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Dépression de l'enfant en vue? Dites-lui que vous voyez qu'il ne va pas bien et que vous êtes désireux de l'aider. Souvent l'enfant va nier:
- Mais non, je vais très bien.
Maintenez votre point de vue en le développant:
- Quand je te vois t'énerver sans arrêt avec les copains, je me dis que tu n'es pas heureux. Quelque chose te fait souci et tu es mal à l'aise pour en parler. Peut-être as-tu peur de notre réaction, peut-être même ne sais-tu pas bien mettre des mots sur ce qui ne va pas. Mais je ne veux pas te laisser comme ça. C'est important pour moi que tu sois heureux. Qu'est-ce qui se passe?
- Je ne sais pas, tout m'énerve.
- Qu'est-ce qui pourrait bien t'énerver dans ta vie en ce moment, tu as une idée?
- Ce qui m'énerve, c'est le prof de maths, j'y arrive pas, j'ai toujours de mauvaises notes.
Continuez à lui poser des questions ouvertes en termes de "qu'est-ce que..."
- Qu'est-ce que tu ressens quand tu n'y arrives pas?
- Qu'est-ce que tu te dis? etc...
Donnez-lui la permission de s'exprimer en étant prêt à tout entendre sans vous formaliser, sans vous culpabiliser, sans vous effondrer.
Ecoutez! et posez des questions en forme de qu'est-ce que, comment, de quoi... jusqu'à ce que le problème soit élucidé sinon résolu. Il est important que les émotions soient exprimées, pas forcément que toutes les difficultés soient résolues. Ne le harcelez pas une heure durant. Parlez et écoutez quelques minutes... Dès qu'il sature, clôturez, tout en lui signifiant que vous en reparlerez. Laissez-lui le temps de digérer, de réfléchir, d'élaborer.
De votre côté, réfléchissez. Vous connaissez bien votre enfant, son environnement et les circonstances qui l'entourent... Qu'est-ce qui peut être à l'origine de son état?
Donnez-lui davantage de vraie présence, d'écoute, mais aussi de jeux, d'activités ensemble.
Aidez-le à se mettre dans de saines colères lorsque vous surprenez injustices, envahissement de son territoire ou insulte à sa personne. " Eh Max, tu as le droit de dire à ton frère que tu n'es pas d'accord qu'il te prenne ton vélo", "Eh, réponds-lui quand il te dit que tu es une mauviette."
Dé-pression? C'est le contraire de l'ex-pression. L'énergie vitale est enfermée. La colère, ex-pression de la frustration, du manque, de la blessure, est réprimée. Plus la colère s'ex-prime, plus la dé-prime s'allège.
Aidez votre enfant à reconstruire un sentiment de puissance personnelle, de contrôle sur sa propre vie. Accueillez avec plaisir ses colères. Ecoutez son avis sur toutes sortes de choses qui concernent toute la famille, les sorties, les vacances, et suivez-le, non pas systématiquement mais souvent.
S'il n'a pas encore le contrôle de son habillement, donnez-le-lui. Si, au contraire, vous vous absteniez de tout commentaire sur ses vêtements, commencez à lui dire ce que vous aimez et ce que vous n'aimez pas.
Ne perdez pas une occasion de lui montrer qu'il est votre priorité, qu'il est important pour vous, que vous le trouvez suffisamment intéressant pour avoir envie de prendre du temps avec lui. Donnez-lui du temps.
Et si possible, prenez à bras le corps vos problèmes d'adultes! Si vous n'y arrivez pas encore, parlez-lui-en. Ne le laissez pas les porter. Dites-lui qu'il n'y est pour rien et que vous avez à régler cela seuls, entre adultes. Laissez-le s'épancher. Ecoutez ses émotions, ses pensées, ses besoins.
I.Filliozat
proposé par mamadomi