Toujours la stratégie au service du bien être... Remarquables sont les résultats produits sur tous ceux et celles qui s'y essaient. - A quoi, me direz-vous?
Et bien parmi les effets presque immédiats,
une patience accrue,
une plus grande perspective, et,
en bienfait annexe, davantage de respect à l'égard des autres...
- mais de quoi elle parle donc? La stratégie en elle-même est d'une simplicité exemplaire. Tout ce que nous avons à faire, c'est de marquer une pause -une "respiration"- après que notre interlocuteur a fini de parler. aha ben oui quoi... respirer avant de prendre la parole... - quoi? - ben non c'est pas si évident...pas pour tout le monde, j'en connais des qui...
enfin bon bref... Au début, ce temps mort entre nos deux voix nous paraît interminable, même qu'on s'entend demander avec une pression certaine: - ben tu réponds pas? ben tu dis quoi? ok je vois...non mais si je t'intéresse pas tul
dis hein, c'est plus simple... En réalité, il ne durera qu'une
fraction de seconde ce temps, qui suffit au début à s'impatienter... habitués que nous sommes à ce galop, au flôt incessant et efficace de nos paroles en torrents parfois fougueux... Peu à peu, nous nous habituons à la beauté et à la puissance de la respiration, nous y prenons ou reprenons plaisir. Ce court silence nous rapproche de tous ceux avec qui nous discutons -et nous gagnons leur respect: une écoute sincère étant un cadeau précieux. Et nous n'avons besoin pour cela que d'un peu de volonté et d'observation de soi, de pratique aussi. Ecouter les conversations autour de soi suffit à voir que nous nous contentons, pour la plupart, d'attendre notre tour de parler.
Nous n'écoutons pas vraiment nos vis-à-vis,
nous sommes bien trop occupés à guetter l'ouverture,
cette brèche qui nous permet de glisser notre opinion.
Pour accélérer le mouvement, nous finissons les phrases de nos interlocuteurs,
nous les ponctuons d'un "oui, oui" ou d'un "je sais" pressants.
La conversation s'assimile alors à une partie de ping-pong où il ne s'agit pas d'apprendre quoi que ce soit mais de marquer le point.
Une urgence dans la communication est la porte ouverte aux malentendus, aux interprétations abusives, aux jugements à l'emporte-pièce, etc...-tout cela avant même que notre interlocuteur ait achevé sa tirade! Pas étonnant, dans ces conditions, que nous finissions par nous regarder en chiens de faïence. Avec de
telles qualités d'écoute, on se demande même comment on peut encore avoir des amis! J'ai passé une partie de ma vie à attendre mon tour de parole. Aujourd'hui, c'est (presque)fini. Non seulement je les vois penser à leur réponse quand je leur parle... avec moins d'agacement ou d'illusions que jadis... mais je laisse mes interlocuteurs aller librement au bout de leur argumentation... mouais, enfin, quand j'arrive à prendre du recul... parce que dans le feu des actions, les sollicitations multiples et l'urgence des mouvements hein... on est d'accord, c'est parfois une vue de l'esprit...!!
Mais alors... Quelle surprise, quelle satisfaction sur leur visage! Souvent, en agissant ainsi, on offre à quelqu'un l'occasion d'être écouté pour la première fois. Une sorte de soulagement se lit dans son
attitude, un ange passe entre les deux. Et ne pas se tracasser: notre tour vient. Nous n'aurons peut-être même plus de plaisir à parler: impressionné par la patience et le respect que nous venons d'accorder à notre interlocuteur, celui-ci se mettra au diapason.