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mais le Coran reste ferme: les incarnations sont unies dans leur soumission à un seul et même Dieu et transcendent le phénomène de la religion. Toutes ont abordé le même thème en utilisant des paraboles différentes, et voilà que leur descendance se dispute la couleur de ces paraboles. Ainsi, ce qui était destiné à l'Amour tombe aux mains de la division et de la haine.
Les grands saints de tous temps ont marché dans le prestigieux sillage des prophètes. Comme eux, ils n'appartiennent à aucune religion car ils suivent la voie du Maître de l'Oeuvre, unique pour tous, celle de la vertu et du juste milieu. Leur renommée inrradie les siècles bien qu'ils ne soient pas compris de leur vivant. La mort de Guru Nanak au XVIè siècle au milieu des querelles qui opposaient hindous et musulmans, se veut une leçon mémorable pour la sottise fanatique: alors qu'Il les avertit qu'il entendait quitter son corps, seul en retrait dans sa demeure, hindous et musulmans commencèrent à revendiquer le droit d'incinérer sa dépouille pour les uns, celui de l'inhumer pour les autres. Lorsqu'il rendit l'âme, les deux clans ne trouvèrent dans la pièce qu'un magnifique bouquet de fleurs embaumées!
du commerce effectué à la porte du temple. Un jour, le prince Siddharta qui ensuite devint Bouddha, quitta le somptueux palais de son père afin de dénouer le mystère de la vie, de la souffrance et de la mort. Il erra longtemps et pratiqua de nombreuses austérités mais en vain. Epuisé, il décida de renoncer à tout effort et s'assit sous l'arbre "banian", fermement résolu à attendre la réponse ultime. Grâce à sa méditation, le Ciel lui accorda la bénédiction requise. Il se mis alors en marche et divulgua la Lumière. La concentration de l'élu sur l'ampleur de la Tâche à accomplir éloigna de lui l'attachement à la nourriture. L'aumône qu'il recevait des villageois n'était que l'expression de l'assistance divine pour laquelle il était tenu d'agir. Mais aujourd'hui, l'attaché au service de sa statue de bronze ou de pierre dans l'enceinte de temples parfumés à l'encens, ne comprend pas qu'il insulte Bouddha en vivant des ressources d'autrui, grâce à la représentation du Maître figé sous les doigts du sculpteur. S'asseoir à l'image du Maître et attendre l'aumône n'est qu'injure; entourer de soins futiles Sa statue augmente le blasphème puisqu'elle ne témoigne pas de la Lumière dont il parlait. S'il devait revenir, lui également, ne chasserait-il pas ces parasites des lieux élevés à sa mémoire, pour les inviter à rechercher en eux-mêmes le secret de la vie à travers l'accomplissement de responsabilités familiales et sociales, fonctions incomparables dans leur dignité à l'état de parasites?
"Abraham n'était ni juif ni chrétien
mais il était un vrai croyant soumis à Dieu"
(La famille d'Imran:67)
Flore Descieux, Lumière du Coran