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Le "péché originel"


"Saint-Augustin a inventé le péché originel" :(
Odon Vallet
                      Cette idée est souvent exprimée par des auteurs souhaitant débarrasser le christianisme de la "culpabilité* judéo-chrétienne" et de l'obsession du péché, souvent sexuel. Comme le péché originel est (abusivement) assimilé à la seule "faute" d'Adam, laquelle est (injustement) réduite à la tentation sexuelle (il n'en est pas question dans le récit biblique), on dénigre ce faux péché originel en attribuant son invention à un évêque africain postérieur de quatre siècles à Jésus-Christ et de quinze siècles aux premiers écrits bibliques: Augustin d'Hippone. Mais saint Augustin n'a pas inventé le péché originel qui n'est qu'indirectement lié à la sexualité du couple mythique d'Adam et Eve.
                       Le péché originel est un mal essentiel et transmissible. Mal essentiel car tout homme est intrinsèquement pécheur: même le plus grand saint et l'acte le plus sublime ne sont pas exempts de motivations ambiguës ni de stratégies perverses. Freud voyait, non sans raison, des perversions extrêmes dans les vertus héroïques et une haine d'autrui chez les bienfaiteurs de l'humanité. Mal transmissible car il se reçoit dès la naissance par les influences pernicieuses et les envies incontrôlables dont hérite tout être humain par son histoire familiale et son destin pulsionnel: "les parents boivent et les enfants trinquent", dit l'adage, et personne n'ayant jamais eu de géniteurs parfaits ni d'aïeuls sans défauts, chacun doit assumer ce fardeau du "péché originel".
                       "Les parents ont mangé des raisins verts et les enfants ont eu les dents agacées", disait un proverbe du Proche-Orient (Ezéchiel 18, 2) et à cette faute héréditaire correspondait une peine héréditaire: "C'est moi le Seigneur ton Dieu, un Dieu jaloux poursuivant la fute des pères chez les fils sur trois et quatre générations s'ils me haïssent", (Deutéronome 5, 9). Cette punition familiale, commune à plusieurs législations proche-orientales, obéissait à un déterminisme de la faute de la peine: tel père, tel fils. S'il y a dans une même famille, des générations de délinquants, d'alcooliques ou de malades mentaux, c'est bien en raison d'une "traçabilité" des germes du ma que les Pères de l'Eglise nommèrent péché originel (peccatum originalis). On passe alors d'une punition de la descendance (sur 3 ou 4 générations) à une malédiction du genre humain: l'homme est un éternel pécheur.
                       Mais la transmission de la peine fut supprimée par certaines législations proche-orientales. Selon les lois assyriennes -vers 1000 avant J.-C., "si une femme a proféré des blasphèmes ou tenu des propos séditieux, cette femme supportera sa faute, on ne touchera ni à son mari, ni à ses fils, ni à ses filles" (tablette A 2). De même les prophètes bibliques (peut-être sous l'influence du droit babylonien) affirment: "celui qui pèche, c'est lui qui mourra : le fils ne portera la faute du fils: la justice du juste sera sur lui et la méchanceté du méchant sera sur lui" (Ezéchiel 18, 20).
                         En conséquence, le judaïsme ne professe pas de péché originel. L'islam non plus car le péché d'Adam est présenté par le Coran comme une simple omission et non une faute intentionnelle: Dieu avait fait "une alliance avec Adam mais il l'a oubliée" (sourate 20, 115). Il est d'ailleurs possible que cette indulgence coranique soit une réponse à la sévérité patristique, au moment où le christianisme venait de définir la notion du péché originel.
                         Celle-ci était déjà esquissée par saint Paul dans une phrase ambiguë où l'on distingue mal le péché personnel etfleurs fleur anime fleur anime 123 gif le péché originel: "De même que par un seul homme le péché est entré dans le monde et par le péché la mort et qu'ainsi la mort a atteint tous les hommes parce que tous ont péché..." (Romains, 5, 12). La faute héréditaire est ici le péché et la peine héréditaire la mort. Les Pères de l'Eglise opposèrent souvent Adam au Christ et Eve à Marie, les premiers apportant la mort spirituelle et les seconds la vie éternelle.
