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Impossible retour

http://a35.idata.over-blog.com/0/16/62/05/travail-technique/chaplin-mod-times1.jpg

Après avoir relevé une dizaine de questions ◄clic auxquelles nos élus sont incapables de répondre, Roland Poquet aborde celle du plein emploi:

 

Le plein emploi en question

 
Travail et emploi: deux espèces en voie d’extinction ?

Cette double interrogation n’est pas innocente. Elle nous oblige à distinguer (mais d’abord à rappeler et à préciser) ces deux réalités fondamentales qui parcourent nos économies modernes: le travail et l’emploi.

Le travail est un concept qui s’est forgé et n’a cessé d’évoluer au cours des siècles passés.

Dans les sociétés primitives, le travail est une activité indispensable, destinée à satisfaire les besoins suffisants de chaque membre de la communauté, les produits de cette activité librement consentie étant répartis équitablement. Dans l’Antiquité, Platon faisait dépendre la liberté de la nécessité de se dégager complètement des contraintes matérielles:

"le travail assujettit l’esprit à s’occuper de la matière".

La tradition 'judéo-chrétienne' considère le travail comme une malédiction divine, consécutive à la transgression originelle, mais c’est en condamnant le repos et la jouissance et en affirmant que la grâce divine doit se mériter ici-bas par des œuvres concrètes que le protestantisme pose les fondements d’une éthique du travail.

Pour Adam Smith (fin du 18ème s.) la richesse d’une nation est essentiellement produite par le travail, la division du travail étant source de richesse et le travail, la source de la valeur.

Depuis, le travail est devenu le principe de l’organisation sociale et, à ce titre, le moyen essentiel, voire unique, d’obtenir des revenus pour vivre, pour trouver et conserver sa place dans la société: il est considéré avant tout comme un facteur de production associé au capital et, par là-même, indispensable pour le développement de l’économie.

Ainsi la distinction qu’opérait la philosophe Hannah Arendt entre le travail, http://www.philonet.fr/images/Arendt.jpgassujetti à la nécessité de satisfaire les besoins biologiques, et l’œuvre, forme de travail à travers laquelle l’homme s’humanise par la fabrication de biens durables, cette distinction s’abolit, l’œuvre étant résorbée par le travail. En fait, cette conception du travail est parvenue, en l’espace de 2 siècles, à transformer la société tout entière en une société de travailleurs.

Si le travail est un concept dont nous venons de brosser l’évolution, l’emploi est un contrat que nous nous plaisons à redéfinir dans toute sa simplicité: j’offre ma force de travail contre un salaire qui me permet de subvenir à mes besoins; si, pour des raisons diverses, cette offre est rejetée, je me retrouve sans revenu, je suis exclu de la société des travailleurs et, par conséquent, de la société tout court.

Ce rappel étant fait, nous avons à nous interroger sur la place présente du travail et de l’emploi.http://graphics8.nytimes.com/images/2006/05/14/books/toff190.jpg

Inutile de nous appesantir sur le bouleversement créé par l’irruption des techniques de l’information dont chacun mesure l’impact quotidiennement. Progressivement, au “travail matériel” se substitue le “travail immatériel”. Pour Alvin et Heidi Toffler,

"la connaissance (ici entendue au sens large de manière à inclure les données, l’information, les images, les symboles, la culture, l’idéologie et les valeurs) est la ressource centrale de l’économie".

En conséquence, nous dit André Gorz,

"le travail n’est plus mesurable selon des étalons et des normes préétablis … la crise de la mesure du travail entraîne inévitablement la crise de la valeur… l’économie de la connaissance contient une négation de l’économie capitaliste marchande". 

http://artic.ac-besancon.fr/s_e_s/images/Auteurs/Adam%20Smith.jpgÀ l’évidence, le travail a cessé d’être la principale force productive et les salaires ne constituent plus le principal coût de production. Plus que jamais, une bonne gestion économique se donne pour but de satisfaire le plus possible de besoins avec le moins possible de travail, de capital et de ressources physiques. Réalité redoutable qui nous entraîne bien loin des réflexions d’Adam Smith

Autre mise en perspective: le travail lui-même est affecté par la crise de l’emploi. Alors qu’il devrait être fierté, satisfaction, création, beauté, il est angoisse du lendemain, dépression, harcèlement, suicides … Peut-on s’enthousiasmer http://www.cpie-aisne.com/Accompagnement/composte.pngpour une tâche (et en préserver la qualité) si on l’assume par nécessité et, qui plus est, sous forme d’un CDD ou d’un intérim? Comment s’appliquer à suivre des sessions de formation si l’on a le sentiment qu’elles introduisent à un travail non choisi, à un travail marchandise? Parvient-on à travailler efficacement si l’on sait qu’à terme, l’entreprise verra ses effectifs réduits, qu’elle sera délocalisée ou tout simplement fermée?

