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**2009**2009**2009**



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2009"rêve général" 1er mai et suites...

earth hour28 mars, un bilan
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Actus brûlantes citoyens !!

Mercredi 9 décembre 2009 3 09 12 2009 11:20

 

Cinq, quatre, trois…


On ne peut croire ni à une croissance éternelle, ni à pouvoir s’échapper vers une autre planète quand seront épuisées les ressources de la nôtre. C’est impossible. L’humanité s’est mise en danger de mort, et Albert Jacquard, dans son dernier livre Le compte à rebours a-t-il commencé ?(éd°. Stock, Les documents, 03/09) montre comment.

Il évalue d’abord le risque nucléaire (entre la puissance de la bombe H et celle des essais américains dans le Pacifique, il y a un facteur mille) : il suffit que dans un seul État possédant l’arme nucléaire le risque d’un accident (une colère d’un dirigeant trop impulsif par exemple) soit de 1 % par an pour que la probabilité d’un désastre irréversible, tuant toute vie humaine sur la planète, soit de 64 % au cours du siècle et de pratiquement 100% au cours du millénaire.

 

La probabilité du suicide nucléaire de l’humanité dépend donc surtout du comportement des moins raisonnables. Or cette escalade a été décidée sans la moindre consultation populaire. Alors Albert Jacquard se demande par quelle aberration la première question posée à tout candidat à la Présidence de la République n’est pas : "Renoncez-vous aux armes nucléaires ?" Il évoque ensuite le sujet que Guy Evrard développait récemment dans nos colonnes (I.GR 1097, 04/09II. GR 1098, 05/09, III. GR 1099, 06/09), celui de la démographie, et il aboutit, à propos de ce qu’il appelle la bombe P comme population, à la même conclusion que Guy : alors qu’un milliard d’êtres humains souffrent et meurent de malnutrition, il faut que les pays riches remettent en question leurs habitudes gaspilleuses et dévastatrices.

Alors, avant d’accaparer toutes les richesses,

ne fallait-il pas commencer par poser une autre question :

"À qui appartient la planète ?"

 

Le polytechnicien généticien Albert Jacquard aborde enfin deux domaines déterminants quant à l’avenir de l’humanité : l’intégrisme économique et l’éducation.

Traitant le premier, il montre "la richesse de la décroissance" par des réflexions de bon sens dénonçant un système qui s’est cru "capable de créer de la richesse simplement en échangeant des signatures sur des papiers ou sur des écrans d’ordinateurs, à la façon dont en famille on joue avec passion au Monopoly". Mais quand il évoque "la fortune dont dispose l’ensemble des humains", il sous-entend que cette fortune est une réalité, certes mal partagée, mais une vraie richesse. Dans son expression "la fortune de l’ensemble", il mélange sans nuance ce qui est monnaie fiduciaire et ce qui est monnaie bancaire, il cautionne leur assimilation. Il entretient ainsi la confusion, fort malheureuse, généralement faite entre la monnaie légale, publique et garantie, et la monnaie scripturale, qui mène le monde malgré lui, qui ne sort jamais du domaine privé et secret des banques, que certains économistes n’hésitent pas à qualifier de pseudo-monnaie et qu’un “prix Nobel” d’économie, Maurice Allais, dénonce même comme étant émise de façon identique à celle de faux-monnayeurs.

 

Même ambiguïté lorsque Jacquard écrit que les clients des banques "ont confié leur fortune à des financiers qui l’ont convertie en prêts", car il cautionne ainsi l’idée fausse trop répandue dans le grand public, selon laquelle, en matière de crédit, le rôle des banques ne consiste qu’à prêter aux uns les économies déposées par les autres. C’est ignorer ou passer sous silence le privilège, pourtant ahurissant, abandonné aux banques de pouvoir augmenter à leur gré et dans leur intérêt la masse monétaire de la nation.

Mais ceci n’empêche pas notre auteur de démonter, en quelques phrases claires et limpides, tout l’arbitraire de la notion de valeur, ainsi que la fausse croyance en l’équilibre que le marché est censé apporter. On peut s’étonner, tout de même, qu’il n’ait pas choisi de relever, dans l’Histoire qui en contient tant, d’autres exemples que celui des assignats pour montrer les dangers d’une création monétaire basée sur la spéculation.

 

Cette ombre est vite oubliée dès qu’on aborde le chapitre consacré à ce que devrait être l’éducation. Ce dernier chapitre ne peut qu’enthousiasmer, tant par sa critique du système actuel au cœur duquel "ce n’est pas l’élève que l’on découvre, c’est plus souvent l’économiste, quand ce n’est pas le financier", que par son ouverture vers un monde plus humain, dans lequel, rappelle l’auteur, lire, écrire, compter ne sont pas tout, "comme s’il n’était pas tout aussi fondamental de savoir écouter, s’exprimer, questionner, c’est-à-dire en un mot : rencontrer."

Ah, si seulement nos prétendus “réformateurs”

étaient capables de “rencontrer” Albert Jacquard !

 

M.-L. Duboin, 31 10 09

 proposé par mamadomi
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Vendredi 4 décembre 2009 5 04 12 2009 16:55

 

 

http://img.maxisciences.com/neige/autre-etoile-a-six-branches_597_w560.jpg

 

Parmi toutes les “réformes” que notre hyperprésident poursuit contre vents et marées, celles imposées aux enseignants sont parmi les plus lourdes de conséquences, en particulier pour les générations futures. Le témoignage édifiant de l’un de ces derniers, Bastien Cazals, vient d’être publié par les éditions indigène [prix 3€! voir le site: www.indigene-editions.fr] sous le titre "je suis prof et je désobéis". Son auteur explique qu’en entrant par vocation dans une profession à ses yeux “porteuse de valeurs”, il n’imaginait pas avoir un jour à défendre l’école contre une avalanche de réformes dévastatrices. C’est l’Appel des Résistants aux jeunes générations, signé le 8 mars 2004, entre autres par Stéphane Hessel, Lucie et Raymond Aubrac, qui lui a ouvert les yeux et donné le courage nécessaire à compromettre son propre avenir.

Cet appel, lancé pour le 60 ème anniversaire du programme du CNR de 1944, mérite en effet d’être médité par tous. En voici le texte, pour le diffuser le plus largement possible:


 

 

Appel à la résistance

 


Au moment où nous voyons remis en cause le socle des conquêtes sociales de la Libération, nous, vétérans des mouvements de Résistance et des forces combattantes de la France Libre (1940-1945), appelons les jeunes générations à faire vivre et retransmettre l’héritage de la Résistance et ses idéaux toujours actuels de démocratie économique, sociale et culturelle. Soixante ans plus tard, le nazisme est vaincu, grâce au sacrifice de nos frères et sœurs de la Résistance et des nations unies contre la barbarie fasciste. Mais cette menace n’a pas totalement disparu et notre colère contre l’injustice est toujours intacte.

Nous appelons, en conscience, à célébrer l’actualité de la Résistance, non pas au profit de causes partisanes ou instrumentalisées par un quelconque enjeu de pouvoir, mais pour proposer aux générations qui nous succéderont d’accomplir trois gestes humanistes et profondément politiques au sens vrai du terme, pour que la flamme de la Résistance ne s’éteigne jamais :

Nous appelons d’abord les éducateurs, les mouvements sociaux, les collectivités publiques, les créateurs, les citoyens, les exploités, les humiliés, à célébrer ensemble l’anniversaire du programme du Conseil national de la Résistance (C.N.R.) adopté dans la clandestinité le 15 mars 1944 :

- Sécurité sociale et retraites généralisées,

- contrôle des “féodalités économiques”,

- droit à la culture et à l’éducation pour tous,

- presse délivrée de l’argent et de la corruption,

- lois sociales ouvrières et agricoles,

- etc.

 

Comment peut-il manquer aujourd’hui de l’argent pour maintenir et prolonger ces conquêtes sociales, alors que la production de richesses a considérablement augmenté depuis la Libération, période où l’Europe était ruinée ? Les responsables politiques, économiques, intellectuels et l’ensemble de la société ne doivent pas démissionner, ni se laisser impressionner par l’actuelle dictature internationale des marchés financiers qui menace la paix et la démocratie.

 

Nous appelons ensuite les mouvements, partis, associations, institutions et syndicats héritiers de la Résistance à dépasser les enjeux sectoriels, et à se consacrer en priorité aux causes politiques des injustices et des conflits sociaux, et non plus seulement à leurs conséquences, à définir ensemble un nouveau “Programme de Résistance” pour notre siècle, sachant que le fascisme se nourrit toujours du racisme, de l’intolérance et de la guerre, qui eux-mêmes se nourrissent des injustices sociales.

 

Nous appelons enfin les enfants, les jeunes, les parents, les anciens et les grands-parents, les éducateurs, les autorités publiques, à une véritable insurrection pacifique contre les moyens de communication de masse qui ne proposent comme horizon pour notre jeunesse que la consommation marchande, le mépris des plus faibles et de la culture, l’amnésie généralisée et la compétition à outrance de tous contre tous. Nous n’acceptons pas que les principaux médias soient désormais contrôlés par des intérêts privés, contrairement au programme du Conseil national de la Résistance et aux ordonnances sur la presse de 1944.

 

Plus que jamais, à ceux qui et celles qui feront le siècle qui commence, nous voulons dire avec affection :


« Créer, c’est résister. Résister, c’est créer »


La grande relève, 31 octobre 2009

  proposé par mamadomi
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Mercredi 25 novembre 2009 3 25 11 2009 17:03

 

Enfin! 

 

 

 

Cela fait maintenant plus de dix ans que nous militons, au sein de l’association Attac, pour sensibiliser ses adhérents et son conseil scientifique à l’importance de la finance, pour les convaincre de focaliser la réflexion et l’action d’éducation populaire de ce mouvement altermondialiste sur le rôle des banques, sur la nature de la monnaie qu’elles émettent et sur les dangers de la démission des responsables politiques qui laissent ainsi à ces institutions privées le privilège insoutenable de décider de l’avenir économique en fonction de leurs seuls intérêts. Ces dangers, qui étaient décrits dès mars 2007 dans Mais où va l’argent?, ayant débouché sur une crise sans précédent, l’opinion découvre les vices du système financier… et l’association Attac semble enfin convaincue de l’urgence d’expliquer et d’agir.


La dixième université d’été d’Attac-France, qui s’est tenue en Arles du 21 au 25 août, témoigne de ce changement, qui va enfin bien plus loin que la taxe Tobin (au moment où Kouchner et Barroso semblent en reprendre l’idée).

Le projet “de campagne citoyenne”, en cours d’élaboration au sein d’Attac-France, est intitulé “Je change ma banque … ou je change de banque”.

http://www.bloc.com/images_administrables/bibliotheque/grande/paradis-fiscal.jpgConstatant que "le système bancaire, qui est au cœur de la crise, continue à défrayer la chronique par des scandales permanents : bonus, paradis fiscaux, pratiques commerciales abusives, … qu’un grand nombre de salariés du secteur bancaire vivent mal cette situation et que les citoyens sont choqués de ces pratiques" il s’agit "d’agir ici et maintenant pour manifester concrètement notre refus du monde tel qu’il va et notre volonté d’alternatives, sans attendre de futurs et hypothétiques changements politiques…" Or "une alliance entre salariés des banques, usagers et associations, pourrait peser fortement sur les directions des banques et sur les pouvoirs publics". Attac propose pour cela "de travailler à une campagne de mobilisation citoyenne portant l’exigence d’un changement des politiques des banques, en s’appuyant sur les attentes convergentes des salariés des banques, des usagers, des exclus bancaires, des défenseurs de l’environnement, de toute la société civile... pour un système de crédit responsable et solidaire".

