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1.Idée erronée:
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Le public a été formaté pour croire que l’entreprise procure prospérité à un pays et que c’est la seule source de richesses possibles (les services publics ne sont pas considérés comme créateurs de richesses mais au contraire comme gaspilleur d’argent public...). C'est un concept faux, asséné à longueur d’années par les syndicats des chefs d’entreprise et par les politiciens qui les aident, parfois en toute bonne foi. Au nom de cette idée, tandis que l’on baisse les acquis sociaux, que l’on réduit les salaires, on fait des cadeaux aux entreprises. On essaie par tous les moyens d’allonger le temps de travail, de diminuer les salaires et de détruire les acquis sociaux.
Si les entreprises créent incontestablement des richesses, il faut cependant y regarder de plus près en ce qui concerne les grandes entreprises: quel en est en réalité le coût social? Quel est le coût humain en terme de santé, de désespoir, de soumission, d’exploitation, de violences secondaires engendrées, de licenciements, de mafias?… Le profit d’une entreprise n’est pas une fabrication ex-nihilo, mais plutôt, en général, une vampirisation des autres secteurs de l’organisme social, tout au moins en ce qui concerne les grandes entreprises. Elles rachètent d’autres entreprises où il faisait bon travailler, plus petites, mises en faillites par concurrence agressive, puis véritablement dépecées… Pour ces prédateurs économiques, les populations du Sud, spoliées de leurs terres et de leurs cultures, cultivent des denrées coloniales ou travaillent comme esclaves dans des mines, dans des workshops,
servant de cobayes ou vendant à bas prix un enfant ou un organe (1).
Quel est aussi le coût environnemental, avec des ressources pillées, des énergies fossiles relâchées, des milieux dégradés, des populations animales ou végétales exterminées, des urbanisations inhumaines?
La véritable richesse d’une entreprise doit tenir compte et des richesses produites et des impacts de la production, impacts humain, social et environnemental.
(1) Un rein "rapporte" de 800 à 20000 euros… Quant aux yeux, le comble de l’horreur
est de retrouver des gamines de quatre ans dans les favellas d’Amérique du Sud,
aveugles, énucléées sauvagement, avec un billet de dix dollars à la main…
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Observons encore le corps humain. Toutes les cellules, dans un organisme en bonne santé, concourent ensemble à la vie du corps, et participent ensemble et en harmonie au fonctionnement global. La société de nos cellules est un tout harmonieux. Un corps humain n'est pas coupé en deux, avec d'un côté les cellules
qui travaillent pour la collectivité et de l'autre côté des cellules qui travaillent juste pour leur propre compte, cherchant à amasser pour leurs propres besoins, parfois pour des besoins imaginaires, tous les biens circulant, comme l'oxygène des globules rouges
et les micronutriments.
Dans un corps, il n'y a pas de système public-privé, c'est complètement absurde! Quand le privé s'installe, nous l'avons vu, c'est que des cellules vivent aux dépens des autres et qu'elles s'organisent en cancer.
Cette simple comparaison permet de voir combien, fondamentalement, les politiciens modernes se trompent quand ils bradent les services d’Etat et les entreprises nationales, et combien ils détruisent le corps social avec la philosophie de la privatisation.
Cette privatisation tous azimuts a déjà montré ses effets désastreux. Pour la distribution du courrier, pour l’eau, pour les transports, pour la santé, la privatisation a toujours pour conséquences pour l’usager une hausse des coûts, une diminution de la sécurité, une dégradation du service et des infrastructures mal ou pas entretenues.
Dans des petits villages, le traitement des ordures par des entreprises privées implique des factures multipliées par trois, parfois plus. Les compagnies d’eau privées agissent de même. On a vu quelles catastrophes la privatisation
d’un réseau ferroviaire peut engendrer...
