
Force de volonté, confiance en soi, self-control
Résolu et déterminé, le guerrier n'a peur de rien. Il n'a qu'une mission à accomplir: vaincre. Mais auparavant, il doit surmonter ses angoisses, ses terreurs et son manque d'assurance, se concentrer et fermer les yeux, de même que son esprit. Il doit être comme le rocher d'une rivière impétueuse, immobile au milieu des flots qui le fouettent et le frappent.
Le guerrier possède un esprit ferme, une force de volonté, une confiance et une maîtrise de soi.
Ainsi, seulement, il pourra suivre jusqu'au bout la voie que lui indiquera sa vision, et deviendra un vrai guerrier de la vision. De cette manière, uniquement, il sentira l'énergie de son corps et de son esprit croître et se libérer d'elle-même pour aller enflammer le monde en le menant vers une conscience et une connaissance nouvelles: la véritable et profonde connaissance de la nature.
La tradition

Dans l'imaginaire occidental, le Indiens d'Amérique représentent le peuple guerrier par excellence. Ce qui est d'ailleurs vrai du point de vue historique: la guerre faisait partie intégrante de la vie de la tribu et de la croissance d'un individu. La fascinante autobiographie du grand chef Geronimo se révèle à cet égard particulièrement explicite: il mena une existence toujours à la
lisière du combat, tout d'abord contre les Mexicains, puis contre d'autres tribus indiennes, et pour finir contre les Blancs, dans une guérilla constante qui ne cessa que quand l'âge le contraignit de s'arrêter. Chez les Indiens, la guerre n'était cependant jamais livrée dans un but de conquête. Des razzias et des incursions fréquentes dans les territoires d'autrui maintenaient en permanence une vive tension entre les tribus ennemies, mais ne débouchaient jamais sur une guerre de destruction totale.
La guerre revêtait par ailleurs un aspect essentiellement ritualiste, comme l'ont souligné plusieurs études anthropologiques: d'un côté -telle est l'opinion de l'historien Philippe Jacquin, elle apparaît comme un rituel nécessaire à la stabilité du groupe, car elle empêche la formation de communautés trop vastes et, 
par conséquent, l'émergence d'un état dominant: de l'autre, elle est vécue comme une épreuve par les jeunes guerriers, qui peuvent ainsi démontrer leur valeur au sein de la tribu. La narration contribuait à renforcer
le mythe du guerrier. Dans les récits qui se transmettaient oralement de génération en génération selon des variantes toujours nouvelles, la figure du guerrier assumait une connotation mythopoïétique fondamentale, outre son rôle d'enseignement des jeunes selon les principes inculqués par les hommes du village et de la tribu. La signification mythique du guerrier s'exprimait à travers des rituels de nature religieuse compliqués qui se déroulaient avant la bataille: les guerriers se peignaient le visage et le corps, se réunissaient en groupe pour danser avec leurs armes et entonner des chants de guerre. L'union entre les membres de la tribu était garantie, de même que le sentiment d'identité indienne, qui se réalisait dans la figure du guerrier.
S. Bedetti
proposé par mamadomi
rééd° du 03 10 09