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Oscar 2012 dans la catégorie du 
 court métrage documentaire

pour "Saving Face":la réalisatrice pakistanaise

Sharmeen Obaid-Chinoy lance sa campagne

contre les attaques à l'acide qui chaque année

défigurent + d'une centaine de femmes.

www.savingfacefilm.com

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Pour suivre les décisions et les changements
voulus par le peuple et pour le peuple

c'est ICI, dossier ALUR pour ex

texte de Loi

►oops ça coupe, suite ici 
+ de zik ici [les notes que j'aime]

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...pour voir le film de Yann Arthus-Bertrand
et une critique ici
; autre film (7'30):
Des fOrêts et des hommes
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un moment Ted ici, avec Jill Bolte

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à lire absolument:
comprendre l'histoire d'Israël
par le grand universitaire Ilan Pappe
août 06 et toujours actuel...

138 pays reconnaissent la Palestine
en tant qu'état, 179 pays maintiennent leurs relations
diplomatiques, le pays est devenu membre de l'ONU
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earth hour

 Samedi 29/03/14:
20h30/21h30
 ...merci à tous 
www.earthhour.be.
le 23/03/2013
on a aussi éteint les lumières!

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Tunisie-drapeau.jpg

Pour une Tunisie et une Egypte
libres & démocratiques
calligraphie
bravo aux Lybiens, ya du travail encore...:

 courage aussi aux Yéménites, avec la révolution des femmes:

Drapeau du Yémen
...aux Syriens, qui paient cher:
aux Maliens, en proie au mal anti-éducation qui fait le lit de toutes les dominations:
et, que partout où
la liberté est bafouée,
la révolution se propage:
Algérie,Bahrein,Burkina Faso,Chine,
Djibouti,Haïti,Irak,Iran,Japon, 
Jordanie,Kenya,Koweit,Liban, 
Maroc,Mauritanie,Nigeria,Oman,
Palestine et Israël,Somalie,Soudan 
 ...France!
...Ukraine qui choisit des valeurs de démocratie dans le rapprochement à l'Europe, au détriment d'avantages économiques à rester liée à la Russie! Avec les risques extrémistes que ça comporte...
Thaïlande...

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l'origine du  mot  bug

Severn, la voix de nos enfants

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de notre ami Vladimir Vodarevski

ZEM apprenti maître zen
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lettre ouverte d'un gendarme au président

de la république M. Hollande:


Couches Absorbées

Caplibreurs et surfeurs

Blog animé depuis bientôt 7ans

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merci à tous et à toutes
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le 55 000ème, mercredi 5 nov 2014
déposé par:
bouquet rose et mauve
MERCI DE VOTRE VISITE

Je m'insurge!

Hommage à Stephane Hessel, récemment il avait subi la censure pour s'être exprimé contre les choix du gouvernement israëlien à l'encontre du peuple palestinien

 

ici, extrait de son indignation chez Taddeï

ses voeux de résistance 2011

en savoir plus à la fin de cette page en clic

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L'homme que vous voyez sur la photo n'est pas un 'Black Block' ni un misérable retraité. C'est Manolis Glezos qui en 1941, sous l'occupation nazie, est monté sur l'Acropole et a retiré le symbole nazi, la croix gammée. Qui est-il?
 
Manolis Glezos Manolis Glezos
70 ans + tard des personnes en uniforme, serviteurs des banques, qui ne mériteraient même pas de lécher ses chaussures, ont l'audace de lever la main sur lui...
Ceux qui ne comprennent pas que nous voyons monter une nouvelle forme de fascisme financier devraient y réfléchir à deux fois.
 Un lien chez bernard

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Suite aux pétitions de demande de soutien qui circulent:


Je déclare ne soutenir Eric Zemmour dans son combat pour la liberté d’expression qu'avec la réserve qui s'impose en regard du commerce qu'il fait de son impertinence dans sa posture d'opposition fanatique à ce qu'il appelle la pensée unique, opposition massive qui n'est qu'un grand fourre-tout de toutes les transgressions délétères par l'incitation à décomplexer toute forme de propos, de posture et d'investigation raciste.

Le poids de la parole publique enjoint une responsabilité et une prudence éthique qui, de toute évidence, lui pèsent dans son fantasme de toute puissance infantile tellement patent.

