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Si l’on en croit le directeur du FMI (on est alors en mars 2011),
nous avons "surmonté la crise économique mais pas la crise sociale […] C’est en Europe que la souffrance sociale est la + forte".
Ce ne sont ni les Grecs, ni les Irlandais, ni les Espagnols… ni les Français qui le contrediront. Mais c’est pourtant lui qui leur a imposé le remède de cheval qu’ils dénoncent, le même remède que le FMI impose depuis sa naissance à tous les pays qui font appel à lui.
Mais trop, c’est trop!
Le gouvernement grec est entré en conflit avec les représentants de
la “troïka”, (FMI, BCE et Union européenne), qui ont prêté €110 milliards à la Grèce en mai 2010 pour éviter sa faillite. (En fait, ils avaient surtout peur que la Grèce ne rembourse pas les dettes qu’elle avait contractées auprès de banques européennes). Toujours est-il que le porte-parole du gouvernement grec a jugé "inadmissible" l’attitude des représentants de la “troïka” en précisant:
"Nous ne demandons à personne d’intervenir dans les affaires intérieures du pays".
Les créditeurs venaient en effet de dire qu’il fallait accélérer les réformes, que le chemin à parcourir restait encore long et qu’il fallait privatiser encore + qu’initialement prévu:
€50 milliards d’ici à 2015
dont 15 d’ici à 2013.
Le gouvernement grec avait lui, prévu de ne privatiser que pour
7 milliards
dont 1 en 2011.
Le lendemain la presse titrait: "La Grèce à vendre". Après un coup de téléphone passé à DSK par le 1er ministre grec, la "troïka" publiait un communiqué précisant que son rôle était de conseiller et de soutenir le gouvernement et qu’il était "regrettable qu’une impression différente puisse être perçue". Les choses auraient pu en rester là si le représentant de l’Union européenne n’avait dans un entretien à la presse dominicale suggéré au gouvernement de
"vendre des plages pour développer le tourisme",
ce qui rappelait les propos de députés allemands qui avaient demandé à la Grèce en mars 2010 de
"vendre ses îles pour rétablir sa situation financière"!
Inutile de dire que ces propos n’ont fait qu’exacerber la colère des Grecs contre le plan d’austérité, et relancé le cycle de grèves et manifestations.
En Espagne, en 2010, la baisse des salaires des fonctionnaires (entre 5 et 15%), le gel des pensions de retraite, la suppression de l’aide de €426 pour les chômeurs en fin de droits, un chômage de 20% et les hausses de prix (31% pour l’électricité en 2½ ans) ont appauvri la population au point que les revenus moyens ont baissé de 3% par rapport à 2009.
En France, 56% des Français s’attendent à une baisse de leur pouvoir d’achat.
Enfin le modèle, à la croissance tant enviée, la vertueuse Allemagne, a vu, en 2010, son endettement public augmenter de €304,4 milliards pour atteindre 1.998,8 milliards, soit €24.450 par habitant.
À part ça, les banques se portent très bien, merci!
On vous a bien dit que la crise est finie…
J.-P. MON, GR, 31 mars 2011

proposé par mamadomi