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lieu d'échanges et de convivialité, en toute simplicité sur tous les sujets qui vous intéressent, des débats, de l'actualité, musique, poésie, humour, partage... bienvenue à tous les gourmands de la vie et aux adeptes de la pensée sans frontière!...ou de la non-pensée :) n'hésitez pas, proposez vos questions/sujets en cliquant sur "contact", en bas de page...ce sera publié!

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Une contribution valable

 

M.R.:

Devant la totale impuissance des gouvernements à limiter l'émission des gaz polluants dans l'atmosphère, bien qu'il soit parfaitement clair que les conditions de vie de l'humanité en seront gravement affectées, seule la réaction globale fondée sur la détermination de chacun peut enrayer ce phénomène. C'est peut-être en ce sens qu'une démarche spirituelle non dogmatique comme celle du bouddhisme pourrait offrir une contribution valable...

 

Par démarche "non dogmatique", on entend une démarche qui ne consiste ni à condamner la course au "progrès" au nom d'un retour naïf à un mode de vie révolu, ni à épouser avec crédulité l'idée que le progrès, évalué en termes de croissance économique annuelle et de prouesses technologiques, est indispensable à notre bien-être. Si notre but est d'être profondément satisfaits de notre existence, il y a des choses indispensables et d'autres dont nous pouvons certainement nous passer. Le regard que porte le bouddhisme sur le monde nous permet d'établir une hiérarchie dans nos buts et nos activités et de prendre notre vie en main. Son analyse des mécanismes du bonheur et de la souffrance nous montre clairement où mènent l'égoïsme et l'altruisme.

 

Comment cela débouche-t-il sur une éthique?

En fait, les fondements de l'éthique sont très simples. Il n'y a pas de bien et de mal en soi, il n'y a de bien et de mal qu'en termes de bonheur et de souffrance à autrui et à soi-même. Si nous savons faire naître en nous une attitude altruiste telle que nous soyons viscéralement concernés par le bien des autres, cet altruisme devient le plus sûr guide de notre jugement. Confrontés à la vie de tous les jours, nous aurons alors beaucoup + de facilité à évaluer quels sont les actes qui crééeront davantage de bonheur et soulageront davantage de souffrances. Il s'agit d'une expérience directe plutôt que de théories morales ou de règles préétablies. Cette expérience exige une attention constante aux pensées qui nous motivent. L'esprit est comparé à un cristal qui prend la couleur de l'endroit où on le pose. Il est neutre, et ce sont nos intentions qui déterminent le caractère véritable de nos actes, quelle que soit l'apparence de ces derniers.

Il ne s'agit ni de condamner ceux qui agissent sous l'emprise de la haine, de l'avidité, de l'orgueil ou de la jalousie ni de tolérer ces émotions destructrices comme des composantes inéluctables de l'existence, mais de les traiter comme des symptômes de maux dont on peut se débarrasser, lorsqu'on en prend la peine. La démarche du bouddhisme, en bref, est très pragmatique. La recherche scientifique nous apporte des informations, mais elle ne débouche sur aucun changement intérieur.

L'effort spirituel ou contemplatif doit, au contraire, aboutir à une transformation profonde de notre manière de percevoir le monde et d'agir sur lui. Il ne suffit pas de savoir, comme par ex dans la physique quantique, que notre conscience ne peut être isolée de la réalité globale du monde des phénomènes, il faut reconnaître par l'expérience personnelle qu'elle fait partie de cette globalité. Passer ainsi d'une connaissance théorique, qui risque de n'avoir que des effets virtuels, à l'expérience directe est la clé du problème de l'éthique. Lorsque l'éthique est le reflet de nos qualités intérieures et guide notre comportement, elle s'exprime naturellement dans nos pensées, nos paroles et nos actes, et devient source d'inspiration pour les autres.

Il s'agit donc d'une adéquation entre la théorie et le vécu, et c'est là que la force de l'expérience prend toute sa valeur. Il ne suffit pas de découvrir scientifiquement que les phénomènes sont interdépendants: notre esprit doit assimiler les implications de cette découverte, et notre vie doit s'en trouver transformée. Le réalisation vécue de l'interdépendance se traduit par une compassion irrésistible envers tous les êtres et modifie son existence jusque dans sa fibre la plus intime. Ceux qui ont rencontré le Dalaï-Lama, par ex, savent que quelques instants passés en sa compagnie en disent pour que des centaines de discours sur l'amour et la compassion.zen

Quant à la méthode proprement dite, elle est en général graduelle. Elle commence par l'écoute et l'étude, se poursuit par la réflexion186 intellectuelle et culmine dans l'intégration en notre être, grâce à la méditation, d'une nouvelle perception des choses et d'un nouveau comportement. Méditer veut dire, en l'occurrence, se familiariser avec cette nouvelle perception du monde. De la compréhension naît la méditation, laquelle s'exprime en actes. On passe ainsi sans discontinuité de la connaissance à la réalisation intérieure, puis à l'éthique vécue.7péchés_wrath

Notre société produit fort peu de sages. Elle crée des comités d'éthique constitués de grands penseurs. Dans la société tibétaine où je vis, il serait impensable d'inclure dans de tels comités des gens qui ne possèderaient pas des qualités humaines indiscutables à tous points de vue. On n'imaginerait pas que des maîtres spirtuels excellents dans l'enseignement de la spiritualité mais soient égoïstes, coléreux, vaniteux ou mauvais pères de famille. Personne n'aurait l'idée d'aller les consulter.

