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Oscar 2012 dans la catégorie du 
 court métrage documentaire

pour "Saving Face":la réalisatrice pakistanaise

Sharmeen Obaid-Chinoy lance sa campagne

contre les attaques à l'acide qui chaque année

défigurent + d'une centaine de femmes.

www.savingfacefilm.com

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Pour suivre les décisions et les changements
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c'est ICI, dossier ALUR pour ex

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le 23/03/2013
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aux Maliens, en proie au mal anti-éducation qui fait le lit de toutes les dominations:
et, que partout où
la liberté est bafouée,
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Hommage à Stephane Hessel, récemment il avait subi la censure pour s'être exprimé contre les choix du gouvernement israëlien à l'encontre du peuple palestinien

 

ici, extrait de son indignation chez Taddeï

ses voeux de résistance 2011

en savoir plus à la fin de cette page en clic

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L'homme que vous voyez sur la photo n'est pas un 'Black Block' ni un misérable retraité. C'est Manolis Glezos qui en 1941, sous l'occupation nazie, est monté sur l'Acropole et a retiré le symbole nazi, la croix gammée. Qui est-il?
 
Manolis Glezos Manolis Glezos
70 ans + tard des personnes en uniforme, serviteurs des banques, qui ne mériteraient même pas de lécher ses chaussures, ont l'audace de lever la main sur lui...
Ceux qui ne comprennent pas que nous voyons monter une nouvelle forme de fascisme financier devraient y réfléchir à deux fois.
 Un lien chez bernard

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Suite aux pétitions de demande de soutien qui circulent:


Je déclare ne soutenir Eric Zemmour dans son combat pour la liberté d’expression qu'avec la réserve qui s'impose en regard du commerce qu'il fait de son impertinence dans sa posture d'opposition fanatique à ce qu'il appelle la pensée unique, opposition massive qui n'est qu'un grand fourre-tout de toutes les transgressions délétères par l'incitation à décomplexer toute forme de propos, de posture et d'investigation raciste.

Le poids de la parole publique enjoint une responsabilité et une prudence éthique qui, de toute évidence, lui pèsent dans son fantasme de toute puissance infantile tellement patent.

Ainsi, je NE CONDAMNE PAS LES PLAINTES ET PROCES QUI LUI SONT FAITS, NI LES CAMPAGNES DE SENSIBILISATION CONTRE SES EXCES ET SES FRANCHISSEMENTS DE LIGNE. Les pressions et menaces dont il fait régulièrement l’objet, en revanche sont nulles et non avenues.

Vous pourrez vous informer sur la charte éthique professionnelle du journalisme sur ce lien, dont:

- Refuse et combat, comme contraire à son éthique professionnelle, toute confusion entre journalisme et communication

- Ne confond pas son rôle avec celui du policier ou du juge

- Respecte la dignité des personnes

- N’use pas de la liberté de la presse dans une intention intéressée

- Prend la responsabilité de toutes ses productions professionnelles/répond devant la justice des délits prévus par la loi

- tient l’accusation sans preuve, l’intention de nuire, la déformation des faits, le mensonge, la manipulation, (...) pour les plus graves dérives professionnelles

http://obeissancecanine.free.fr/images/exercice1.gif

 vous pouvez commenter ici >> page blanche

22 mai 2013 3 22 /05 /mai /2013 13:42

...de l’abstention

 

Pour Benjamin, nous sommes dans une impasse électorale, et pour en sortir démocratiquement, il entend réhabiliter l’abstention:

 

L’oligarchie en campagne a horreur du vide.

Dans son discours de Marseille le 14 mars, François Hollande a dressé un portrait psychologique de l’abstentionniste. Il a parlé de "ceux qui n’y croient plus, qui pensent que la République est devenue impuissante"; "qui doutent, qui sont fatalistes, résignés, désespérés". Comme beaucoup avant lui, M. Hollande parle à la place de ceux qui ont décidé de suspendre leur expression (électorale). C’est paradoxal, certes, mais tellement pratique: l’abstention fait systématiquement l’objet des récupérations politiques les + indécentes. Et c’est probablement pour n’être pas totalement étranger à ce sentiment persistant d’écœurement général qu’il s’autorise ces facilités d’interprétation à l’endroit des abstentionnistes. La résignation? Au PS, on sait ce que c’est depuis maintenant près de 30ans. Hollande n’est certes pas le 1er, ni le dernier, à tenter l’audacieuse opération qui consiste à récupérer pour son propre compte les suffrages de ceux qu’il a lui-même contribué à éloigner du champ électoral. L’UMP en est réduit aux mêmes simagrées.

