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Plus sotte

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Le cerveau fait sablier avec le coeur.
Quand l'un se vide, il emplit l'autre.

Jules Renard

Un paysan se désolait d'avoir une femme aimante certes, mais guère intelligente. Un jour qu'il devait se rendre sans retard à une foire, il l'a prévenue qu'un homme passerait dans la matinée pour acheter trois vaches. Le paysan a expliqué à son épouse que l'accord étant conclu, elle n'aurait à s'inquiéter de rien d'autre que de donner les vaches et de recevoir l'argent en échange. L'homme lui paierait deux cents écus, c'était le prix convenu, pas un sou de moins ni de plus. La jeune femme a écouté avec grande attention, s'est fait répéter plusieurs fois la chose pour être bien sûre de n'en rien déformer, et a fini par dire à son époux qu'il pouvait aller en paix: tout était clair en sa tête et elle saurait bien faire. En vérité, elle se rongeait d'inquiétude et à peine est-elle demeurée seule qu'elle ne tenait plus en place. Elle s'asseyait, se levait, marchait quelques pas, répétait sa leçon, se rasserait un temps puis reprenait son manège...
Enfin l'homme a frappé à la porte et la jeune femme a bondi de sa chaise pour aller lui ouvrir. Elle avait les jambes qui flageolaient tant elle voulait s'appliquer. Et là, sur le pas de la porte, elle a débité d'une traite tout ce que son mari lui avait expliqué, que l'affaire était arrangée, les trois vaches à l'étable et prêtes à être emmenées contre deux cents écus, pas un sou de moins ni de plus. Après cela, elle s'est tue tout essoufflée, en regardant l'acheteur avec de grands yeux ronds et implorants. Lui, mesurant aussitôt la candeur de cette jeune godiche, a décidé d'en tirer parti. Il lui a donc expliqué qu'il avait omis sa bourse et que par conséquent il proposait de ne prendre pour l'instant que deux vaches et de laisser la troisième en garantie jusqu'à son prochain passage. Déboussolée
par ce contretemps inattendu, la jeune femme a néanmoins jugé la proposition très honnête et a même trouvé la force de négocier âprement pour ne garder que la plus petite des vaches, celle qui mangeait le moins, se disant que son mari serait fier de sa présence d'esprit. La complimentant sur son sens des affaires, l'homme est parti en emmenant deu vaches, et la jeune femme est restée là, épuisée et la tête encore bourdonnante de tant d'efforts.
Hélas, lorsque son époux est rentré en début d'après-midi et qu'elle lui a raconté fébrilement à quel point elle s'en était bien sortie, il est aussitôt entré en fureur, a juré, pesté, et lancé mille malédictions contre les imbéciles auxquelles la pauvrette n'a pas compris le moindre mot. Il l'a traitée aussi de toutes sortes de noms d'oiseaux, et puis il est reparti en claquant la porte, jurant qu'il ne rentrerait plus avant d'avoir trouvé femme qui serait plus sotte que la sienne. Il n'a pas cherché longtemps. Un petit moment plus tard, le paysan s'en allait toujours furieux le long de la route quand une charrette le bouscule jusqu'au fond du Vermillon : macro cœur de grenade Banque d'imagesfossé. La vieille dame qui conduisait ne l'avait pas aperçu tant elle était perdue dans ses pensées. Revenant à elle au moment où ses chevaux faisaient un écart, elle découvre cet homme cul par-dessus tête et qui semblait surgir de nulle part.
Interloquée, elle lui dit:
- Mais, pauvre diable, d'où tombez-vous?
Le paysan au comble de la colère, époussetant ses vêtements, grommelle entre ses dents:
- Mais je tombe du ciel évidemment!
- Oh bonne mère! s'est écriée la vieille dame. Ca a dû vous faire une sacrée chute!
Le paysan intrigué a regardé la vieille dame qui s'était un peu redressée dans sa carriole et l'observait bouche ouverte sans paraître plaisanter. Alors, se disant qu'il avait peut-être trouvé sa perle rare plus vite qu'il ne pensait, et voulant voir aussi jusqu'où allait l'innocence de la vieille ingénue, le paysan a poussé la pointe.
- Oui, pensez, ça fait une sacrée descente, et à présent il me faut remonter. Vous imaginez l'effort que cela va représenter?
- Non je ne sais, a répondu la vieille dame toute contrite. Mais puisque vous venez de là-haut, vous pourriez peut-être me dire comment se porte mon cher époux qui y est depuis trois bonnes années. Vous l'aurez sûrement rencontré car il n'y avait pas de meilleur homme dans le canton.
- Evidemment! a fait le paysan en songeant à la revanche qu'il allait prendre.
Qui pourrait ignorer un tel homme? Eh bien, sachez ma bonne dame qu'il se porte à merveille et vous envoie ses voeux, mais que là-haut, la vie vaut beaucoup plus chère qu'ici et souvent il a du mal à tenir les deux bouts...
- Dieu du ciel! s'est écriée la vieille dame. Il faut que vous m'aidiez à lui porter secours! Tenez, ce matin mon fils m'a dit de serrer pour lui deux cents écus qu'il a réussi à sauver dans une affaire qu'il a passée avec une nigaude, portez-les à mon époux et dites-lui de m'attendre patiemment. Je serais sans doute bientôt de nouveau à ses côtés pour lui porter friandises et linge fin à porter!
Enchanté par un tel renversement du sort, le paysan a récupéré ses écus et a salué la vieille éplorée qui s'est éloignée le nez toujours pointé rêveusement vers le ciel. Puis, tout songeur lui-même, il a décidé qu'il pouvait rentrer sans tarder. A la nuit tombante, lorsque son épouse lui a ouvert la porte redoutant encore quelque emportement, le paysan a vu dans ses yeux la même expression inquiète et fervente qu'avait la vieille dame dans la carriole.
Alors il a soupiré, bredouillé quelques plates excuses et braves paroles sur la bonté de l'âme qui vaut bien toutes les intelligences du monde. Enfin, voyant que son épouse ne comprenait pas où il voulait en venir, souriant, il s'est installé à table devant elle qui, toute ravie, lui a servi la soupe.


