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ici, extrait de son indignation chez Taddeï

ses voeux de résistance 2011

en savoir plus à la fin de cette page en clic

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L'homme que vous voyez sur la photo n'est pas un 'Black Block' ni un misérable retraité. C'est Manolis Glezos qui en 1941, sous l'occupation nazie, est monté sur l'Acropole et a retiré le symbole nazi, la croix gammée. Qui est-il?
 
Manolis Glezos Manolis Glezos
70 ans + tard des personnes en uniforme, serviteurs des banques, qui ne mériteraient même pas de lécher ses chaussures, ont l'audace de lever la main sur lui...
Ceux qui ne comprennent pas que nous voyons monter une nouvelle forme de fascisme financier devraient y réfléchir à deux fois.
 Un lien chez bernard

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Suite aux pétitions de demande de soutien qui circulent:


Je déclare ne soutenir Eric Zemmour dans son combat pour la liberté d’expression qu'avec la réserve qui s'impose en regard du commerce qu'il fait de son impertinence dans sa posture d'opposition fanatique à ce qu'il appelle la pensée unique, opposition massive qui n'est qu'un grand fourre-tout de toutes les transgressions délétères par l'incitation à décomplexer toute forme de propos, de posture et d'investigation raciste.

Le poids de la parole publique enjoint une responsabilité et une prudence éthique qui, de toute évidence, lui pèsent dans son fantasme de toute puissance infantile tellement patent.

Ainsi, je NE CONDAMNE PAS LES PLAINTES ET PROCES QUI LUI SONT FAITS, NI LES CAMPAGNES DE SENSIBILISATION CONTRE SES EXCES ET SES FRANCHISSEMENTS DE LIGNE. Les pressions et menaces dont il fait régulièrement l’objet, en revanche sont nulles et non avenues.

Vous pourrez vous informer sur la charte éthique professionnelle du journalisme sur ce lien, dont:

- Refuse et combat, comme contraire à son éthique professionnelle, toute confusion entre journalisme et communication

- Ne confond pas son rôle avec celui du policier ou du juge

- Respecte la dignité des personnes

- N’use pas de la liberté de la presse dans une intention intéressée

- Prend la responsabilité de toutes ses productions professionnelles/répond devant la justice des délits prévus par la loi

- tient l’accusation sans preuve, l’intention de nuire, la déformation des faits, le mensonge, la manipulation, (...) pour les plus graves dérives professionnelles

http://obeissancecanine.free.fr/images/exercice1.gif

 vous pouvez commenter ici >> page blanche

15 septembre 2014 1 15 /09 /septembre /2014 07:11

 

Benjamin a trouvé dans le livre qu’il analyse ci-dessous de quoi nous éclairer et éviter toute confusion sur le sens des mots:

Le livre de Jean-Claude Michéa intitulé Les mystères de la gauche, et sous-titré de l’idéal des lumières au triomphe du capitalisme absolu, part d’une volonté de clarifier le sens des mots qui servent à désigner les forces et mouvements politiques.

JPEG - 9.6 ko

L’importance que revêt ce travail tient, selon lui, à la nécessité de rassembler la tradition radicale derrière une appellation unique.

Comment faut-il appeler ceux qui luttent pour l’émancipation humaine?

En fait, le débat sur les mots est l’occasion pour J.C. Michéa de dénoncer une fausse radicalité (qu’il choisit d’appeler la gauche) et de mettre en avant une vraie radicalité (qu’il appelle le socialisme).

UMP = PS = Libéralisme

 

 

L’auteur critique la lecture bipolaire de la vie politique et les pseudo alternances entre la droite et la gauche. Pour lui, la droite (l’UMP) et la gauche (le PS) de gouvernement ne diffèrent pas fondamentalement pour la simple et bonne raison qu’elles sont toutes 2 issues de la même tradition politique: le libéralisme. On peut être étonné de ce qui peut, de prime abord, passer pour un amalgame: le PS, justement parce qu’il serait “socialiste”, ne saurait être “libéral“.

Nous avons tous à l’esprit cette antinomie, cette contradiction: les libéraux et les socialistes s’opposent. Ce qui les distingue le mieux (du moins dans la conscience commune) est la place qu’ils assignent à l’État.

- Les libéraux, c’est connu, veulent moins d’État et ont confiance dans le marché économique comme institution de régulation de la société.

- À l’inverse, les socialistes veulent un État fort qui assure la cohésion sociale; le marché ne fait que mettre en relation des intérêts particuliers contradictoires; il n’est nullement synonyme d’équilibre.

La situation est donc paradoxale pour le lecteur. J.-C. Michéa > reconnaît parfaitement le clivage libéralisme-socialisme. Il suit en cela le sens commun. Mais en revanche, il prend ce sens commun à contre-pieds en excluant le PS du socialisme et en en faisant un parti libéral.