A l’évidence, et à chaque élection, ces rappels à l’ordre ("il faut aller voter") vont être de + en + nombreux et insistants au fur et à mesure que l’on s’approchera du 1er tour, d’autant + quand les 1ères évaluations situent le niveau d’abstention + haut que la fois précédente. Au-delà du risque de rater le 2nd tour, c’est une nécessité pour le système que de maintenir, à l’occasion des grandes échéances électorales, un semblant d’adhésion de la population. Lors des scrutins secondaires, l’abstention peut bien atteindre les 70%, elle n’inquiète personne [1]. Mais pour l’élection présidentielle qui préoccupait M. Hollande, un tel scénario était inenvisageable. Cela obligerait les professionnels de la politique à s’interroger publiquement sur la vitalité d’un régime qui aujourd’hui ne sert plus qu’une minorité.

Le grand problème de l’oligarchie est que le potentiel abstentionniste est bien supérieur à 30%. Cela fait longtemps que la majorité ne vote pas pour des idées et un programme, mais contre tel ou tel candidat. Les électeurs n’en finissent pas de voter par défaut. Rares sont ceux qui estiment les propositions des uns ou des autres. Deux mois avant le 2nd tour, alors même qu’il conserve une large avance dans les sondages, M. Hollande peine à convaincre sur le fond: une étude révèle que 53% des Français ne jugent "pas crédible" son programme économique. Tous les observateurs s’accordent à reconnaître que les promesses, d’où qu’elles viennent, ne seront pas tenues. Chacun s’est habitué aux campagnes-spectacles ou chacun "communique" en provoquant des "buzz" médiatiques. Seulement, dans la fausse concurrence qu’ils se livrent, les 2 principaux candidats en campagne sont confrontés à une incrédulité proportionnelle aux déconvenues successives infligées par leurs partis respectifs: la population les prend véritablement pour des clowns qui se partagent une scène en répétant les mêmes mauvais numéros, censés leur attirer l’attention: absence de scrupules et d’amour-propre, mensonge, mépris, lâcheté, ridicule... Immanquablement, le public se lasse. L’envie de quitter les gradins sans attendre la fin de la représentation devient pressante. Comment retenir cette foule, comment l’obliger à choisir, malgré sa conviction qu’on se moque d’elle?

Le vote sacralisé

 

Le système d’argumentation des anti-abstention est bien rôdé. Il a été tellement répété qu’il est récité par cœur par une bonne part de l’électorat, qui se fait ainsi le relais zélé des partis politiques dominants.

Dans un 1er temps, l’abstention est marginalisée en la présentant comme un manquement moral: "ne pas aller voter est irresponsable" dit-on partout. L’abstentionniste tient une position indéfendable à l’heure où des peuples tentent de conquérir le droit de vote au prix de terribles sacrifices.

Il est un citoyen inaccompli et même un citoyen qui se nie.

Le vote n’est-il pas à la fois un droit et un devoir?

Ou encore le devoir d’exercer ses droits?

Y renoncer, c’est renoncer à sa majorité politique.

L’abstentionniste n’assume pas sa responsabilité civique.

Il se dérobe devant sa liberté et donc sa condition d’homme.

Ce faisant, il expose la démocratie aux pires dangers et c’est le 2ème volet de l’immoralité de l’abstention. Ne pas prendre part aux élections revient à laisser la voie libre aux extrêmes anti-démocratiques:

"S’abstenir, c’est faire le jeu du FN".

L’injonction d’aller voter articule ainsi une pression morale à la possibilité de faire un choix libre.

Voilà, en substance, le message adressé aux abstentionnistes. Message de triple culpabilisation: l’abstention est un déni de liberté; une ingratitude foncière vis-à-vis de ceux qui ont lutté et dont les sacrifices ne doivent pas être vains; un soutien indirect au fascisme.

