Le vol de l'aigle entraîne notre regard au loin, plus loin qu'il n'a jamais été.
La vision de l'aigle nous conduit jusqu'au nous conduit jusqu'au ciel, presque au point de le toucher, nous fait effleurer les sensations les plus pures et nous aide à demeurer à proximité du Grand Esprit.
La vision de l'aigle capture la lumière du soleil,
le souffle du vent et la vie naissante, depuis l'Est qui régénère toutes choses. L'aigle nous guide encore plus haut et, à cette hauteur, la distance qui nous sépare de notre vie ordinaire semble décisive, les paysages recouvrent leur intégralité, et l'écosystème, son irréductible complexité.
D'en haut, il devient clair que les espèces vivantes marchent les unes aux côtés des autres, dans un relation de dépendance et d'égalité réciproque. Et l'on voit parfaitement combien il est absurde que l'espèce humaine, si infime par rapport à l'immensité de la nature, revendique une suprématie sur les autres, en s'arrogeant le droit de tuer,
d'exterminer et de dévaster. Tout come l'aigle vole en équilibre, porté par le flux des courants, l'homme doit retrouver l'équilibre, porté par le flux de la vie. C'est la vie de la nature qui compte, pas l'homme. Telle est la vision de l'aigle.
La tradition
Adelphena Logan écrit:
Les légendes indiennes nous racontent que l'aigle était un oiseau d'une grande puissance, et que pour cette raison il veillait sur l'univers tout entier. Compte tenu de ses qualités et de ses caractéristiques qpécifiques, on le considérait comme le pont de communication grâce auquel les prières des êtres vivants arrivaient jusqu'au Grand Esprit. En même temps, cependant, l'aigle incarne en soi un autre symbole: celui de la peur face à l'inconnu.
Peur et désir: l'aigle incarne les visions ancestrales des êtres humains; peur de l'inconnu et du mystère le plus profond, celui de la mort et de la vie, et désir de faire l'expérience de toutes les possibilités que la vie offre, jusqu'à parvenir au seuil de son essence, la grandiose transcendance de la nature, Wakan Tanka, et puiser, pour reprendre les puissants vers du poète
Libero de Libero, dans le matin
"bu à la source
dans la main même,
quand la terre "était nôtre".
Plus généralement, les peuples amérindiens ont toujours considéré tous les oiseaux comme quelque chose de fondamental pour leur propre existence. Le saint homme Buffalo Jim écrit à ce propos:
Ils sont libres de voler où ils veulent et de se poser où bon leur sied. Dans nos cérémonies, nous employons des plumes d'oiseaux, car elles nous rappellent le Grand Esprit. De toutes les créatures ailées, l'aigle est celui qui vole le plus haut: il est donc symboliquement le plus proche de celui qui a donné vie à l'univers. Ce n'est pas un hasard si ses plumes font également l'objet d'une vénération particulière. En outre, le roi des oiseaux est aussi la créature ailée la plus puissante: elle appartient par conséquent à toutes les populations à la fois, quelle que soit leur origine.
Les chants traditionnels évoquent mieux que n'importe quelle explication les images profondes de l'aigle: il suffit de prendre ce chant cérémoniel navajo:
Quand le soleil plonge à l'Ouest
nous entonnons les chants de l'aigle.
Voici que surgit la loge de Magie
à l'horizon, là-bas, en face de moi.
Que le chant de l'aigle commence.
Le Magicien de la terre s'avance, maintenant,
et des chants naissent des profondeurs,
des chants qu'il a fixés, ici, pour toujours.
Et puisque la terre à présent est fertile
le Frère Aîné s'avance à son tour,
d'un pas d'enfant,
et à son arrivée la terre refleurit.
Au son de nos tambours
moi je chante,
moi j'écoute,
des muages se déversent
de mes plumes./http%3A%2F%2Ft2.gstatic.com%2Fimages%3Fq%3Dtbn%3AAddiJ8WUYFDHNM%3Ahttp%3A%2F%2Fwww.ecosociosystemes.fr%2Fvautour.jpg)
Je me déplace en rond,
comme le vautour,
je m'arrête,
je plane
dans les profondeurs du ciel.
La chauve-souris rousse
se réjouit de nos chants,
se réjouit des coiffures d'aigle
qui ornent nos têtes.
L'esprit obscurci,
j'ai couru
près de l'étang
où l'on entendait le chant des grenouilles.
J'ai couru là
où les grenouilles,
vêtues d'écorce,
entonnaient des chansons.
A l'Ouest volait la libellule,
en effleurant de sa queue
le miroir des étangs,
dans un bruissement d'ailes.
De ce côté je cours
tandis que le noir s'installe;
des fleurs de cactus décorent mes cheveux.
De ce côté je cours
tandis que le noir,
l'obscurité palpitante,
progresse,
S. Bedetti
fleurs de cactus île Maurice