Ainsi, je NE CONDAMNE PAS LES PLAINTES ET PROCES QUI LUI SONT FAITS, NI LES CAMPAGNES DE SENSIBILISATION CONTRE SES EXCES ET SES FRANCHISSEMENTS DE LIGNE. Les pressions et menaces dont il fait régulièrement l’objet, en revanche sont nulles et non avenues.

Vous pourrez vous informer sur la charte éthique professionnelle du journalisme sur ce lien, dont:

- Refuse et combat, comme contraire à son éthique professionnelle, toute confusion entre journalisme et communication

- Ne confond pas son rôle avec celui du policier ou du juge

- Respecte la dignité des personnes

- N’use pas de la liberté de la presse dans une intention intéressée

- Prend la responsabilité de toutes ses productions professionnelles/répond devant la justice des délits prévus par la loi

- tient l’accusation sans preuve, l’intention de nuire, la déformation des faits, le mensonge, la manipulation, (...) pour les plus graves dérives professionnelles

http://obeissancecanine.free.fr/images/exercice1.gif

 vous pouvez commenter ici >> page blanche

27 août 2011 6 27 /08 /août /2011 18:16

Pourquoi est-il si difficile de remettre en question le système actuel, alors que ses méfaits sont de + en + évidents et ses conséquences, menaçantes? Pour François Chatel c’est à cause d’une fausse croyance sur la nature humaine, si bien ancrée dans l’imaginaire collectif qu’elle paraît indéracinable, malgré les résultats scientifiques récents. Il l’expose dans un texte qui, trop long pour être présenté ici dans sa totalité, avec 58 références et 60 notes biographiques est accessible sur le site http://economiedistributive.free.fr (Ouvrir l’article...). En voici, résumé, l’essentiel:

 

Nature humaine et agressivité

 

Aujourd’hui se lève un vent de contestation du système capitaliste et des effets de son évolution logique en néo-libéralisme. Mais un vent ne suffit généralement pas pour abattre une construction gênante et envahissante. L’anéantir nécessite d’en mettre à jour toutes les fondations pour les démanteler une à une avec le minimum de dégâts collatéraux comme l’écrivait si justement Bernard Blavette dans la GR1116:

"on ne peut combattre efficacement

que ce que l’on conçoit parfaitement".

Lors de la mise en place de ce système, au 18ème s, ses partisans, intéressés, l’ont justifié en élaborant des théories qui furent élevées en dogme général, alors qu’elles s’appuyaient sur

- la situation économique

- et sur l’état des connaissances de cette époque.

À la base était l’affirmation qu’il y a dans la nature humaine une incurable disposition à l’agression. Et cette croyance nourrit depuis un fatalisme qui empêche toute remise en question, pourtant indispensable à un nouvel élan de progrès social.

L’héritage au sujet de cette nature humaine est lourd. De Thucydide à Freud, des siècles de pensées ont doté l’homme de penchants pour la domination et la violence, de pulsions innées et même d’instinct de mort. L’idée du péché originel, interprétée comme une conséquence de la constitution de la nature humaine, devint l’héritage commun de toutes les générations de chrétiens en Occident. Elle influença profondément la psychologie et la pensée politique puisqu’elle permit de justifier tous les gouvernements. La soi-disant bestialité humaine servit de prétexte à l’instauration de tous les pouvoirs. On la retrouve consacrée dans la fameuse tirade: “Homo homini lupus” [1]. Loin de souhaiter la violence pour elle-même, Nietzsche constate qu’elle est naturelle et qu’il nous appartient de la cultiver dans un sens ou dans un autre. B.Franklin déclara à la Convention Fédérale américaine:

"2 passions exercent une puissante influence dans les affaires humaines: l’ambition et l’avarice, l’amour du pouvoir et l’amour de l’argent".

Ce qui rejoint la conception d’H.White pour qui les États-Unis sont bâtis sur la philosophie de Hobbes et la religion de Calvin, càd que l’état de nature de l’humanité, c’est la guerre, et que l’esprit humain et le bien ne font pas bon ménage [2].

