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C'est sa vie

La mort du poète est sa vie

La nuit étendit ses ailes noires au-dessus de la ville quehttp://mamietitine.unblog.fr/files/2009/02/fleur21.gif la neige avait couverte d'un blanc manteau. Le froid chassa des marchés les descendants d'Adam qui allèrent se blottir dans leurs foyers. Le vent gémissait entre les habitations comme un orateur qui, debout au milieu des tombes de marbre, prononce une oraison funèbre en mémoire d'une victime de la mort.
Une humble maison, aux murs croulants et au toit qui ployait tant sous le poids de la neige qu'il semblait sur le point de s'effondrer, se situait à l'extrémité de la ville. Dans un coin se trouvait un lit vétuste sur lequel était étendu un jeune homme agonisant qui fixait une lampe dont la petite flamme luttait désespérément contre l'obscurité. Le jeune homme, au printemps de sa vie, savait que l'heure où il serait libéré des chaînes de l'existence était imminente; il attendait le trépas, alors que, sur son visage pâle, luisait l'espoir et que, sur ses lèvres, s'esquissait un sourire affligé. Un poète, venu réjouir de ses dits merveilleux le coeur de l'homme, se mourait de faim dans la cité des riches. Une âme noble, descendue avec les bonnes grâces des dieux pour rendre la vie plus suave, faisait ses adieux à notre monde avant que l'humanité ne lui sourît. Un agonisant qui rendait le dernier soupir, n'ayant près de lui pour compagnes de solitude qu'une lampe et des feuilles qui http://mamietitine.unblog.fr/files/2009/02/fleur21.gifrecueillaient les subtiles visions de son esprit.
Ce jeune homme agonisant rassembla le reste des ses forces qui frôlait le néant et leva les mains vers le ciel en remuant ses paupières fanées, comme s'il voulait transpercer de ses ultimes regards le plafond de cette vétuste maison afin de voir les étoiles au-delà des nuages, puis il dit:
"Viens à moi, ô sublime mort, mon âme languit dans ton attente. Approche-toi et brise les chaînes de la vie car je suis la
s de les traîner; viens à moi, ô splendide mort, et sauve-moi d'entre les humains qui me considèrent comme un étranger parmi eux parce que je traduis, dans la langue des humains, ce que les anges me disent. Viens à moi et hâte-toi, l'homme m'a abandonné et m'a relégué dans les recoins de l'oubli car je n'étais pas, comme lui, avide de gagner de l'argent, ni d'exploiter ceux qui sont plus faibles que moi. Viens à moi, ô douce mort, et prends-moi car mes compatriotes n'ont pas besoin de moi. Serre-moi contre ta poitrine emplie d'amour. Baise mes lèvres qui n'ont pas savouré le baiser d'une mère, ni effleuré la joue d'une soeur, ni embrassé les lèvres d'une soupirante. Viens vite m'enlacer, ô mort, ma bien-aimée!"
Surgit alors, près du lit de l'agonisant, le fantôme d'une femme à la beauté surhumaine. Elle était vêtue d'un manteau blanc comme la neige et tenait, dans la main, une couronne de lys cueillis dans les champs célestes. Elle s'approcha de lui, l'enlaça et lui ferma les paupières afin qu'il pût la voir avec l'oeil de son âme puis posa un baiser chaste, un baiser qui laissa sur ses lèvres un sourire de contentement.
A cet instant, la maison se vida et il n'y resta plus qu'un amas de terre et quelques papiers éparpillés dans les recoins de l'obscurité.

Passèrent les générations alors que les habitants de la villehttp://mamietitine.unblog.fr/files/2009/02/fleur21.gif étaient restés plongés dans le sommeil de l'ingratitude et de l'indifférence. Quand, enfin, ils se réveillèrent et virent, de leurs propres yeux, poindre l'aube de la connaissance, ils érigèrent, au nom de ce poète, une immense statue au milieu de la place publique et, chaque année, ils célèbrent sa mémoire... Ah! que l'homme est ignorant!
Khalil Gibran

http://af.img.v4.skyrock.net/afc/p-o-e-m-e-s/pics/33346385.jpgproposé par mamadomi
rééd° du 19 06 09
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M
<br /> -->> et bien c'est l'un de mes objectifs quotidien, de me coucher moins ignorante chaque jour, voilà qui fait plaisir à partager!<br /> merci de donner du sens à tout cela à la réception :o))<br /> doux bisous et beau dimanche à toi<br /> <br /> <br />
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S
<br /> Bon samedi ! En lisant les articles sur ton blog, nous voilà au moins moins ignorants ! Merci<br /> <br /> <br />
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M
<br /> -->> oui la célébrité posthume, c'est parfois dommage... m'enfin, je ne sais pas... l'anonymat c'est quand même un grand confort aussi...<br /> une oeuvre qui permet à ses enfants de bien vivre, sans avoir perdu la qualité relationnelle avec eux... c'est pas mal aussi non? dommage en effet qu'on ne puisse pas forcément choisir l'un ou<br /> l'autre<br /> si déjà le talent est reconnu, un jour ou l'autre... mmm, c'est déjà ça...<br /> doux bisous à toi<br /> et ma reconnaissance pour tous tes partages précieux et talentueux<br /> <br /> <br />
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S
<br /> Autant aimer les gens tant qu'ils sont en vie, mais c'est vrai que les artistes devenaient célèbres de façon posthum. Bonne journée !<br /> <br /> <br />
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M
<br /> -->> un de mes plus grands bonheurs littéraire, mais pas que!<br /> doux bisous à toi et délicieuse fin de soirée<br /> <br /> <br />
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