The Lu
A l'époque où l'actuel Viêt-Nam s'appelait l'Indochine (c'est-à-dire sous la domination française), un certain nombre de poètes ont écrit en français, la langue du colonisateur, qu'ils avaient apprise à l'école. The Lu (1907-1988), lui, a écrit dans la langue de sa patrie et a été l'un des chefs de file de la nouvelle poésie vietnamienne. Après 1942, il s'occupera aussi de théâtre.
Amant d'une nuit
Amarré à la berge du fleuve, un petit sampan./http%3A%2F%2Fstatic-p4.fotolia.com%2Fjpg%2F00%2F05%2F26%2F97%2F400_F_5269793_IPydmYVjnbgZYEJlHvgqAPvYjVsStEi2.jpg)
Près des roseaux, doux frémissement du vent.
En un dernier adieu, je t'accompagne à l'embarcadère
Pour prolonger un peu la rencontre de notre amour.
Le sampan de l'amant d'une nuit est parti et je laisse
Mon coeur suivre le gouvernail... Vers quel horizon?
Eperdue dans le royaume de l'infinie tristesse,
Sans pleurs, car mes yeux n'ont plus de larmes.
Je ne suis qu'un être de rêve, c'est tout.
L'aurore se lève sous d'autre cieux,
Seul le pays de mon coeur est ténébreux.
Vouée à de tristes amours, et pourtant j'espère.
Je serai toujours celle qui, à l'embarcadère,
Accompagne l'amant d'une nuit.
Le sampan suit le courant.
Et moi, debout, seule avec le fleuve.