"C'est étrange comme les choses prennent du sens lorsqu'elles finissent...
c'est là que l'histoire commence."
J.-L. Godard, Eloge de l'amour, Film Réminiscence, 2001.
On parle, on parle, et les mots se succèdent,
mais ce n'est que lorsque la musique de la voix prépare au point final
que l'on comprend enfin vers quoi ils nous entraînaient.
On vit, on vit, et les faits s'accumulent,
mais ce n'est que lorsque le temps nous permet de nous retrouner sur nous-même
que l'on saisit enfin vers quoi notre existence tendait.
"L'émergence du sens n'est possible que parce qu'en se succédant
les mots meurent les uns aux autres."
G. Haldas, Mémoire et résurrection, L'Âge d'Homme, 1991.
C'est le temps qui nous fait naître au sens.
Je devrais dire:
c'est la représentation du temps, la manière dont je rappelle mon passé pour agencer mes souvenirs et me délecter de mes rêveries qui imprègnent de sens ce que je perçois.
Le récit que je me fais de ce qui m'est arrivé
et le tableau que je compose du bonheur espéré
introduisent en moi un monde qui n'est pas là,
qui n'est pas présent et que pourtant j'éprouve intensément.