Cette thématique du manque ("manque de civisme") est reprise par M. Hollande sous une forme modifiée: il s’agit cette fois d’un manque d’espoir, de foi, de confiance… S’abstenir traduirait une carence, une imperfection, une incapacité qui se manifesterait moins sur le terrain moral que sur celui de la mystique républicaine de l’élection (croire en l’élu), peu importent les variations autour du thème. L’important est de réitérer l’idée que l’abstention est toujours le résultat d’une erreur (erreur morale dans un cas, d’appréciation dans l’autre).

Mais cette condamnation de l’abstention ne pourrait persuader une majorité de citoyens d’aller aux urnes que si 2 constats ne venaient pas la contredire: d’une part, il y a une réelle diversité de programmes politiques: impossible de confondre le FN avec EELV, ou l’UMP avec le NPA; d’autre part, le scrutin est régulier: a priori, pas de menaces sur l’intégrité des personnes avant le vote, pas de bourrage d’urnes massif…

Effets directs et antidotes à la fétichisation du vote


Cette argumentation est réfutable à + d’un titre. Par ex, l’idée selon laquelle ne pas aller voter renforce le Front National est pernicieuse parce qu’en réalité le FN doit sa force à ceux qui le soutiennent, pas à ceux qui s’abstiennent (et que rien n’empêcherait de voter pour lui).

De même, s’abstenir ne signifie pas "affaiblir les partis de gouvernement", cela signifie "ne pas aller voter".

Si le PS n’est pas passé au 2nd tour en 2002, ce n’est pas parce que le taux d’abstention était élevé, ce n’est pas parce que les autres candidats à gauche étaient nombreux. C’est parce qu’il n’avait pas réussi à convaincre. Tout simplement. D’ailleurs, sur ce point précis, nous retrouvons la question du vote utile. Le vote utile serait un moyen de contrer l’extrême droite. Dans son principe, il illustre bien l’équation dans laquelle sont placés les électeurs: l’important est de voter contre le pire. C’est dire que les partis traditionnellement vainqueurs de l’élection doivent le rester au nom de la lutte contre le fascisme, il s’agit donc là d’une prise d’otage conservatrice. Abstention, votes blancs et nuls, vote pour les partis minoritaires: tout devrait être sacrifié sur l’autel du réalisme électoral. En fait, on peut se demander dans quelle mesure le FN n’est pas consubstantiel au jeu bien réglé du PS et de l’UMP: ils ne se porteraient pas si bien sans lui. La question de leur complémentarité organique, structurelle, est posée. L’essentiel des objections qu’on peut opposer à la morale électoraliste est le fait que les anti-abstentionnistes fétichisent le vote: il faut voter, à tout prix, quoiqu’il advienne et indépendamment des idées. Leur attachement au vote est idéologique, càd aveuglant. Cela les empêche de voir la crise majeure de notre démocratie et, surtout, cela appauvrit considérablement leur imaginaire démocratique.

Eludée, la crise de la démocratie!

 

Il va de soi que le vote n’a, en lui-même, aucune signification. N’oublions pas que c’est par le vote que certains totalitarismes se sont imposés. L’important, c’est le système complexe dans lequel il s’inscrit.

Or, nul besoin d’être fin analyste pour constater que ce système est aujourd’hui délabré. Deux exemples suffisent. D’abord, le référendum de 2005, une démonstration de choix en la matière. Le contournement parlementaire du non a montré à quel point le fait de glisser un bulletin dans une urne peut s’avérer dérisoire. Ce fait justifie à lui seul que l’on s’abstienne de toute participation à la “démocratie directe” ou “représentative”. Un tel déni de souveraineté étant injustifiable, les inconditionnels du vote expliquent que la population n’est pas compétente pour statuer sur des textes aussi complexes que le projet constitutionnel, et qu’en votant non, elle a montré que certains enjeux lui échappaient: le mieux est donc de ne plus la consulter! D’ailleurs, à l’occasion de la ratification du traité de Lisbonne, M. Hollande avait avoué qu’il "ne demanderait pas explicitement à Nicolas Sarkozy d’organiser un référendum sur la question". Et M. Moscovoci, grand démocrate anti-abstentionniste, expliquait pour son parti pourquoi il vaut mieux "plutôt qu’une abstention constructive, un oui critique" pour le nouveau texte qui constitue un "important progrès", et qui sanctionne des "améliorations décisives". La séquence 2005-2007 a le mérite de montrer en quelle estime les représentants élus -toujours prompts à encourager à aller voter- tiennent le référendum.

