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C'est en théorie un double contresens: les bonzes ne sont pas spécifiquement bouddhistes et les bouddhistes n'ont pas de prêtres. Le mot "bonze", apparu au XVIè siècle, est dérivé du portugais bonzo, lui-même emprunté au japonais bozu désignant un religieux. Or, les Japonais pratiquent souvent conjointement le bouddhisme, religion sans prêtres, et le shintoïsme, religion avec prêtres. L'ambiguïté du mot bozu n'a pas été perçue par les Occidentaux qui, à l'époque, ignoraient tout de la doctrine du Bouddha. Et les Portugais, catholiques, ont considéré que le bonzo était l'équivalent du padre (père), mot portugais qui désigne le prêtre (un jeune prêtre a pourtant l'âge des fils de ses paroissiens), lequel prêtre semble d'ailleurs condamné à la vieillesse par son nom qui dérive du grec presbuteros (ancien).
l'Antiquité et l'ambiguïté du mot "bonze" ne constitue plus une erreur absolue. De même, dans le christianisme on éprouve parfois des difficultés à isoler les fonctions sacerdotales des missions pastorales ou contemplatives: on parle souvent des prêtres (et non pas des pasteurs) anglicans et les monastères catholiques regroupent des moines prêtres et d'autres non-prêtres.
monde. En 1950, le bouddhisme tibétain comptait environ un demi-million de moines, soit 30% de la population masculine: il y avait plus de moine au Tibet que de catholiques dans le monde entier! Et le monastère de Drepung (près de Lhassa) abritait 10 000 moines, cinquante fois plus que l'abbaye de Cluny à son apogée.