Cette idée a traversé des siècles. Elle s’est maintenue pour justifier et protéger le pouvoir répressif des puissances militaires et religieuses. Récupérée ensuite par les bourgeois banquiers et marchands, elle a permis de justifier la compétition et même la violence comme des conduites naturelles, saines et viriles.

"Elle rationalise à bon compte l’idéologie libérale capitaliste qui prône le droit du + fort, quand elle ne renforce pas le culte de la puissance chez des individus de mentalité fasciste"[3].

On la retrouve même pendant longtemps à la base des traités d’éducation qui prônent de dompter ou de canaliser cette perversité innée. Pour Freud, "rien n’est + contraire à la nature humaine" que "l’idéal imposé d’aimer son prochain" et l’agressivité est une tendance innée de l’homme qui vise la destruction, l’humiliation des autres dans des comportements aussi bien violents et flagrants que + discrets; vers la fin de sa vie, il radicalise son interprétation de la violence: au lieu de raisonner à partir de la théorie du refoulement, il imagine l’affrontement de deux pulsions fondamentales, la pulsion de vie Eros, et la pulsion de mort, Thanatos.

Généraliser, en affirmant que toutes les conduites humaines sont sur ce modèle, c’est dire que la violence dans l’homme ne peut pas être éradiquée. Que tout ce que nous pouvons faire, c’est tenter de la maîtriser de l’extérieur, la détourner ou la réprimer. Hobbes ne concevait de paix civile que sous la surveillance d’une police, et Freud ne conçoit de paix relative qu’en mettant la police dans l’esprit de chacun sous la forme d’un surmoi capable de culpabiliser et discipliner le moi.

Et c’est ainsi que si, après avoir énuméré tous les travers et délits du système actuel, entre amis, en famille ou à d’autres occasions, il vous est arrivé de présenter les principes de l’économie distributive, la réplique la + fréquente qui vous a été faite, après vous avoir qualifié d’utopiste [comme si les réalités de demain ne naissaient pas des utopies d'aujourd'hui...], est fatalement:

"ça ne peut pas marcher parce que la mentalité humaine est trop perverse. Même si le capitalisme comporte des lacunes, il a prouvé qu’il était le meilleur compromis possible compte tenu des travers de l’homme"! [ici j'ai quelques blogueurs/-euses qui se reconnaîtront, et qui souriront ^_^ ]

Toute alternative proposée se heurte à cet argument d’une nature humaine pervertie dont seul le capitalisme serait apte à gérer et réguler les principales activités, les échanges marchands, grâce à une force mystique, la “main invisible”, capable d’utiliser à bon escient les intérêts égoïstes. Considérées comme naturelles, ces perversités furent ainsi libérées de toute entrave pour le soi-disant + grand bien de la société et de son économie. Les vices privés devinrent les garants des vertus publiques, selon Mandeville, écrivain néerlandais du 18ème s. qu’admirait, évidemment le père du néolibéralisme, F. Hayek.

Pourtant, cette régulation soi-disant bienfaisante, vénérée et protégée par ses gourous, s’avère défectueuse, responsable d’inégalités insoutenables et de troubles sociaux.

- Et Adam Smith lui-même l’avait souligné: il n’y fait aucune référence, même en parlant de la “main invisible”.

- Comme le fait remarquer Schumpeter dans L’histoire de l’analyse économique, Smith n’a jamais parlé de régulation de l’économie en général, mais de création de richesse, qu’il mentionne d’ailleurs en soulignant qu’elle a de nombreux effets pervers, qu’elle crée des inégalités susceptibles d’entraîner un désordre social, et que la division du travail tend à abrutir la masse ouvrière.

- Et N. Chomsky note bien que

"nous sommes censés vénérer Adam Smith mais non le lire car il postulait déjà que la sympathie était la valeur humaine centrale, et qu’il fallait donc organiser la société de façon à satisfaire cet élan naturel des êtres humains, le soutien mutuel (voir l’entraide). En fait, son argument crucial en faveur des marchés conduirait à l’égalité parfaite. La célèbre expression de Smith sur la “main invisible“, que tout le monde utilise totalement de travers, n’apparaît qu’une fois dans “La Richesse des nations” et dans le contexte d’un raisonnement contre ce que nous appelons aujourd’hui le néolibéralisme" [4]!