Le 2ème ex est celui des retraites. Questionné au printemps 2008 sur la nécessité d’augmenter l’âge de départ, M. Sarkozy répondait:

"Je dis que je ne le ferai pas, pour différentes raisons, et la 1ère c’est que je n’en ai pas parlé pendant ma campagne présidentielle. Ce n’est pas un engagement que j’ai pris devant les Français, je n’ai donc pas de mandat pour faire cela. Et ça compte, vous savez, pour moi."

On connaît la suite. M. Sarkozy a une fois de + (mais comment fait-il ?) montré un étonnant sens du dialogue social et du rassemblement sur une question aussi fondamentale, surtout pour quelqu’un qui n’était pas mandaté.

"Aucun problème, rétorquent les fétichistes du vote, la réforme est encore démocratique puisque Nicolas Sarkozy a été élu".

L’argument est imparable: il donne carte blanche à tout représentant élu, sans que rien ne lui soit opposable.

Bien évidemment, cette position est étrangère à toute la tradition de pensée démocratique comme à celle de certains auteurs libéraux, tels que Tocqueville ou Constant. Tous 2 montrent les dangers inhérents au passage de la liberté des Anciens à celle des Modernes: dés le 19ème s. ils redoutaient la professionnalisation de la vie politique, le citoyen s’en remettant intégralement à ses représentants en ne décidant qu’au moment du vote. Cette délégation de souveraineté montre aujourd’hui toutes ses limites.

Or les pro-vote sont dans l’incapacité d’entendre les avertissements de Tocqueville. Ils n’entendront donc pas plus Marcel Gauchet qui évoquait, à l’automne 2010, une "dérive oligarchique" des élites et même un "retour d’ancien régime" quant à l’évolution politique de notre société. Comme la seule crise politique qu’ils redoutent est l’abstention, ils ne sont pas très regardants sur la remise en cause de la séparation des pouvoirs, sur l’absence de débat public digne de ce nom, sur la dépendance des médias vis-à-vis des grands intérêts financiers, ni sur les limites inhérentes à la représentation politique (cumul des mandats, reproduction de l’oligarchie régnante, dérives de la présidentialisation, probité douteuse du personnel politique, collusion entre la classe politique et les milieux d’affaires…). Les questions techniques (découpage des circonscriptions, mode de scrutin…) les ennuient, comme d’ailleurs les équilibres constitutionnels. Remplir les urnes leur suffit pour entretenir une bonne conscience démocratique!

On voit bien là à quel point la sacralisation du vote est inconséquente. Et même contre-productive. Censés garantir l’adhésion citoyenne au régime démocratique, les suffrages valident aujourd’hui sa dégénérescence. Défendre l’idée qu’il n’y a pas de bonnes raisons pour ne pas voter revient donc à cautionner un système, quelles que soient ses dérives.

Et le vote blanc ou nul? On assiste au retour en grâce du vote blanc [2], dont les promoteurs ne situent pas la difficulté au même niveau que moi. Certes, ils dénoncent la pensée unique, mais le problème se limite chez eux au renouvellement de l’offre politique. Alors pour eux le vote blanc est "l’outil démocratique le + adapté qui permet à l’électeur de signifier que l’offre politique ne lui convient pas" [3]. Autrement dit, ils attendent de nouvelles idées. Selon moi, l’affaire est beaucoup + grave parce que les conditions de la démocratie ont disparu. Ces conditions transcendent le clivage droite-gauche, elles sont un socle commun sur lequel s’érige le débat d’idées. Les bulletins blancs ou nuls ne résolvent qu’une (toute) petite partie d’un vaste dysfonctionnement.

Le vote électif appauvrit considérablement l’imaginaire démocratique. En + d’ignorer la crise politique majeure que nous traversons, les tenants du vote ont systématiquement tendance à réduire la démocratie aux élections, ce qui est une imposture à la fois politique, intellectuelle et historique… qui ne rend service à personne. Le vote électif n’est qu’un élément possible d’une vie démocratique. Il n’est en rien suffisant, ou nécessaire.

