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Risques absurdes

http://blog.cgtbayard.org/public/jeunes.gif 

Les adultes ne comprennent pas les prises de risque absurdes de leurs enfants, souvent même ils ne les voient pas puisque l'enfant se met à l'épreuve en cachette, sous le seul regard de Dieu.

Puisqu'il a été chassé de l'humanité et condamné à mourir du simple fait d'exister,

il ne peut reprendre sa place dans la communion des hommes

que par l'intermédiaire d'un rite d'intégration.

http://fr.toluna.com/dpolls_images/2010/08/31/fa974428-a3e0-42f0-ac44-a65d482e43ce_orig.png

Et puisque la société ne lui en propose pas, il en invente de + cruels et de + dangereux de façon à se prouver qu'il est + fort que la mort. Alors, selon ce que son environnement lui propose, il fait des escalades à mains nues la nuit, le long de parois presque lisses, il se jette à l'eau dans une mer en pleine tempête, il cherche la bagarre sans haine ni raison, et sans aucun désir prend des risques sexuels.

C'est pourquoi, contrairement à ce que dit le préjugé un grand nombre de filles victimes d'inceste ont su triompher des épreuves qu'elles se sont elles-mêmes imposées après leur terrible enfance. Elles sont devenues mères après avoir surmonté leur problème. Alors que celles qui ont été abattues par cette agression sexuelle et que l'on a maintenues dans cet état de blessées incurables sont devenues des mères à problèmes.

http://cb.img.v4.skyrock.net/cb0/fanfics-fr/pics/3027191100_1_13_e38JaZsA.gifL'observation directe de moments où elles s'occupaient de leurs enfants, associée à des questionnaires, a permis d'éclairer leur monde intime et de voir apparaître un trait permanent: elles sont trop permissives parce qu'elles se dévalorisent.

"Je ne suis pas compétente, mon mari, ma soeur, le docteur savent mieux que moi. Je vais les laisser faire, je vais tout donner à mon enfant, ne lui imposer aucun interdit de façon qu'il puisse s'épanouir sans entrave. Ca coûte très cher mais ce n'est pas grave puisqu'il deviendra heureux."

Un petit groupe de 45 enfants victimes d'inceste a été suivi par entretiens et observé en situations standardisées jusqu'au moment où ils sont devenus parents. Un autre groupe de 717 enfants non agressés a été suivi et observé selon la même méthode.

Dans l'ensemble, la population d'enfants de victimes non réparées a manifesté les mêmes troubles comportementaux et la même représentation de soi altérée que les enfants dont les parents étaient alcooliques, malades mentaux ou eux-mêmes traumatisés: hébétés devant leur bébé, intimidés par leurs propres enfants, image de soi dévalorisée, désir utopique de devenir parfaits.

Les enfants qui se sont développés le long de tels parents ont appris à devenir un peu condescendants envers cette mère qui les servait avec empressement ou ce père qui s'effaçait, se soumettait à leurs désirs et travaillait en cachette afin de ne pas indisposer les chérubins avec ses tristes problèmes d'adulte.

Quand ces enfants arrivent à l'âge du sexe, le parent encore blessé n'est pas sécurisant. Il n'énonce pas clairement les interdits tant il désire ne pas entraver son enfant. Ce flou trouble l'adolescent et parfois même provoque une inhibition anxieuse, parce que l'énoncé interdicteur a une fonction sécurisante en énonçant en même temps ce qui est autorisé. On confond très souvent interdit et empêchement, ce qui n'organise pas du tout un même monde. L'empêchement arrête toute expression du désir, alors que l'interdit lui donne forme et l'oriente même:

 "Tu peux exprimer ton agressivité jusqu'à un certain point, au-delà, c'est interdit. Tu peux courtiser cette femme, mais pas celle-là, et pas n'importe comment: tu ne peux pas tout te permettre."

 

L'interdit donne forme à la pulsion et devient l'organe de la coexistence affective, alors que l'empêchement emprisonne le désir.

http://4.bp.blogspot.com/_iCNcYPn7UDw/S__rWd7B_PI/AAAAAAAAAMQ/7OjxJ9_O_t8/s1600/violence-verbale-aware-584x377.jpgUn parent blessé que l'on n'a pas aidé à devenir résilient surestime son conjoint, la société et son propre enfant. Il s'efface devant son petit pour ne pas l'entraver, lui apprenant ainsi à dominer le gentil parent qu'il croit faible. Ce contresens affectueux est fréquent quand les parents traumatisés ont du mal à faire leur travail de résilience. Or les victimes d'inceste n'osent en parler que 30ans après l'agression, les déportés ne se sont exprimés que lorsque la culture leur a donné la parole 40ans après la fin du conflit mondial, et les 200 000 enfants nés pendant la guerre d'une femme française et d'un soldat allemand commencent aujourd'hui le dernier chapitre de leur biographie, en ayant toujours caché l'ombre énorme à l'origine d'eux-mêmes.