 

Il ne s’agit donc pas de demander la nationalisation des banques (dont l’effet dépend du gouvernement en place), mais d’obtenir la socialisation du crédit afin que le secteur financier soit enfin considéré et géré pour ce qu’il est : un bien commun indispensable à l’économie et à la société, et que les banques cessent de spéculer dans des paradis fiscaux et judiciaires.


Attac estime que les citoyens, "s’ils cherchent à y travailler ensemble… peuvent se doter d’outils pour exercer une vraie pression sur les directions des banques et les pouvoirs publics".


Voici comment:


1. Je change ma banque…


Il faudrait commencer par établir un outil d’évaluation et de comparaison des pratiques des banques opérant en France (une sorte de “top 50” des banques).


On pourrait, de façon pluraliste et participative :

 

définir une batterie de critères d’évaluation, si possible objectivés : pratiques commerciales abusives, exclusion bancaire ; salaires, emploi, souffrance au travail ; part des activités spéculatives dans le résultat, part du financement des PME et/ou collectivités territoriales dans l’activité  filiales dans les paradis fiscaux; rémunérations des dirigeants et traders; impact environnemental de l’activité; soutien à des régimes antidémocratiques (Françafrique, Birmanie…);


établir un classement des banques selon ces critères (avec des pondérations à discuter…);


donner une large publicité à ces indicateurs et au classement qui en résulte;


interpeller les directions de chaque banque, avec conjointement les syndicats, les usagers et les associations, en exigeant des progrès rapides et significatifs sur les points noirs de l’établissement.


… 2. ou je change de banque


Pour les usagers qui seraient insatisfaits des réponses de leur banque, on pourrait organiser une migration de comptes vers des banques mieux placées dans le “Top 50” bancaire.

 

Si des centaines de milliers de clients des banques décidaient d’interpeller leur banquier, et de participer à un mouvement collectif de migration de comptes courants vers une institution solidaire, on obtiendrait au moins trois résultats positifs :

 

l’ouverture d’un vaste débat social : comment faire fonctionner le système financier au service de la société, et non le contraire ?


— un exemple encourageant pour d’autres mobilisations concrètes allant dans le sens d’une transformation des rapports sociaux et d’une démocratisation de l’économie;


— une capacité d’action renforcée pour les organismes de crédit solidaire, qui pourraient démultiplier leurs activités de financement de projets d’économie sociale et solidaire.


Une telle campagne suppose une préparation soignée, un outil d’évaluation crédible avant d’entreprendre une démarche auprès des banques, l’engagement dans la durée de la part des citoyens, etc.


Ce projet va tellement dans le sens de ce que nous défendons depuis si longtemps, que nous espérons une participation massive de nos lecteurs.

À suivre donc…


M.-L. DUBOIN, 31 octobre 2009
 
proposé par mamadomi
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Samedi 21 novembre 2009 6 21 11 2009 11:32

http://hisaux.free.fr/dotclear/images/coeur/energie-grise.gifhttp://hisaux.free.fr/dotclear/images/coeur/energie-grise.gifhttp://hisaux.free.fr/dotclear/images/coeur/energie-grise.gifhttp://hisaux.free.fr/dotclear/images/coeur/energie-grise.gifhttp://hisaux.free.fr/dotclear/images/coeur/energie-grise.gif



L'Énergie grise:

un concept au service de l’écologie



Différents outils de mesure ont été imaginés dans l’optique de concevoir des produits et services toujours plus respectueux de l’environnement. En effet, l’impact énergétique d’un matériau ne se réduit pas aux gains qu’il procure pendant son utilisation. C’est l’ensemble de son cycle de vie, de sa production à son élimination, qui doit être pris en compte pour pouvoir en savoir plus sur son impact réel. L’un des outils à notre disposition pour estimer cet impact est l’énergie grise.http://www.lamaisonpassive.be/images/figures/fig040.jpg


...càd la quantité d’énergie qui sera utilisée par un produit ou un service sur toute la durée de son cycle de vie. On s’intéresse donc aux étapes suivantes de la vie du produit :
- La conception : études, fabrication de prototypes, ...
- L’extraction et le transport des matières premières
- La transformation des matières premières : la production du produit ou la préparation du service
- L’usage : l’utilisation du produit ou la mise en oeuvre du service
- Le recyclage du produit


Le calcul de l'énergie grise prend ainsi en compte le plus possible de facteurs relatifs à la fabrication, l'usage et au recyclage du produit. On recherche avec ce concept d'énergie grise plus un ordre de grandeur qu'une valeur précise. En effet, les chiffres présentés peuvent différer fortement d'une source à l'autre. L'influence des différents groupes de pression (entreprises ou associations) doit d’ailleurs être gardée à l'esprit lors de l'analyse de ces valeurs.

Cependant, l'étude de l'énergie grise d'un produit se révèle souvent très intéressante et contredit de nombreuses idées reçues. Ainsi,  si l'on pense que "les voitures d'aujourd'hui consomment moins", on ne tient en fait compte que de sa consommation en carburant. Si l'on prend en compte l'énergie grise de tous les gadgets des voitures actuelles (tableau de bord électronique, systèmes de sécurité, ...) on obtient finalement une énergie grise globale bien plus importante que celle des voitures fabriquées il y a 30 ans.

Les voitures hybrides (essence électrique) commercialisées actuellement sont relativement polluantes: non seulement, elles rejettent un volume de gaz carbonique très proches des véhicules essence les plus performants (entre 100g et 110g de CO2 par kilomètre parcouru), mais elles induisent une énergie grise (énergie utilisée durant la production et coût de recyclage) plus importante que la moyenne (en raison de l’impact du recyclage des batteries notamment).


http://www.compositions-urbaines.fr/webotheque/images/234-tableau-bois-energie-grise.gif

Voici, pour finir, l’énergie grise que nécessitent certains des matériaux que nous utilisons le plus :


- Bloc de béton : 0,7 MWh/m3
- Brique pleine : 1,2 MWh/m3
- Béton armé : 1,85 MWh/m3
- Acier recyclé : 24 MWh/m3
- Acier primaire : 52 MWh/m3
- Cuivre : 140 MWh/m3
- Zinc-titane : 180 MWh/m3
- Aluminium : 190 MWh/m3

Le béton est plus écolo que l'aluminium du point de vue global

sources diverses dont ekopedia
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proposé par mamadomi
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Lundi 9 novembre 2009 1 09 11 2009 11:45

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Bouger pollue! C'est malheureusement une évidence. En france, le secteur des transports est aujourd'hui le premier émetteur de gaz effet de serre (27% des émissions) et le premier consommateur de produits pétroliers (environ 67%). Depuis 1973, la consommation due aux transports a plus que doublé en raison de la croissance continue des trafics de voyageurs et de marchandises. Les transports routiers sont à eux seuls responsables de 93,5% du gaz carbonique émis par l'ensemble des transports.
Si le constat est indiscutable, cette situation n'est pas une fatalité. Loin de nous l'idée de remettre en cause le concept de mobilité. La possibilité de se déplacer où l'on veut et quand on veut (du moins http://www.egodesign.ca/_files/articles/blocks/1251_harold_l.jpgpour les habitants des pays riches de cette planète) est une formidable liberté, d'autant plus que nous avons désormais un vaste choix pour nos déplacements.
Au niveau individuel, cela veut dire privilégier les modes de transport écologiques (marche à pied, vélo, rollers, trottinette...) et collectifs (bus, tramway, métro, covoiturage...). Pour se déplacer sur de plus grandes distances, le train est de loin le moyen de transport le moins polluant. Un trajet Paris-Marseille en TGV rejette 2 kg de CO² par voyageur contre 89kg en voiture, et 97 kg en avion!
Pour la voiture individuelle, l'ère du tout pétrole est loin d'être terminée. De nombreuses alternatives existent, mais elles sont souvent défendues par des
http://www.autocadre.com/images/actualites/photos/voiture-electrique-renault.jpg lobbies qui ne se préoccupent pas vraiment d'environnement... De fait, l'offre, en termes de véhicules électriques, est presque inexistante et l'origine de l'électricité - à 80 % nucléaire en France - contestable. En 1995, notre Premier ministre de l'époque, Edouard Balladur, promettait 100 000 véhicules électriques avant 2000... Résultat: on en recense, douze ans après, à peine quelques milliers, http://www.planete-hydrogene.com/image/photoelement/pj/illustration_nissan14859.jpgprincipalement dans les collectivités et les parcs automobiles d'entreprises! De la même façon, des constructeurs automobiles exhibent depuis des années lors des grands salons professionnels des prototypes roulant à l'hydrogène, mais la sortie en série de ce type de voiture "zéro pollution" est toujours repoussée à un futur hypothétique.
En 2006, l'ancien président de la République, Jacques Chirac - fortement influencé par les lobbies agricoles, a imposé l'utilisation de biocarburants en France. Or cette filière est aujourd'hui sévèrement critiquée par les environnementalistes et se voit même accorder un zéro pointé par un éminent prix Nobel.
Sommes-nous donc condamnés à rouler au diesel ou à l'essence? Oui et non... grâce à la voiture hybride. ◄Electrique en ville, moteurhttp://media.usinenouvelle.com/GlobalVisuels/usn/photos/phv-side-with-station-LO2.jpg thermique à la campagne, l'hybride▼ représente la seule alternative à moyen terme. Pensez-y si d'aventure vous avez besoin d'acheter une nouvelle voiture....
Les entreprises doivent elles aussi transporter "mieux" et "moins". Cela veut dire réduire les volumes de trafic et favoriser les modes de transport moins polluants comme le ferroviaire ou le fluvial. Internet, en favorisant les achats en ligne, peut être un formidable moyen de "verdir" les flottes d'entreprises et de rationaliser les livraisons.
En France, certains ministères ou agences d'Etat comme l'ADEME nous incitent à bouger autrement. Certes nos choix individuels atteignent vite leurs limites. Qui dit transport dit aménagement du territoire et donc Etat. C'est au niveau des collectivités et du gouvernement http://ecologie-images.caradisiac.com/IMG/jpg/3/4/2/1/2/c42.jpgque se prennent les décisions déterminantes pour les vingt prochaines années. Développement et essor des transports collectifs et du ferroutage, incitations fiscales prou des transports plus verts et taxation des énergies les plus polluantes...: l'éventail d'actions est vaste. Il suffit de passer aux actes, autrement dit de vouloir.

source GoodPlanet.org
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Trophée Andros : l’avenir sera électrique
véhicule à moteur thermique


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proposé par mamadomi
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Dimanche 8 novembre 2009 7 08 11 2009 17:36

 


Rappel:
Les principaux engagements du projet de loi Grenelle I

¤ 2000 km de lignes à grande vitesse prévus d'ici à 2020, dont Marseille-Nice ou Bordeaux-Hendaye.
¤ Une taxe kilométrique sur les poids lourds à compter de 2011.
¤ 1500 kilomètres de transports en commun en site propre en quinze ans (hors Ile-de-France) et une rocade en métro automatique en Ile-de-France.
¤ Faire passer la consommation du parc automobile de 176g de
CO2 par km en moyenne à 130g en 2020.
¤ Réhabiliter 800 000 logements sociaux en divisant par deux leur consomation energétique avant 2020.
¤ Application de la norme "bâtiment vasse consommation" de 50 kilowattheures par mètre carré et par an en moyenne à tous les nouveaux bâtiments construits à parir de2012.
¤ 20%d'énergies renouvelables en 2020, contre 10% aujourd'hui.
¤ 6% de la surfce agricole utile en agriculturebiologique en 2013 et 20% en 2020, contre 2% aujourd'hui.
¤ 20% de bio dans la restauration collective publique (école, hôpitaux...) en 2012.
¤ 50% de pesticides en moins d'ici à 2012.
¤ Bilan énergétique obligatoire dans toutes les entreprises et collectivités de plus de 250 salariés d'ici cinq ans.
¤ Obligation de déclaration préalable à la  mise sur le marché et évaluation des risques pour les produits composés de nanoparticules à parir de 2010.
¤ Mise en place dans les entreprises à fort impact environnemental d'instances de dialogue incluant notamment les riverains des sites.
(Alternatives économiques - sept 2008)

Quel est votre degré de satisfaction? des infos complémentaires? des suggestions?