 

T.X.T.:

En Occident, les critères de sélection des membres des "comités de sages" reposent surtout sur leurs réalisations professionnelles. Les qualités humaines entrent  moins en ligne de compte. Or il est clair qu'un "vrai" sage doit posséder au plus haut point les qualités de l'esprit et du coeur.

Plus important encore, l'approche spirituelle peut nous fournir une ligne de conduite dans la vie. Dans mon domaine, la science est confrontée à de nombreux problèmes d'ordre éthique qui prendront encore + d'ampleur au XXIè s.: la prolifération nucléaire, la destruction de l'environnement, le clonage, les manipulations génétiques et peut-être la sélection de certains types d'êtres humains. Faut-il contrôler la recherche? La réponse nécessite une réflexion approfondie, car il faut aussi préserver la liberté de créer et de chercher. L'imagination doit pouvoir s'exprimer sans entrave, sinon elle meurt? On a vu les effets désastreux que des régimes totalitaires peuvent avoir sur les activités scientifiques. Un ex frappant: parce qu'il pouvait, avec le soutiehttp://u.jimdo.com/www7/o/sb90d8afdfc008378/img/i099dfa4e6330ce80/1278993794/std/trofim-lyssenko.jpgn de Staline et du parti communiste, museler toute opposition, Trofim Lyssenko a pu imposer de 1932 à 1964, sans aucune preuve expérimentale, l'idée que les gènes n'existaient pas, retardant ainsi les progrès de la biologie et de la génétique soviétiques de plusieurs décennies.

D'autres part, la société doit être consciente que certains types de recherche peuvent déraper. Le "bricolage" génétique pourrait faire resurgir les thèses eugénistes, qui visent à préserver des races dites "supérieures" et à éliminer les individus "déviants" ou "inférieurs". W. Shockley, qui a reçu le prix Nobel de physique pour l'invention du transistor, a passé les dernières années de sa vie à promouvoir un programme de stérilisation basé sur le quotient intellectuel.

Selon moi, le scientifique ne doit pas s'engager dans certaines recherches sans avoir mûrement pesé leurs implications morales. Quels seraient alors les critères de décision? Je pense comme toi que ce doit être l'altruisme et le sens de la responsabilité universelle dont parle le bouddhisme: le scientifique devra orienter ses recherches de manière à ne pas causer de souffrances à autrui. Malheureusement, http://www.et-demain.com/wp-content/uploads/2009/04/courbure.jpgc'est + vite dit que fait, car il est très difficile à un scientifique d'évaluer les répercussions de ses recherches. Pour prendre un ex connu, quand Einstein a découvert l'équivalence de la matière et de l'énergie en travaillant sur la théorie de la relativité restreinte, il était très loin d'imaginer que cette découverte mènerait -aussi!- à la bombe atomique et à l'extermination des populations d'Hiroshima et de Nagasaki...

 

Mathieu Ricard et Trinh Xuan Thuan

 

