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Changer de banque


 

Enfin! 

 

 

 

Cela fait maintenant plus de dix ans que nous militons, au sein de l’association Attac, pour sensibiliser ses adhérents et son conseil scientifique à l’importance de la finance, pour les convaincre de focaliser la réflexion et l’action d’éducation populaire de ce mouvement altermondialiste sur le rôle des banques, sur la nature de la monnaie qu’elles émettent et sur les dangers de la démission des responsables politiques qui laissent ainsi à ces institutions privées le privilège insoutenable de décider de l’avenir économique en fonction de leurs seuls intérêts. Ces dangers, qui étaient décrits dès mars 2007 dans Mais où va l’argent?, ayant débouché sur une crise sans précédent, l’opinion découvre les vices du système financier… et l’association Attac semble enfin convaincue de l’urgence d’expliquer et d’agir.


La dixième université d’été d’Attac-France, qui s’est tenue en Arles du 21 au 25 août, témoigne de ce changement, qui va enfin bien plus loin que la taxe Tobin (au moment où Kouchner et Barroso semblent en reprendre l’idée).

Le projet “de campagne citoyenne”, en cours d’élaboration au sein d’Attac-France, est intitulé “Je change ma banque … ou je change de banque”.

http://www.bloc.com/images_administrables/bibliotheque/grande/paradis-fiscal.jpgConstatant que "le système bancaire, qui est au cœur de la crise, continue à défrayer la chronique par des scandales permanents : bonus, paradis fiscaux, pratiques commerciales abusives, … qu’un grand nombre de salariés du secteur bancaire vivent mal cette situation et que les citoyens sont choqués de ces pratiques" il s’agit "d’agir ici et maintenant pour manifester concrètement notre refus du monde tel qu’il va et notre volonté d’alternatives, sans attendre de futurs et hypothétiques changements politiques…" Or "une alliance entre salariés des banques, usagers et associations, pourrait peser fortement sur les directions des banques et sur les pouvoirs publics". Attac propose pour cela "de travailler à une campagne de mobilisation citoyenne portant l’exigence d’un changement des politiques des banques, en s’appuyant sur les attentes convergentes des salariés des banques, des usagers, des exclus bancaires, des défenseurs de l’environnement, de toute la société civile... pour un système de crédit responsable et solidaire".

 

Il ne s’agit donc pas de demander la nationalisation des banques (dont l’effet dépend du gouvernement en place), mais d’obtenir la socialisation du crédit afin que le secteur financier soit enfin considéré et géré pour ce qu’il est : un bien commun indispensable à l’économie et à la société, et que les banques cessent de spéculer dans des paradis fiscaux et judiciaires.


Attac estime que les citoyens, "s’ils cherchent à y travailler ensemble… peuvent se doter d’outils pour exercer une vraie pression sur les directions des banques et les pouvoirs publics".


Voici comment:


1. Je change ma banque…


Il faudrait commencer par établir un outil d’évaluation et de comparaison des pratiques des banques opérant en France (une sorte de “top 50” des banques).


On pourrait, de façon pluraliste et participative :

 

définir une batterie de critères d’évaluation, si possible objectivés : pratiques commerciales abusives, exclusion bancaire ; salaires, emploi, souffrance au travail ; part des activités spéculatives dans le résultat, part du financement des PME et/ou collectivités territoriales dans l’activité  filiales dans les paradis fiscaux; rémunérations des dirigeants et traders; impact environnemental de l’activité; soutien à des régimes antidémocratiques (Françafrique, Birmanie…);


établir un classement des banques selon ces critères (avec des pondérations à discuter…);


donner une large publicité à ces indicateurs et au classement qui en résulte;


interpeller les directions de chaque banque, avec conjointement les syndicats, les usagers et les associations, en exigeant des progrès rapides et significatifs sur les points noirs de l’établissement.


… 2. ou je change de banque


Pour les usagers qui seraient insatisfaits des réponses de leur banque, on pourrait organiser une migration de comptes vers des banques mieux placées dans le “Top 50” bancaire.

 

Si des centaines de milliers de clients des banques décidaient d’interpeller leur banquier, et de participer à un mouvement collectif de migration de comptes courants vers une institution solidaire, on obtiendrait au moins trois résultats positifs :

 

l’ouverture d’un vaste débat social : comment faire fonctionner le système financier au service de la société, et non le contraire ?


