J'ai lu et entendu un peu partout des commentaires sur l'intervention de Ségolène Royal en Afrique et, la question se pose en effet. Plusieurs questions mêmes.
Le plus souvent, on parle de ce à quoi on s'oppose, en politique, c'est bête à dire, mais quand on est d'accord on ne dit rien... Bon je ne pense pas que du bien de cette attitude, inutile de vous le dire, vous commencez à me connaître...
Mais il est important de dire aussi quand on est d'accord, quand on trouve une chose positive, quand on se reconnaît dans la parole que porte nos élus en notre nom, et pas seulement quand on ne s'y reconnaît pas.
Il est un élu particulier qui est le président de la république.
Celui-là, même si la totalité des acteurs économiques ne peut pas voter, même si ceux qui peuvent voter ne le font pas tous, même si de tous ceux qui peuvent voter et qui votent, seulement 52 et quelques pourcents votent pour lui, tous les autres, tous, doivent accepter d'être représentés par lui, y compris à l'étranger.
Ou pas. ?!!
Là est la question. Elire, est-ce donner un blanc-seing, ne plus s'exprimer jusqu'au prochain vote?
Ensuite il y a des élus de moindre envergure, c'est-à-dire tous les autres... députés, maires, présidents de région etc... Ils sont aussi des élus, parfois des candidats à répétition à des élections diverses, et en tout état de cause, quand ils ont rallié de gros suffrages (parfois même 47 pourcents de suffrage national exprimé) ils parlent partout en portant eux aussi la parole au nom de ceux qui les ont élus et de ceux qui ont voté pour eux, un jour, ou encore ont l'intention de le faire.
Qu'ils le veuillent ou non, les élus, sauf mention contraire spécifiée clairement, parlent en nos noms.
Or, notre président a tenu en Afrique, à propos de "l'homme africain", des propos qui ont été plus que regrettés par la communauté africaine mais aussi par les Français de tous horizons politiques...
Certains diront que ce ne sont que des mots...ceux-là n'auront pas été choqués.
Ma foi, dans l'euphorie des débuts de la présidence, il y avait tant à dire, et tant de priorités, et puis ça faisait mauvais perdant pour un élu de gauche que de s'étendre sur la critique...
Par la suite, longtemps après, dans le courant d'un discours nourri (que pour ma part j'ai lu, et que vous pourrez trouver sur l'un ou l'autre blog dont vous comprendrez que je ne fasse pas la pub), notre inénarrable présidente de région internationalement connue, se rendit au Sénégal, terre de sa naissance.
Comment, en ayant conscience de ce qu'elle porte, dans ses mots, le coeur d'une grande partie des Français, comment ne pas s'exprimer sur le sujet? D'autant qu'il s'est agi précisément de présenter les excuses "des français" et non "du chef de l'état", message pourtant clair.
Ne rien dire eût été valider de fait les propos antérieurs, de celui, s'il en est, qui parle au nom de tous les Français sans exception!!! Or, clairement elle, elle s'inscrivait en faux. Comme d'autres, du reste, ce n'était pas un secret, ni une surprise.
A cet instant, en cet endroit et dans le fil de ce discours, même si l'externalité directe suspectée allait être de pouvoir s'opposer dignement et publiquement à son adversaire politique favori, Madame Royal a dû s'exprimer sur ce sujet et choisir de présenter au nom de tous les Français, des excuses.
Pouvait-elle en effet dire "aux noms de ceux qui se reconnaissent dans ma parole" ou "au nom d'une partie des Français"?
Pouvait-elle laisser entendre qu'elle ne pouvait pas regretter ces propos?
Nos élus doivent-ils oublier l'Afrique de peur de risquer de s'opposer à leur Président ou de devoir choisir de n'être pas libres de s'exprimer?
Quel exemple donnerions-nous?
Quelle image? Quel message surtout!!?
Savoir se positionner est, pour un politique une nécessité absolue. Il faut prendre ses responsabilités; ne pas dire c'est laisser dire. Oublier un sujet qui est sur toutes les lèvres de ceux qui vous reçoivent, c'est leur manquer de respect.
Après... il y a le déchaînement médiatique, le filon de l'opposition droite-gauche, les indignations méthodiques et calculées, les amalgames habituels faits de rancoeurs accumulées sur les gesticulations de l'un, l'emphase de l'autre, sur la confiance avec laquelle l'un s'impose dans l'injustice et l'autre dans la candeur...
Bon tout ça c'est du jeu politique...ça ne présente pas d'intérêt politique au sens noble...et de ça donc, je ne parlerai pas...