...plus d'un an plus tard, où en est-on?
chez croc, vous trouverez des éléments de réponse :)

 

proposé par mamadomi
rééd° du 05 09 08
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Vendredi 6 novembre 2009 5 06 11 2009 00:44

http://pagesperso-orange.fr/lempel/sourire_rouge_transparent.gif

 

Sarkopositivité

Le moine Luther, grâce à sa “Réforme”, avait attiré à lui des foules de “protestants”. Suite aux siennes, ce sont de même des “protestataires” que notre très charismatique chanoine de Latran réussit aujourd’hui à rassembler en grand nombre.

À son arrivée au pouvoir, Nicolas Sarkozy laissait entendre que le stock de chômeurs dont il héritait, certes d’un septennat de droite mais entaché de socialisme (Ah! cette maudite semaine de 35 heures !), n’était constitué que de paresseux ou d’incapables. Il allait donc mettre les premiers en demeure d’accepter un emploi, les autres un stage de formation dans des domaines où ils pourraient immédiatement trouver du travail, et le problème était réglé.

On vit alors fleurir les stages non ou peu rémunérés débouchant sur des emplois précaires (CDD ou intérim). Première désillusion. Tout ceci bien avant que l’on ne nous parle de crise. C’était alors inenvisageable, puisque le système libéral dont nous bénéficions est le régime idéal pour créer indéfiniment de la richesse, comme l’affirmaient des économistes réputés infaillibles.

Mais depuis quelques mois la situation est devenue préoccupante, et il est difficile de nous faire croire que les 80.000 chômeurs de plus du mois dernier sont des gens qui seraient devenus tout d’un coup incompétents ou paresseux.

Le problème serait plutôt du côté des employeurs.

On aimerait y rencontrer davantage de vrais entrepreneurs plutôt que des acquéreurs d’entreprises dont le seul objectif est de gagner beaucoup d’argent à court terme, pour eux et leurs gros actionnaires, à coup de licenciements et de délocalisations, bref des fossoyeurs d’entreprises.

Et pourquoi, à leur place, l’État ne s’y mettrait-il pas,

au lieu de subventionner leurs défaillances ?

De la part de ceux qui se disent encore gaullistes quand cela les arrange, ce ne serait pas renier de Gaulle. Mieux valait son dirigisme en soutien à de grands projets, ou à des PME comme la Société de l’ingénieur Jean Bertin, dont l’"aérotrain", que torpillera plus tard Giscard d’Estaing, fut longtemps en avance sur le “transrapid” de Siemens qu’ont aujourd’hui acheté les Chinois. Et personne ne soutiendra, sauf peut-être Jean-Marie Messier, que l’eau privatisée nous était alors vendue à un plus juste prix que de l’électricité ou du gaz étatisés.

J’avais bien aimé le titre "Que les gros salaires baissent la tête !" d’un ouvrage paru en 2005. Cette recommandation n’est toujours pas suivie. De même que demeure la liberté accordée aux riches de planquer leur fortune dans des paradis fiscaux. Dangereux exemple. Si malheureusement la Patrie était à nouveau en danger, il me paraîtrait difficile d’empêcher celui qui n’a que sa peau à sauver d’aller lui aussi la mettre à l’abri en Suisse. Je ne comprendrais pas qu’on osât lui faire la morale dans une société du “chacun pour soi” où l’on se porte mieux d’avoir des ancêtres négriers que d’avoir eu un père mort pour la France. Que restera-t-il d’ailleurs du patrimoine commun que nous aurions à défendre ? En ce qui concerne le patrimoine matériel, on est en train d’en achever la privatisation et il ne nous restera bientôt plus en commun que les dettes de l’État et celles héritées des banques. Quant au souvenir glorieux de nos victoires militaires et de nos conquêtes sociales, ce ne sera pas un patrimoine trop lourd à emporter et ce n’est pas ce qui restera de la Patrie sous la semelle de ses souliers qui sera de nature à retenir quiconque.


P. VINCENT, 31 mai 2009
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Jeudi 29 octobre 2009 4 29 10 2009 01:08
La fleur au fusil

Dans nos démocraties (évoluées) la guerre commence toujours par la prononciation solennelle d’une rhétorique euphorisante, glorieuse et bien déterminée. C’est la posture médiatique privilégiée des dirigeants élus de la majorité qui adoptent volontiers, dans ces moments, un ton emphatique et boursouflé. Les propos d’un Président de la République, quand ils accompagnent le processus militaire initial (départ des troupes) ont un impact essentiel sur la vie du pays. Les mots, les vocabulaires choisis, doivent être “ajustés ” avec une précision mécanique aux circonstances les plus graves.

Pourquoi ?

Parce qu’il convient de créer une tension mentale (morale) capable d’encourager, de stimuler, les intervenants de cette “aventure” (soldats, citoyens, parents). Un “souffle” patriotique doit apparaître afin de faire oublier, afin d’atténuer, le sentiment de trouble, d’inquiétude, inhérent à ce type d’option armée.

D’où le recours systématique aux nobles valeurs: celles qui vont exalter la Nation entière dans son engagement, celles qui vont favoriser un courant de soutien au drapeau. Dans ce genre d’évocation, inutile de citer la fraternité ou la solidarité ou le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes ! Non !

C’est la liberté qui s’avère être le meilleur outil idéologique pour appuyer énergiquement la manœuvre guerrière. La liberté… signe de ralliement des démocrates et des humanistes, thème exemplaire qui se plie à toutes les contorsions acrobatiques, à toutes les démonstrations les plus tordues ou les plus vicieuses… tant son rayon d’action est large, modifiable à souhait ! [Le fourre-tout idéal.

Observons au passage que les dictatures n’éprouvent nullement ce genre de scrupule verbal ; elles ne justifient jamais devant les opinions publiques leurs velléités répressives (soit pour mater une minorité rebelle, soit pour rectifier un tracé de frontière).

Dans un régime autoritaire le “coup de force” est naturel, il est le prolongement logique, génétique, d’une volonté étatique non discutée. Agressivité et vindicte règnent en maître au cœur d’un État “fermé” ; les foules, privées d’expression électorale autonome, sont conditionnées au bellicisme par le biais d’une atmosphère policière obsidionale composée de ressentiments, d’hostilités, d’animosités lourdes. En somme, des populations soumises ne se choquent pas au début d’une conquête de type colonial ou impérial, d’autant qu’elles ont peu de chances techniques d’en critiquer la forme ou le fond.

 


On distille de la haine; on distille du mépris.


Mais revenons un instant sur cette instrumentalisation de la liberté comme outil classique destiné à légitimer l’usage des armes. Ceux qui emploient cette sémantique savent d’instinct que la démarche visée à travers une “occupation” ou une “pacification” risque bien d’être hasardeuse, perverse, voire odieuse. C’est un cheminement compliqué (cf. l’Afghanistan) qui serpente au milieu des victimes, des blessés, des souffrances imprévues, des explosions inattendues, des colères, des interrogations cruciales. Les leaders d’une démocratie ont besoin de montrer beaucoup de tact, de la séduction, pour rendre crédible la mobilisation. Laquelle mobilisation est déclarée libératrice au cours des premiers affrontements… et peut ensuite se révéler liberticide après la fréquentation des brutalités ou des épisodes violents. Mieux vaut chanter les louanges de la dignité… http://media.paperblog.fr/i/162/1627404/stop-mepris-L-1.jpegavant que les médias retentissent de rumeurs gênantes ou d’incidents qui ont le profil du déshonneur.

La guerre est une séquence chronologique qui plonge une société dans l’inhumain. Dans l’inhumanité provisoire (par essence elle est une régression dans les ténèbres). On va tuer ; on va se faire tuer. On distille de la haine ; on distille du mépris. Les envies de meurtre se répandent ; le désir de comprendre se réduit. Ces considérations grossières, cyniques, carrées, sont poliment évitées parce qu’elles feraient frémir le grand public. Le choc du réel (du vrai) est pudiquement dissimulé grâce à des fumées mensongères distribuées dans les nuages de la haute atmosphère (de la haute politique).

 

 


Le civilisé en reître ou en centurion


Les régiments qui décollent de métropole pour Kaboul ne sont pas barbares a priori : ils risquent de le devenir (si la guerre dure, si les erreurs tactiques se multiplient, si les attaques sont dommageables…). À la télévision, dans la presse, autour des assemblées, il est capital d’honorer le courage, le sacrifice, l’abnégation de ces hommes. Ces vertus sont célébrées avec juste raison ; elles campent dans les têtes, bien en place, bien calées dans les préliminaires de l’action. C’est un “bagage” philosophique conforme à nos idéaux républicains. On veut “penser” l’univers selon des critères d’intégrité, de souveraineté, de respect absolu des personnes.

Mais les péripéties du terrain sont ingrates. Elles sont imprévisibles, parfois scélérates. Elles sont à même de transformer notre civilisé en reître ou en centurion. La ligne droite d’une conviction (énoncée depuis un podium) va avoir du mal à garder le cap au contact des cruautés jaillissant des entrailles de cette montagne où l’on s’accroche à l’arme lourde… Bombardements “ciblés”, opérations nocturnes, villages “nettoyés”, incendies occasionnels, destructions préventives, exécutions arbitraires… gif animé guerriers008.gifLa panoplie criminelle de toutes les armées en campagne qui “séjournent” en territoire ennemi offre d’inquiétantes similitudes (cf le Vietnam, l’Algérie, la Tchétchénie). Les messages humanistes les plus volontaristes se diluent en miettes de néant quand les patrouilles de nuit, fourbues, lasses, hallucinées, posent leurs sacs à dos au bord d’une route ponctuée de flaques de sang…

L’escalade vertigineuse des angoisses refoulées, des peurs terribles, des vengeances les plus sombres, toute cette accumulation de pulsions entraîne des confusions dans les comportements. En particulier cette misérable hésitation entre la notion d’insurgés (à combattre) et la notion de paysans (à laisser en paix). La distinction réclame du doigté ! Dans la précipitation d’un affrontement bref, dense, le mélange des situations déclenche le drame…

Les grandeurs théoriques de la démocratie se fracassent le crâne sur le chaos des répressions qui vont de villages en villages dérouler des spirales d’âcreté venimeuse. Les modèles idylliques (manichéens et irrigués par la pureté métaphysique) s’éparpillent en grincements sinistres… Les tirs de mitrailleuses mettent un terme à tous les idéaux.

 

 


Méditer sur des récits d’épouvante


D’autant que sur place, là-bas, la domination colonialiste “fabrique” ses propres adversaires. Chaque sortie de chars engendre des tensions féroces qui se convertissent en recrutement de candidats maquisards. Les commandants qui dirigent l’insurrection n’ont qu’à patienter un peu entre deux pitons de montagnes : cachés au milieu de leur aridité caillouteuse ils seront vite rejoints par des individus bafoués dans leur identité, écrasés par des occupants hostiles. Les Européens, les Américains, en dépit de leur supériorité matérielle et technologique, ne représentent que des imposteurs de passage. Ils se rendent possesseurs d’un sol qui ne leur appartient pas. Comment ne pas voir le malaise ? Le fantasme fondamentaliste, même s’il est nourri par des aberrations irrationnelles, même s’il combine l’archaïsme à l’abêtissement, ne peut être dominé (et combattu) par un déferlement de missiles, de gens casqués et bottés.

