Les actions menées pour réduire les émissions de CO2 causées par l'agriculture (20% des rejets totaux dans l'atmosphère) se multiplient. Si la proportion de surfaces sous culture bio demeure encore largement marginale en France (2%), les techniques culturales soucieuses de préserver l'environnement séduisent un nombre croissant d'agriculteurs et de jardiniers.
Permaculture, techniques culturales simplifiées (TCS), biodynamie, agriculture raisonnée..., à chacun son approche et ses méthodes avec cependant deux objectifs:
- d'une part réduire autant que possible l'intervention humaine tout au long de la chaîne d'exploitation du sol afin de conserver la biodiversité.
- Et d'autre part redonner ou améliorer, selon le cas, la fertilité du sol, préserver les nappes phréatiques de toutes pollutions et recycler au mieux les déchets.
La permaculture clic
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Deux visionnaires, Bill Mollison et Masanobu Fukuoka
(pionnier du ‘natural farming’ au Japan),
se sont rencontrés aux US en 1986.
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Cette pratique agricole fait appel à un concentré de techniques qui fédère tous les éléments de l'environnement: hommes, animaux, insectes... Le concept a été formulé par deux Australiens, ▲Bill Mollison et David Holmgren¹, dans les années 1970, à la suite notamment des travaux réalisés quelques décennies plus tôt par ▲Masanobu Fukuoka², bouddhiste japonais, adepte du "non-faire" en agriculture et rappelant qu'une culture sans labour, engrais, pesticides, ni semailles, ni tailles est tout à fait envisageable et adaptable où que l'on soit. Cette approche facilement reproductible aussi bien sur une exploitation agricole qu'au jardin se réduit aujourd'hui à trois principes:
- laisser aux vers de terre le travail du labour. Car les labours profonds perturbent l'activité des micro-organismes et provoquent une minéralisation /http%3A%2F%2Fwww.ilodeco.com%2Fimages%2Ftapis-kali-vert-an1.jpg)
rapide de l'humus stocké en profondeur; - pratiquer le retour à la terre des parties de la plante inutilisées après la récolte pour favoriser l'humus. On évite ainsi l'emploi d'engrais aux multiples effets pervers dont celui de ne pas respecter la physiologie et la vitesse de croissance des végétaux. En l'accélérant, l'engrais rend la plante plus vulnérable aux maladies, aux insectes et aux conditions climatiques: - mettre en place une rotation et une association des cultures et les inscrire dans le temps. Cela évite l'emploi de pesticides et permet de rester sous le seuil de nuisances réelles causées par l'utilisation d'une seule variété. Exemple: en alternant les légumes feuilles (salades, haricots...) et les légumes racines (radis, topinambour...). /http%3A%2F%2Fweb.educastur.princast.es%2Fproyectos%2Fgrupotecne%2Farchivos%2Finvestiga%2F185fukuoka_1.jpg)
¹ Bill Mollison et David Holmgren►, Permaculture, tome1, 1986, Ed° Debard.
² ◄Masanobu Fukuoka,
La Révolution d'un seul brin de paille, 1983,
Guy Trédaniel Editeur.
Et chez le mm éditeur, paru en 1990,
L'Agriculture naturelle, théorie et pratique pour une philosophie verte.
Les techniques culturales simplifiées (TCS)
Vidéo extraite du film de Stéphane Aissaoui (AgroVideoCom),
"GAGNANT SUR TOUS LES PLANS, AVEC UN SOL VIVANT" disponible en DVD
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Issues de la permaculture, ces techniques réduisent significativement le travail du sol puisque les parcelles ne sont labourées que sur 5 à 10 cm de profondeur au lieu de 30 cm en moyenne. Elles ne peuvent cependant être mises en oeuvre que si la terre présente une bonne ativité structurale (elle doit contenir plus de 15% d'argile) et se ressuie correctement toute l'année. Elles visent aussi, par un enfouissement léger des débris végétaux, pailles et chaume, à concentrer en surface une matière organique (sur 5-10 cm) afin d'accroître son activité biologique et développer ainsi un sol plus homogène. Freiner l'érosion, diminuer le lessivage d'azote (qui pollue les cours d'eau et les nappes phréatiques) et réduire la consommation de fioul (un labour profond exige plus d'énergie fossile) sont d'autres objectifs poursuivis par ces techniques.
Mises en place dans les pays tropicaux où le lessivage du sol est fréquent,
les TCS sont actuellement à l'essai dans la région Rhône-Alpes³.
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La biodynamie
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Soucieuse elle aussi de respecter la biodiversité dans son ensemble, l'agriculture biodynamique* est un système de production agricole biologique dont les bases ont été élaborées, en 1924, par l'anthoroposophe Rudolf Steiner¤. Compostage, utilisation d'engrais vert et de plantes se renforçant mutuellement par leur proximité, et purins obtenus par infusion ou décoction de plantes pour lutter contre les parasites composent les outils de base de cette approche qui puise toujours ses différentes préparations dans les indications laissées par le fondateur de l'anthroposophie. Rythmes saisonniers, circadiens, lunaires, voire des planètes, sont pris en compte par la biodynamie#. Le label
Demeter instauré en 1997 au niveau mondial certifie les produits issus de cette agriculture.
* Friedrich Sattler
et Eckard von Wistinghausen,
La Ferme bio-dynamique, 1987, Ed° Ulmer.
¤ Rudolf Steiner, Agriculture,
fondements spirituels de la méthode bio-dynamique,
Ed° Anthroposophiques romandes. # Maison de l'Agriculture bio-dynamique (www.bio-dynamie.org)
L'agriculture raisonnée
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Elle est née dans les années 1980 d'une démarche conjointe de la FNSEA (Fédération nationale des syndicats d'exploitants agricoles), de l'industrie agro-alimentaire, de l'agro-chimie et de la grande distribution. L'association interprofessionnelle Farre (www.farre.org, Forum de l'agriculture raisonnée respectueuse de l'environnement) milite et travaille pour que cette approche supplante à terme une agriculture intensive et destructrice. Son credo: mettre en place et développer un système de production qui maîtrise les quantités d'intrants (pesticides, engrais), respecte mieux l'environnement et fixe un plafond d'efficacité tout en visant à être compétitive (au-delà d'un certain seuil, gagner coûte plus cher en termes économiques et écologiques que cela ne rapporte). Cette pratique culturale -essentiellement une optimisation sans amélioration notable de l'agriculture /http%3A%2F%2Fwww.ilodeco.com%2Fimages%2Ftapis-kali-vert-an1.jpg)
industrielle -bénéficie toutefois en France d'un cadre officiel sous la forme d'un cahier des charges adopté en mai 2002 par le conseil supérieur d'orientation et de coordination de l'économie agricole et alimentaire. En septembre 2007, on dénombrait déjà 2 464 exploitations certifiées.
En France, plusieurs associations oeuvrent au développement de ces différentes pratiques culturales et proposent régulièrement des stages d'initiation et de formation dans tout l'Hexagone. C'est le cas en particulier de l'association Terre Vivante (www.terrevivante.org), basée à Mens, dans l'Isère, qui milite depuis 25 ans à une meilleure compréhension de la nature.
source GoodPlanet.org