Alors, l’homme est-il enclin, d’une façon irrépressible, à l’agressivité, sous toutes ses formes, pour garantir ses intérêts personnels? — Ce qui est vrai, c’est qu’en tant qu’être vivant, il a des besoins à assouvir en priorité, pour maintenir sa structure. Ensuite, notamment pour obtenir une gratification sociale, il utilise l’agressivité pour influencer le milieu en sa faveur; mais, comme le dit J.-M. Muller, cette agressivité est louable puisqu’elle permet l’audace, le courage de s’opposer à un obstacle,”d’aller de l’avant”, de “marcher vers” ce qu’indique bien l’étymologie du mot. Muller ajoute même:

"La non-violence suppose avant tout

qu’on soit capable d’agressivité"[5].

L’agressivité serait donc une garantie pour vivre et pour communiquer avec l’Autre…

Freud a été contredit, à propos de l’instinct de mort, sa théorie est remise en question.

On pense que l’agressivité est une pulsion de conservation, une pulsion de vie, et non un instinct, car

"rien, ni dans la chimie, ni dans la physique, ni même dans la biologie, sur laquelle pourtant Freud s’appuyait fermement, ne permettait d’en confirmer l’existence"[6].

Comme le remarque André Green:

"la difficulté, en ce qui concerne la pulsion de mort, vient de ce que nous ne pouvons pas lui attribuer avec la même précision une fonction correspondante à celle de la sexualité par rapport aux pulsions de vie".

Même s’il est fréquent de rencontrer, en clinique psychanalytique, des formes pathologiques de destructivité, aucun argument clinique ne peut en lui-même constituer une preuve de l’existence de la pulsion de mort et le problème reste, pour l’essentiel, théorique… Dans L’agressivité humaine, J.Van Rillaer constate que:

"ce ne sont pas les choses qui nous troublent mais l’opinion que nous nous faisons d’elles… Le fond de l’affaire réside toujours dans le désir, propre à chacun, de pouvoir affirmer sa valeur à autrui et de pouvoir se la confirmer à ses propres yeux… L’agressivité est motivée par une attaque du moi, un sentiment d’aliénation ou d’impuissance. Une autre motivation, proche de celles-ci, est la non-reconnaissance du moi"[7].

Pour les psychologues, la délinquance s’expliquerait donc par une structure antisociale. Il en résulte une lourde responsabilité du milieu social et de l’éducation au cours de la formation de la personnalité.

Et du côté de l’éthologie, peut-on trouver l’explication d’une “nature humaine perverse”?— Là aussi, les contradicteurs sont nombreux, parce qu’il n’y a pas de faits qui plaident de façon décisive en faveur d’une agressivité “spontanée” chez l’animal…

- J.P.Scott estime

qu’ "il n’y a pas de mécanisme physiologique connu produisant une stimulation spontanée, interne, au combat.

L’agression ne se produit

qu’en réaction à des stimulations externes"[8].

- Pour Konrad Lorenz, dont les recherches ont marqué ce domaine, l’agressivité animale est l’instinct de combat qui intervient pour maintenir les rivaux de la même espèce à une certaine distance, un point c’est tout…

- Mais un culturaliste modéré, Alexander Alland, accuse Lorenz de ne pas suffisamment tenir compte de “la dimension humaine”, dans laquelle la culture joue un rôle non négligeable,

- et J.P. Scott, un “radical-scientist”, critique la thèse de Lorenz, et tout particulièrement son “homme tueur”, parce qu’elle fait du biologique le fondement du comportement humain.

J.Van Rillaer peut donc conclure:

"les données actuelles de la psychologie animale ne permettent pas d’affirmer l’existence d’un instinct agressif autonome ni même une “pulsion” à l’agression. Par contre, on a pu mettre en évidence différents types de réactions combatives se déclenchant dans des situations déterminées (douleur, menace, rivalité, etc.)… l’automatisme endogène menant à l’agression, aucun argument sérieux ne permet d’affirmer son existence chez l’animal et a fortiori chez l’homme"[7].

Comment trancher? La notion de “nature humaine” est aujourd’hui indissociable du domaine de la biologie, de la génétique et de l’étude des instincts. Tournons-nous donc dans cette direction.