Tout d’abord, la démocratie représentative n’a pas vocation à dominer éternellement la démocratie directe. On peut très bien imaginer un recours systématique à cette dernière, sur des territoires réduits (conseil de quartier, autogestion en petite et moyenne entreprise…). Et d’autres modalités de désignation d’un représentant sont possibles. On pense évidemment au tirage au sort, très facile à moquer, mais qui n’appartient pas moins que le vote à la tradition démocratique. Enfin, la fétichisation du vote empêche de s’investir dans d’autres champs que le champ électoral. Je crois que l’expression démocratique est pourtant + vive dans une manifestation, autour d’un piquet de grève ou du blocage d’une raffinerie que dans un isoloir, tout seul, une fois de temps en temps.

Toutes ces pistes ne sont bien sûr possibles qu’à partir d’une nouvelle culture politique. Les citoyens doivent se réapproprier le bien commun, en mettant fin à une division du travail qui impose que les décisions soient prises par une infime minorité de professionnels installés, dont la longévité finit par battre tous les records. Les membres les + en pointe de l’oligarchie sont inépuisables: Chirac a terminé son 2nd mandat présidentiel 40ans après son 1er poste ministériel! Or, la conquête de la démocratie peut débuter en brisant le consensus contre l’abstention.

Il faudrait même préciser que l’abstention ne vaut que si elle est compensée par l’investissement d’un nouveau champ politique. Seule, elle ne permet pas de bâtir une société + juste. Elle n’est que le négatif d’un engagement vivant en faveur de causes.

C’est un monopole d’expression politique légitime que notre pays a construit autour des élections. Dans ces conditions, les absents aux urnes ont toujours tort. Or, les élections et la représentation politique ne sont pas des formes démocratiques données une fois pour toutes. Elles doivent s’adapter aux situations, et celles-ci évoluent sans cesse.

Quoi, d’ailleurs, de + démocratique qu’une veille permanente

et les ajustements qui s’ensuivent?

Peut-on raisonnablement admettre qu’un seul homme prétende en représenter 65 millions d’autres? La crise politique actuelle est avant tout une crise institutionnelle qui ne laisse indemne aucune forme (partis, constitution…). Réformer ne suffira pas. La réalité appelle une vraie révolution politique.

Cette révolution sera-t-elle portée par M. Mélenchon? Conformément à une tradition politique bien connue, le candidat du Front de Gauche pratique la stratégie de l’entrisme dans la 5ème République pour mieux fonder, affirme-t-il, une 6ème République. Le suivre au 1er tour, c’était faire un pari. De la même manière, bien que M. Hollande constitue peut-être une alternative souhaitable à la réélection de M. Sarkozy, il appartient vraisemblablement davantage au problème qu’à sa solution. Faut-il se fier, une fois de +, 

aux stratégies d’évitement du pire, au risque de reconduire un système condamné pour un nouveau tour? À chacun de juger.

Quoi qu’il en soit, ni le vote, ni l’abstention ne doivent être automatiques. L’abstention est une option possible, et valable, celle d’une certaine responsabilité civique, d’une certaine rationalité politique qui mérite qu’on s’y attarde. Elle ne peut pas être systématiquement réduite à un manque. Une pensée consistante et conséquente peut au contraire donner au non-vote une portée décisive, et contribuer pleinement à la refondation démocratique de notre société. Reconnaître cette vertu à l’abstention est aujourd’hui fondamental. Cela permettra au moins que, si de voter il est finalement question, cela ne se fasse pas contre elle.

 

Benjamin, GR, avril 2012

 

[1] Ce fut le cas lors du 1er tour des législatives partielles à Poissy, quand M. D. Douillet fut “contraint” à un 2nd tour. Au risque de paraître puriste, on serait tenté de “contraindre” à recommencer un nouveau scrutin quiconque prétendant représenter la nation avec une participation aussi faible!

[2] voir les sites vote-blanc.org ou parti-du-vote-blanc.fr

[3] Le vote blanc n’est pas un vote nul, article de Marie Naudet et Bruno Gaccio paru dans le Monde du 22/03/2012 

Benjamin démonte la diabolisation de l’abstension.

Pour lui, une seule personne ne peut pas prétendre

en représenter 65 millions.

