Rien ne nous aide autant à relativiser les choses que le fait d'accroître notre compassion à l'égard des autres.
J'entends par compassion un sentiment de "sympathie", au sens étymologique d'une "communauté d'impressions"
pouvant aller jusqu'à une "participation à la souffrance d'autrui". Témoigner de la compassion, c'est ne plus ragerder son nombril, c'est se glisser dans les chaussures de son prochain pour imaginer ce qu'il éprouve et, dans le même mouvement, ressentir de l'amour pour lui. C'est ausi reconnaître que les problèmes, la douleur ou la colère des autres sont aussi valides et réels que les nôtres -et souvent beaucoup plus graves! En prenant conscience de cela, et en essayant d'offrir notre aide, nous ouvrons notre coeur et nous accroissons
notre gratitude envers l'existence.
La compassion est un sentiment que l'on peut développer avec un peu de pratique. Il comprend deux volets: l'intention et l'action. L'intention, ce n'est rien d'autre qu'une mise à disposition, un élargissement du champ de vos préoccupations. Vous ne vous souciez plus seulement de votre sort, mais de celui de votre entourage. Et l'action, c'est tout ce que vous allez entreprendre pour leur venir en aide. Vous pouvez régulièrement donner un peu de temps ou d'argent à une cause qui vous est chère. Ou bien vous pouvez simplement échanger un sourire ou un salut fraternel avec les gens que vous croisez dans la rue. L'important, ce n'est pas tant
ce que vous faites, que de faire quelque chose, n'importe quoi, mais toujours avec amour.
La compassion accroît aussi notre sentiment de gratitude. En prenant conscience des vraies douleurs qui nous côtoient, nous détournons
notre attention de ces petits ennuis que nous avons trop tendance à grossir. Quand vous songez au miracle de la vie, au don de la vue -ne serait-ce que le fait de pouvoir lire ce billet, à l'intelligence, à la capacité d'aimer, etc..., vous comprenez mieux que nos prétendues "tuiles" ne sont que de vulgaires "pépins" et que nous sommes nous-mêmes coupables de cette absurde inflation.
R. Carlson
proposé par mamadomi