…Tel un grand navire échoué, notre Homme s’est endormi dans un pré. L’herbe est verte et drue. La terre, sous son dos, est souple et meuble. Confortablement installé, l’Homme a détendu ses jambes et plongé dans les délices d’un repos agréable, certain du bon fonctionnement de son corps, confiant dans le système qui le régit. Dans son organisme, comme une machinerie silencieuse, bien huilée, ses organes travaillent en harmonie pour répondre aux demandes essentielles de l’ensemble de ses cellules, afin que, si besoin s’en fait sentir, il puisse fuir ou affronter, rire ou bouger correctement. Hélas, il a baissé la garde, sa vigilance est engourdie, bercée par des paroles trompeuses. Il ne sait pas la menace qui plane au-dessus de lui. De grands oiseaux noirs s’approchent silencieusement, et lorgnent avec délice vers le Corps Social Humain assoupi. Un gros volatile, les ailes déployées, examine avec calcul le foie, chargé de convertir l’énergie, un autre s’approprie déjà la rate rebondie, chargée d’une réserve d’argent-sang. D’autres vautours, dans un vol silencieux mais précis, arrivent aussi. Les organes vitaux de notre Homme les intéressent au plus haut point. Quel
magnifique festin, envisagent-ils ! Bientôt les charognards vont fondre sur le corps social endormi, et de leur bec puissant vont trancher dans le vif, dépeçant un à un les organes nobles, ceux qui assurait la survie. Qu’importe si l’Homme en meurt? Il est si important, à court terme, de s’approprier si belle aubaine...
Pareil à ces charognards, les grandes sociétés qui lorgnent sur nos systèmes vitaux, sur nos services d’utilité publique, n’ont qu’un seul objectif, leur profits personnels. Cela n’aura qu’une seule conséquence: la mort du corps social par dérapage financier, dégradation des services, perte de souveraineté,
paupérisation grandissante et chaos social...
D’ailleurs le credo même de la privatisation "Privatiser les bénéfices, nationaliser les pertes et les responsabilités", montre bien à lui seul, si l’on en doutait, de l’effarant égoïsme des chevaliers de cette "philosophie". Dans cette logique, au Canada par exemple, une entreprise qui fabriquait de l’amiante, responsable de centaines de cancers et de morts, a attaqué le gouvernement pour "perte de bénéfices"… et a obtenu des millions en dédommagement.
C’est dire le manque d’éthique que la justice occidentale devient obligée de cautionner parce que nous mettons le profit et l’argent au centre des politiques et non le respect de la Vie.
Quand les politiciens privatisent, ils agissent exactement comme si, tranquillement, nous décidions de mettre l’intestin d’un côté, les poumons de l’autre, la peau travaillant pour elle-même, tandis que les os s’en iraient jouer des claquettes ailleurs… Ce n’est pas sérieux!
De même, notre tissu social a besoin d’une cohésion totale pour pouvoir fonctionner sainement, et non pas de cellules qui chacune de leur côté, décident sans conscience altruiste, tirant à hue et à dia… Privilégiant l’individualisme contre un collectivisme sain, nos gestionnaires malavisés désagrègent littéralement notre tissu social.
Un corps humain ou un corps social est fait de multiples organes et sous-organes imbriqués dans une interdépendance permanente, nécessaire et vitale.
On peut donc voir comment cette notion "toujours moins de fonctionnaires" est carrément idiote et dangereuse pour le corps social planétaire… Les politiciens au pouvoir pourtant, ne cesse de dénigrer les fonctionnaires, les méprisant, faisant tout pour s'en débarrasser, montant les salariés du privé contre ceux du public à des fins de démantèlement.
Qu'allons-nous donc avoir avec la politique de privatisation qui s’accélère toujours plus? Nous aurons -et en réalité nous le goûtons déjà- un corps social composé uniquement de personnes individualistes, ou sociétés individualistes,
qui n'ont qu'un objectif, amasser pour elles-mêmes les richesses de la société, chacune s’emparant de la couverture de son côté sans se soucier des autres. Et l'on s'étonnera, après, que plus rien ne marche? Que les valeurs humaines s’effondrent? Que des hordes sauvages déboulent
dans les cités? Que la mafia et le terrorisme s’installent?
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