Nous aurons, hélas !, l’occasion de tirer les leçons de cet aveuglement sommaire. Notre “présence” est subie par ces populations : toutes nos considérations diplomatiques, anti-terroristes, ne pèsent pas lourd face à ce refus catégorique. La leçon en question sera une méditation sur des récits d’épouvante qui vont nous parvenir de cette zone, des cadavres mutilés, des pièges sournois, des embuscades tendues alors qu’on ne s’y prépare pas… Ces vérités nues et douloureuses vont “ouvrir les yeux” de nos concitoyens, trop insouciants sur l’avenir du problème, ces concitoyens qui se bercent d’illusions “arrangées” par des élus plus habiles que perspicaces. Le doute germera dans les intelligences. L’héroïsme sera remisé dans les placards aux souvenirs.

Le désert Afghan, constellé de taches rouges à l’aube des petits matins, a déjà fait couler trop d’amères désespérances. Sous peu la réflexion, la parole, la sagesse et la clairvoyance vont reprendre le dessus. Canons et hélicoptères nous mènent dans un four, dans un labyrinthe sans futur.

Il faudra alors réinventer des solutions politiques négociées -aussi courageuses que les affrontements interminables que nous conduisons. Notre démocratie retrouvera dans cette trajectoire sa vraie inspiration, sa vraie nature et sa véritable vocation internationale. D’ici là combien d’innocents auront été martyrisés ?


B. VAUDOUR-FAGUET, 31 mai 2009

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Mercredi 14 octobre 2009 3 14 10 2009 15:55

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          Dans son premier article sur L’imposture capitaliste, Bernard Blavette soulignait, dans La Grande Relève de juillet -que je vous avais proposé en lecture ici, les mystifications théoriques sur lesquelles repose l’idéologie capitaliste, cette dernière n’étant rien de plus qu’un nouveau système de domination. Le titre du second, ci-dessous, fait référence à la théorie de Francis Fukuyama, mais il la détourne du sens voulu par son auteur, pour qui le néo-libéralisme constitue un horizon indépassable : Bernard Blavette tente d’exposer quelle pourrait être l’évolution du capitalisme face aux bouleversements que nous vivons.

D’aucuns ne manqueront pas de trouver ce texte extrêmement pessimiste. Cela est vrai. Cependant, même si ce scénario possède un degré de probabilité non négligeable, il n’est en aucune manière écrit d’avance. Nombre d’évènements imprévisibles peuvent survenir, et, surtout, la résistance des peuples peut s’avérer plus farouche que tout ce que l’on peut prévoir aujourd’hui, leur imagination féconde peut engendrer d’autres possibles.


 

L'imposture capitaliste

la fin de l'histoire



«Choisir entre le monde à détruire et ce thé à prendre ? Je n’hésite pas : périsse la terre pourvu que je boive toujours mon thé !»
Féodor Dostoïevski,
Notes écrites dans un souterrain.

La tragédie n’est pas à venir, elle est présente parmi nous. Nous ne la voyons pas, nous refusons de la voir comme les trois petits singes souvent figurés sur les temples hindous dont l’un se bouche les yeux, l’autre les oreilles et le troisième se bâillonne.

La tragédie sature nos esprits,

aveugle nos sens, imprègne nos corps,

dicte nos comportements.

Elle est en nous, elle fait partie de nous….

Danse macabre sur le volcan…

 


Philosophes, scientifiques, artistes, citoyens clairvoyants, on les nomme les “lanceurs d’alertes”. Leur rôle est d’analyser le passé, de scruter le présent et les brumes de l’avenir pour pointer les dangers, les écueils, les abîmes qui peuvent nous engloutir, de sonner le tocsin comme cela se fait depuis des siècles lorsqu’une catastrophe menace.


«Nul ne se souciera qu’il soit arbre ou oiseau De voir exterminé jusqu’au dernier des hommes Et le printemps lui-même en s’éveillant à l’aube Ne soupçonnera pas notre éternelle absence.»
Ray Bradbury,
Chroniques martiennes.

Pour la première fois dans l’histoire, le risque est planétaire et nous concerne tous. La tâche est donc immense pour que la clameur d’alerte résonne par-delà les mers et les montagnes, plane sur les villes et les villages, forçant chacune et chacun à lever le nez, à tendre l’oreille, à abandonner ses préoccupations quotidiennes, à accourir pour participer au sauvetage…

Écoutons, écoutons le vent qui se lève, la rumeur qui enfle. Écoutons ce que les lanceurs d’alertes ont à nous dire…


Photo en ligne au meilleur prix GlobeCourse éperdue…
…dans un labyrinthe

Notre espèce ne s’est pas engagée dans une impasse, mais dans un labyrinthe : elle avance en aveugle, elle ne sait où elle va, elle ne peut revenir en arrière.

Notre espèce n’est pas parvenue à s’extraire des systèmes de domination dont le dernier en date, le capitalisme, nous a conduit à la crise la plus grave de l’histoire humaine : la question écologique.

Labyrinthe moderne, de pierre sur eau,

à Nijmegen, P.-B.

 

L’écologie pose la question des limites :

- limite des sources d’énergie non renouvelables,

- limite des matières premières,

- des terres cultivables,

- de l’eau potable disponible,

- limites à nos activités diverses qui génèrent des pollutions multiples.

Ces contraintes sont strictement antinomiques avec la recherche de l’accumulation infinie, l’orgueil et la démesure qui caractérisent le capitalisme. Cette idéologie est semblable à un cycliste engagé dans une course folle. Peu lui importe la direction, le but, son seul impératif est de pédaler sans cesse, car il sait que si le mouvement s’arrête il s’effondrera. Et le cycliste frénétique nous entraîne tous à sa suite vers un futur de tous les dangers…


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Refus de partager

Les données du problème auquel nous sommes confrontés sont simples : notre écosystème planétaire ne peut supporter les prélèvements actuels effectués par le milliard de consommateurs des pays riches et qui sont, à plus forte raison, impossibles à étendre à l’ensemble des habitants de la planète. Le “développement”, tel que le conçoit le capitalisme, c’est-à-dire fondé sur une consommation effrénée de biens matériels génératrice d’immenses profits, ne peut donc être réservé qu’à une élite de privilégiés. À moins d’instaurer un partage équitable, et une certaine sobriété pour les plus riches.Photo en ligne au meilleur prix Africa

Mais la notion de partage des biens disponibles est une notion étrangère au capitalisme, dont nous savons que la force réside dans sa réactivité lorsqu’il se sent en danger. Sa réponse est donc prête : le “capitalisme vert” (dénommé aussi parfois éco-fascisme), dont la mise en place a largement commencé. Cette réponse est aussi simple dans son principe que l’énoncé du problème : puisque l’écosystème planétaire ne Photo en ligne au meilleur prix Africapeut supporter les prélèvements actuels des pays riches, réduisons le nombre de privilégiés qui pourront se partager les ressources disponibles et les fractions de la bio-sphère encore préservées.

700 millions ? 500 millions de privilégiés ?

Nul ne sait encore où se situera le point d’équilibre. Mais ce que savent déjà les oligarques dominants c’est qu’il faut maintenir les pays pauvres dans la misère et Photo en ligne au meilleur prix Africacasser les classes moyennes des pays riches. Il n’y a là rien de vraiment nouveau, les dominés ayant toujours constitué la variable d’ajustement du capitalisme¹.

Le contrôle des pays pauvres pourra se poursuivre facilement par le maintien au pouvoir d’élites corrompues qui autorisent le pillage du patrimoine de leurs peuples moyennant une place autour de la table du festin.

Le traitement à appliquer aux populations des pays riches est plus délicat, il Photo en ligne au meilleur prix Africademande de la progressivité et du doigté. Car ces peuples sont parvenus, grâce à des luttes incessantes, à obtenir une certaine aisance matérielle ainsi qu’une forme minimaliste de démocratie et ils ne se laisseront peut-être pas dépouiller sans résistance. Il faudra donc avancer masqué, maintenir le plus longtemps possible la fiction d’un simulacre de démocratie, corrompre les opposants (il est Photo en ligne au meilleur prix Africafacile de présenter une compromission comme un honorable compromis), présenter les mesures les plus réactionnaires comme des “réformes” rendues indispensables par un prétendu “progrès”, enfin ne pas hésiter à reculer temporairement sur tel ou tel point qui rencontrerait une trop forte résistance, quitte à remettre sur la table le projet maquillé différemment un peu plus tard.

Dans la phase actuelle, un maître mot domine : précariser.

Car la précarisation engendre la peur

qui détruit les solidarités et facilite la domination.

 

La précarisation des seniors est déjà effective avec la réforme des retraites, celle de la population active va bon train avec le chômage de masse et la casse du Code du Travail, dont l’autorisation du travail le dimanche n’est que le dernier avatar, celle de nos jeunes enfin, dont les velléités de révoltes seront contenues par la difficulté à trouver une source de revenus stables, même pour les plus diplômés.

                     La précarisation c’est aussi la destruction programmée des services publics, de façon à mettre fin à leur rôle de redistribution et à faire entrer dans l’orbite du profit de nouveaux secteurs de l’économie, le remplacement de l’actuel système de Sécurité Sociale par des assurances privées par exemple.

Cependant la soumission, de préférence volontaire, ne peut s’obtenir sans une propagande. C’est le rôle dévolu aux grands médias et à la publicité : travestir la réalité, mais aussi et surtout nous préparer à accepter l’inacceptable. Car ne nous leurrons pas, le programme du Capitalisme vert ne se réalisera pas sans violences symboliques (au sens de Pierre Bourdieu) et physiques. Il s’agit donc de formater des individus privés de toute http://www.laprocure.com/cache/couvertures/9782707146120.jpgautonomie de pensée, des êtres, selon le philosophe Michel Terestchenko, gouvernés par une "absence de soi" qui génère "des individualités défaillantes, inconsistantes, prêtes à succomber à toutes les formes de domination, d’asservissement, de passivité" ².

                      Émissions de télévision et publicités ineptes, amoncellement de gadgets débiles, laideur des lieux de vie et de travail, nourriture industrielle sans goût et polluée, jeux vidéos violents et abêtissant pour nos jeunes, écoles destinées à former exclusivement des producteurs et surtout pas des citoyens conscients, la liste pourrait être allongée à l’infini qui nous façonne les zombis d’aujourd’hui et de demain.

¹ Voir l’analyse de Christian Araud, revue Entropia n°4, printemps 2008.

² Michel Terestchenko, Un si fragile vernis d’humanité La Découverte/Poche►.


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Et déjà nous acceptons…

Nous acceptons le retour des murs après avoir célébré en chœur la chute du mur de Berlin : mur entre Israël et la Palestine, mur entre les Etats-Unis et le Mexique, bientôt mur entre l’Inde et le Bengladesh pour se prémunir contre les réfugiés qui risquent de déferler en Inde à la suite de la submersion d’environ 15 % du territoire du Bengladesh du fait de la montée du niveau des océans, murs dont les riches entourent de plus en plus souvent leurs demeures pour se protéger contre les “classes dangereuses”.

Nous acceptons le retour des camps pour les nouveaux boucs émissaires, les réfugiés illégaux, que l’on criminalise alors qu’ils ne cherchent qu’à survivre. Aujourd’hui, les réfugiés étrangers, et demain, pourquoi pas les syndicalistes, les opposants réfractaires à la séduction, les déviants, les citoyens trop remuants ?

