Dans la vie de tous les jours, on a l'occasion de choisir entre "faire plaisir"
et "avoir raison".
On peut souligner au crayon rouge les erreurs commises par un collègue, lui indiquer ce qu'il aurait dû faire, et les moyens de réparer sa bévue. On peut le "corriger" en privé comme en public. Ce ne sont là que des occasions de saper son moral, et le nôtre du même coup.
Mais qu'est-ce qui nous pousse ainsi à dénigrer les autres,
à leur distribuer des avertissements et des blâmes?
...allez un effort, tout le monde a la réponse...oui, c'est bien ça...:
Tout simplement notre cher ego, qui raisonne ainsi:
si notre interlocuteur a tort, c'est donc que nous avons raison; et si nous avons raison, cela suffira à notre bonheur.
...
Mauvais calcul.
Pour commencer, ça décape je sais, mais on peut être deux à avoir raison...
ou deux à avoir tort! ...aèh!
Ensuite, pour peu que l'on prête attention à ce qu'on ressent après avoir "démoli" quelqu'un, on constate qu'on se sent plus mal qu'auparavant. Notre coeur -ce fidèle organe de la compassion- sait qu'il est impossible de gagner notre bien être sur le dos des autres.
Heureusement, c'est l'inverse qui est vrai! Quand on remonte le moral des troupes, quand on partage leur joie, on récolte en récompense les échos de leurs sentiments positifs.
Pour ma part,
à chaque fois, je me dis "à la prochaine occase de reprendre quelqu'un, vaut mieux que je résiste à la tentation". Et de me demander plutôt: "Qu'est-ce que j'attends vraiment de notre échange?"
Dans la plupart des cas, j'espère une relation paisible, où l'on se quitte bons amis, où l'on résout les blèmes s'il ya lieu. Chaque fois que je résiste à l'envie de jouer les "madame Je-sais-tout" (et ça marche pour les messieurs aussi...) et que j'opte pour la gentillesse, j'éprouve un sentiment de calme intérieur.
Récemment,
mon mari et moi discutions d'une décision qui ne s'était pas avérée profitable. Il en parlait comme de "mon" idée, pour ne pas s'en attribuer tout le démérite. Avec ma bonté naturelle
, j'ai bien voulu lui laisser ce plaisir - rhooo ça va...disons "pour une fois"...
. Mais plus tard dans la journée, il s'est rappelé que c'était en fait "son" idée, et pas la mienne. Il m'a passé un coup de fil pour s'excuser. Je lui ai répondu que ce qui comptait à mes yeux, c'était d'avoir une discussion constructive et de passer aux mesures à prendre, et peu importait qui avait eu l'idée le premier! Maintenant vous comprenez mieux, je l'espère, pourquoi il m'adore!
...salut chéri!
Ne croyez pas que cette stratégie
vous incite à devenir une chiffe molle, prompte à retourner sa veste, in-ca-pable de défendre ses convictions. Vous avez parfaitement le droit d'avoir raison - mais, sachez que, si vous insistez pour avoir raison et pour le montrer, il y a toujours un prix à payer: vous y perdez votre paix intérieure.
(sauf à être pervers, niark niark niark...yen a!)
Pour atteindre l'équanimité (et oui encore!), mieux vaut (en règle générale) "avoir du coeur" qu' "avoir raison".
Quand faut-il (re-)commencer?
Pourquoi pas dès la prochaine conversation?
Oui, je sais chéri, parfois c'est toi qui lâches le morceau, ça arrive aussi ...- aah bon ?!! ...ben t'avais qu'à l'écrire l'article, aussi!!! ...héhé