La réalité appelle une révolution politique.

proposé par mamadomi

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commentaires

mamalilou 28/05/2013 14:28

-->> eh oui, c'est une bonne idée, de comptabiliser les votes blancs ou nuls, une meilleure encore de leur donner l'incidence dans le pourcentage, dans le résultat donc.
c'est une bonne idée aussi d'avoir un maximum de votants libres de voter blanc par ex le cas échéant
beaucoup moins important d'avoir un maximum de votants qui subissent la pression de devoir choisir sans option de voter blanc (donc de manifester n'être satisfait par aucun candidature), parce que
le vote blanc n'est pas pris en compte dans le calcul...

c'est une bonne chose dans l'idée, mais ça ne fait pas tout. le vote blanc compté comme suffrage exprimé c'est bien quand le vote est obligatoire, en belgique ce n'est pas encoe le cas, il n'est
pas compté pour autant.
Mais voyons ce qu'il en est dans le monde:

Il n’existe que 2 pays d'Europe à reconnaitre le Vote Blanc:

Suède: Le Vote Blanc est reconnu dans certaines élections, notamment dans le cas des Referendum. C’est tout de même plus démocratique d’avoir la possibilité de répondre autre chose que OUI ou NON à
une question posée!

Grèce: Au contraire de la Suède, le vote blanc grec est complètement détourné de son sens! Les résultats "blancs" sont attribués au candidat vainqueur en renforçant la majorité du-dit vainqueur!
Donc vous votez pour aucun des candidats mais votre voix va quand même à celui qui a le plus de voix. Le monde à l’envers! °_°

Par contre, en Amérique du Sud, le Vote Blanc est beaucoup plus reconnu:

Pérou: Le vote blanc est pris en compte dans les résultats avec pouvoir d’invalidation du scrutin si plus de 2/3 des bulletins sont blancs. La barre est certes "haute", mais on ne peut que saluer
la prise en compte des votes blancs.
Colombie: Le vote blanc est pris en compte dans les résultats avec système de quotient électoral. Pour savoir qui est élu, il faut diviser le nombre de bulletins valides par le nombre de sièges à
occuper. Ce quotient ainsi obtenu détermine la barre pour être élu.

Uruguay: Le vote Blanc est pris en compte comme suffrage exprimé mais uniquement parce que le vote est obligatoire. C’est toujours mieux qu’en Belgique ou au Luxembourg où le vote est obligatoire
ET où il est impossible de voter blanc. Vous ne pouvez y voter que pour les candidats que l’on vous propose … et sans vous abstenir!

Costa-Rica: A la pointe de la démocratie, le Costa-Rica reconnait officiellement le vote blanc comme suffrage exprimé. Ainsi lors de la dernière élection présidentielle en 2010, le vote blanc a
obtenu 0.35% des voix. Ce chiffre peut paraitre faible, mais les électeurs qui ne trouvaient pas satisfaction dans l’offre présentée ont pu se faire entendre, et ça c’est une vraie démocratie!

Et pour finir, le cas spécifique de l’Inde:

Inde: Le vote blanc est ici mitigé. En effet, il n’est pas "physiquement" possible de voter blanc. Par contre, il est possible de notifier au responsable du bureau de vote qu’on n’est pas satisfait
du choix proposé des candidats. Au dépouillement, s’il y a davantage de personnes qui ont "voté blanc" que de bulletins nominaux, l’élection est reportée avec de nouveaux candidats. Mais dans les
faits cela ne se produit que rarement. En effet, pour "voter blanc", il faut inscrire le nom de l’électeur dans un registre… ce qui est une atteinte flagrante au secret/anonymat du vote!

Mais cette faible reconnaissance du Vote Blanc n’efface pas une réelle volonté de citoyens du monde entier de vouloir faire évoluer les démocraties, notamment par le PVB, le parti du vote blanc par
ex:

En Belgique: "Blanco" prône la reconnaissance du Vote Blanc comme suffrage exprimé (comme le PVB), mais également la suppression du vote obligatoire.Car en Belgique comme tu dis, il est obligatoire
de voter, sous peine de poursuites… même si dans la pratique, plus personne n’est poursuivi, n'est-ce pas!