— un exemple encourageant pour d’autres mobilisations concrètes allant dans le sens d’une transformation des rapports sociaux et d’une démocratisation de l’économie;


— une capacité d’action renforcée pour les organismes de crédit solidaire, qui pourraient démultiplier leurs activités de financement de projets d’économie sociale et solidaire.


Une telle campagne suppose une préparation soignée, un outil d’évaluation crédible avant d’entreprendre une démarche auprès des banques, l’engagement dans la durée de la part des citoyens, etc.

Ce projet va tellement dans le sens de ce que nous défendons depuis si longtemps, que nous espérons une participation massive de nos lecteurs.

À suivre donc…


M.-L. DUBOIN, 31 octobre 2009
 
proposé par mamadomi
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M
<br /> -->> on est bien d'accord sur le problème du vote.<br /> ya plusieurs occasions de voter.<br /> déjà, il y a des pays où le vote est obligatoire, tous les votes... et le peuple doit pouvoir recevoir l'éducation à l'économie et à la gestion qui puisse lui permette d'accéder à ces choix...<br /> on pourrait par ex envisager que le vote soit obligatoire pour tous ceux par exemple qui ont un emploi, indépendamment de leur nationalité...<br /> de sorte qu'on se retrouve avec une notion de "majorité" plus signifiante.<br /> <br /> ensuite pourquoi ne pas réhausser le plafond conçu de "majorité simple"...<br /> qui l'en empêche dans l'absolu!!!?<br /> <br /> <br /> et pour ce qui concerne le type de vote non nominatifs, ceux dont tu parles, comme pour ceux des choix d'entreprise par exemple, pourquoi ne pas donner un coefficient pour les votes, étant entendu<br /> que tout le monde n'a pas forcément la même compréhension des événements en fonction de sa formation...<br /> Pourquoi considérer systématiquement toutes les règles comme inamovibles, inchangeables...<br /> <br /> bon je parle volontairement en profane, hein, mais dans l'idée que je m'en fais, le dialogue c'est aussi et surtout la remise en question des pseudos contraintes qu'on s'impose ...<br /> <br /> mais je suis sûre que tu peux nous construire un possible par là aussi... :)<br /> belle semaine à toi Vlad<br /> <br /> <br />
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V
<br /> "L'imposition d'une opinion par la plus forte minorité"<br /> Par exemple, imaginons que les décisions soient prises à la majorité simple, à un seul tour de scrutin. Une opinion qui a 30% d'avis favorable peut donc s'imposer, si les autres font moins.<br /> Exemple extrême, pour présenter l'opposition avec l'économie de marché. Le principe du marché, c'est en quelque sorte le compromis et l'ajustement permanent. Tous les avis sont confrontés en<br /> permanence, et différentes solutions peuvent cohabiter.<br /> Voilà ce que je voulais dire. Mais, c'est très succinct pour ce qui est quand même un débat entre le marché et le dirigisme (ou collectivisme plutôt).<br /> Bon dimanche<br /> <br /> <br />
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M
<br /> -->> ok je note, mais faut pas être tout seul alors, faut bénéficier de l'aide d'une personne de confiance donc...<br /> mais puisque tu le peux, continues, c'est une façon de contrecarrer le système, ya des failles, et c'est tant mieux dans ce cas-là!<br /> bisou<br /> <br /> <br />
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C
<br /> c'est très simple : nous avons un livret A pour poser les chèques.On règle en espèces le plus possible, habitude gardée de madagascar, prélèvement pour edf, tip pour téléphone. Achats sur internet,<br /> ma fille qui, elle , est dans le système paye avec sa carte et je la rembourse<br /> <br /> <br />
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V