Pour E.Wilson, fondateur de la sociobiologie, la “nature humaine” est faite de contraintes biologiques, codées génétiquement, qui amènent les humains à prendre les mêmes décisions dans un large éventail de contextes, le moteur du comportement social est l’égoïsme biologique qui permet la conservation de ses propres gènes et/ou de leurs copies, ce qui conduit les individus à s’affronter socialement pour l’acquisition de la dominance - car la dominance sociale, directement liée à l’agressivité, peut se traduire par un grand succès reproductif.

Cette thèse converge avec les travaux de R. Dawkins, connu pour sa théorie de l’évolution centrée sur le gène, décrite dans “Le gène égoïste” (1976), où il explique que

"toute vie évolue en fonction des chances de survie des entités répliquées".

De la sorte, la dictature du gène implique celle de la nature ou de l’inné sur nos comportements… Mais

"c’est un non-sens scientifique",

s’exclame Catherine Vidal, neurologue et directrice de recherche à l’Institut Pasteur, qui réfute tout consensus dans la communauté scientifique sur l’existence de gènes de la criminalité ou de l’agressivité. Selon elle, il existe effectivement des études qui montrent des corrélations entre certains gènes et des comportements, mais elles ne prouvent pas de véritable relation de cause à effet, et

"de toute façon, ces études sont réalisées sur des grands échantillons, sur des bases statistiques. Elles ne peuvent en aucun cas prédire un comportement violent chez un individu particulier".

Cette explication des comportements par la génétique frôle même le ridicule quand on parle de gènes de l’infidélité ou d’autres tendances présumées qui ne sont qu’influences du milieu éducatif et social. Pierre Barthélémy s’insurge:

"la dictature du gène a finalement gagné bien des esprits, comme une version moderne de la phrénologie qui, au XIXème s, expliquait les “caractères” par le relief du crâne (la fameuse “bosse des maths”…)!".

Pour André Pichot, historien des sciences de la vie, Dawkins considère les individus comme de simples supports d’un patrimoine génétique dont ils doivent assurer la perpétuation et l’accroissement… comme des traders dans le capitalisme actuel! Et, en +, cette hégémonie implacable du patrimoine génétique est une porte ouverte à l’eugénisme qui a tant sévi avant et pendant la 2nde guerre mondiale. Jacques Testard, le biologiste qui réalisa le 1er bébé éprouvette, met en garde contre l’avènement une sorte d’eugénisme positif, non plus affirmé comme la recherche de la pureté de l’espèce, mais masqué derrière la maximisation du bonheur: grâce au diagnostic préimplantatoire lors de la procréation in-vitro, un tri sélectif très précoce des embryons garantirait une procréation “parfaite”. Or

"il s’agirait non pas d’obtenir l’individu parfait, qui n’existe pas, mais plutôt l’individu idéal, à un moment de l’histoire, type individuel dont l’idéalité est établie sur des critères peu objectifs, mais qui sont communément acceptés et partagés à ce moment précis de l’histoire"[9].

Les adeptes du totalitarisme génétique seront déçus: le ”gène de l’agressivité”, celui qu’il suffirait de déconnecter pour vivre dans une société paisible, n’existe pas. Selon le psychologue canadien R. Tremblay

"les facteurs génétiques gouvernent les comportements agressifs dans les 1ères années de la vie, mais très vite l’influence de l’environnement prend le dessus"[10].

L’engouement pour le gène s’est développé après une découverte scientifique récupérée, interprétée, détournée de sa vérité initiale par les phantasmes et les besoins d’une époque, et transformée en idéologie. Il s’agit des thèses de Darwin et de son fameux ouvrage L’origine des espèces par le moyen de la sélection naturelle, dont 4 petits mots, “survie du plus apte”, vont causer 150ans de polémique. C’est à partir de ces mots et des lois de Mendel que va s’élaborer une version politisée du “darwinisme social”, qui va dégénérer en interprétation de la vie comme une lutte sans merci qui permettrait “légitimement” au + fort de l’emporter sur le + faible. Cette idéologie recueillera un succès croissant et permettra de justifier les inégalités sociales, les guerres de conquête avec la disparition des ”races inférieures”, jusqu’à l’eugénisme et l’amélioration de la “race” en raison de la confiance en la puissance de la science.