L’injonction du Président de la République qui exhorte nos concitoyens à "travailler plus" a réactivé notre regard sur le travail, mais aussi sur l’emploi. La crise de 2008 n’a fait que renforcer le sentiment qu’un retour au plein emploi est devenu illusoire, à tel point que 41% des Français n’y croient plus. La situation est particulièrement grave chez les jeunes de 15 à 24ans pour qui le pourcentage de chômeurs s’élève à 25%! En 2ans (2007 et 2008) le chômage de longue durée dans cette catégorie d’âge a explosé de 72.000 nouveaux arrivants. "Travaillez plus!" diront les illusionnistes.

La vérité, la voici: la France est, parmi les pays les + avancés économiquement, celui qui connaît la durée hebdomadaire du travail la + élevée, tous emplois confondus (temps plein, temps partiel, intérim): 36,5 heures (35,1 en Grande-Bretagne, 34,6 en Allemagne, 33, 7 aux États-Unis et 29,5 aux Pays-Bas).

La récente aggravation du chômage est, certes, liée à la crise de 2008, mais la crise profonde de l’économie, survenue dans les années 70, est la cause 1ère de la dégradation de l’emploi.

Si le retour au plein emploi est impossible, pourquoi cet acharnement à masquer la réalité? Plusieurs raisons à cela.

Raison psychologique: ne pas détruire l’espoir chez les exclus de trouver ou de retrouver un emploi.http://img.over-blog.com/249x300/0/45/82/71//plein-emploi.jpg

Raison économique: amener ces mêmes exclus à se contenter à vie des miettes du repas.

Raison politique: laisser croire que nos représentants sont en mesure de favoriser le retour du plein emploi.

Au regard de cette réalité, la tentation serait grande d’affirmer que travail et emploi sont en voie d’extinction. Nous n’irons pas jusqu’à cette extrémité. Cependant comment rendre au travail toute sa noblesse et à l’emploi toutes ses capacités?

Il nous faudra, au préalable, faire un détour par la brûlante question des revenus...

 

