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conception ne concerne pas Jésus puisqu'elle s'applique à Marie dont la conception fut, de plus, tout aussi charnelle que celle de tous les humains. Mais cette confusion entre la mère et le fils fut largement entretenue par un culte de la Vierge mariolâtre et oedipien.
Parce que la future Marie devait être le "vase très pur", le "ventre béni" du sauveur à venir. La croyance en l'Immaculée conception s'est donc progressivement répandue dans la chrétienté et sa fête (le 8 décembre, neuf mois avant le 8 septembre, fête de la naissance de Marie) est attestée au VIIè siècle dans l'Eglise d'Orient et au XIIIè siècle dans celle d'Occident.
Si le péché est contagieux, ne serait-il pas transmissible par l'engendrement naturel? La confusion entre l'Immaculée Conception de Marie et la naissance virginale de Jésus vient de ce rapprochement hâtif: puisque Jésus a été "conçu du Saint-Esprit", sa conception est bien immaculée. Les théologiens répondront qu'elle est miraculeuse et pas seulement immaculée, mais cette distinction n'est guère convaincante: l'absence de péché est déjà un miracle ("une grâce et une faveur singulière du Dieu Tout-Puissant", selon la définition pontificale). Les croyances populaires ont donc amalgamé les conceptions de Marie et de Jésus qui n'auraient pas été "maculées" par le sperme de l'homme et le plaisir du couple. Tels seraient les motifs de cette exception du péché originel. La Vierge Marie risque alors d'être confondue avec une déesse, chaste et puissante comme Diane ou Athéna, et, poussée à l'extrême, la dévotion mariale renoue avec le polythéisme antique
Ce reproche est (pacifiquement) adressé par les protestants aux catholiques qui auraient divinisé Marie, la "reine du ciel" (Regina coeli), et affaibli Jésus, l'unique vainqueur du péché. Il serait aussi absurde de voir de l'immaculé dans la mère de Jésus que du génie dans celle d'Einstein
conception est donc d'ordre oecuménique. En "déclarant, prononçant et définissant" cette doctrine, Pie IX inaugurait le règne de l'Infaillibilité pontificale, dogme défini seulement en 1870 (lors du concile Vatican I) et utilisé par Pie XII (en 1950) pour l'Assomption, autre privilège marial. Ni les protestants ni les orthodoxes ne peuvent admettre cette alliance mystique de la mère de Jésus et du "vicaire du Christ", de la Vierge couronnée et du "trône de Pierre".
La foi populaire n'en a cure et l'Immaculée conception a été plébiscitée par les foules de Lourdes puisque ◄Bernadette Soubirous aurait entendu, le 25 mars 1858, la Vierge Marie lui dire: Que soy era immaculada counception. Ces mots du patois bigourdan ont attiré des millions de fidèles plus sûrement que la solennelle définition du magistère apostolique.