                                     Nous acceptons l’effrayante misère des pays pauvres et le retour en force de la pauvreté dans nos propres pays européens.

Nous acceptons le cancer de l’idéologie sécuritaire qui mine de l’intérieur des pratiques démocratiques déjà précaires, qui nous ramène jour après jour, insensiblement, 70 ans en arrière vers des doctrines et des régimes dont nous pensions le retour impossible.


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Le capitalisme vert

Car le Capitalisme Vert aura plus que jamais besoin de maintenir l’ordre, de mater les inévitables révoltes…

En juin 2008 était publié le Livre Blanc sur la Défense. Prenant la parole peu après à l’École des Hautes Etudes en Sciences Sociales (HESS) le général Georgelin, chef des armées françaises, évoquait, avec un courage certain, sa "préoccupation de soldat" face au mélange des genres voulu par le Président Sarkozy, entre "les menaces internes et les menaces externes, entre la sécurité et la défense" :

"Je reste convaincu que la confusion de ces deux types de situations et de logiques est source de plus de risques que d’avantages pour nos institutions. Un délinquant, c’est quelqu’un qui a enfreint une loi, ce n’est pas un ennemi […]. L’armée a été progressivement déchargée du maintien de l’ordre interne. Revenir sur ce point ce serait réintroduire la figure de l’ennemi au cœur de la cité" poursuivait le général ³. On ne saurait mieux dire. Et pourtant l’armée française (comme toutes les armées des grands pays développés) poursuit des entraînements de type AZUR (Actions en Zones Urbaines), officiellement pour intervenir dans les grandes métropoles du Sud, mais qui pourraient être aussi utilisés contre les populations du Nord dont on criminalisera la résistance sociale *.

Les forces de l’ordre seront secondées dans leur tâche par l’utilisation massive des Nouvelles Technologies de la Communication et de l’Information (NTCI) : puces électroniques implantées dans les nouveaux documents d’identité ou même directement sous la peau comme cela se pratique déjà aux États-Unis ¤, biométrie, multiplications des caméras de surveillance ( ainsi le plan “1000 caméras pour Paris” préparé par Bertrand Delanoë)… Simultanément, le fichage des populations se poursuit allègrement, malgré quelques reculs tactiques et provisoires : fichiers de type STIC, EDVIGE ou dernièrement PERICLES (qui permet pour la première fois un croisement de l’ensemble des autres fichiers) pour les adultes, et BASE ELEVES pour les enfants et les adolescents.

 

Enfin le dispositif de contrôle social est complété par un durcissement général du Code Pénal, dont l’introduction de la loi dite de "rétention de sûreté" constitue probablement la pièce maîtresse. Ce type de loi fut inauguré en 1934 en Allemagne par le Chancelier du Reich Adolf Hitler. Elle permet de maintenir un individu indéfiniment en détention en se fondant sur la notion de “dangerosité”, c’est-à-dire sur les crimes et délits qu’il serait susceptible de commettre. Elle permit au Führer d’envoyer en camps de concentration, avec un semblant de légalité, une première vague de détenus dont les communistes et sociaux-démocrates allemands formaient l’essentiel #.


³ Le Canard Enchaîné du 23/7/2008.

* Pour les détails sur la doctrine AZUR voir les sites officiels de l’armée de terre :

http://www.cdef.terre.defense.gouv.fr/publications/doctrine/doctrine03/version_fr/doctrine/art16

http://www.cdef.terre.defense.gouv.fr/publications/doctrine/no_spe_retex_prospect/version_fr/art_11

¤ La technologie utilisée est identique à celle des passes NAVIGO en usage à la RATP.

# Sur les graves dangers que font courir à notre démocratie le fichage des populations, les nouvelles technologies, les modifications du Code Pénal, on consultera avec profit le site internet de La Ligue des Droits de l’Homme www.ldh-france.org


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Jusqu’à un transhumanisme ?

Corruption, précarisation, destruction des services publics, délires sécuritaires forment les pièces d’un puzzle qui, une fois correctement assemblées font apparaître l’image d’une caste de privilégiés, l’hyperbourgeoisie internationale, bien sûr décidée à augmenter ses profits immédiats, mais aussi et surtout inquiète, inquiète des pénuries qui s’annoncent, prête à mobiliser toutes ses composantes (pouvoirs financiers, groupes de pressions, “think tanks”, complexe militaro-sécuritaire, complexe médiatico-publicitaire) pour n’avoir pas à partager, pour défendre ses privilèges.

Mais pour être complet nous ne pouvons omettre d’évoquer le projet grandiose que caressent un certain nombre de fanatiques : le transhumanisme. Il ne s’agit rien de moins que de ressusciter l’idée d’un surhomme débarrassé des contraintes naturelles qui pèsent sur le commun des mortels, et capable de vivre dans un environnement totalement artificiel, ce qui pourrait se réaliser grâce au mariage de la cybernétique, des biotechnologies et des nanotechnologies . L’être humain prendrait alors le contrôle de sa propre évolution donnant naissance à une branche supérieure de l’être humain (les post-humains) et l’Homo Sapiens pourrait à terme disparaître comme ce fut le cas de l’homme de Néandertal. Cette “dystopie” (ou utopie négative) se rencontre dans certains milieux scientifiques notamment aux États-Unis .

 

◊ On rassemble sous le terme de nanotechnologies les ingénieries qui opèrent à l’échelle du nanomètre

soit un milliardième de mètre.

♦Il suffit de taper sur internet le terme transhumanisme pour voir apparaître nombre de délires

souvent signés par des scientifiques reconnus.


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Oui, il y a complots

À la lecture de ce texte certains ne manqueront pas de crier à la paranoïa, de dénoncer la "théorie du complot". Alors disons-le tout net : oui, il y a complot, et il est aisé de trouver dans le passé des situations à peu près similaires ayant à chaque fois débouché sur des catastrophes humaines et sociales de grande ampleur. Par soucis de concision nous prendrons simplement deux exemples récents : Le choix de la défaite


• À la suite de l’ouverture de nouvelles archives concernant la seconde guerre mondiale, l’historienne Annie Lacroix-Riz publie presque simultanément deux ouvrages particulièrement édifiants : Le choix de la défaite► en 2006 et L’assassinat de la IIIe République en 2008 ♣. Elle y démontre de manière irréfutable, archives à l’appui, que la défaite des armées françaises en 1940 fut organisée, planifiée par la droite réactionnaire effrayée par la Révolution Soviétique de 1917 et les succès du Front Populaire en France, afin de mettre en place dans notre pays, avec l’aide de l’Allemagne nazie, un régime de type fasciste. Les capitalistes français, mais aussi allemands et ceux d’un certain nombre d’autres pays d’Europe où la résistance fut très faible (notamment le Danemark et la Norvège) firent donc le choix délibéré du pire pour défendre leurs privilèges, qu’ils estimaient menacés.

 

• Quelques années plus tard, dans la deuxième moitié du XXème siècle, la décolonisation bat son plein et, les uns après les autres, les pays de ce que l’on appelait alors le Tiers Monde s’affranchissent de la tutelle des pays riches. Ces derniers voient leur échapper d’immenses richesses, des ressources dont ils ont un besoin vital. La parade est trouvée rapidement : à partir de la deuxième moitié des années 1960 et jusqu’à la fin des années 1970 les pays pauvres vont être incités à s’endetter avec la complicité de leurs propres élites soigneusement corrompues. Dès le début des années 1980 les pays riches en position de créanciers auront restauré leur domination et seront en mesure d’imposer des Plans d’Ajustement Structurels aux effets dévastateurs sur les peuples ♥.

 

S’il ne s’agit pas là de complots visant à imposer la domination, les profits et les privilèges, il faut alors revoir le sens de ce mot.

 

♣ Les deux ouvrages sont publiés aux éditions Armand Collin.

♥ L’ouvrage de référence sur ce thème : La finance contre les peuples éd. Syllepse, 2004,

a été analysé dans GR 1048 - nov 2004.


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Lanceurs d’alerte

Au terme de ce texte nous remarquerons que ce scénario du pire ne devrait pas être pour nous une surprise, tant il hante depuis plusieurs décennies, de manière implicite ou explicite, les travaux de ces http://www.m-pep.org/local/cache-vignettes/L500xH500/SocialismeouBarbarie-0cfa6.jpglanceurs d’alerte que nous évoquions précédemment. Qu’on en juge à partir de ces exemples non exhaustifs :

- en 1949 le philosophe Cornélius Castoriadis fonde la revue Socialisme ou Barbarie,

- en 1972 des chercheurs du MIT regroupés sous l’appellation du Club de Rome rendent public un rapport intitulé Halte à la croissanceRené Dumont : L'utopie Ou La Mort ! - Livre (connu sous l'appellation "rapport Meadows"),

- en 1974 l’économiste et agronome René Dumont publie L’utopie ou la mort,

- en 1979 le philosophe allemand Hans Jonas dans son ouvrage ▼Le principe de responsabilité déclare notamment "Le fait que tant de choses Le Principe responsabilité : une éthique pour la civilisation technologiquedépendent de l’homme est proprement effrayant", enfin, tout récemment, le biologiste de l’évolution et physiologiste américain Jared Diamond dans son dernier ouvrage au titre évocateur Effondrement : Comment les sociétés décident de leur disparition ou de leur survieEffondrement◘ s’interroge avec angoisse sur les conditions de survie ou de disparition des sociétés humaines à partir des expériences du passé.

En fait, le capitalisme n’a jamais eu de vision, de projet, pour notre avenir collectif. Sans la moindre clairvoyance, depuis plusieurs siècles, il va de crises en crises, s’efforçant à chaque fois de colmater les brèches au jour le jour, totalement insensible aux souffrances qu’il provoque. Aujourd’hui, il semble être à nouveau tenté par le pire, ce qui pourrait déboucher sur une terrible régression, voire sur la fin de l’aventure humaine, la fin de l’histoire…

Mais cela n’est pas inéluctable. Loin des déclarations d’intentions des grandes conférences internationales et des multinationales repeintes en vert, nous allons devoir quitter la quiétude mortelle des chemins balisés par la pensée dominante, jouer notre va-tout comme l’on saute en marche d’un convoi devenu incontrôlable. Nous n’aurons pour bagages que quelques mots qui ne figurent pas dans les lexiques des grandes théories économiques, mais des termes lourds de sens, car ils représentent tout ce qu’il y a d’humain en l’homme:

coopération,

partage,

respect de l’altérité,

sobriété,

gratuité…

 

Ces valeurs, qui ont toujours peuplé les cauchemars des classes dominantes, sont, quoiqu’on en dise, présentes au moins à l’état latent dans l’imaginaire de l’immense majorité des êtres humains et peuvent être fondatrices…

◘ Col. Folio/Essais 2005.


B. BLAVETTE, 31 août 2009

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Mercredi 7 octobre 2009 3 07 10 2009 18:00

 La bourse, l'investissement

  Aujourd'hui, quand une entreprise a besoin d'argent, elle ne peut pas l'obtenir auprès des Etats. C'est donc vers les banques privées qu'elle se tourne (d'où un endettement inadmissible lié aux intérêts) ou bien vers l'investissement privé (d'où la mainmise de l'actionnariat sur l'entreprise) ou vers la bourse (avec la perte systématique d’autodécision, les actions qui jouent au yo-yo et le risque O.P.A., entre autres).

Imaginons que le corps de monsieur Lefèbvre joue son foie, son pancréas et sa vessie à la bourse. Ceci dans le but de recevoir un peu plus de sang pour le développement de ces organes.