http://i34.tinypic.com/vo5vsn.jpg

proposé par mamadomi

art. nouveaux horizons n°150

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M
<br /> -->>scientifiques ou pas, sans valeurs, discernement et éthique... nul n'est à l'abri de se fourvoyer... et d'entraîner du monde dans ses errances...<br /> ... quoiqu'on entreprenne d'apprendre, c'est à l'intérieur qu'il faut croître pour en tirer le meilleur...non?<br /> doux bisous et belle fin de soirée à toi<br /> <br /> <br />
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Q
<br /> Je crois malheureusement que l'on n'empêchera pas les scientifiques de chercher, et, plus souvent qu'on ne le pense, de trouver des choses que d'autres n'emploieront pas forcément au bénéfice de<br /> l'humanité.<br /> <br /> Ce n'est pas facile de tout imaginer, hélas !<br /> <br /> Passe une bonne journée, Mamadomi.<br /> A suivre, donc...<br /> <br /> <br />
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L
<br /> M'am Nufar, née Renée Andertal,<br /> Fortuné Nufar, l'aîné Nufar,<br /> Nufar Cat, successeur des autres,<br /> Dieudonné Nufar,<br /> Irénée Nufar,<br /> les Triplays ( qu'on appelle Nufar, mais dont le père, en fait, était un certain Monsieur Stéchionne !! le lâche !!),<br /> Vahiné Nufar,<br /> Narcisse Haigot,<br /> Simon Cussonnet, Tussorel (Eure),<br /> M'am Khaâmat Soutrat, divorcée de Monsieur Halhesaloh Ymatoumih,<br /> et lui-même,<br /> Anna & Méta Morfose,<br /> Mademoiselle Lili Bido,<br /> Dino Zor,<br /> ---<br /> Oh de la neige sur des fleurs de Nufs !!<br /> Décidemment y a plus de saisons !!<br /> Tout fout le camp ma bonne dame !!<br /> ---<br /> <br /> <br />
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M
<br /> <br /> ah j'aime bien la neige tu sais, j'en redemande!!!<br /> <br /> <br /> <br />
H
<br /> (Sourire)Merci pour cette réponse, Mamalilou; je me doutais bien qu'il y avait une suite.<br /> Loin de moi l'idée de m'inscrire en faux contre 2 éminents scientifiques: ce serait parfaitement ridicule!<br /> En revanche, je souffre d'une "déformation professionnelle"; ma démarche porte essentiellement non sur le fond, mais bien la forme de tout discours.<br /> <br /> Un tout petit ex:<br /> "Il s'agit DONC d'une adéquation entre la théorie et le vécu".<br /> Donc.<br /> Tu connais le fameux syllogisme: "tous les chats sont mortels"; "Socrate est mortel", "DONC Socrate est un chat".(Je sais, elle est facile...:))<br /> Mieux encore: pour convaincre, l'auteur utilise abondamment "Il s'agit de":3x "Ainsi":2x etc. des expressions qui induisent la causalité. Et à l'inverse, côté "détracteurs": Il ne s'agit pas de"<br /> etc.<br /> <br /> Ce n'est qu'un tout petit ex de l'analyse des mécanismes de ce discours.<br /> <br /> Cela dit: il me semble qu'il y a des pistes fort intéressantes dans cet article, comme dans celui de la contrainte "alimentaire":<br /> La fameuse "Interpénétration" dont il parle se rapproche curieusement du fameux "lâcher prise" psychanalytique.<br /> "Lâcher prise" avec lequel j'ai toujours eu du mal...<br /> Bon, je vais saoûler tout le monde: j'arrête!<br /> <br /> Bonne fin de journée, Mamalilou!<br /> <br /> <br />
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M
<br /> <br /> héhé, une déformation que je connais, non par professionnalisme (je ne suis pas allée jusque là) mais par usage (association, vie publique) et aussi par voie de conséquence, car en ami on se<br /> trouve parfois en position d'être thérapeute de secours, et on finit à force de récurrences, par connaître son sujet... oui la forme, la rhétorique, sont à la fois des outils fins et créatifs,<br /> qui peaufinent des écrits et pas seulement artistiques...<br /> <br /> <br /> mais ils sont -trop- souvent des outils de manipulations de la masse (politiques, religieux, hirérarchiques), par les divers usages sophistes et autres syllogismes/parasyllogismes ... qu'ici tu<br /> pointes...<br /> <br /> <br /> mais bien sûr en rappelant les postures et la vie même de ces deux plumes (ce qu'ils mentionnent d'ailleurs, leur vie parle pour eux) j'insiste sur l'intention de l'écrit qui permet effectivement<br /> une souplesse analytique de la forme de l'écrit...<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> alors oui, cette réserve est légitime, surtout concernant la religion qui a fait son lit sur les arguments d'antiquité, les pétitions de principe et autres appels moralisateurs...(sujet traité<br /> ici aussi)<br /> <br /> <br /> mais dans la science on ne peut évidemment pas se permettre d'inversion de causalité par ex... ce en quoi le parcours est intéressant, puisque c'est avec cet esprit rigoureux de la démonstration<br /> et de l'analyse, que ces deux hommes se présentent devant la religion, ici le bouddhisme.<br /> <br /> <br /> oui alors, le lâcher-prise oui mentionné peu après en billet, un sujet récurrent ici.. lol<br /> <br /> <br /> ... en tous cas tu ne saoûles pas la taulière!!<br /> <br /> <br /> belle fin de journée à toi aussi<br /> <br /> <br /> <br />
M
<br /> C'est bizarre, quand j'ai commencé à lire, j'ai cru reconnaitre la pensée et les écrits de Mathieu Ricard. Je viens de livre plaidoyer pour le bonheur où il nous asséne quelques vérités tout comme<br /> ici.<br /> Amicalement, Maous<br /> <br /> <br />
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M
<br /> <br /> une grande habituée donc!! :o)<br /> <br /> <br /> vrais bisous à toi<br /> <br /> <br /> <br />