
Un enfant est une personne.
Voilà à quoi l'on résume souvent le travail de Françoise Dolto...
voici ici quelques messages clés d'Isabelle Filliozat dans ce droit fil:
Le petit enfant est prisonnier de l'immédiateté de sa réponse émotionnelle, sans médiation de la pensée pour relativiser les choses, ou hiérarchiser les enjeux.
Il organise et interprète
ses perceptions à sa manière.
L'enfant voit le monde depuis ses propres yeux. Gardons-nous de juger ses réactions. Ecoutons d'abord. Cherchons à identifier ce qu'il vit, comment il associe les choses, ce qu'il ressent et ce qu'il se dit.
Toujours le laisser exprimer son émotion: (...)pleurer
, crier, trembler, sont ses façons de dire sa souffrance, de libérer ses tensions, de se récupérer. Le prendre au sérieux. Derrière ce que les parents nomment " caprice", derrière un comportement bizarre, déplacé, excessif, ou simplement non ordinaire, cherchons l'émotion, cherchons le besoin. L'enfant dit quelque chose.
Tout comportement exagéré et surtout systématique, qu'il soit d'agressivité ou de passivité extrême, de dépendance excessive à la mère ou de jalousie abusive, d'incapacité de se concentrer ou d'opposition systématique, tout cela a une motivation. Une émotion est bloquée, un besoin est caché.
Ce qu'il ne saura pas dire par des mots, il continuera à le dire par des cris, de la rage, des pleurs, et par toutes sortes de" comportements" et autres refus de coopérer.
Nos réactions face aux créations de nos enfants vont conditionner ses croyances sur lui-même. Quel message désirons-nous lui transmettre?
Oser se mettre du côté de l'enfant, être un témoins de sa douleur, le défendre.
Nos enfants nous écoutent et nous observent, chacun de nos actes envers lui, envers toute personne et toute situation, lui adresse un message.
Se demander pourquoi? ... dans nos réactions. Qu'est-ce qui me pousse à dire oui ou non aux demandes de nos enfants? Qu'est-ce qui nous dicte nos attitudes?
Les caprices sont des inventions de parents.
Ils surgissent lorsque les parents se prennent les pieds dans les jeux de pouvoir.
Ce sont des enfants! Ils sont dans leur rôle d'enfant quand ils sortent tous les jouets, marchent pieds nus sur le carrelage, se réveillent à l'aube pour jouer, crient leur excitat
ion à perdre haleine, se cachent dans les placards et se coursent
à travers le salon ou même salissent la cuisine avec leurs bottes pleines de boue.
Dans ces jeux de pouvoir, il y a forcément deux perdants. C'est donc un devoir parental que d'écouter et reconnaître ses propres besoins.
La coopération est toujours plus efficace à long terme. Les fameuses limites qu'il faut mettre aux enfants sont celles imposées par vos besoins. Il est important de se reposer pour ne
pas courir à l'épuisement, de se ressourcer pour être disponible, de permettre à l'autre de le faire, en partageant les tâches à égalité avec son conjoint pour ne pas accumuler de rancoeur inconsciente, de reconnaître frustration et colère en soi quand l'autre n'est pas là pour assumer sa part, que ce soit empêché par obligation extérieure, par refus pur et simple ou pour motif de divorce...
Ecouter ses propres besoins n'est pas se comporter en égoïste. C'est prendre la mesure de la situation et tenter d'y répondre de manière appropriée. En général, tout le monde y trouve son compte.
Les besoins les plus difficiles à contrôler sont ceux issus de notre propre enfance. Et là, nos parents font obstacle à nos enfants...
Là où mes émotions d'enfance restent refoulées, je ne peux percevoir la réalité des bsoins de mon enfant. Je vais soit projeter mes propres besoins, forcément démesurés puisque frustrés depuis longtemps, soit nier tout besoin pour ne pas sentir ma souffrance.
Nos besoins sont-ils en compétition avec ceux de nos enfants?
Pour vivre heureux ensemble, contenons les débordements de nos enfants dans les limites que nous pouvons tolérer et apprenons à supporter davantage. Rappelons-nous qu'ils sont dépendants de nous et que nous sommes les pourvoyeurs. Guérissons nos blessures anciennes pour pouvoir laisser vivre nos enfants à leur rythme. Nous y gagnerons en détente et en plaisir.
Nos enfants entendent notre inconscient! Pour eux nos réactions sont plus signifiantes que nos mots. Quand ils perturbent notre espace, quand nous ne savons comment agir, quand nous sentons que nous n'agissons pas en fonction d'eux mais de nos propres parents ou plus généralement du regard d'autrui, on peut se demander ce qui est le plus précieux pour nous: l'amour et la confiance en eux de nos enfants. Ce que nous désirons c'est qu'ils aient aussi confiance en nous. Notre route est donc claire:
- en toutes circonstances,
se montrer honnête,
- montrer ce que nous
ressentons,
- et écouter ce qu'ils ressentent,
- les aider à s'aimer,
- à valoriser leurs capacités,
- à assumer
leurs responsabilités sans culpabilité.
Quel est notre objectif? Pour chaque question, il n'y a pas de réponse universelle, mais une réponse pour cet enfant-là, et ce parent-là, à cet instant-là de leur histoire commune. Mais ce qui est sûr c'est qu'un enfant qui se sent précieux se montre attentif à autrui et aux conséquences de ses actes, il agit non par peur de "mal" agir, mais avec respect pour les sentiments d'autrui et responsabilité.