À l'heure H, le foie de Monsieur Lefèbvre a une valeur X, c'est-à-dire que son foie doit recevoir X globules-sang pour assurer son service. Très bien. Dix minutes plus tard, ou bien trois jours après, suivant le jeu des boursicoteurs, cette valeur X est divisée par cinq… ou multipliée par deux… puis à nouveau, arrive une chute vertigineuse des actions, car un boursicoteur richissime des pays de l’Est a décidé une OPA… Bref… le foie va recevoir de minute en minute un apport pouvant aller de un à dix… Il risque fort ne pas tenir le choc bien longtemps, gonflant et dégonflant comme une éponge… et comme il n'est pas le seul organe à subir le même régime… imaginons dans quel état le corps de notre pauvre monsieur va être!

C'est exactement ce qui se passe pour nos entreprises quand elles doivent coter en bourse. Elles le font pour avoir un apport de globules-sang d'investissement, nécessaire à leur développement. Le problème est que du fait des spéculateurs, leurs actions-globules se dévaluent ou se surévaluent pour un oui ou pour un non. Comment certaines entreprises ne pourraient-elles pas rester ainsi sur le carreau? Pour peu qu'elles aient triché sur les chiffres, comme dans le cas d'Enron, par exemple, ou que la bulle spéculative éclate, ou qu'un mouvement boursier décide de plumer un continent, comme dans la crise asiatique… et c'est la catastrophe. Les entreprises, brutalement exsangues, parce que leurs actions ne valent plus rien, s'écroulent, entraînant le désastre pour leurs milliers de cellules-employés.

  On nous raconte que seul le marché est capable de déterminer le prix des marchandises dans une espèce d’autorégulation qui serait naturelle et qu’il faut donc le laisser faire jusqu’à une stabilisation. Mais la réalité nous montre au contraire une bourse hystérique, totalement irrationnelle, guidée par la spéculation et surtout par la recherche d’un profit particulier. En fait le marché ne régule rien du tout mais parvient dans sa démence à imposer au monde ses crises de folie : ce n’est plus l’Homme qui gouverne l’économie, mais l’économie qui gouverne le monde. Ceci est totalement inadmissible.

Pour être maître de son destin, seul l’Homme doit dicter sa loi au marché, non l’inverse.

Le problème est exactement le même quand il s'agit de monnaie étatique… Que l'argent-sang d'une nation, d’un sous-continent entier, puisse du jour au lendemain ne plus rien valoir suite à un crash boursier dû à un vent de panique ou à une action concertée et c'est le chômage, la misère, voire le suicide pour des millions de cellules-citoyens. Faisant fi de toute démocratie, la démence boursière prend des millions de citoyens non consentants en otage: c'est absolument, mais absolument totalitaire et anti-bioéconomique

ball02b.gifLa bourse est devenu une institution démente, hystérique et perverse, entraînant la planète entière dans une logique de mort. Il est urgent de la supprimer.


Ceci, a priori, semble impossible: on imagine déjà l’affolement absolu s’emparer de tous les économistes et des gouvernants, s’imaginant des faillites en cascades, des crashs continentaux, des paniques. La pieuvre boursière semble une machine qu’il est devenu impossible d’arrêter, parce que c’est un organisme qui s’auto-entretient à la vitesse des connections internet. De plus comme elle existait avant notre naissance, nous lui accordons inconsciemment une existence aussi inaltérable que celles des montagnes ou des mers, parce que nous y sommes psychologiquement habitués…

Pourtant, en réalité, elle peut parfaitement être supprimée: pour cela, rien de plus simple! Il suffit de figer son temps… Par exemple, après un accord secret entre les gouvernements des pays qui abritent des places spéculatives, un jour, entre 24 h 00 et 1 h, 00 mn et 01 seconde du matin, au moment où de nombreuses places boursières sont fermées, on coupe l’électricité, on stoppe les transactions. Point. Celles-ci resteront en l’état. Tout simplement… On ne rétablit pas le courant: cette milliseconde s’allonge pour quelques minutes, puis quelques heures, quelques jours, quelques mois: le monde ne s’écroule pas dans un trou noir, la Terre n’arrête pas sa course dans l’espace, le ciel n’en sera pas plus sombre… et simplement on part sur cette nouvelle base. Quelques boursicoteurs y perdront sans doute? Et bien, pourquoi avoir joué à la loterie sur le dos des travailleurs et des Etats? Les entreprises auront besoin d’investissements? Et bien que les états évaluent leur valeur véritable, leur intérêt sociétal et leur prêtent cet argent!

  L'actionnariat, l'investissement

Revoyons notre homme. Celui-ci s'apprête à faire une course en montagne. Il va donc avoir besoin d'un apport supplémentaire de sang dans les muscles de ses jambes, pour recevoir entre autres, une dose d’oxygène supplémentaire et quelques sucres pour nourrir les faisceaux musculaires. Les globules sanguins vont lui être utiles aussi pour évacuer le gaz carbonique et les déchets métabolique dus à l’effort. Pour cela il fait appel au cœur, qui va accélérer son débit pour lui permettre de recevoir l’afflux nécessaire. Ce sang est déjà préexistant dans l'organisme, il ne vient pas de l'extérieur: notre homme ne reçoit pas de transfusion avant sa randonnée. Le corps ne peut mettre à la disposition de l'organe que ce qu'il a en stock, que ce que sa moelle osseuse a été capable de fabriquer, tout comme la société fabrique l'argent qui correspond au travail de la nation. Le sang, pour donner un surplus d'énergie aux jambes ne vient pas de l'extérieur, juste en claquant des doigts: il est déjà à l'intérieur du corps, en réserve. Une fois la course achevée, le sang va se retirer des muscles, se répartir à nouveau dans l'organisme et être en partie stocké pour de futurs besoins ponctuels.

Par comparaison, une entreprise a besoin d'un apport d'argent-sang frais. Elle doit pouvoir trouver cet argent facilement, et rendre cet argent quand elle n'en a plus besoin. L'argent a déjà été créé par la Banque Centrale (l'Institut d'Emission de la Monnaie) qui puise dans sa réserve (équivalent de la rate) puis le met en circulation. Le corps social, sur l'ensemble de l'argent qu'il fabrique, garde donc une partie de l'argent (la Réserve de l’Investissement) pour des prêts sans intérêts à disposition des entreprises et des particuliers.

Pour résumer: si l'on regarde le fonctionnement organique,  on voit qu'un organe ou un groupe de muscles, peut avoir un besoin ponctuel de plus de sang pour un travail biologique particulier. De même une cellule-individu, une entreprise, une communauté locale peut avoir besoin d'argent pour développer un projet.

Quand le groupe musculaire ou l'organe rend le sang qu'il a reçu en plus, il ne le fait pas au détriment de ses propres cellules: il rend le surplus. De même:

ball02b.gifLe remboursement de l'argent d'investissement ne peut se faire au détriment de la cellule-individu, de l'entreprise ou de la communauté locale. Il ne peut donc y avoir remboursement que sur la somme prêtée et sur les REELS BENEFICES SECONDAIRES* s'ils existent.

ball02b.gif En aucun cas une entreprise ayant emprunté ne peut payer moins ses travailleurs, diminuer des acquis sociaux ou détruire les conditions de travail pour des actionnaires.

ball02b.gif A l'identique un individu ne peut rembourser que l'argent prêté (un prêt pour un logement par exemple) sauf si cet argent à permis un bénéfice secondaire (dans le cas d'un prêt pour monter une entreprise individuelle)


Les prêteurs n'ont droit d'intervenir dans les prises de décision de l'entreprise s'il ne sont que financiers. Ils ne peuvent intervenir dans les décisions de l'entreprise que dans la mesure où ils appartiennent eux-mêmes au personnel de l'entreprise.

Le prêt de mécénat privé peut se justifier par la biologie: un groupe musculaire, pour un effort ponctuel particulier, peut recevoir un apport de sang venant non des organes hématopoïétiques, mais des organes proches. Ce sang qu'il a emprunté sans excès est rendu en intégralité, sans intérêts, une fois l'effort achevé. Mais ceci ne peut avoir qu'un caractère exceptionnel et non être la règle comme c'est le cas dans le capitalisme d'aujourd'hui.

 

Il peut donc y avoir deux types de prêt d'investissement:

butto03a.gif Un prêt normal fait auprès de l'état (qui va puiser dans sa réserve de prêts comme un corps vivant puise dans sa rate).

ball02b.gif L'Etat fabrique la monnaie nécessaire aux fonctionnement social global, à son fonctionnement immédiat et aux prêts qu'il doit mettre à la disposition des ménages et des entreprises.

ball02b.gif Cet argent est prêté dans la limite de la réserve que possède l'Etat, et donc dans la limite des capacités de remboursement de la nation. Il est garanti par la collectivité.

ball02b.gifLe stock de l'argent des prêts est autorenouvelable: 10 euros prêtés seront rendus, puis prêtés à nouveau… rendus et re-prêtés…

ball02b.gif L'entreprise qui a besoin d'argent pour ses investissements s'adresse à l'Etat. Cet argent est prêté sans intérêts dans la limite des capacités de remboursement de l'entreprise.

ball02b.gif La condition de l'obtention des prêts est l'utilité sociétale ou, au minimum, la non nocivité sociétale.

butto03a.gif Ou un prêt de mécénat fourni par des particuliers, des entreprises ou des banques privées.

ball02b.gif Ce prêt doit être également sans intérêts. Seuls peuvent être perçu une part des réels bénéfices secondaires* s'il y en a, par contrat fixé à l'avance, pour service rendu.


Marie Martin-Pécheux

*Les bénéfices primaires sont les bénéfices nécessaires au bon fonctionnement de l'entreprise (paiement des salaires et des matières, amélioration des locaux, investissement basiques, etc...). Ce sont les bénéfices indispensables: si l'entreprise ne les réalise pas la vie de l'entreprise se met en jeu.

 

Les bénéfices secondaires sont les bénéfices souhaitables mais non indispensables à la survie et au fonctionnement normal de l'entreprise: ils viennent en plus. Si l'entreprise ne les obtient pas, elle n'en est pas pour autant en danger et peut continuer à produire. Ils sont ce que le public appelle "des juteux profits".

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rééd° du 22 03 09
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Samedi 3 octobre 2009 6 03 10 2009 00:09

3. La destruction monétaire

Les globules rouges dans un corps humain ont une certaine durée de vie, pendant laquelle ils accomplissent leur fonction d'oxygénation. Puis, au bout d'un moment, les globules rouges "fatigués" sont détruits, et le corps en recycle les composants pour en fabriquer de nouveaux, qu'il met en circulation une fois à maturité. Ces globules nouveaux, à leur tour, vont permettre des échanges et l'enrichissement des différents blume415.giftissus.

De même, s'il y a création monétaire, il faut bien qu'à l'autre bout du phénomène il y ait dé-création, donc destruction, si l'on veut garder la vie et le mouvement dans la circulation sanguine planétaire.

Si nous voulons garder notre corps social sain et plein de vitalité, son système monétaire sanguin doit l'être aussi. Création, circulation, destruction et re-création… doivent se fondre en un tout harmonieux et continu afin que dans un cycle harmonieux l'argent puisse vitaliser tous les organes et sous-organes de l'humanité.

 

ball02e.gif Pour assurer une bonne circulation de l'argent, l'Etat doit récupérer l'argent émis, le détruire, et en remettre un neuf en circulation.


S'il ne le détruisait pas, une partie de l'argent stagnerait dans les cellules ou dans les entreprises-organes. Le renouvellement de l'argent par l'Organisme de Circulation Monétaire est donc indispensable à la circulation monétaire.

blume415.gifAvantage, et non des moindres, le renouvellement de l'argent permet de vérifier aisément la manière dont l'argent a été gagné en cas de sommes importantes. En effet, l'argent obtenu par des comportements répréhensibles par la loi, malversations ou vente de drogue, est une source de souffrances pour le corps social.

