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Fatalitas!

http://a21.idata.over-blog.com/389x333/1/19/84/92/Images-r-pertoire-2/Comiques.jpg 

Fin mars dernier, la Ligue des Droits de l’Homme de Digne avait invité Marie-Louise Duboin à exposer les grandes lignes de l’économie distributive. Habituellement, le public a pour réaction spontanée de dire:

"une autre organisation de la société est impossible".

Pas cette fois, grâce à l’intervention préalable d’un philosophe, André Koulberg, qui exposa le fruit de ses recherches sur l’origine de la fermeture des esprits à toute idée originale en la matière. Démarche à rapprocher de celle que François Chatel exposait sous le titre “Le capitalisme, une étape à dépasser” dans GR 1109.

Notre nouvel ami a bien voulu condenser ici son intervention à Digne:

 

 

Le libéralisme et la fatalité théologique

 

 

 

“Libéralisme”, un joli terme qui évoque la liberté.

“Libéralisme”, une doctrine et un ensemble de pratiques qui invoquent constamment la fatalité.http://www.avocat-benoit-levy.com/gifs/licenciement_travail_crise.jpg

Les libéraux et, encore plus, les néolibéraux répètent inlassablement qu’il est impossible de changer l’ordre (libéral) existant (on se souvient du péremptoire "there is no alternative" de Margaret Thatcher) et qu’il est formellement exclu de tenter de corriger le système. L’État (ou qui que ce soit d’autre) ne doit à aucun prix intervenir dans l’ordre du marché, même s’il constate qu’il génère de graves injustices. Nous sommes libres de vendre, d’acheter, de consommer, si nous en avons les moyens, mais il nous est totalement interdit de toucher à l’ordonnancement du système qui, pourtant, conditionne tout le reste.

Il vaut peut-être la peine de s’interroger sur cette singulière propension au fatalisme et de retracer son histoire. Esquissons brièvement quelques éléments de réponse, issus d’une recherche en cours.

Les fondateurs du libéralisme, et notamment le principal d’entre eux, Adam Smith, n’ont pas tiré leur doctrine du néant. Ils se sont souvent http://www.csmn.uio.no/img/adamsmith.jpginspirés d’un ensemble de théories et d’idées qui ont prévalu avant eux. C’est particulièrement vrai de leur conception d’un ordre irréformable.

Au XVIIè-début XVIIIè s, c’est dans le domaine de la théologie qu’on peut trouver les prémices d’une telle conception. Le débat théologico-philosophique fait rage, chaque philosophe a son système, et des auteurs impertinents tel Pierre Baylehttp://www.culture.gouv.fr/Wave/image/joconde/0018/m502004_85ee142_p.jpg pointent de leur plume acérée les nombreuses contradictions des conceptions chrétiennes traditionnelles. Pour répondre à ces critiques, des philosophes tel (dans les Essais de Théodicée notamment-1710)G.W. Leibniz élaborent une conception du monde qui vise à rendre justice à Dieu, en montrant que, malgré les apparences, il a créé le meilleur des mondes possibles, un ordre des choses incritiquable qu’il serait non seulement impossible mais absurde de vouloir changer, corriger, améliorer.

http://www.wutsamada.com/alma/modern/Leibniz.jpgPourquoi est-ce que ce serait absurde?

D’abord parce que ce monde créant la meilleure organisation des éléments parmi toutes les organisations possibles, toute intervention ne pourrait que représenter une dégradation.

Ensuite parce que ce monde étant un système autorégulé, où tous les phénomènes sont imbriqués et interdépendants, la déviation de n’importe quel élément produira la désorganisation du tout et créera un désordre général.

Enfin ce système est si complexe que l’esprit humain ne peut jamais véritablement l’appréhender. Un homme qui voudrait intervenir pour l’améliorer serait nécessairement un apprenti sorcier qui agirait à l’aveuglette et produirait des catastrophes.http://oxatis.typepad.com/.a/6a00d8341d6ba153ef0115704a31bb970b-800wi

Ce serait une totale folie que de vouloir corriger un tel système. Il est irrémédiablement irréformable.

