /> <br /> <br /> bisous<br /> <br /> <br /> <br />