La critique du darwinisme social trouve son apogée avec la thèse de l’entraide développée en 1902 par le géographe P.Kropotkine. Dans L’Entraide: un facteur de l’évolution, il répond spécifiquement aux théories de T. H. Huxley publiées dans La Lutte pour l’existence dans la société humaine en 1888. Sans nier la théorie de l’évolution de Darwin, Kropotkine y précise que les espèces les mieux adaptées ne sont pas nécessairement les + agressives, elles peuvent être les plus sociales et les + solidaires,

la compétition ne serait donc pas

le levier d’évolution le + “efficace”.

Pour le primatologue néerlando-américain F. de Waal, qui étudie le sentiment d’empathie chez les animaux, le darwinisme social

"est une interprétation abusive: oui, la compétition est importante dans la nature mais, on l’a vu, il n’y a pas que cela… Nous sommes aussi programmés pour être empathiques, pour être en résonance avec les émotions des autres [11]".

"Dans la nature, la compétition n’est pas le seul moyen de survivre. La coopération a largement sa place [12]".

L.Thomas va + loin:

"Le besoin de se rendre utile pourrait bien se révéler le trait le + déterminant de l’aptitude à la survie, + important que l’agression, + efficace, à long terme, que l’instinct d’appropriation".

Darwin dit bien, mais il ne sera pas entendu, que le point ultime de l’évolution, c’est la capacité et le désir qu’ont acquis les hommes à désobéir à la nature:

“Nous humains, sommes naturellement habités par la compassion. Nous devons donc obéir à ce penchant naturel au risque, sinon, de porter préjudice à la plus noble partie de notre nature”.

Pour justifier une politique basée sur la loi du + fort, nos décideurs s’appuient donc sur de faux principes de biologie.

Et où en est la criminologie, l’étude de la propension à réaliser des conduites et des actes considérés comme des agressions? Les théories les + récentes insistent sur l’influence du milieu social comme prépondérante dans les causes entraînant les actes criminels. Son chef de file, A. Lacassagne, a mis l’accent sur l’influence quasi-exclusive du milieu social dans l’étiologie criminelle… L’agressivité est décriée chez les “jeunes des banlieues” et dans toute inscription dans un mouvement de contestation de l’ordre établi… mais elle est, par contre, fortement valorisée par la même idéologie libérale en ce qui concerne les jeunes cadres, blancs, poussés à se battre pour être les meilleurs sur le marché [13] !

Concluons avec M. Sahlins:

"Le point crucial est le suivant: pendant 3 millions d’années, l’évolution biologique des hommes a obéi à une sélection culturelle. Nous avons été, corps et âme, façonnés pour vivre une existence culturelle… Nés ni bons ni méchants, les hommes se façonnent dans l’activité sociale telle qu’elle se déploie dans des circonstances historiques déterminées… la civilisation occidentale est construite sur une vision pervertie et erronée de la nature humaine. Pardon, je suis désolé, mais tout cela est une erreur. Ce qui est vrai en revanche, c’est que cette fausse idée de la nature humaine met notre vie en danger[14]".

Aussi loin que nous cherchions autour de nous, nous ne trouverons jamais “d’homme naturel”, mais des formes de cultures dans lesquelles des hommes apprennent le modèle d’humanité qui est le leur. C’est la leçon que délivre l’ethnologie contemporaine, notamment l’anthropologie structurale développée par Claude Levi-Strauss.

L’action des individus est donc, au terme de la théorisation de Bourdieu, fondamentalement le produit des structures objectives du monde dans lequel ils vivent, et qui façonnent en eux un ensemble de dispositions qui vont structurer leurs façons de penser, de percevoir et d’agir.

