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Kâma Sûtra

Peut-être pour public averti, moins de douze ans s'abstenir.
kamasutra, hot, sexy
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 Le Kâma Sûtra est la bible du sexe
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kama sutraCe n'est pas une idée fausse: c'est une idée délirante et raisonnable. Délirante pour qui ne conçoit pas le sexe dans un livre saint. Raisonnable pour qui n'oppose pas érotisme et mystique.

Le judaïsme a, lui aussi, son livre érotique, le Cantique des cantiques. Mais il est beaucoup plus pudique, surtout dans ses traductions édulcorées, que le Kâma Sûtra, rempli de descriptions de rapports sexuels. Si le Cantique a été, non sans difficultés, intégré au canon biblique, le Kâma n'a pas le même caractère officiel et de nombreux hindous, même adeptes du tantrisme, ne lui reconnaissent pas de valeur spirituelle.
                    Ecrit en sanskrit vers le IVè siècle après J.-C. par un certain Vâtsyâyana et inspiré probablement par des traditions antérieures, c'est l'oeuvre d'un brahmane. Il s'appuie sur les lois du Manou (le code moral hindou), se réclame du dieu Shiva, Seigneur de la Création et Maître du Linga (phallus), et s'adresse à des citadins prospères aux moeurs raffinées. Le Kâma Sûtra est ainsi un traité d'harmonie entre le devoir (dharma), l'amour (kâma) et la richesse (artha). Il ignore le quatrième bien auquel aspire l'homme hindou, le/la moksha (délivrance), c'est-à-dire la fin du cycle des réincarnations. Le Kâma est le livre épicurien du bonheur présent de celui qui ne croit pas en une vie à venir et ne souhaite pas une mort précoce, car "la durée de la vie humaine, quand elle n'est point abrégée par les accidents, est d'un siècle".
Les Occidentaux ont souvent vu dans le Kâma Sûtra un ouvrage licencieux pimenté de miniatures coquines. Traduit en anglais en 1883 par un explorateur britannique à la vie sexuelle bien remplie, Richard Burton, le traité exotique semblait décrire les moeurs torrides des pays chauds. Un livre circulant sous le manteau ne pouvait être que sulfureux, les bibliothèques mettant à l'"enfer" ce
guide du septième ciel.
                     Une lecture plus attentive est moins émoustillante: "On doit se marier dans sa caste, avec une vierge bien apparentée, riche, noble, belle, et qui a au moins trois ans de moins que soi." En bon brahmane, Vâtsyâyana associe les commandements divins aux hiérarchies sociales et les plaisirs de l'amour aux devoirs de la caste comme aux intérêts de la famille. Les mésalliances sont interdites et la relation avec une femme de statut inférieur est admise "seulement pour le plaisir". L'idéal demeure un mariage entre égaux pour obtenir une descendance légitime et une "bonne réputation".
On est loin du manuel de débauche, d'autant que la société indienne admet le recours aux courtisanes pour préserver la pudeur des épouses comme la société chrétienne a toléré les maisons closes pour protéger le foyer conjugal. A l'extérieur du domicile familial, la liberté est grande et "l'union simultanée avec plusieurs femmes s'appelle l'union avec un troupeau de vaches".
             Mais, différence essentielle avec la morale chrétienne, les pratiques sexuelles varient selon le niveau social. Le "brahmane instruit" ne doit pas promener sa langue sur l'intimité de sa femme alors que, pour le même acte, "les esclaves et les conducteurs d'éléphants n'ont pas à redouter la honte". Les serviteurs peuvent offrir leur bouche au sexe de leur maître et les servantes à celui de leur maîtresse mais l'inverse est prohibé. Il faut réserver aux classes inférieures les pratiques dégradantes et la plus basse est la sodomie, très prisée par les "gens du sud", ces populations dravidiennes conquises par les Aryens et aussi méprisées par eux que les Arabes par les Européens. Quant aux homosexuels, ils sont confondus avec les eunuques.
Ce savant mélange de tolérance et d'inhibition, de plaisirs raffinés et d'élitisme social associe l'économie des plaisirs à l'anatomie des amants. Les frictions du linga dans la yoni dépendent de la dimension des sexes et de l'épaisseur des portefeuilles. Selon la taille de leurs verges, les hommes sont lièvres, taureaux ou étalons et selon la largeur de leurs vulves, les femmes sont gazelles, juments ou éléphantes. Mais les femmes faciles sont divisées en huit classes et la simple soubrette n'est jamais confondue avec la prostituée de luxe. Celle-ci doit employer ses gains à "bâtir des temples". La tradition bouddhiste connaît aussi l'histoire d'Amrâpali, la courtisane dont la nuit valait cinquante écus et qui offrit au Bouddha le Jardin des Mangues où il édifia un monastère.
                       Le Kâma Sûtra contient également un catéchisme des courtisanes qui réserve une place spéciale aux devadasî, "servantes du dieu" et partenaires de ses prêtres. Ces danseuses sacrées, préfigurations terrestres des apsarâs ou nymphes célestes, sont à la fois tentatrices des ascètes et récompenses des dévôts. Comme si la lubricité était à la fois une faute et une grâce. Le Kâma Sûtra est bien la bible du sexe, mais une bible qui ferait de la séduction un charisme et de la volupté une béatitude.bisou, kamasutra
Odon Vallet
proposé par mamadomi
 
ray caesar
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M
-->> c'est bien dit<br /> bisous givrés
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R
Le Kama-sutra n'est certes pas cette égalité des sexes et des classes sociales que nous voudrions voir, mais quelle ouverture d'esprit avec la chrétienté....<br /> Bises<br /> Reynald
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M
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M
<br /> -->> héhé, de toutes façons c'est comme pour les recettes de cuisine, c'est pas en les lisant qu'on apprend à cuisiner...!!!<br /> mdr mdr mdr<br /> <br /> <br />
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F
<br /> Je l'ai lu et caché aux enfants<br /> Un jour en rangeant, je me rends compte<br /> que les enfants devenus ados l'ont piqué<br /> en cachette, j'ai retrouvé dans leur chambre<br /> et j'ai laissé là en me disant, c'est la bonne<br /> école, pour le nirvana...<br /> Beau livre et merci de toutes ces explications<br /> Bonne soirée à toi<br /> Bisous Mamalilou<br /> Frieda<br /> <br /> <br />
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S
<br /> Pour avoir lu le kama sutra, cet article correspond bien à la lecture que j'en ai faite ! Rien de sulfureux en somme ! Bonne nuit !!!<br /> <br /> <br />
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M
<br /> <br /> héhé, tout dépend de ce qu'on en attend... :o))<br /> <br /> <br /> doux bisous et belle nuit à toi aussi<br /> <br /> <br /> <br />