                        Vers 400 après J.-C., un moine d'origine britannique, Pélage, défendit la bonté de la Création et la liberté de l'homme de faire le bien par ses bonnes oeuvres, avec ou sans la grâce de Dieu. Le pélagianisme fut condamné, en 418, par le concile de Carthage qui réaffirma le caractère général du péché originel et la nécessité absolue de la grâce (notamment reçue au baptême) pour s'en libérer.
                         Adversaire de Pélage, saint Augustin théorisa le péché originel issu de la volonté du premier homme "dans lequel nous avons tous été un dans le Christ" (pour le recevoir). Il y a donc en chaque homme un Adam et un Christ qui sommeillent et se réveillent. Saint Augustin n'a pas inventé le péché originel mais il l'a expliqué en une époque prédarwinienne où le premier homme, issu de Dieu et non du singe; était tombé du ciel et non d'un arbre.
                         Si le mal est inhérent à la vie, il y a une chaîne de transmission du mal et de la vie, ainsi décrite par le professeur Rozenbaum, bon disciple de saint Augustin :

"La vie est une maladie sexuellement transmissible et constamment mortelle."

proposé par mamadomi
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M
-->> héhé bien vu, bien dit! :)
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H
Et si la Paire était, Elle aussi passée par le Péché Originel?<br /> A-prenons d'assumer notre sexualité; elle fait aussi partie intrinsèque de l4Amour Universel Humain.
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M
je te remercie au contraire du temps que tu as pris "Charly", pour exposer clairement ton sentiment nourri de connaissances.<br /> <br /> oui tout réside dans l'acceptation des interprétations qui en sont faites.<br /> au fond quelles lettres de noblesse doit-on acquérir pour oser dire l'interprétation que l'on en fait, le sentiment qu'on en a, la perception qui est la sienne?<br /> nul être humain supérieur, tous et chacun peuvent être entendus, il est vrai.<br /> <br /> pour ma part je rejoins l'idée que le libre arbitre est une nécessité, Dieu est un "père" (ou une mère?!) qui laisse ses enfants apprendre désirer s'élever au niveau qui est le sien, pour bonne part par lui-même<br /> et c'est cette liberté acquise dans le discernement et le libre arbitre qui fait de nous des êtres émancipés -des adultes à l'échelle d'une vie animale...<br /> <br /> pour ce qui est du texte, il me semble que certains m'en attribue la paternité, mais je ne fais que proposer des propos regroupés avec un texte d'Odon Vallet, quelque peu élagué. Bien sûr j'en ai dirigé le ton par ces coupes, afin de ne pas livrer de formulation trop péremptoires ou trop pointues, et de servir le dialogue.<br /> <br /> Je suis loin de la notion de péché, plutôt de causalité dirais-je, comme on apprend à ses enfants, en leur laissant accomplir par eux-mêmes la plupart des gestes, ce qui est bon et ce qui leur est préjudiciable...suggestions, conseils, mises en gardes n'excluent pas l'étape nécessaire de l'expérimentation...A mon sens je n'entends pas d'évolution humaine sans ce libre arbitre, quel intérêt en effet d'être des marionnettes inconscientes de leur propre état et totalement sans désirs au fond, si l'on réfléchit...? dans une cage dorée, celle des interdits sans explications, sans connaissance.<br /> Pour moi le serpent est la connaissance, et la connaissance induit la responsabilité, la conscience du bien et du mal, ...en quoi choisir de l'expérimenter serait pécher?<br /> <br /> après, la culpabilité par rapport à l'histoire...inquisition etc...comme toutes les religions ou quasi qui ont connu des épisodes extrêmes et fanatiques...je parlerais de responsabilité passée, de mémoire à préserver comme garde fou...mais il faut se rappeler justement que pour le christianisme (Chrétienté à partir des écrits et interprétations dirigées à dessein, du moyen âge dirons-nous), la parole et la vie du Christ constituent la rédemption en effet;<br /> le fardeau, représenté par la croix portée dûment, n'est plus à porter...<br /> maintenant, je peux me révéler fantaisiste ce faisant...:) :) :)