Et pour appuyer l’ensemble de ces études et témoignages, citons Henri Laborit, grand chercheur dans ce domaine:

"Nous sommes …obligés, par l’étude expérimentale du comportement agressif, de nous élever contre l’interprétation largement diffusée au cours de ces dernières années, de l’implacabilité génétique de l’agressivité chez l’homme… Comme il serait peu probable que ce soient les dominés qui tentent d’eux-mêmes d’assurer la stabilité d’un système hiérarchique, il faut bien que les dominants installent très tôt dans le système nerveux de l’ensemble des individus du groupe, un type d’automatismes socioculturels, de jugements de valeurs favorables au maintien de leur dominance, donc de l’organisation hiérarchique du groupe… C’est ainsi que l’on fera appel à la nature pour montrer l’implacabilité de l’agressivité chez l’homme puisqu’elle existe chez l’animal, ce qui déculpabilise les hiérarchies, les dominances, l’agressivité des dominants en réponse à celle des dominés … Il faut motiver l’homme de demain pour qu’il comprenne que ce n’est qu’en s’occupant des autres, ou + exactement des rapports des hommes entre eux, de tous les hommes quels qu’ils soient, qu’il pourra trouver la sécurité, la gratification, le plaisir. … Nous entrons dans une ère où toutes les “valeurs” anciennes établies pour favoriser la dominance hiérarchique doivent s’effondrer"[15].

Poser l’importance du contexte environnemental, c’est concevoir qu’on ne naît ni bon, ni mauvais, que chaque individu est ancré dans une histoire en devenir et qu’il peut donc changer si on lui en donne les moyens. C’est partir du principe que les êtres humains sont avant tout le reflet de la société dans laquelle ils vivent et qu’on peut à tout moment débattre collectivement de ce type de société et la faire évoluer en fonction de ce qui pourra être épanouissant pour chacun-e.

Il est absurde que le capitalisme, né de conditions particulières, puisse imposer ses nuisances dans le monde entier. Il se cache derrière sa réussite technique en la présentant comme la panacée universelle, comme la condition du bonheur sur Terre, alors qu’il ne propose, en réalité, qu

- un enfermement dans le consumérisme,

- la dépendance envers le matériel,

- sinon l’expression de la violence sous toutes ses formes.

En raison des dégradations catastrophiques infligées à l’environnement, il est responsable d’une prolifération croissante de maladies qui atteignent aussi bien le physique que le mental. Le cancer n’a-t-il pas l’aspect aujourd’hui des épidémies de peste d’antan? La lucidité suffirait à indiquer que ce système politico-économique représente à présent le + grand fléau contre lequel l’humanité doit lutter. Or, élevé au niveau d’une religion, nourri par la foi en la techno-science, son alliée, il demande l’aveuglement d’un fanatisme sectaire, l’abandon de tout raisonnement au profit de prêtres-experts censés être seuls capables d’assurer un avenir meilleur. L’intégrisme et le désir d’hégémonie qu’il affiche réalisent dans le monde le même effet que le réchauffement brutal du climat sur les espèces végétales et animales, l’impossibilité pour la majeure partie des membres de l’humanité de s’adapter aux exigences du “marché” en s’attirant les bonnes grâces de la “main invisible”, dc de sombrer dans l’exclusion et même l’élimination.

Un changement de la mentalité contemporaine est-il encore possible? — Comme nous l’avons vu, une modification de la personnalité humaine peut être le fait d’une évolution culturelle. Les troubles mentaux (dépressions, stress, névroses, suicides, déséquilibres familiaux, …) nés du capitalisme, montrent que l’humain ne s’est pas adapté à ce genre de régime, qu’il n’a pas eu le temps de se corrompre définitivement et qu’un changement aurait donc toutes les chances d’être un soulagement, une renaissance salutaire. Le retour à des conceptions initiales, telles celles énoncées par Mauss, au sein d’une conjoncture devenue comparable, càd une situation qui propose l’abondance concertée, respectueuse de l’environnement, et la priorité donnée à l’Être sur l’Avoir, doit permettre au distributisme, en conformité avec les données modernes, de trouver sa place.

 
F. CHÂTEL, GR, 31 mars 2011
 

[1] Cette locution fut inventée par Plaute dans sa comédie Asinaria (la comédie des ânes) puis fut reprise par Erasme dans Adagiorum Collectanea ,par Rabelais dans le Tiers livre, par Montaigne dans les Essais (III, 5), par F. Bacon dans De Dignitate et Novum Organum avant Hobbes dans le De cive (épitre dédicatoire)

[2] Marshall Sahlins, La nature humaine éd. de l’Eclat Terra Incognita

[3] Jacques Van Rillaer, L’agressivité humaine, p 137

[4] Noam Chomsky, La doctrine des bonnes intentions, 10/18, coll. “Fait et Cause”, p 160

[5] J-Marie Muller, Dictionnaire de la non-violence, p 28

[6] Th.Bokanovski, Psychanalyse, Le concept de pulsion de mort

[7] J. Van Rillaer, L’agressivité humaine. p.131

[8] J.P. Scott, The natural history of agression. Science 1965 page 148

[9] Jacquestestart.free.fr/Le nouvel eugénisme: trier l’humanité dans l’œuf, Colloque “les usages du vivant”, univ. Strasbourg, éd. Néothèque.