Un système bioprotecteur doit donc veiller à ce que son système monétaire n'encourage pas l'argent mafieux. Le fait de changer de monnaie oblige la justification de sa provenance.

 

ball02e.gifUn système monétaire simple permet une économie simple et humainement respectueuse.

ball02e.gifL’ultra simplicité d’un système monétaire est une condition indispensable pour éviter les dérives et malversations financières.

ball02e.gifLes paradis fiscaux ne peuvent exister en bioéconomie.

Marie Martin-Pécheux
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rééd° du 05 03 09
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Jeudi 1 octobre 2009 4 01 10 2009 18:34


http://www.mattwardman.com/blog/wp-content/uploads/q-town-crier-icon-1.gif"Le langage politique est destiné à rendre vraisemblables les mensonges, respectables les meurtres et à donner l’apparence de la solidité à ce qui n’est que du vent". C’est par ces mots très actuels de George Orwell (bien qu’écrits il y a plus de 50 ans) qu’Alain Bihr commence son livre* La Novlangue Néolibérale. Il y traite en profondeur un certain nombre de mots et d’expressions qui sont employés quasi systématiquement dans tous les discours de ceux qui nous dirigent et font partie de la novlangue néolibérale.

Citons par exemple : les charges sociales, la flexibilité, l’insécurité, le marché, la propriété, la dette publique.

Ce que j’ai trouvé particulièrement intéressant, c’est l’étude approfondie que l’auteur fait de chacun des termes qu’il cite. Il ne se satisfait pas d’une simple explication de la terminologie employée. Il analyse en profondeur le concept, en se basant le plus souvent sur une analyse marxiste, et il en déduit les conséquences idéologiques qu’en tirent les néolibéraux pour formater les esprits à leur volonté. C’est pourquoi, en 194 pages de texte, il ne décline que 18 expressions de cette “langue” qui en comporte en fait beaucoup d’autres, mais, probablement, pour cet auteur, moins essentielles.

Prenons l’exemple de la dette publique. Alors que la novlangue cherche à nous culpabiliser individuellement, nous qui, vivant au-dessus de nos moyens, allons léguer à nos enfants le soin de rembourser des sommes importantes, l’auteur écrit : "L’État n’est pas endetté comme l’est un ménage, parce que son train de vie excède ses recettes, il est endetté parce qu’il a décidé de restreindre ses recettes pour des raisons essentiellement politiques. En somme, la dette publique est un pur artefact" et il montre plus loin que cette dette publique est un double cadeau fait par l’État à la bourgeoisie aujourd’hui.

Chaque expression est démontée, démystifiée en quelque sorte. Il en est ainsi de la propriété : la novlangue fait volontairement la confusion entre propriété individuelle et propriété collective, ce qui permet, en fait, que "l’appropriation par une minorité (la classe capitaliste) des moyens sociaux de production a pour conséquence inéluctable la dépossession de l’immense majorité des membres de la société … Exemple qui consiste à exalter une forme de propriété qui repose sur l’expropriation de la majeure partie de l’humanité, synonyme pour une fraction importante d’entre elle de pauvreté,… en définitive d’absence pour elle de toute forme de propriété."


Ce qui est important dans cet essai, c’est qu’il démontre que, par la terminologie utilisée, toute une idéologie se diffuse subrepticement, tant dans la forme que dans le fond. En forçant l’utilisation de ces termes dans les discours quotidiens, on fait pénétrer cette idéologie dans nos cerveaux. La preuve : même les acteurs qui se battent contre l’emprise du néolibéralisme utilisent cette novlangue pour s’exprimer et se faire comprendre,http://02.img.v4.skyrock.net/025/nextrugby/pics/2203622345_small_1.jpg sans la dénoncer, minimisant ainsi la forme du langage par rapport au fond, et se plaçant du même coup sur le terrain idéologique où leurs adversaires ont souhaité les conduire.

Ils ne se rendent pas compte qu’en manquant de rigueur dans l’utilisation du langage, ils partent avec un handicap important dans la confrontation des idées.


G. RACHMUHL, 30 mai 2009

* Cahiers libres, Editions Page Deux, 2007

http://us.123rf.com/400wm/400/400/sahua/sahua0908/sahua090800029/5384756.jpghttp://us.123rf.com/400wm/400/400/sahua/sahua0908/sahua090800029/5384756.jpghttp://us.123rf.com/400wm/400/400/sahua/sahua0908/sahua090800029/5384756.jpghttp://us.123rf.com/400wm/400/400/sahua/sahua0908/sahua090800029/5384756.jpg

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Dimanche 27 septembre 2009 7 27 09 2009 17:58

"Le salarié n’est pas vendu, mais il se vend lui-même"

a-t-on pu lire dans la GR de mai 2008 ¹,

ou plutôt il vend sa force de travail comme c’est précisé plus loin.

Ainsi, à l’instar des carottes qui se vendent sur le marché des fruits et légumes

ou des actions qui se vendent sur le marché des valeurs boursières,

le salarié se vend sur le marché du travail, par le biais d’annonces d’offre d’emploi.

 

¹ La Grande Relève n°1087, p.12

Les salariés…

Comme beaucoup d’entre nous, Julien Prévieux a répondu à de multiples annonces d’offre d’emploi en envoyant un curriculum vitae accompagné d’une lettre de motivation. Alors en quête d’une activité salariée, il a sans doute commencé par des lettres conventionnelles afin de ne pas effrayer le destinataire, de faire croire en ses capacités à remplir la fonction et finalement d’obtenir le poste. Le temps passant, et les refus ou les non-réponses s’accumulant, on imagine aisément qu’il a fini par ne plus s’attendre à recevoir un retour positif.

 

C’est là que son parcours diverge de celui du commun des mortels puisqu’il s’est ensuite mis à envoyer des lettres de non-motivation, lettres dont une trentaine sont rassemblées dans un ouvrage ² paru en 2007. Dans des styles très divers, alliant sérieux, humour et absurde, toutes ces lettres expliquent à leur destinataire pourquoi Julien Prévieux refuse le poste proposé.

Dans l’une, il détaille comment sa passion des tests de logique lui a permis de découvrir, pense-t-il, l’identité de la "grande entreprise de transport public de la Région Parisienne" mentionnée dans l’annonce avant de refuser l’offre car "une entreprise qui ne donne pas son nom [...] ne [lui] semble pas très fiable". À un spécialiste de la biométrie il répond qu’il n’a "aucune envie de participer à l’implantation de techniques dangereuses pour les libertés d’autrui", tandis qu’à une entreprise de télécommunication il objecte que "travailler chez [...], c’est vraiment trop nul de toute façon".

Les offres d’emploi ne manquent pas d’intérêt non plus, surtout qu’elles présentent des propositions très variées. Peut-être Julien Prévieux n’avait-il pas une idée très précise du type d’emploi qu’il recherchait, peut-être s’est-il pris au jeu et laissé guidé par la perspective d’une lettre de non-motivation particulièrement originale, les raisons de leur sélection peuvent être nombreuses. Toujours est-il que du manutentionnaire au manager, en passant par le comptable et le discothécaire, toutes sortes de métiers sont passés en revue, avec le jargon afférent qui se révèle souvent instructif. Pour ma part, j’ai appris, entre autres, que de grandes enseignes appellent “centre de profit” ce que le langage courant nommerait tout simplement un magasin.

Enfin, la lecture des réponses reçues montre que la plupart des destinataires des lettres de non-motivation ne semblent même pas avoir lu le courrier, adressant à notre auteur une lettre type (Nous avons bien reçu votre candidature … Nous sommes au regret de ...), cependant que l’un ou l’autre prend acte de sa non-candidature.

 

Mais les plus savoureuses sont celles émanant de personnes qui, selon toute vraissemblance, se sont laissé berner, s’évertuant à répliquer aux critiques formulées. Alors que l’augmentation du chômage laisse prévoir que les envois de courriers liés à la recherche d’emploi vont grandement profiter à l’industrie papetière, la démarche entreprise par Julien Prévieux rappelle utilement que "la lettre de motivation est un jeu social dont personne n’est dupe", pour reprendre la note de l’éditeur, "un jeu factice, mensonger [...] [qui] apparaît comme la mise en scène de l’infériorité du demandeur et de la toute puissance de l’entreprise".


² Lettres de non-motivation, par Julien Prévieux, Ed. La Découverte, 2007

(peut être lu sur www.previeux.net et une sélection peut y être téléchargée).

…Et les autres

Pour en revenir à l’article cité plus haut ¹, s’il fustige à juste titre la nécessité de vendre sa force de travail, il a, me semble-t-il, le tort de ne considérer que le salariat comme asservissant. Le salariat a longtemps été présenté et perçu comme un progrès social, et reste certainement préférable à certaines formes qui perdurent, telles que l’embauche à la journée. De plus, les autres formes d’activité professionnelle supposent, elles aussi, de vendre sa force de travail. Ainsi, n’importe quel boucher doit trouver des clients à qui vendre ses escalopes, n’importe quel dentiste des patients à soigner et même n’importe quel artiste-peintre des collectionneurs à enthousiasmer.

La nécessité de vendre sa force de travail n’est pas propre au salariat, car les autres types de profession sont soumises au même impératif. Dans le système économique actuel la contrainte ne vient pas de telle ou telle forme d’emploi, mais du contexte. Vendre sa force de travail suppose d’entrer en négociation avec un acheteur. Le vendeur peut être aussi bien l’impétrant salarié que le boucher, le dentiste ou l’artiste-peintre, l’acheteur étant tour à tour l’employeur, le client, le patient ou le collectionneur, peu importe. Le résultat dépend du rapport de forces.

 

Dans une période de plein-emploi le rapport de forces est en faveur non seulement du salarié mais aussi des autres formes d’activité puisque le plein-emploi ne peut advenir que lorsque la situation économique est florissante et que le développement de tous les secteurs est alors favorisé.

Il n’en va pas de même lorsque le chômage s’incruste, voire s’aggrave ³. Depuis quelques mois chacun peut facilement constater que les salariés ne sont pas les seuls touchés par la crise. Les secteurs du bâtiment et de la restauration rencontrent déjà de grandes difficultés, en attendant d’autres. Il ne s’agit pas de minimiser la souffrance des chômeurs, simplement de pointer que leurs problèmes ne sont pas uniquement dus à leur ancienne condition de salarié mais plus généralement à la nécessité de vendre sa force de travail.

 

Pour les salariés, comme pour les autres formes d’activité, retrouver son libre arbitre, sa vraie liberté, demanderait donc de ne plus être obligé de vendre sa force de travail. Autrement dit de ne plus dépendre de son travail pour vivre dignement. C’est ce que permettrait le revenu social d’existence proposé en son temps par Jacques Duboin et depuis repris par d’autres, notamment par Marie-Louise Duboin.


C. ECKERT, 30 mai 2009

  ³voir à ce sujet l’article de Jean-Louis Glory paru dans GR 1096, de mars 2009, p.10.

 

http://www.schizodoxe.com/docs/2008/01/fractale.jpg

 

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Vendredi 25 septembre 2009 5 25 09 2009 17:34


Le grand trucage

Comment le gouvernement manipule les statistiques



Sous ce titre, un ouvrage pertinent est paru en mai 2009, aux éditions La Découverte, il est vendu 13 euros. Écrit sous le pseudonyme de Lorraine Data par un collectif de fonctionnaires issus de la statistique et de la recherche publiques, le texte n’en dira pas plus sur l’identité de ses auteurs, tenus pour la plupart à l’obligation de réserve. Sage précaution, car ils ne ménagent pas nos gouvernants dans la dénonciation argumentée et accablante des tours de passe-passe par lesquels ceux-ci font dire aux chiffres à peu près n’importe quoi.

