...c'est les adopter...achtung!
Nombreux sont ceux qui passent leur temps à faire étalage de leurs prétendues insuffisances:
"Je suis incapable de faire telle chose",
"Je n'y peux rien, j'ai toujours été comme ça",
"Je n'aurai jamais de relation équilibrée avec un homme",
"De toutes façons j'suis pas assez dynamique pour ça",
"C'est trop compliqué pour moi"
...et des dizaines d'autres postulats défaitistes du même acabit.
Le cerveau humain est un instrument d'une redoutable puissance. Quand nous décidons que telle chose est vraie, immuable ou inaccessible, il nous devient très difficile par la suite de surmonter ces obstacles que nous avons en fait créés de toutes pièces. Supposons, par exemple, qu'on se dise:
"Je ne sais pas écrire."
On va chercher (et trouver) divers arguments à l'appui de nos dires: nos mauvaises notes en dissertation au lycée, ou notre malaise la dernière fois qu'on s'est assis à une table pour rédiger une lettre. C'est de l'autodénigrement pur et simple. On s'invente des barrières qui nous découragent de tenter quoi que ce soit. Pour devenir écrivain -ou architecte, ou que sais-je encore- la première chose à faire est de tordre le cou au critique le plus sévère: nous-mêmes!
J'ai entendu une amie me dire: "Je n'aurai jamais de relation stable avec un homme. Il faut toujours que je fiche tout par terre".
Et elle avait raison. Chaque fois qu'elle rencontrait quelqu'un, elle se mettait presque aussitôt -inconsciemment bien sûr- à chercher des raisons pour lesquelles son nouveau partenaire allait la quitter. En somme, elle n'avait de cesse de lui fournir des verges pour être fouettée.
(quoi qu'est-ce que j'ai dit encore?!)
Si elle arrivait en retard à un rendez-vous, elle annonçait:
- Je n'ai aucun sens de l'heure.
Si elle et lui n'étaient pas d'accord sur un sujet, elle s'empressait de lui dire:
- J'ai toujours tendance à couper les cheveux en quatre.
Une vraie teigne! A ce rythme, elle finissait toujours par convaincre son prétendant qu'elle n'était pas digne de son amour. Elle pouvait alors conclure:
- Voilà, c'est bien ce que je disais!
Chaque fois c'est la même histoire.
Aucun homme ne me supportera très longtemps...
Il lui fallait apprendre que le pire n'est jamais sûr.
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Ce que je me suis dit au bout d'un moment c'est que pour commencer, il faut guetter les moments où on se laisse aller à cette forme d'autoflagellation. Quand on se dit:
"Chaque fois, c'est pareil",
on doit aussitôt se corriger:
"C'est ridicule, rien n'est pareil; on ne se baigne pas deux fois dans le même fleuve".
Et de réaliser que se fixer des limites n'est qu'une habitude négative qui peut facilement être remplacée par une attitude plus positive. Aujourd'hui, mon amie se débrouille beaucoup mieux. Quand par hasard elle succombe à son démon familier, elle en rit -donc elle en a pris conscience.
Et oui: si on vise toujours plus bas, croyant être incapable de mieux, il est certes évident qu'on ne prend pas le risque d'échouer . Mais, comme je me le suis entendu si souvent dans mon enfance, croyant à un propos guerrier de premier degré...
... à vaincre sans péril on triomphe sans gloire.
proposé par mamadomi
et R. Carlson
rééd° du 05 11 08