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"
Voilà un texte qui ne me laisse pas indifférent.J'aurais tant à dire que je ne sais par où commencer. Je vais donc reprendre les points qui me surprennent, dans l'ordre de leur apparition, tant dans le texte que dans les commentaires.<br /> J'ignorais que le christianisme, ou peut-être devrais-je dire la chrétienté, avait une culpabilité judeo-chrétienne avec l'obsession du péché. Je pensais qu'elle était coupable d'avoir perpétué tant d'éffusions de sang, à travers l'inquisition et les guerres qu'elle a bénies, entre autres choses.<br /> Je reconnais que le péché originel est facilement assimilé avec la sexualité du premier couple humain. L'expression « croquer la pomme » est une façon élégante de parler de relation sexuelle illicite. Comme tu le dis, la Bible ne parle pas du péché originel de cette façon.<br /> Je trouve intéressante l'expression « l'homme a un destin pulsionnel ». Elle résume assez bien la particularité de l'être humain de voir naître en lui des désirs, des pulsions, plus ou moins contrôlés et maîtrisés.<br /> J'ose comprendre qu'il y a en chacun de nous une part de bien et une part de mal, dans l'idée que « nous ayons en nous un Adam et un Christ ». Cette dualité interne fait de nous des êtres dotés du libre arbitre mais tiraillés constamment entre ces deux options opposées.<br /> L'explication de Stéphane me surprend et m'interpelle. D'abord je me méfie de toutes les interprétations issues des expériences de mort imminente. Dans un tel état, la situation du cerveau privé de sa quantité d'oxygène nécéssaire peut donner lieu, facilement, à tout un tas de phénomènes hallucinatoires qui, en plus de l'extrème complexité de l'organe, ajouté aux différents antécédents culturels et religieux d'une personne, pourraient expliquer leurs « visions » paranormales.<br /> Je ne sais pas quelle conception se fait Stéphane de Dieu, ni à partir de quoi il se la fait, mais dire que Dieu a volontairement délaissé sa nature primordiale pour passer à celle plus fragile de l'existence matérielle, dans le but d'expérimenter, de réapprendre, de confirmer ce qu'il savait déjà, ne me paraît ni logique ni en harmonie avec ce qu'enseigne Sa Parole révélée, la Bible. Etant le Créateur, il n'a pas besoin d'expérimenter quoi que ce soit, Il ne joue pas avec la vie, avec Sa création. Il a une connaissance parfaite de toute chose et n'a pas besoin « d'amorcer un quelconque apprentissage au travers d'une existence matérielle en vue de découvrir les vérités essentielles qu'il connaissait à l'origine ».<br /> L'arbre de la connaissance du bien et du mal représentait une reconnaissance morale que pouvait avoir l'humanité, de Son droit à être le Souverain de l'univers. En plaçant cet arbre au milieu du jardin (endroit stratégique, non pas pour une tentation mesquine, mais étant une place d'honneur), il permettait aux humains de lui montrer qu'ils reconnaissaient Son droit à être le Souverain suprême, ou qu'ils l'acceptaient comme tel. La question ne porte donc pas sur Sa capacité à l'être, mais plutôt sur l'acceptation volontaire des humains – créés avec le libre arbitre – à vivre selon cette hierarchie naturelle et morale des choses. Dieu ne veut pas imposer son statut de Chef suprême, il veut qu'on le lui reconnaisse volontiers et qu'on agisse en conséquence. Respecter cet arbre, c'est Lui laisser le droit de décider pour Sa création de ce qui est bien et de ce qui est mal. Prendre de son fruit n'est en aucun cas l'occasion de parvenir à cette connaissance comme si l'on se faisait l'égal de Dieu, mais plutôt une façon claire de montrer qu'on ne veut pas de Lui comme Chef, qu'on peut très bien se débrouiller tout seul, qu'on peut se passer de Lui pour décider de ce qui est bien et de ce qui est mal.