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Pour que l'argent circule, il ne doit pas dormir dans des coffres forts, mais voyager partout dans la société, des différents individus-cellules aux entreprises-organes, apportant nutriments et bien-être. Si la rétention modérée d'une quantité de sang-argent est parfaitement utile ponctuellement (un organe ou une cellule doit pouvoir faire face à des besoins soudains), en revanche, une grosse quantité de sang-argent mis de côté n'est pas profitable. Cet argent infiltre le tissu, surchargeant l'organe. Les échanges avec les organes périphériques ne peuvent se faire.
Il y a un rapport direct entre richesse et maladies dites de civilisation. Là où l'argent manque, on meurt de malnutrition, de paludisme et de choléra… Là où il déborde, on souffre du cancer, du diabète et d'infarctus… Un peu plus d'argent ici, pour simplement manger, et un peu moins là, pour manger correctement concourrait à des corps plus sains, donc à des esprits plus sains. L'argent doit donc être mieux réparti sur la planète par une circulation efficace, c’est une évidence.
Pour que l'argent circule, il faut que l'Etat, comme un muscle cardiaque, ait assez de "force" pour envoyer cet argent dans toutes les directions de l'organisme. Il doit donc jouer un rôle moteur incitatif. Dans l'absolu, s'il mettait simplement l'argent à la disposition de ses administrés, ceux-ci, ayant naturellement de nombreux besoins,
l'argent circulerait. Mais si l'on veut qu'il circule mieux, sans rétention ici où là, l'Organisme de Circulation Monétaire doit offrir des incitations à la circulation tout comme le cœur doit accélérer son débit pour une meilleure oxygénation.
Circulation de la masse monétaire principale
La masse monétaire est principalement mise en mouvement au départ sous forme de revenus. C’est à l’Etat de créer l’argent nécessaire à la vie de sa nation. Mais bien entendu, il ne fait pas tourner la planche à billets "juste comme ça". Nous l’avons constaté, l’argent n’est que signe d’échange: le ministère de l’économie doit donc créer l’argent en stricte adéquation avec la force de travail qui existe déjà dans le pays parce qu’il y a des adultes en capacité de travailler. Il ne s’agit donc pas d’un argent qui sortirait du néant, mais bien de celui qui
correspond aux temps de peine des travailleurs.
L’Etat (c’est à dire notre représentant), doit créer l’argent dont nous avons besoin pour obtenir la société que nous voulons. Ceci est une évidence, mais qui pourtant n’est pas reconnue.
Prenons l’exemple de deux frères jumeaux monozygotes, donc ayant le même patrimoine génétique (Ce qui correspond à deux nations ayant le même nombre d’habitants). Le premier, Jack, est très sportif. A force de faire des activités physiques, ses muscles sont plus développés, ils ont besoin de plus d’oxygène pour fonctionner. Son organisme a donc créé plus de globules rouges, afin de subvenir aux besoins en oxygène de ces muscles travailleurs. Le second, Andrew, a la même stature, mais déteste les activités sportives : lui, c’est la peinture qu’il préfère. Fautes d’exercices fréquents, ses muscles sont moins développés, sa masse sanguine n’a pas besoin d’être aussi performante, il a donc moins de globules rouges.
Pour une nation, c’est exactement pareil. Si nous voulons qu’elle soit active et concoure au bien-être général, il est impératif que sa masse monétaire corresponde à ce que nous voulons qu’elle fasse.
