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Morale et politique

 


Précédemment on a esquissé le portrait moral de l'homme confucéen, (ici et )constatant à maintes reprises que les préceptes de la morale individuelle guident déjà l'attitude politique. Mais comment et en quoi morale et politique sont-elles reliées dans la pratique?
Le premier axiome de l'humanisme confucéen, c'est la foi qu'il place dans l'éducation comme facteur d'amélioration constante, foi encore solidement ancrée dans la Chine d'aujourd'hui. "Etudier" est le premier mot des Entretiens et, dès cet abord, doit être entendu dans un sens pratique. Il est très souvent synonyme de "voir faire", "entendre dire", c'est-à-dire d'apprendre par expérience. Aussi l'étude livresque n'entre-t-elle en jeu qu'à des fins pratiques:

"Tu peux, dis-tu, réciter par coeur les trois cents Odes? Mais imagine que, engagé dans une fonction, tu ne sois pas à la hauteur ou que, envoyé en mission à l'étranger, tu ne savhes pas répondre de ton propre chef: que te servira toute ta littérature?".
Peut-on être plus net? Confucius lui-même était certainement un homme cultivé, versé dans les textes anciens. La tradition lui attribue la rédaction ou la compilation de tous les classiques: Livre des Documents, Livre des Mutations, Livre des Odes, Livre des Rites et Annales desPrintemps et Automnes. A tort ou à raison, toujours est-il qu'il fait de fréquentes citations, chaque fois en vue d'illustrer un point de comportement éthique ou politique, sans tenir compte scrupuleusement du contexte. Pour ajouter à l'efficacité de son enseignement, il a souci de l'infléchir en fonction de son interlocuteur. Confucius répond à plusieurs reprises différemment à une même question, selon le disciple qui l'interroge.
L'éducation est directement orientée vers les responsablilités politiques et le restera tout au long de l'histoire chinoise, en vertu du recrutement des fonctionnaires par examens. Mais elle prend chez Confucius une dimension plus large, en devenant la méthode directrice de l'art de gouverner.
Le Grand Educateur, c'est le souverain, dont les devoirs sont ainsi définis: assurer au peuple le bien-être matériel, la protection militaire, mais surtout l'éducation, fondement même de l'ordre politique. C'est ici qu'entre en jeu la glose de zheng "gouverner" par "rectifier", "rectitude", noyau de la pensée politique de Confucius. Un souverain ne peut gouverner que s'il est lui-même droit, digne d'être un exemple et une norme pour ses sujets:
"Le souverain incarne-t-il la rectitude? Nul n'est besoin de ses ordres pour que tout aille bien. Ne l'incarne-t-il pas? Il multiplierait les ordres qu'il ne serait point obéi".
"L'homme formé à la rectitude, quelle difficulté aura-t-il à gouverner? Quant à l'homme incapable de rectitude, comment prétendrait-il rectifier les autres?".
C'est cette rectitude, cette exemplarité dans la personne même du souverain qui lui permet de s'imposer comme tel, qui justifie son pouvoir et son autorité, et qui fait son de, sa "vertu" (virtus en latin) c'est-à-dire son coeur, l'énergie qui réside en quelqu'un. Par opposition à "vice", plutôt à définir d'un point de vue de force physique.
De, la puissance morale que détient l'homme de bien ou le bon souverain, et qui force l'admiration et la soumission:
 "La vertu de l'homme de bien est puissante comme le vent, plie et se couche".
Elle s'impose si naturellement que point n'est besoin au souverain de multiplier ordres et mesures pour bien gouverner. Encore une fois, la politique, pour Confucius, n'est pas une question de technique.
"Qui gouverne par la Vertu est comparable à l'étoile polaire, immuable sur son axe, mais centre d'attraction de toute planète".
Ceci est la Voie des Anciens, la Voie de Wen et Wu (mentionnée l'a dernière fois), celle du bon Souverain.
Au rôle primordial du souverain, il faut cependant ajouter, pour que se réalise le gouvernement idéal, le rôle non moins important du rituel, du li. Clef de voûte de l'édifice social et marque suprême de civilisation, le rituel institué par les fondateurs des Zhou restera, plus que des considérations d'ordre ethnique, le critère de distinction entre "barbares" et civilisés".