<br /> Hello, Mamalilou! Je suis un peu fatigué (je reprends le travail, après des congés, un petit séjour à Londres, le farniente, hou, c'est dur), donc je ne ferai pas un grand commentaire. Mais je<br /> suppose que tu attends avec curiosité ma réaction, coquine!<br /> Je ne peux que déplorer la pauvreté du débat économique. Chacun arrive avec son idéologie, et oublie l'analyse. Pour Attac, les grands méchants, ce sont les financiers. En oubliant complètement que<br /> la crise financière vient d'une action de relance monétaire des pouvoirs publics aux Etats-Unis.<br /> Créer une association pour noter les banques selon différents critères, pourquoi pas. Cela peut encourager la transparence. Mais, tu sais, c'est facile de détourner de tels critères. Les critères<br /> sociaux sont les plus faciles à détourner. Par exemple, on vante la cohésion du personnel de la Société Générale, basée sur une forte participation au capital. On vante les entreprises qui font<br /> partager les salariés à leur capital, comme la SocGen, et Auchan par exemple. Bon,aujourd'hui il y a des grèves à la SocGén, pour les salaires, et Auchan s'est retrouvé aux Prudhommes ai-je lu,<br /> pour le temps de travail et les salaires. Pour moi, il vaut mieux une augmentation de salaire que des actions.<br /> Le crédit solidaire? Une belle opportunité de profit! Il y a comme ça une banque mexicaine de microcrédit, qui vient de se faire coter en bourse. Les bénéfices sont excellents. Il faut dire que le<br /> taux d'intérêt est faramineux.<br /> Socialiser le crédit? Les intérêts des gens ne sont jamais tout à fait les mêmes. Beaucoup voudront du crédit, avec des taux bas, alors qu'ils n'en ont pas les moyens.<br /> L'économie de marché ne s'est pas imposée parce que les gens en voulaient. Mais parce qu'elle permet le compromis. Ne l'oublions pas.<br /> Je ne suis pas contre une plus grande réglementation des banques. Je l'ai écrit (un peu de pub: http://economie-analyses-actualites-opinions.over-blog.com/article-33115997.html )Mais le style on se<br /> réunit et on décide de ce qui est bien ou pas, c'est un pas vers l'imposition d'une opinion à une majorité par la plus forte minorité. Sans compter qu'une grande organisation est un système humain,<br /> avec ses conflits d'intérêt. regarde le pataquès de l'Afer, l'association de placements en assurance vie, et le procès de ses dirigeants.<br /> Bon, je m'arrête. Pour un petit commentaire, c'est pas si mal. J'aurais simplement voulu faire plus construitt. En fait, en ce moment, je suis un peu désabusé par les dogmatismes, alors que tout le<br /> monde, ou la plupart, poursuit le même but. Mais je m'aperçois aussi que l'économie, ce n'est pas si simple. On veut en faire quelque chose de trop simple. mais, en même temps, ça touche tout le<br /> monde. Il faut donc se faire comprendre du plus grand nombre. C'est compliqué.<br /> Bonne soirée, Mamalilou.<br /> Bises<br /> <br /> <br />
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M
<br /> j'attendais "avec curiosité ta réaction"... je le confesse puisqu'il le faut...<br /> <br /> "Je ne peux que déplorer la pauvreté du débat économique",<br /> d'autant que quand on essaie d'aller en profondeur, on perd tout le monde en route... pas simple de naviguer entre précision nécessaire et concision utile -avec les risques de couper le fromage et<br /> de sophistiser l'argumentaire...au point d'afficher plus d'idéologie que d'analyse<br /> <br /> "Pour Attac, les grands méchants, ce sont les financiers." et inversement pour autant, une fois les étiquettes posées, on peut tout de même prêter une oreille<br /> et saisir le sens préalablement décontaminé...<br /> <br /> "la crise financière vient d'une action de relance monétaire des pouvoirs publics aux Etats-Unis."<br /> euh, un exemple de raccourci ou plutôt de tronquage quasi nécessaire puisqu'il s'agissait d'un argument ciblé, mais il est bon de rappeler aussi que ceci est la partie émergée de l'iceberg, quand<br /> tu vois les abérations telles que la situation de Dubaï aujourd'hui, tu te doutes que la lame de fond est dans ces abus-là, cette insolente et criminelle insouciance mégalomaniaque du capitalisme<br /> outrancier (l'outrancier, pas l'autre!)<br /> <br /> "c'est facile de détourner de tels critères. Les critères sociaux sont les plus faciles à détourner"<br /> c'est malheureusement très très juste... mais nous pouvons systématiquement et au préalable envisager cela dans cette partie d'échecs contre les travers humains déconnectés du tout... nous devons<br /> proposer des définitions détaillées, des listes de cas exhaustives, des études approfondies et plus jamais des solutions à effet d'annonce avec concessions et compromis(-sions) multiples...