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La logique capitaliste... Il ne faut pas s’attendre à voir disparaître de tels comportements tant qu’on continuera à croire le postulat sur lequel est fondé le système libéral: l’intérêt général est la somme des intérêts particuliers; laissez faire, laissez passer, le marché trouvera tout naturellement la meilleure solution pour tous.
La preuve est amplement établie que ce postulat est faux. Il ne s’agit pas, pour autant, de jeter l’anathème sur des hommes, qu’ils soient financiers, marchands, médecins, responsables politiques ou banquiers, mais de montrer que nous sommes tous victimes d’une logique qu’on n’ose pas remettre en question, alors que les faits prouvent qu’elle est devenue nocive, dramatiquement et partout. Il faut en prendre conscience avant qu’il ne soit trop tard.
Mais c’est d’autant plus difficile que, d’une part cette logique nous imprègne à tous les niveaux de la vie quotidienne et dès notre plus jeune âge au point qu’elle semble faire partie de l’ordre naturel, et que, d’autre part, les expériences qui ont été faites hors de cette logique ont été tout aussi catastrophiques sur le plan humain.
Pour que la recherche du profit ne puisse plus bafouer les lois établies démocratiquement, pour que la richesse d’un pays soit produite et partagée en toute justice, il faut que l’instrument financier soit soumis au pouvoir politique. Or l’instrument du pouvoir financier, c’est la monnaie. C’est donc sur elle qu’il faut agir, et pour cela, comprendre ses défauts pour les corriger.
L’image est celle de la boule de neige. Faites une toute petite boule de neige et laissez-la glisser toute seule sur une bonne pente. Elle va devenir de plus en plus grosse, ramassant autour d’elle la neige de son chemin. Parce qu’il y a dans la
constitution physique de la neige des forces qui permettent aux molécules de glace de s’agglutiner, de sorte qu’en laissant faire, en laissant passer la boule, elle va naturellement devenir énorme. Il en est de même pour la monnaie capitaliste: par la façon dont elle se constitue, elle a la propriété de s’accumuler. L’argent va à l’argent, dit la sagesse populaire. D’ailleurs, on ne prête qu’aux riches et les banques n’ouvrent de crédits qu’avec l’assurance d’en tirer un intérêt. Dès sa création, la monnaie capitaliste est conçue pour attirer l’argent:
Quelques chiffres donnent une idée plus précise de cette accumulation de l’argent dans la sphère financière.
En 1992, le montant total des exportations dans le monde a été en moyenne de $10 milliards/jour. Dans le même temps, les transactions sur les marchés des changes se sont élevés, en moyenne également, à $900 milliards/jour.
La somme des transactions financières en UNE seule journée est beaucoup plus élevée que la totalité des réserves de TOUTES les banques centrales, qui est de $693 milliards.
Nouveau chiffre, à peine plus récent: les transactions financières des pays du G7 sont passées de 35% du PIB en 1985 à 140% dix ans plus tard. (1995)
Ces chiffres montrent à l’évidence que l’économie financière n’a presque plus rien à voir avec l’économie réelle, celle qui crée les richesses, des biens et des services. C’est donc cette faculté d’accumulation, inhérente à la nature de la monnaie capitaliste, qu’il faut supprimer.
| L’essentiel (85%) de la masse monétaire n’est pas créé par l’état, dont c’est, pourtant, le droit régalien. Ce privilège a été arbitrairement abandonné aux banques de crédit. Contrairement à une idée fort répandue, ces banques “de second rang” ne se contentent pas de prêter aux uns ce que d’autres ont déposé chez elles. Elles créent l’argent ex nihilo, sous forme de dettes et en retirent un intérêt quand leurs clients remboursent leur dette. C’est ainsi que le choix des investissements est basé exclusivement sur la rentabilité. |