Le caractère chinois li schématise un vase sacrificiel contenant des objets précieux destinés aux esprits, et par extension désigne le rituel du sacrifice offert par le souverain ou ses vassaux aux mânes de leurs ancêtres. Rituel accompagné de musique, de pantomimes et de danses qui, loin d'être conçues comme purs agréments, lui sont intimement associées comme ses principales manifestations extérieures. Ce rituel en vient à marquer toutes les activités humaines, qui s'engagent ou se déroulent en grande partie dans le temple des ancêtres (mariages, négociations diplomatiques, expéditions militaires, etc...). De là provient l'idée que c'est de l'accomplissement rigoureux des rites royaux que dépendent la bonne marche de l'Etat, la fertilité des champs, la paix et le bonheur du peuple. Or, du temps de Confucius, la dynastie Zhou ne détenait plus qu'un pouvoir nominal, et les rites royaux avaient totalement perdu leur sens premier, parodiés qu'ils étaient dans les pays vassaux.
L'effort de Confucius pour revenir à l'esprit authentique du rituel n'est pas tant, comme on le dit souvent, le réflexe du conservateur, voire du réactionnaire, que la tentative de retrouver une forme d'équilibre social. Le rituel joue dans le bon fonctionnement du gouvernement un rôle fondamental puisqu'il canalise les énergies et les instincts individuels dans des comportements recevables, guidant et facilitant ainsi les rapports politiques et sociaux. Aussi mesure-t-on l'injustice du préjugé selon lequel Confucius est un "ritualiste". C'est l'esprit -non la lettre, du rituel qu'il tente de retrouver.
Loin de prôner une adhésion aveugle, dogmatique, à une forme quelconque d'étiquette ou de règles arbitraires, il accorde toute leur importance à l'expérience et au jugement de chacun. Le yi est ce sens du Juste, cette capacité de juger par soi-même de ce qu'il est équitable et judicieux de faire dans telles ou telles circonstances.
"Dans les affaires du monde, l'homme de bien n'a pas une attitude rigide de refus ou d'acceptation. Le Juste est sa règle".
"Je ne suis jamais inconditionnel sur ce qu'il est possible ou impossible de faire".
Un esprit occidental ne manque  pas de s'étonner de cette absence de critères absolus, de valeurs abstraites, dans la "philosophie" de Confucius. Mais ce qui en fait l'originalité, c'est précisément cette intuition que le critère du Juste change avec le temps et les circonstances. Aussi le rituel est-il à concevoir en rapport dialectique avec le sens du Juste, non la lettre, mais l'esprit du rituel, l'esprit du Juste qu'il s'agit de sauvegarder.

bon maintenant, c'est sarko qui voit s'il veut changer son livre de chevet...

http://pussycatdreams.p.u.pic.centerblog.net/ph8ay4h6.gif

par A.Cheng et mamadomi
rééd° 12 01 09

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M
-->> soupir... à nous de crier plus fort... depuis l'temps, s'ils avaient su/aimé lire, ça se serait su...<br /> doux bisous
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C
Que les chefs d' Etat qui gouvernent en accord avec ces principes se lèvent !<br /> Quoi ?<br /> Personne ?????<br /> Finalement, ça ne m'étonne pas.<br /> Bisous désabusés
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M
<br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br />
M
<br /> -->> un vrai plaisir de te retrouver également<br /> bisous<br /> <br /> <br />
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A
<br /> Je reprends tout doucement mes visites, un plaisir de venir chez toi!<br /> <br /> <br />
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G
<br /> Morale et politique, deux mots, deux mondes qui mettront des années lumières à se croiser.<br /> <br /> <br />
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M
<br /> ah oui? des années lumières? c'est pas plutôt une distance ça?<br /> disons deux mondes qui sont à des années lumières<br /> <br /> <br />