Amitié et sympathie
Aux grands coeurs et simples d'esprit.

J.J. Fdida


proposé par mamadomi
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M
<br /> -->> ouaip, il y en a qui ont besoin de s'entourer de braves gens pour survivre à leur médiocrité... ils sont même capables de leur faire du mal...<br /> quelle gloire...'_'<br /> doux bisous à toi<br /> <br /> <br />
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O
<br /> Bonjour Mamalilou. J'ai bien aimé le commentaire de Kéline. Je suis d'accord avec elle. Quand on sait la naïveté de sa femme et son manque de confiance en elle on ne lui confie pas de telles<br /> tâches... Et puis, même si l'argent perdu lui revient à la fin, c'est quand même en truandant une pauvre vieille, naïve elle aussi... Pas drôle tout ça...<br /> Je ne sais pas comment trouver la "moralité" de cette histoire...<br /> <br /> Bises à toi Mamalilou !<br /> <br /> <br />
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F
<br /> Bonjour Mamalilou<br /> Un beau conte qui me fait...Réfléchir<br /> Bisous du matin<br /> Frieda<br /> <br /> <br />
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M
<br /> <br /> doux bisous de l'aprem qui réfléchit un beau soleil tant attendu...<br /> <br /> <br /> belle fin de samedi à toi Frieda<br /> <br /> <br /> <br />
M
<br /> Déjà qu' à cette époque les paysans n' étaient pas très intelligents mais très roués ha ha ha ... Pauvres femmes on faisait vraiment tout pour qu' elles restent nigaudes .... finalement ce n' est<br /> qu' à cause des hommes que les femmes étaient soi-disant sottes , sottes que nenni , mais seulement non instruites car lorsqu' elles le furent elles furent plus intelligentes et plus sensées que<br /> les hommes et TOC c' est bienfait pour eux .... HA HA HA ...<br /> <br /> J' aime bien ton histoire mon amie ... Bonne nuit et gros bisous marseillais .<br /> <br /> RENEE (mamiekéké).<br /> <br /> <br />
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M
<br /> <br /> bé oui, et c'est pareil avec les pays dits "sous-développés"... sont pas plus sots que les autres, ils sont justes sous domination, étranglés par des règles du capital, où tout le monde n'est pas<br /> parti au même moment dans la course au profit, ni selon les mêmes règles... résultats, impossible de remonter le retard technique, logistique... et voilà...des peuples entiers qui ne peuvent<br /> éduquer leurs enfants, ni les soigner, ni les nourrir décemment...<br /> <br /> <br /> pas plus sots, justes dominés...<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> très gros bisous à toi et délicieuse fin d'aprem ensoleillée, ouf un brin de soleil...<br /> <br /> <br /> <br />
C
<br /> J'adore cette histoire!<br /> Non contente d'être amusante, elle a une bonne morale! :)<br /> Bonne soirée mdame!<br /> Bisous<br /> <br /> <br />
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M
<br /> <br /> bisous amusés, mais pas à l'idée de devoir l'expérimenter...!!!<br /> <br /> <br /> douce fin d'aprem à toi aussi, merci<br /> <br /> <br /> <br />