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Couronne radiale, Rikbaktsa Etat du Mato Grosso – Brésil
Fibres de roseau, fibres de coton, plumes de toucan, plumes blanches d’ibis et/ ou de héron, cire d’abeille.
Diam. 20 cm ; L. 56 cm
Le rapport entre l'homme et l'animal peut être traité en explorant les signes révélateurs de leur proximité ou au contraire d’une certaine distance. Cette coiffe rikbaktsa où les plumes de toucan qui tombent sur le cou symbolisent la queue de l’oiseau, et plus largement l’art de la plume en Amazonie, nous permet d’interroger cette relation particulière de l’homme et de l’oiseau. En effet, celui-ci occupe une place de choix dans cette région aussi bien d'un point de vue mythologique, créatif qu’utilitaire. Les travaux actuels sur l’interface entre nature et culture tentent de dépasser cette opposition traditionnelle en montrant que la nature est elle-même une production sociale. En effet, certains auteurs, dans la mouvance de Ph. Descola, défendent l’idée que les cosmologies amazoniennes déploient une échelle des êtres où les différences entre les hommes, les plantes et les animaux sont de degré et non de nature. La conception moderne occidentale de l’environnement ne serait alors que l'une des modalités possibles pour voir le monde ; elle ne saurait donc être prise comme étalon pour appréhender la manière dont d'autres civilisations conçoivent et classifient les rapports entre humains et non-humains. Pour la plupart des populations amérindiennes d’Amazonie, les plantes et les animaux
peuvent posséder une âme similaire à celle des humains.
Cette faculté les range parmi les "personnes" et les rend capables d’éprouver des émotions. Elle leur permet d’échanger des messages avec leurs pairs comme avec les membres d’autres espèces, dont les hommes, construisant alors un rapport social.
source: cultures du monde