[10] Richard Trembla,. Developmental Origins of Aggression (Guilford Press) 2005

[11] Frans de Waal. L’empathie caractérise tous les mammifères Interview: (Libération, 11 mars 2010)

[12] F. de Waal, L’Age de l’empathie. Leçons de la nature pour une société solidaire. Trad de l’anglais par M-France de Paloméra. éd.LLL, Les liens qui libèrent.2010

[13] http://panoptique.boum.org. Science et délinquance : génétique de l’agressivité ou agressivité de la génétique. 26 sept 2008

[14] M. Sahlins, La nature humaine, éd. de l’Eclat Terra Incognita

[15] Henri Laborit, La nouvelle grille

proposé par mamadomi

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commentaires

mamalilou 24/09/2011 02:44


-->> c'est vrai, on peut développer l'agressivité pour protéger les siens ou se protéger soi...faute de maîtrise de la force du Jedi!! :o))
c'est difficile de ne pas renvoyer l'agressivité qu'on subi.. déjà rien que l'arrogance aura tendance à vous obliger à quelque maîtrise... toute cette nrj négative reçue, parfois on a du mal à la
canaliser
la notion de "ne pas se laisser faire" parfois est un peu serrée, à la longue on se rend comptes qu'on peut laisser faire beaucoup de choses sans que ça n'ait de conséquences...
mais surtout ne pas perdre le désir de bien faire, de continuer ce qu'on doit en toute bienveillance, quel que soit le contexte agressif, hostile...

et puis il y a cette agressivité démonstrative, qui expulse de soi des émotions, des non-dits, des souffrances, qui signifie vertement les limites à ne pas dépasser... un peu trop tard...
soupir...


Satine 31/08/2011 19:12


Selon moi, l'agressivité est un moyen de montrer son ras-le-bol, on l'utilise quand la coupe est pleine. Certes, il faut avant avoir essayé d'autres techniques telles que le dialogue, l'échange de
points du vue, la recherche de la compréhension. Je suis rarement agressive mais c'est aussi un bon moyen de se défendre, généralement je suis agressive quand on l'est avec moi, histoire de montrer
que je ne me laisserai pas faire.


CARDAMOME 29/08/2011 21:18


une proposition pour le mieux être de tous mais que les grosses finances ne sont pas prêtes d'adopter ni m^me de se pencher dessus
phase emménagement pour toi je suppose!! courage! je t'embrasse ma chère mama


mamalilou 22/09/2011 02:08



encore et toujours des trucs qui traînent qui doivent trouver leur place, des bureaux de récup à mettre en place chez les ados... du rangement à installer ça et là... et des feuilles mortes à
ramasser!!!!!


ah si quand même un peu... pour pas glisser devant la maison!!!


doux bisous


 



marie-madeleine 29/08/2011 09:55


Voilà pourquoi moi qui deviens de plus en plus zen et bienveillante, tournée vers le pardon et la tolérance, j'ai tendance à m'extraire du monde et à taire mes pensées, ne m'attardant que sur le
bleu du ciel, le parfum des fleurs et le chant des oiseaux...C'est égoïste certes mais cela me protège de domination, compétition, consommation etc..


mamalilou 22/09/2011 02:06



autant que faire se peut, oui, ça en éloigne...


doux bisous



Renée 28/08/2011 17:38


alors c'est pas demain la vielle que la violence va arrêter bien au contraire...............Navrant! Bises amicales


mamalilou 21/09/2011 19:35



soupir... mais si, mais si...


amical bisou et plein d'encouragement à positiver...


oui parce que sinon, ce sera vraiment le "début de la fin"!!!