R. POQUET, GR, 30 nov 2010http://courtsrecits.free.fr/EchelleRevenus.jpg

proposé par mamadomi

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M
<br /> -->> oui j'ai accédé à ta video, je l'ai visionnée aussi avec mes trois jeunes, demain je mobilise les deux grands (oui faut prendre rdv avec ceux-là: tu as 10 mn pour moi demain?)<br /> merci de toujours si clairement dire les choses, un vrai don.<br /> <br /> <br />
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M
<br /> Je vous lis, dans votre échange Mamalilou et Valentine…<br /> <br /> Bien- sûr que l’homme est créateur de toutes ces inégalités, et donc de sa propre souffrance et de celle de ses enfants.<br /> La nature, ce n’est pas une entité n’est-ce pas ?<br /> Une harmonie, par la rencontre, toujours, tout y est utile, qu’on ne sait pas. Les cyclones sont des soupapes de sécurité, rééquilibrent les forces, etc.<br /> Quand le lion est repu, les gazelles s’abreuvent tout près de lui.<br /> <br /> La différence ? Mais sans différence pas de vie, un creux pour un plein, voilà tout !<br /> <br /> A-t-on déjà vu ce pouvoir d’extermination qui anime en des lieux, en des temps, l’humanité ?<br /> A-t-on déjà vu une espèce détruire son milieu naturel de vie ?<br /> <br /> La compassion, que nous disons notre différence, œuvre déjà chez nos "frères" à quatre pattes.<br /> (http://www.youtube.com/watch?v=EfuI_yoNY_A, je mets cette video ce matin sur mon blog)<br /> La collaboration est un principe qui participe de la survie dans la nature, au même niveau que la prédation.<br /> <br /> Alors ?<br /> Que nous est-il arrivé ?<br /> Vers quoi marchons-nous ?<br /> Qu’est-ce qui nous meut si profondément que nous ne le savons pas encore ?<br /> <br /> <br />
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M
<br /> -->> non ce n'est pas opposable<br /> il n'y a pas de divergence, il y a confusion entre "inégalité" et "différence"<br /> être inégal est un concept, une notion mathématique d'ailleurs<br /> être différent est une constante de la nature, tu ne trouveras pas deux pétales de roses identiques sur la planète<br /> pas deux fois l'exact même patrimoine génétique, et même chez les jumeaux monozygotes, il y a une "discordance phénotypique, càd des différences au niveau de l'apparence et de la constitution<br /> physiques, ou une manifestation spécifique d'un trait, par ex, un grand nombre de caractéristiques anthropomorphiques, ou dans la prédispositions à la maladie...<br /> <br /> l'inégalité, par son étymologie fait appel à la notion d'uniformité (que la nature ne conçoit pas de façon systématique, ex oui les tsunamis, sécheresse, etc...), de justice...<br /> <br /> donc<br /> je le remets tel qu'énoncé<br /> la nature créé la différence, est une somme de différences harmonieuses le plus souvent<br /> l'homme créé l'inégalité<br /> et c'est d'ailleurs pourquoi le terme d'équité me semble plus réaliste,<br /> car en matière économique, ces inégalités peuvent être explicites et assumées (niveau d'étude pour l'accès aux postes de responsabilité) ou implicites (inégalité de salaires ho/fe, ou français<br /> d'origine étrangère) ^_^<br /> <br /> L'appréciation du caractère injuste ou non des inégalités est relative. Ce qui peut paraître injuste dans une société peut être considéré comme acceptable dans une autre. La définition des<br /> inégalités "injustes" est l'un des enjeux de la politique.<br /> <br /> je défends l'usage du terme équité, qui pourtant est fondé sur l'étymologie "égal"<br /> En politique ou en économie, l'équité est le principe qui conduit à corriger des inégalités que subissent des personnes ou des groupes défavorisés (ex: le commerce équitable).<br /> En matière sociale, une répartition équitable ne correspond pas à l'égalité au sens strict. C'est une "juste mesure", un équilibre, qui permet de rendre acceptable une forme d'inégalité lorsque<br /> l'égalité ne semblerait pas acceptable.<br /> je te reprends ici un ptit topo gardé en doc que j'ai picoré sul net un jour:<br /> "L'équité est un sentiment de justice naturelle et spontanée, fondée sur la reconnaissance des droits de chacun, sans qu'elle soit nécessairement inspirée par les lois en vigueur. Ce sentiment se<br /> manifeste, par exemple, lorsqu'on doit apprécier un cas particulier ou concret sans se laisser guider par les seules règles du droit. C'est une forme de justice qui prend plutôt en considération<br /> l'esprit de la loi que la lettre, pour en tempérer les effets ou la faire évoluer si, comme dit Aristote, "elle se montre insuffisante en raison de son caractère générale".<br /> <br /> L'équité est donc un état d'esprit qui veut aller au-delà de ce qui est juste sur le plan légal et peut dont s'opposer à la loi lorsque celle-ci présente des lacunes ou s'avère inadaptée, voire<br /> injuste. L'équité est sous-tendue par un principe de justice non-écrit, antérieur aux lois et supérieur à celles-ci. Il est donc très difficile de définir ce qui est équitable."<br /> :o)<br /> <br /> Sur ces précisions de langages utiles à la compréhension et à l'harmonie dans ce difficile travail d'harmonisation du vivant...je te fais de doux bisous<br /> <br /> <br />
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V
<br /> Voilà notre divergence : tu dis que c'est l'homme qui a créé l'inégalité, et moi je dis que c'est la nature !! C'est évident dans toute la sagesse populaire (fables d'Esope, puis de La Fontaine :<br /> les loups et les agneaux, les chats et les rats, etc...). Donc l'égalité, que souhaite l'homme au contraire, demeurera toujours impossible : certains seront victimes de sécheresses, d'autres de<br /> cyclones, d'autres de raz-de-marée, etc.<br /> <br /> <br />
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É
<br /> J'ai la chance d'avoir un emploi mais je ne suis pas prête à travailler plus car les conditions deviennent de plus en plus difficiles. Le stress grandit sans cesse... Bisous<br /> <br /> <br />
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M
<br /> <br /> <br /> <br /> <br /> bah et oui,... sans compter le temps qu'on passe à faire des courses non toxiques..!!! lol<br /> <br /> <br /> non mais sérieusement, le stress est un énooorme problème... tu as raison..<br /> <br /> <br /> bisous<br /> <br /> <br /> <br />