<br /> Dire que le Diable n'existe pas, c'est une affirmation qui n'engage que lui. Après tout, il a le droit de dire ce qu'il veut. Je ne sais pas non plus où il a appris qu'au bout d'un certain nombre d'épreuves qui permettraient une évolution spirituelle, nous refusionnerions avec Dieu, concience universelle, en l'enrichissant par les résultats obtenus durant nos vies...??<br /> Tout comme il a le droit de ne pas croire aux enseignements de la Bible en ce qui concerne le sacrifice rédempteur du Christ et croire que l'humanité, qui a dû sortir du jardin d'Eden pour avoir désobéi à Dieu, qui a dû travailler dur le sol et gagner son pain à la sueur de son front, qui s'est donc vue refuser la vie éternelle comme il en était question avec l'arbre de vie que Dieu avait planté dans l'Eden pour lui octroyer ce type d'existence parfaite tant qu'elle resterait dans une obéissance pieuse, qui s'est donc vue s'éteindre au bout de plusieurs décénies, qui a vu parmi ses représentants combien l'homme est capable de dominer l'homme pour son propre détriment, et pour finir – mais la liste est loin d'être exhaustive – qui a constaté qu'elle ne pouvait pas se gouverner toute seule avec succès en étant éloignée à ce point de Dieu, oui il a le droit de croire que l'humanité n'a pas été condamnée pour avoir péché contre Dieu en désobéissant à Ses commendements.<br /> L'homme a été créé parfait à l'origine, à l'image de Dieu. Il avait toute sa capacité intellectuelle, physique et morale. Mais il avait surtout son libre arbitre, c'est à dire la liberté personnelle de choisir la voie qu'il veut suivre, mais avec les responsabilités qui l'accompagnent. Il a reçu des avertissements clairs venant de Dieu: « le jour où tu mangeras de cet arbre, tu mourras à coup sûr ». Il a choisi délibérément la voie de l'indépendance, pour « être comme Dieu, connaissant le bien et le mal ». Il a utilisé son libre arbitre comme il l'entendait mais en a payé cher, très cher, les conséquences: il a tout perdu: ses bonnes relations avec Dieu, le droit de rester dans ce beau jardin et, finalement, la vie eternelle.<br /> Muriel a aussi le droit de penser qu'  « ils ont eu raison d'être curieux ». Mais voilà où cette curiosité les a menés: la mort. La mort pour eux-mêmes et pour leurs descendants jusqu'à nous.<br /> Non, il n'entrait pas dans le plan de Dieu de faire que l'homme désobéisse. Dieu n'est pas machiavélique. Il lui avait préparé, au contraire, un jardin de délices où il aurait pu vivre heureux et étenellement en suivant Ses directives.<br /> Le péché est donc l'acte de désobeissance à Dieu. Maintenant pour celui qui ne croit pas en Dieu ou en Ses façons d'organiser les choses, le péché ne veut plus rien dire.<br /> Voilà, Mamalilou, un commentaire un peu long, j'ai pris mon temps pour le composer, mais le sujet le méritait. J'espère n'avoir froissé personne, ce n'est pas le but. Je voulais simplement exposer mon avis personnel.<br /> Charly...
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M
.."Bref, j'ai toujours pensé que s'était l'Église qui compliquait les choses, pour se rendre indispensable"<br /> et oui bien sûr on aura tous noté je pense et agréé parce que franchement avec tous les apports des recherches qui se font et des recoupements, toutes la liberté de parole et la prépondérance de la laïcité des états, on sait effectivement ce qu'on doit à l'institution plus qu'à la bonne parole de base, qui elle, était source de développement personnel, de rapprochement des peuples et d'évolution spirituelle, de libération des jougs, des faux gurus, des rites préjudiciables...<br /> au lieu de ça, il y a toujours des personnes qui s'associent autour d'une bonne parole, et imposent par le biais de nouveaux rites et de nouvelles contraintes le respect de cette parole à son tour dogmatisée...<br /> on n'en finit pas!<br /> j'aime bien ton passage sur le désir et l'appétit...et toutes les mauvaises raisons de faire les choses: les sous, la mode, le qu'en dira-t-on...etc...<br /> sur l'absence de modération<br /> (voir l'article "moderato cantabile"...)<br /> <br /> oui oui, je suis friande de tes délires béa...encore encore encore!!! :) :) :)
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