Logion 27
Jésus disait:
Si vous ne jeûnez pas au monde,
vous ne trouverez pas le Royaume.
Si vous ne célébrez pas le Shabbat comme un shabbat,
vous ne verrez pas le Père.
"Être dans le monde, mais ne pas être DE ce monde", ce thème revient souvent dans les Evangiles.
Jeûner au monde, c'est manifester sa liberté à l'égard de celui-ci. Pour bien voir les tours de la ville, il faut en sortir. Ce temps de recul est nécessaire à la vie de l'homme. C'est le sens profond du Shabbat qui veut dire littéralement "arrêter" (les juifs contemporains, lorsqu'ils durent trouver un mot pour exprimer l'idée de "grève",
fabriquèrent un dérivé du mot "shabbat: chévita). On connaît l'importance du Shabbat pour le peuple juif. Il s'agit, chaque semaine, de s'arrêter, de "cesser" de faire, d'arracher le monde et notre vie aux mécanismes de la production; prendre le temps d'être, de s'asseoir devant Dieu...
C'est ausi le jour où tous les hommes sont égaux. Ils cessent de jouer leurs rôles socio professionnels, simplement pour "être des hommes". Leur relation filiale avec Dieu leur fait découvrir dans le même mouvement leur relation "fraternelle" à l'égard de toute créature.
Introduire du Shabbat dans notre vie, c'est introduire des temps "d'arrêt", revenir -au milieu de nos agitations -à notre être essentiel. Prendre le temps de se poser les questions: "Qui est le moteur de l'action? Qui pense? Qui suis-je?"
Le temps du Shabbat, c'est aussi ce moment d'arrêt de notre appareil psychomental où le temps est comme suspendu... Alors peut s'élever -du coeur de notre buisson d'humanité -un écho du pur et simple JE SUIS.
traduit et commenté par J.-Y. Leloup