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Difficile de connaître avec précision la manière dont vivaient les femmes du haut Moyen Age. Les documents existants ne concernent que de reines, des princesses, des abbesses matérialisées par un nom au bas d'un parchemin, un visage dans une enluminure. Aucune reine française de cette période n'émerge. Subsiste cependant le souvenir de sainte Adélaïde, fille du roi de Bourgogne, épouse du roi d'Italie. Charitable, elle fit construire des églises, des monastères et eut la réputation d'être l'une des femmes les plus cultivées d'Europe. Elle rendit l'âme en 999, auréolée de gloire. Moins royale mais bien plus singulière fut la première des femmes médecins, Trotula, née à Salerne en 1050. Dans cette ville du golfe de Naples avait été créée une extraordinaire école de médecine où enseignaient des professeurs chrétiens, musulmans ou juifs.
C'était la première Université non religieuse dans laquelle on pouvait étudier librement des textes grecs, arabes et juifs. Beaucoup de femmes furent autorisées à venir y étudier et y enseigner à côté des hommes... A une époque où ailleurs en Europe ses contemporaines pouvaient à peine être sages-femmes, Trotula fut l'un d'eux. Sa réputation s'étendit tant que le poète français Rutebeuf l'a célébrée dans une balade. Ses écrits dur l'obstétrique sont encore étudiés aujourd'hui. Il s'est même trouvé de
bons esprits pour assurer qu'ils ne pouvaient être dus qu'à un homme...!De son vivant elle exerçait la médecine et enseignait à l'Ecole de Salerne donc. Elle était connue comme "sapiens mulier de magistra" la sage femme professeur. Trotula dirige pendant un certain temps l'école de Salerne, fait exceptionnel pour une femme qui occupe la chaire de médecine.
Constantin l'Africain l'a décrite lors de l'exécution d'une césarienne pour sauver la vie d'un enfant et elle-même a fait la description d'une intervention de réparation d'un périnée endommagé après un accouchement.
Elle s'intéresse plus particulièrement aux problèmes de son sexe et préconise une majorité de remèdes à base de plantes médicinales, d'épices et d'onguents.
Auteur de quelques manuels, le plus connu est "De mulierum passionibus ante et post partum"-Trotula Maior, un célèbre traité de gynécologie et d'obstétrique: concernant tous les aspects de la féminité, y compris les préoccupations psychologiques et esthétiques. En affirmant que les femmes ne doivent pas accoucher dans la douleur, ou bien que la stérilité d'un couple pouvait provenir de l'homme, Trotula, féministe avant l'heure dérangeait sans doute un peu les esprits de son époque...
Les traités de Trotula furent plagiés, copiés, traduits et attribués à d'autres scientifiques. Certains pensaient qu'une femme ne pouvait pas se servir d'instruments chirurgicaux compliqués et qu'une femme ne pouvait pas écrire sur les questions sexuelles.
sources: Laure Adler, Catherine Clément/psychologies magazine et J-Yves Gourdol
rééd° 17 11 08