<br /> nous le devons, cesser de prendre le financier pour une oie blanche...<br /> <br /> "Par exemple, on vante la cohésion du personnel de la Société Générale, basée sur une forte participation au capital."<br /> té j'ai justement des échos sur celle-là... de l'intérieur, c'est pas joli joli...<br /> <br /> "Pour moi, il vaut mieux une augmentation de salaire que des actions."<br /> il n'est pas impossible que tu ne sois pas le seul à penser ainsi...:)<br /> <br /> "Le crédit solidaire? Une belle opportunité de profit! Il y a comme ça une banque mexicaine de microcrédit, qui vient de se faire coter en bourse. Les bénéfices sont<br /> excellents. Il faut dire que le taux d'intérêt est faramineux."<br /> comme mentionné ci-dessus, il restera toujours du fait des mises en places dans l'urgence des mesures précises d'importances qui sont négligées et présentent des failles rapidement élargies... oui<br /> il y a toujours matière à tirer profit y compris de la misère c'est pas nouveau soul soleil, mais,... ya toujours moyen d'y rémédier, jamais baisser les bras, peaufiner, améliorer, colmater les<br /> brèches dans le système avant la gangrène...<br /> <br /> "Socialiser le crédit? Les intérêts des gens ne sont jamais tout à fait les mêmes. "<br /> et? c'est bien ou pas? si c'est bien, cette diversité d'intérêts, alors il faut s'adapter... ça prend du temps? et alors, on est combien à pouvoir réfléchir et travailler? té, vachement nombreux,<br /> donc on remonte les bras et on ne se laisse pas abattre par la non facilité liée au non clônage du désir de l'homme...<br /> <br /> "L'économie de marché ne s'est pas imposée parce que les gens en voulaient. Mais parce qu'elle permet le compromis."<br /> certes, mais elle est une étape d'évolution, le capitalisme a eu sa raison d'être et a été exploité à outrance en tant qu'idéologie, le système a été perverti... il faut changer cela<br /> l'économie de marché n'est pas seule option de compromis, en tous cas pas de façon exclusive et avec tant d'externalités négatives... encore une fois, remettre le travail sur la table et reprendre<br /> ça avec dextérité, détermination et patience<br /> <br /> merci pour le lien sur la réglementation des banques (entre autres..!)<br /> <br /> "le style on se réunit et on décide de ce qui est bien ou pas, c'est un pas vers l'imposition d'une opinion à une majorité par la plus forte minorité."<br /> ah oui?!!! ben non... ou alors faut que tu détailles cette fausse causalité, je ne valide pas<br /> comment envisages-tu les débats, on pose les attributs sur la table (coup de gueule, paire de c..., sommes d'argent, menace de révélations diverses, lobbying, chantage...) et on discute après c'est<br /> ça? ah oui, c'est ça en fait...<br /> et?<br /> et bien sûr on ne va pas changer ça... hein, on n'en a pas le courage non plus, et puis on est fatigué à l'avance, comment veux-tu, ma ptite tu rêves... c'est pas possible en fin, quelle naïve tu<br /> fais...<br /> <br /> c'est vrai qu'ils sont pas mal tes petits commentaires, en l'occurrence on voudrait comme cadbury (tu te rappelles?!!!) qu'ils soient "un tou pti peu plus longs" (les comm ho hé, atterris!!!)<br /> j'ai en effet bien senti le côté désabusé cette fois, mais c'est normal, ça prend parfois, pire que la forêt (quoi je suis possédée par la pub...ben vi...)<br /> <br /> "je m'aperçois aussi que l'économie, ce n'est pas si simple."<br /> mdr mdr mdr "tu"?!!! ptdr... tu es excellent sur ce coup-là!!!<br /> <br /> sans rire oui "se faire comprendre du plus grand monde" c'est pas facile facile, en fait c'est tout un challenge et tu te débrouilles très très bien sur ton<br /> blog... bon ici, tu rencontres un os, ... l'optimisme démesuré et la farouche remise en question récurrente de l'hôtesse de ces lieux... rires...<br /> <br /> belle nuit à toi Vlad, merci pour cette halte, et l'honneur que tu me fais de répondre à mon "attente espiègle", lol<br /> bises taquines<br /> <br /> <br />