Formulés en termes économiques, et non plus en termes théologiques, ces dispositifs et ces arguments se retrouvent tout au long de l’histoire du libéralisme. Que l’on songe, par exemple, à la main invisible (notion théologique, elle aussi) d’Adam Smith qui garantit que, miraculeusement, l’accumulation du luxe (dans la Théorie des sentiments moraux) ou du capital (dans la Richesse des nations) http://blog.edgarquinet.com/public/PierreLeroux.jpgcontribuent au bien commun. Certains pourraient y voir "l’exploitation de l’homme par l’homme" et vouloir réformer le système (Pierre Leroux),http://jacques.casari.free.fr/capconcours/prog/2007/303.jpg ou le changer complètement (Marx), la main invisible donne au contraire à penser que ces phénomènes sont nécessaires car ils participent d’un ordre qui nous dépasse (et dont la logique nous est souvent invisible), qui est le meilleur ordre du marché possible. Nous devons donc les accepter même s’ils nous semblent injustes.

Deux siècles plus tard, on retrouve tous ces éléments dans l’œuvre de Hayek:Hayek.jpg

• l’idée que l’ordre du marché est trop complexe pour que les hommes puissent volontairement y intervenir sans produire de catastrophe,

• l’idée que grâce à la libre évolution des prix, le marché se régule de lui-même, se désorganise dès que l’État s’en mêle, etc.

Il ne s’agit plus de Dieu, mais l’essentiel des dispositifs théologiques des XVIè et XVIIè siècles a été conservé: l’ordre des choses qui nous est présenté exclut toute alternative et même toute correction. Nous sommes donc toujours dans le règne de la fatalité.

 

A. KOULBERG, GR, 30 juin 2010

http://www.le-buzz-immobilier.com/wp-content/uploads/2009/07/credit-astuces.gif

proposé par mamadomi

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M
<br /> -->> bah....<br /> disons que ce qui aura été fait en son nom vaut bien ce qu'on fait au nom du capitalisme<br /> sauf que le capitalisme, on ne se demande pas s'il existe...<br /> bisous aspirant à une liberté universelle<br /> <br /> <br />
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S
<br /> Il a bon dos le bon Dieu : créer un système qu'on ne doit pas changer sinon c'est blasphème, tuer des gens au nom de son amour... Même si l'idée de Dieu est moins présente voire disparue du<br /> libéralisme, on voit quelle influence a la pensée judéo-chrétienne !<br /> Bonne journée et bisous libérés<br /> <br /> <br />
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M
<br /> -->> rires... c'est pas faux...<br /> n'empêche qu'on aimerait bien voir le bout des conditionnements<br /> il s'agit non pas une fois encore de fustiger ce qui n'est pas avant que ce soit<br /> il s'agit de constater ce qui dans les utopies d'hier, n'est pas un progrès aujourd'hui, ou dont les externalités négatives ont été négligées ou ont dépassé les limites acceptable dans l'intérêt<br /> général...<br /> de là, le procès en conditionnement invalide...<br /> d'utopie, donc d'hypothèses puis de voies de recherche, on tient les choses comme définition fondamentale<br /> ce que je réfute à titre personnel...<br /> ne jamais oublier que le champ d'application bouge et que le choix des méthodes en dépend<br /> <br /> donc pour l'instant, je m'en tiens à cela, rejeter l'assertion selon laquelle ces postulats sont incontournables...<br /> sortons cela du disque dur!!!<br /> <br /> et surtout pour ce faire, bien analyser les intérêts connexes à son établissement pour bien en comprendre les mécanismes d'accrochage en nous...ça aide...<br /> <br /> fatalement...bisous libres (hem, enfin, en voie de l'être...!)<br /> <br /> <br />
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V
<br /> Le libéralisme comme une fatalité. C'est original. Mais les libéraux n'ont jamais présenté la théorie de cette manière. Ils défendent leurs thèses, comme les anti-libéraux. Ces derniers présentant<br /> aussi, si on veut, la fin du libéralisme comme une fatalité, finalement.<br /> Bises... fatales! :))<br /> <br /> <br />
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M
<br /> -->> gros bisous pressés alors, mais c'est jamais de trop!!<br /> douce nuit à toi<br /> <br /> <br />
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