Voici, in extenso, le texte de la 4ème de couverture :

"Maîtriser l’information statistique a toujours constitué un enjeu des pouvoirs en place. Mais, depuis quelques années, la manipulation des chiffres s’est amplifiée. L’objectif du président de la République est désormais de contrôler au plus près l’information économique et sociale afin de justifier sa politique.

Pour le collectif d’auteurs à l’origine de cet ouvrage, la coupe est pleine : travaillant au cœur des organismes chargés de produire les données statistiques servant notamment à évaluer les effets de l’action gouvernementale dans divers domaines (pouvoir d’achat, emploi, chômage, heures supplémentaires, lutte contre la pauvreté, école, immigration, délinquance…), ils n’admettent pas ces manipulations de chiffres. Multipliant les exemples précis, ils mettent au jour les procédés utilisées par le gouvernement :

- publications sur des thèmes “sensibles” annulées ou reportées,

- sélection de chiffres censés flatter l’action présidentielle,

- modification des indicateurs rendant compte de l’action gouvernementale,

- dénigrement de la qualité des données de ses propres services lorsqu’elles ne lui sont pas favorables,

- voire démantèlement plus ou moins discret des organismes chargés de la statistique publique.

 

La volonté collective des auteurs est de donner à tous les citoyens les clés leur permettant une lecture critique des informations concernant la nature et les résultats de la politique gouvernementale, afin de restaurer les conditions d’un réel débat démocratique.

Il n’est pas toujours simple de résumer un texte de fiction ; la tâche devient ardue s’il s’agit de présenter un ouvrage documentaire ; mais le compte rendu d’un livre traitant essentiellement de données chiffrées est une acrobatie. Qu’il nous soit permis de limiter la présentation de ce salutaire bouquin en la réduisant à sa table des matières :

Introduction : un sens du service public… qui se perd.

1. Pouvoir d’achat : le grand camouflage.
2. Les chiffres de l’emploi et du chômage : petits arrangements entre amis.
3. Réduire la pauvreté… en changeant d’indicateur.
4. Éducation : silence dans les rangs ?
5. Immigration : controverses… dans un désert statistique.
6. Fabriquer les "bons chiffres de la délinquance" ?
Conclusion: L’aventure continue… "


Une présentation nettement plus habile et convaincante est parue dans le Canard Enchaîné du 13 mai 2009, sous la signature de Alain Guédé et le titre percutant de : Visite dans les arrière-cuisines des statistiques gouvernementales.

J’en souhaite à tous bonne lecture !


R. BIGOT, 31 juillet 2009

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Mardi 22 septembre 2009 2 22 09 2009 17:40



La division internationale du travail,

un fléau pour les peuples.

 

Pour le capitalisme, le profit est la valeur suprême. Rien n’a plus d’importance aux yeux de ses propagandistes et il convient d’y assujettir au mieux les sociétés humaines afin que la maîtrise du système économique par le marché soit assurée à son optimum. Cette logique doit donc s’imposer comme seul mode de relations sociales et c’est sans l’ombre d’un scrupule que depuis les années 1980, Reagan et les dirigeants des principaux pays industriels se sont employés, suivant les préceptes de l’école de Chicago, à “déconstruire” ce qui n’a pas lieu d’être car, comme disait Margaret Thatcher : "la société, ça n’existe pas, il n’y a que le marché".


 

La France n’est pas en reste. Les principales actions du gouvernement s’inscrivent précisément dans cette stratégie, où le leitmotiv de la “réforme” désigne scandaleusement la destruction des services publics et des acquis sociaux, richesses pourtant tenues pour essentielles par une écrasante majorité d’entre nous.

La nocivité sociale de cette politique est si grave que les prétextes de modernisation mis en avant pour la justifier deviennent impuissants à la faire accepter, y compris dans les rangs de ceux qui y sont acquis de longue date. D’autant que la crédibilité du système capitaliste pour gérer l’avenir de l’humanité est fortement plombée par l’ampleur d’une crise qui, en quelques mois, a détruit plus du quart des richesses monétaires du monde. Et les tenants de ce système le confirment dans leur fuite en avant au G20 de Londres en décidant d’engloutir encore des milliers de milliards de dollars de fonds publics dans un système bancaire privé qui fait eau de toute part. Ce radeau de la méduse ressemble de plus en plus à un naufrage de fin de règne.



Utopie d’une exploitation sans limite


Il faut donc imaginer, pour comprendre l’obstination des politiciens au pouvoir à poursuivre cette politique désastreuse et dévastatrice, que l’utopie de l’exploitation sans limites du travail des êtres humains reste à leurs yeux le dogme indépassable “tombé du ciel” que rien ne saurait contredire.

L’oligarchie régnant sur le capitalisme mondial a ainsi réussi à faire en sorte qu’une part croissante des richesses que nous produisons soit affectée au perfectionnement de son système, en particulier pour développer sans cesse la “division internationale du travail (DIT)” qui est devenue sa pièce maîtresse.

Mise en place à la fin des trente glorieuses, la DIT reposait sur une spécialisation néo-coloniale des échanges commerciaux : aux pays pauvres les matières premières ou agricoles, aux riches la production industrielle (là où les gains de productivité liés au progrès technique stimulaient l’élévation du niveau de vie). Les activités jugées les moins efficaces économiquement face aux importations concurrentes (selon les critères du profit capitaliste) furent ensuite abandonnées pour affecter les ressources ainsi libérées (hommes, capitaux, matières premières…) aux activités “les plus efficaces” sur les marchés d’exportation.


 

La recherche d’une rentabilité accrue des investissements a ainsi conduit progressivement au développement d’unités de production de grande échelle pour réduire les coûts, ce qui fut imposé aux pays dits “en développement” par les injonctions des plans d’ajustement structurel du FMI, par la libéralisation des échanges au sein de l’OMC et par les investissements des firmes étrangères à la recherche de nouveaux marchés ou de sites de production au coût attractif.

Le développement rapide de cette stratégie après le premier choc pétrolier a profondément modifié le paysage de l’industrie mondiale. Les pays en développement se sont spécialisés dans les activités à fort taux de main d’œuvre, exportant des produits à bas prix sur les marchés des pays riches, tandis que l’Europe et les États-Unis déversaient sur les marchés mondiaux des surplus agricoles fortement subventionnés, contraignant ainsi les pays du sud à réorienter leur économie selon les plans d’une DIT dévolue aux multinationales des pays industrialisés (abandon des cultures vivrières traditionnelles devenues non compétitives, réduction drastique des dépenses publiques de transport, santé, éducation…). Celles-ci ont d’ailleurs très vite développé des échanges croisés au sein des industries, en contradiction avec le principe de spécialisation des pays. Plutôt que de dupliquer leurs unités de production dans leurs différentes implantations, elles se sont réorganisées sur une base globale, fractionnant la chaîne de valeur ajoutée entre leurs différentes filiales, et délocalisant ou sous-traitant une partie de leurs productions.




Un effet d’amplification

 

Sans pouvoir donner ici une analyse technique plus approfondie des conséquences de la DIT généralisée, nous pouvons cependant insister sur l’effet d’amplification qu’elle joue dans le développement de la crise majeure actuelle du système.

Elle y contribue fortement en soumettant aux marchés spéculatifs l’appropriation privée et l’adaptation accélérée de l’ensemble des structures d’échange et de production de la quasi-totalité des pays du globe.

Avec en complément l’explosion des marchés bancaires de produits dérivés “pourris” en pleine crise, c’est ainsi que le système apporte sa réponse aux exigences de profits faramineux à court terme d’un système liant banques et actionnaires dans une totale irresponsabilité, démontrée par des affaires innombrables de fraudes, faillites, détournements massifs et délits d’initiés dans les plus grands établissements et entreprises de la planète (banques, compagnies d’assurances, agences de cotation, énergie, transport, armement...).

Les contradictions entre cette politique globale et l’intérêt des populations locales sont tenues pour négligeables, malgré l’explosion du chômage qui en résulte et les contraintes économiques très lourdes qu’elles imposent.

Le résultat

 

Il faut malheureusement bien admettre qu’en ravageant les liens sociaux et les cultures, par delà les continents, en maintenant dans un état de misère extrême des centaines de millions de nos semblables, en détruisant à grande échelle les équilibres naturels et la biodiversité, en poussant à la privatisation de toutes les richesses collectives, y compris par des brevets sur le vivant, l’utopie totalitaire d’un capitalisme régissant le monde sans partage, est en passe d’être réalisée.

Le rôle joué par la division internationale du travail, dans la domination des peuples est généralement passé sous silence, ou évoqué d’une façon très vague. Sans doute est-ce le résultat des mesures draconiennes prises pour tenir les populations dans l’ignorance de projets dont elles ne connaissent, après coup, que les conséquences locales lorsque leurs emplois sont en jeu. Les secrets sont bien gardés, et depuis fort longtemps, comme des témoignages directs recueillis lors des premières grandes délocalisations des usines de construction automobiles françaises nous le montraient déjà. Pour que rien ne filtre des projets en cours, les responsables des sociétés d’équipements fournissant des pièces ou des sous-ensembles Gif Smileyaux chaînes d’assemblages des véhicules étaient convoqués dans les bureaux du constructeur automobile pour des réunions “informelles”, durant lesquelles il leur était interdit de prendre des notes, la teneur des échanges devant rester strictement confidentielle. Lors de ces réunions, les équipementiers étaient tenus de préciser les mesures qu’ils s’engageaient à prendre pour “accompagner” les délocalisations du constructeur, c’est à dire quelle part de l’activité de leur propre société serait également délocalisée. Il va de soi qu’aucune réserve sur ces délocalisations n’était concevable : elle aurait conduit à l’élimination pure et simple de l’équipementier du panel des fournisseurs du constructeur.

 

On constate aujourd’hui que ces pratiques sont non seulement toujours en vigueur, mais se sont multipliées et généralisées. Par exemple, ces derniers jours, l’interception d’accords écrits entre le constructeur français PSA et l’équipementier américain Molex ont révélé aux salariés de l’usine de fabrication de connecteurs électriques de Villemur-sur-Tarn que la fermeture de leur usine et le transfert à l’étranger de ses fabrications n’avaient rien à voir avec la crise actuelle, comme on tentait de leur faire croire. Elle avait été préparée de longue date, dans le cadre des restructurations industrielles programmées (pour accroître les profits des actionnaires des groupes en question au détriment des salariés, cela va sans dire).

Les grandes manœuvres industrielles et commerciales de ce type, qui modifient sans cesse les structures de production, donc la nature et la localisation des emplois, sont totalement déconnectées de processus décisionnels publics et démocratiques, interdisant ainsi aux peuples d’intervenir dans ce domaine économique majeur qui conditionne largement leur avenir et celui des générations futures. Le système politique s’est progressivement dessaisi de tout pouvoir en la matière au point d’avoir supprimé, en France, son Ministère de l’Industrie. Laissant le champ libre à la cupidité des “investisseurs”, le pouvoir ne conserve en réalité comme prérogatives que les replâtrages censés remédier aux conséquences sociales et environnementales de la DIT. Comme le déclare en substance, avec suffisance et mépris, l’un des acteurs de ces ravages dans le remarquable film documentaire Let’s make money d’Erwin Wagenhofer :

"Je ne pense pas que l’investisseur doive être responsable

de l’éthique, de la pollution ou de quoi que ce soit

que produise la société dans laquelle il investit.

Ce n’est pas son boulot.

Son boulot est d’investir et de gagner de l’argent pour ses clients".

 


30 mai 2009, la grande relève
proposé par mamadomi
Publié dans : Actus brûlantes citoyens !!
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