Si Jack mange plus qu’Andrew, on pourrait penser par comparaison que la nation "Jack" doit avoir plus de richesses sur son sol, que la nation "Andrew", mais ceci est une vision limitée et archaïque: il y a longtemps que les véritables richesses ne sont plus uniquement celles du sol, mais aussi celles de la connaissance et de la maîtrise technologique. Par exemple, pour une même terre et un même climat, celui qui saura cultiver en préservant la fertilité de la couche arable, aura une meilleure production agricole à long terme… Ce qui sert de ressources fondamentales aujourd’hui ce n’est plus seulement les matières dites premières mais bien plutôt les matières "nobles":
intelligence, connaissance, recherche, éducation, création, invention… C’est la possession de ce type de richesses qui permet véritablement le développement d’une civilisation: l’histoire le montre depuis la nuit des temps, la maîtrise du feu en est la première illustration, puis celle
de la roue, etc… C’est donc en premier lieu sur l’éducation que nous devons porter tous nos efforts afin d’accroître largement cette richesse fondamentale. Ceci ne peut se faire en réduisant le nombre de professeurs ou en entassant les élèves dans des classes surchargées, évidemment ! Mais plutôt en multipliant par dix les structures éducatives… Nous voyons donc à quel point l’émission de monnaie précède la création de richesse, et non le contraire, comme le soutiennent les ministres des finances… Nous devons donc créer la masse monétaire adéquate à la civilisation que nous voulons : une masse monétaire minime pour un pays de moindre ambition, qui développera une puissance de travail moindre, donc travaillant moins d'heures, ou une masse monétaire parfaite pour un pays qui désire pour chaque travailleur une activité enrichissante, aux deux sens du terme, donc travaillant plus d'heures.
Ainsi nous trouvons dans cette masse monétaire :
Les Revenus d’Activités (salaires correspondant à un travail)
Les salaires des fonctionnaires
Les salaires des travailleurs employés ponctuellement pour les grands travaux publics
Les salaires contractuels des associatifs
Les Revenus Vitaux
Le Revenu citoyen Vital (revenu de base inconditionnel pour tous, octroyé à tout individu, dès sa naissance, sans aucune condition de statut familial ou professionnel)
Le revenu complémentaire de retraite (c’est le revenu qui remplace le Revenu d’Activité)
Le revenu complémentaire de Handicap (c’est le revenu donné aux personnes malades ou handicapées en plus du Revenu Citoyen Vital)
Le revenu complémentaire d’Education (c’est un complément salarial qui permet à un parent de rester à la maison pour éduquer les jeunes enfants)
Le revenu complémentaire d’Instruction (c’est un complément au Revenu Citoyen Vital pour pouvoir poursuivre des études
Circulation de la masse monétaire secondaire: les prêts
Pour la bioéconomie, l'emprunt avec intérêt est un fonctionnement totalement mortifère. Aucun système biologique ne peut le justifier.
L'intérêt est strictement interdit.
Chaque humain, chaque organe de la société peut, de droit fondamental, disposer d'une fraction de l'argent appartenant à l'ensemble du corps social, en rapport avec ses capacités de remboursement.
Il dispose de cet argent par des prêts sans intérêt.
Cet argent correspond biologiquement au sang qu'un organisme met en reserve dans la rate.
L'argent est mis à disposition des citoyens par des agences d'Etat.
Des prêts sans intérêts sont accordés aux particuliers, aux entreprises, aux organismes.
Chaque cellule-individu, ou chaque organe-entreprise peut avoir, à un moment ou à un autre, besoin d'argent-sang frais pour combler ses besoins : il doit donc pouvoir immédiatement accéder à un prêt sans intérêts, dans la limite de ses capacités de remboursement, pourvu que son activité soit compatible avec la bonne santé des cellules-individus qui l'entourent et de l'organisme corps social tout entier. Seul doit être perçu en plus ce qui correspond au salaire des employés qui mettent cet argent à disposition de l’emprunteur et des frais réel de dossier.
L'argent circulant est mis à la disposition des citoyens par des succursales d'Etat, comme des bureaux de postes, par exemple, ou des succursales de banques renationalisées.
