lieu d'échanges et de convivialité, en toute simplicité sur tous les sujets qui vous intéressent, des débats, de l'actualité, musique, poésie, humour, partage... bienvenue à tous les gourmands de la vie et aux adeptes de la pensée sans frontière!...ou de la non-pensée :) n'hésitez pas, proposez vos questions/sujets en cliquant sur "contact", en bas de page...ce sera publié!
Un instant qui oscille entre les effets de la beauté et les rêves de l'amour est plus sublime et plus précieux qu'un siècle de gloire accordé par le faible déshérité au puissant cupide.
De cet instant émane la divinité de l'homme, et durant ce siècle elle dort d'un profond sommeil enveloppé dans les masques des rêves déplaisants.
En cet instant l'âme se libère du faix des lois contradictoires de l'homme, et durant ce siècle ele s'emprisonne derrière les murs de la négligence et s'alourdit des chaînes de l'injustice.
Cet instant fut le berceau du cantique de Salomon et du Sermon sur la montagne et de la Taiyya d'Ibn al-Fârid, et ce siècle fut la force aveugle qui démolit les temples de Baalbek, détruisit les édifices de Palmyre et écroula les tours de Babel.
Un jour que passe l'âme à regretter la mort des droits du pauvre et à se lamenter sur la perte de la justice est plus éminent et bien supérieur à une vie entière que l'home perd, prenant du plaisir à la table de l'appétence et se livrant à la fatalité de l'égoïsme.
Ce jour purifie le coeur par son feu et l'imprègne de sa flamme, et cette vie campe sur lui avec ses ailes sombres et l'ensevelit sous les couches de la terre.
Ce jour fut celui de la Pâque, le jour du Golgotha, le jour de l'Hégire, et cette vie fut celle que Néron dépensa au marché des tyrannies, que Crésus posa sur l'autel des convoitises et que Don Juan
enfouit dans la tombe des plaisirs charnels.
Telle est donc la vie. Les nuits la représentent sur l'arène du Temps comme une tragédie, et les jours la chantent comme une belle chanson mais, à la fin, l'éternité la conserve comme un joyau...
Khalil Gibran
proposé par mamadomi
rééd° du 02 12 08