En Espagne: Le "Ciudadanos en Blanco" (ou Citoyens Blancs), est une association qui s’est depuis transformée en parti politique. Cette transformation n’avait qu’un but: présenter des candidats
blancs pour que le vote blanc soit enfin comptabilisé … tout comme le PVB souhaite le faire avec l’élection présidentielle de 2012.

aux États-Unis: Le mouvement "Vote for none of the above", ce qui signifie en français "Voter pour aucun [des candidats] ci-dessus". C’est une copie presque conforme, du moins dans le message, du
PVB.

merci à toi pour ce témoignage, en Europe on a de maigre variation des dispositions démocratiques mais globalement on arrive à la même mainmise sur le choix du peuple, parce qu'en aval, on n'a pas
ni de droit de regard sur les candidatures, ni d'exigence légale de compétences, comme pour n'importe quelle embauche dans la fonction publique par ex...

amitiés à vous deux et bisous printaniers.

vivrenchine 24/05/2013 00:30

Bonjour
en Belgique c'est simple le vote est obligatoire sous peine d'amende...mais on peux faire un vote blanc ou nul
Je te souhaite un très bon vendredi
Nos amitiés bises
Qing&René

tiot 23/05/2013 23:25

salut
Votez blanc est une erreur
Les français n'en ont pas marre de la République mais de politiciens véreux et de leur hypocrisie
bonne journée

mamalilou 28/05/2013 01:44



voter de force par défaut pour l'un ou surtout contre l'autre, est une erreur tiot


ce n'est pas un vote libre, mais un pis-aller


à ce compte-là, puisque nul n'obtient plus que 20% au premier tour grosso modo, un pdt n'est élu qu'avec 1/5 de vraies voix du peuple et le reste de votes "contre l'autre" ou "au plus approchant"
ou "pour pas voter blanc puisqu'on vous dit que c'est une erreur".


Si voter blanc était une erreur, tiot, ce ne serait pas une option.


les Français en ont marre qu'on leur interprête leurs votes, alors qu'ils n'ont pas de vrai choix libre. l'hypocrisie c'est ce mode de scrutin, et ce mode de sélection de, comme tu dis,
"politiciens véreux"... ils ne le sont pas tous!!! c'est bien ça le drame.


c'est au niveau du choix de candidatures qu'il faut agir: sur cv, sur dossier, avec des critères éthiques par ex votés par le parlement après consultation des électeurs:


- qu'est-ce qui importe pour vous d'un candidat? par ex: qu'il ait un casier judiciaire vierge!!!


ou encore qu'il ait moins de 65ans, va savoir ce que les électeurs choisissent.


Il est difficile et injuste de manipuler les électeurs sur les supputations quant à leurs choix de voter blanc. Encore plus injuste de les forcer à voter par défaut... inadmissible de participer
à un choix de politique qu'on ne veut pas, de force, par pression psychologique...


un vrai harcèlement aujourd'hui... 


la politique c'est bien, certains sont des profiteurs arrivistes et autres carriéristes avides de pouvoir... oui, mais pas tous. Ce sont les autres qu'on veut voir... et nous n'avons pas la
possibilité d'empêcher les pourris de postuler... voilà où la démocratie est raptée...


toute belle journée à toi tiot, sur ces considérations républicaines et démocratiques.



Soonya 23/05/2013 20:19

c'est bien de faire ce rappel
j'espère que tu vas bien
douce soirée
ti bo pluvieux

mamalilou 28/05/2013 01:36



oui, je vais mieux, merci Sonya


très gros bisous enfin ensoleillés depuis peu, ouf!



lizathenes 23/05/2013 19:24

Abstention et vote blanc ce n'est pas pareil. Que les votes blancs ne soient pas décomptés est un scandale mais je pense qu'il faut s'acharner et aller quand même voter. Rester chez soi c'est
abdiquer.

mamalilou 28/05/2013 01:36



en effet, et faute de prise en compte du vote blanc, comme du vote nul, il reste l'abstention pour exprimer son désaccord.... c'est ridicule quand on pense à ce que représente le vote en terme
d'image de la démocratie... mai s au fond, la démocratie ne se résume pas au vote... bien sûr.


Il reste que ne pas voter se fait plus remarquer que de voter par dépit, par défaut, sans conviction, ou même blanc.


Une absurdité dont les abstentionnistes n'ont pas la responsabilité, ils sont dans leurs derniers retranchements... nulle autre option "libre".


C'est le constat qu'il faut changer de mode de scrutin et même de mode de candidature d'ailleurs. Et non celui d'un désintérêt.


La façon de faire parler les abstentions et de négliger les votes blancs reste dans la manipulation qui vise à favoriser le bi-partisme, comme seul garde-fous soi-disant de toute extrêmisme...
c'est un marché de dupes... inacceptable.


et l'accepter c'est abdiquer sur un des fondements de la démocratie: le vote libre et pluraliste.