Cet argent, mis en circulation par les prêts, doit correspondre strictement aux capacités de remboursement, afin que, globalement il n'y ait pas une masse monétaire supérieure à sa correspondance en travail effectué par la population augmenté de la réserve monétaire. (et qu'il n'y ait ni inflation, ni déficit
monétaire)
Par la mise à disposition des prêts sans intérêts, l'Etat fabrique de la monnaie et le remboursement de ces prêts lui permet de récupérer cet argent (il a prêté 100 euros, on lui rend 100: les comptes sont parfaitement sains), soit pour le détruire soit pour le réinjecter dans l'économie en le prêtant à nouveau. Au passage, cet argent prêté aura permis la satisfaction des besoins des cellules et la production de richesses (bâtiments, routes, infrastructures…) qui participent à la vitalisation de la société, et offre à nouveau du travail. 100 globules-euros permettent ainsi de créer, par le simple fait de la circulation, grâce à la multiplication des échanges, donc à la fabrication d’objets (bâtiments, infrastructures…) 400 globules euros de richesse. (C’est ce que l’on appelle "effet multiplicateur de richesse par la circulation monétaire").
Dans notre civilisation "ultrabancaire", nous sommes arrivés à une dérive extrêmement malsaine. Il devient normal d’emprunter. Alors que nos grand-mères avaient la sagesse d’économiser pour acheter en sécurité et n’empruntaient qu’en toute, toute dernière extrémité, le recours aux prêts
"instantanés" est devenu loi économique, comportement économique. C’est ainsi, dans cette logique, que nous vivons à crédit, constamment, non seulement en ce qui concerne nos porte-monnaie, mais aussi en ce qui concerne les ressources d’un pays, pire encore, celles de la Terre. Nous n’hésitons pas à dévaster les océans pour nourrir nos estomacs, sans préserver les capacités de reproduction des animaux marins, nous épuisons nos sols, arrachons les forêts primaires pour faire des planchers ou des meubles de jardins... Le plus catastrophique sans doute de nos crédits sur l’avenir est la masse de poubelles nucléaires: nous estimons normal de laisser à nos descendants des déchets pour des billions d’années. Si nous ne savons pas comment les rendre inoffensifs, nos arrières arrières arrières petits enfants y parviendront sans doute, pensons-nous bien commodément… Dans notre appétit de vivre sans nous préoccuper des autres, dans notre manque total de solidarité, ce n’est pas seulement l’argent que nous utilisons à crédit, mais la Vie même de nos descendants. Ceci est encouragé par le système bancaire : plus il met de crédit à disposition, plus il touche d’intérêt, plus il nous fait fabriquer de la monnaie à son profit. Nous sommes tombés dans un piège, achetant toujours plus, dans une cavalcade monétaire sans fin.
La pratique exacerbée de l’emprunt implique tout un choix de société…
Dans la logique saine de "on ne peut dépenser que ce que l’on possède" il est urgent de réapprendre à nos enfants à dépenser avec sagesse, d’accepter la frustration du temps pour faire des économies avant d’acquérir, de refuser la multiplication des cartes de crédits, et surtout d’apprendre à user modérément des objets. Mieux consommer, consommer éthiquement est humainement important, mais moins consommer, d’urgence, est vital pour l’avenir de tous les êtres vivants.
L'état met en place une éducation à la sobriété monétaire, en incitant les personnes à gerer leurs fonds sans avoir besoin de recourir à l'emprunt, au maximum!
Le problème ne se pose évidemment pas en ces termes quand il s’agit de prêts sans intérêts, pour de réels besoins, puisque, comme un muscle qui a besoin d’un apport de sang supplémentaire, un individu va avoir de l’argent sang, ponctuellement, sans aggraver sa situation. L’Etat met donc des prêts à disposition, en s’assurant que ceux-ci sont parfaitement adaptés aux ressources de l’emprunteur pour un remboursement minime et sans douleur, pour des achats importants, tels des maisons, ou des voitures... Pareillement pour les entreprises, les prêts sont étudiés afin que la nécessité d’un remboursement important ne conduise pas à une dégradation des conditions de travail.
La répartition des prêts entre ce qui est réservé aux particuliers et ce qui est réservé aux entreprises doit se faire sur un mode démocratique, en se fondant sur la capacité de remboursement mensuel des emprunteurs,
citoyens comme entreprises.
Une politique de travaux publics (euh...un peu plus tard...!)