Ce qu'est l'enfant et ce qu'il fait, prend pour le parent encore mal réparé une signification difficile à comprendre puisque personne n'en parle. C'est le comportement qui médiatise les contresens affectueux entre les parents meurtris et leurs enfants.

- Quand la mère qui a subi l'inceste 30ans auparavant comprend que sa fille ressent ses 1ers émois sexuels, elle devient encore plus craintive et surprotectrice.

- Or la même mère s'efface devant son garçon quand il arrive à l'âge de l'appétence sexuelle. Pas un mot n'est prononcé lors de ces transactions comportementales qui se passent à l'insu des partenaires du scénario. La mère prend mal conscience des forces obcures qui la poussent à étouffer sa fille par une surveillance intrusive et un dévouement exaspérant, alors que le fils s'étonne de sa permissivité extrême qu'il interprète souvent comme un liberté sans retenue:

"Je peux faire ce que je veux, ne pas passer mon bac afin de mieux draguer."

Parfois même il interprète cet effacement comme un abandon:

"Je peux faire ce que je veux, de toute façon ma mère s'en fout."

Total contresens!

L'éveil sexuel des adolescents réveille la mémoire douloureuse de la mère violée et trahie quand elle était enfant. Ce qui se passe dans le réel prend des significations différentes et organise des transactions comportementales qui dépendent de l'histoire des parents. C'est pourquoi les adultes qui ont été des enfants maltraités arrivent à l'adolescence. Ils pensent presque:

"Maintenant il est trop grand pour être maltraité, ouf! J'ai gagné! Je n'ai pas répété la maltraitance."

L'implicite parental provoque des sentiments dont l'expression organise leshttp://angeoudemongif.a.n.pic.centerblog.net/c80b3f16.gif transactions comportementales, comme si les gestes ou les mimiques servaient d'allusion à ce qui ne peut être dit:

"L'éveil sexuel de ma fille m'angoisse, car elle me rappelle mon viol. Il faut que je la protège... L'appétence sexuelle de mon garçon m'effraie et me contraint à m'effacer encore +..."

On peut entendre, aussi:

"L'adolescence de mes enfants fait disparaître ma peur de répéter la maltraitance et rend très gaies nos relations."

Quand on a une histoire, un fait ne peut pas ne pas être interprété.

 

B. Cyrulnik

http://2.bp.blogspot.com/_UQS6aXyIk4M/Rzjl3HBjySI/AAAAAAAAAE0/BLr5hmZQOn0/s400/horreur.gif

proposé par mamadomi

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M
-->> impossible? ah bah c'est pas comme ça qu'on part vaillant... difficile, certainement, et tout mieux est à prendre...<br /> riches bisous, toujours positifs!
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C
Pas facile d'éduquer des enfants, mais dans ce contexte de parents "maltraités" dans leur enfance ......... presque mission impossible.<br /> Les pauvres.<br /> Bious
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M
<br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br />
S
les jeunes sont très désorientés de nos jours<br /> à qui la faute???<br /> je pense que la société permet trop de liberté<br /> j'espère que tu vas bien<br /> ti bo du jourrrrrrrrrrr
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M
<br /> <br /> c'est pas faux. Sous un toit et la surveillance discrète mais<br /> bienveillante d'adultes concernés, les jeunes ont une forme de garde-fous, ils se sentent observés et savent avoir des comptes à rendre immédiatement de leurs actes et de leur choix, sans pouvoir<br /> tricher, mentir sur ce que chacun peut voir... ils doivent assumer les conséquences de leurs actes dans le regard même de leurs proches, de leur fratrie...<br /> <br /> <br /> mais livrés au monde, sans regard bienveillant, sans la responsabilité de l'exemplarité face aux plus jeunes, sans avoir à gérer la conséquence immédiate de leurs actions... ils ne peuvent<br /> simplement pas apprendre, trouver leurs limites. <br /> <br /> <br /> d'une certaine façon, cette forme de liberté là n'est pas de la liberté, c'est de l'abandon, du désoeuvrement, de l'inutilité, du manque d'attention,... on ne peut bien se construire sans le<br /> regard de l'autre...<br /> <br /> <br /> gros bisous tendres Sonya, et très bon début d'an, en pleine forme<br /> <br /> <br /> <br />
M
-->> :o)<br /> doux bisous pas très jeunes pour le coup...
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:
ah les jeunes....
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