Son opération, qui consiste à redonner leur légitimité à des catégories politiques héritées du 19ème s. (libéralisme, socialisme) au détriment du clivage gauche-droite utilisé tous les jours aujourd’hui, n’est donc pas anodine: elle lui sert à exhumer des antagonismes idéologiques qui ont beaucoup perdu en visibilité (et qui sont donc pour cette raison bien peu intuitifs pour nous), mais qui demeurent, selon lui, incontournables pour tracer une ligne de partage entre l’aliénation et l’émancipation humaine.

Essayons tout d’abord de comprendre pourquoi le PS est libéral pour J-Claude Michéa.

Pourquoi le PS n’est pas socialiste…


D’une part, il est évident que le PS s’est rallié au libéralisme économique au moins depuis le début des années 1980. Il est même le principal architecte de la libéralisation de l’économie française au travers des différents traités européens que ses élus ont signés ou des réformes qu’ils ont imposées au pays. Mais J.-C. Michéa va + loin. Il rappelle que le libéralisme a 2 dimensions: l’une économique, c’est la + connue, l’autre politique, moins évidente.

Qu’est-ce que le libéralisme politique?

Selon l’auteur, c’est une certaine idée de la liberté qui confine au relativisme moral le plus absolu. En substance, vous avez le droit (vous êtes libre) de tout faire pourvu que cela n’empêche personne d’en faire autant. Vous voulez vendre votre corps ou acheter celui de votre voisin? Un juriste libéral conséquent ne vous opposera jamais une règle morale ou un quelconque interdit (par ex “atteinte à la dignité humaine”). Il s’assurera seulement que ce voisin est consentant et il vous proposera le cas échéant de formaliser cet accord sous la forme d’un contrat. Le libéralisme politique, c’est aussi simple que ça: rien n’est interdit a priori, le contrat entre individus, quel qu’en soit le contenu, est toujours possible tant que les parties non-prenantes ne sont pas lésées. J.-C. Michéa compare le droit libéral au code de la route qui ne se soucie jamais de la direction que vous prenez mais qui cherche à éviter les carambolages. Les libertés sont concurrentes les unes des autres ("la liberté de l’un s’arrête où commence celle de l’autre" entend-on souvent), tout le génie du droit libéral consiste à les faire cohabiter. Paradoxalement, ce libéralisme politique bénéficie d’une perception extrêmement favorable aujourd’hui: qui est contre les droits de l’homme? Qui est contre la tolérance? J.-C. Michéa nous met en garde. Derrière ce paravent de bons sentiments, règne un laissez-faire moral qui rend l’existence collective invivable.

Pour l’auteur donc, si le PS s’est rallié au libéralisme économique, qui est un cheval de bataille plutôt “de droite”, il est sans conteste le promoteur historique du libéralisme politique, qui est d’ailleurs une spécialité “de gauche”. Au final, le PS est bien de gauche (promoteur du libéralisme politique), et non pas… socialiste!

Selon Michéa, la différence historique entre la gauche et la droite est une prédilection pour l’un ou l’autre des 2 volets (la dimension politique ou la dimension économique) d’une seule et même doctrine (le libéralisme), doctrine tout à fait cohérente en elle-même (certaines notions peuvent être employées dans les 2 champs indifféremment: individu, concurrence, contrat…). Gauche et droite sont solidaires et complémentaires idéologiquement. D’où l’impasse des alternances depuis 30 ans.

Mais où est passé le socialisme?

 


À bien y réfléchir, ce que nous dit l’auteur n’est pas totalement nouveau et nous pouvons trouver nous-mêmes des éléments qui cadrent parfaitement avec ses analyses. Par ex, l’hypercompatibilité gauche-droite s’illustre par l’exemple de J-Marie Bockel qui fonde la Gauche Moderne pour rejoindre l’UMP. Quant à l’antagonisme gauche-socialisme, il suffit de lire le livre d’entretiens de Manuel Valls: Pour en finir avec le vieux socialisme… et être enfin de gauche pour s’en convaincre.

Bon, accordons à l’auteur que le socialisme originel est introuvable au PS; ce qui, soit dit en passant, est loin d’être un effort surhumain. Et l’extrême gauche? A priori, les différentes organisations comme le Front de Gauche, LO ou le NPA, parce qu’elles mettent en avant la lutte des classes et se réclament de l’orthodoxie marxiste (justement brocardée dans le débat politique pour son purisme et sa résistance à l’ordre libéral) nous paraissent immunisés contre le virus libéral: ne sont-ils pas de facto brevetés, estampillés, labélisés socialistes? En fait, écrit J.-C. Michéa, l’extrême gauche n’est pas un bon antidote contre la menace libérale. Par certains aspects, en effet, elle exprime elle aussi des tendances assimilables au libéralisme. Lesquelles? Pour le comprendre, l’auteur évoque à plusieurs reprises la pensée de Marx qu’il juge équivoque: d’un certain côté, certes, elle est une critique sans concession du règne de la marchandisation libérale (en cela elle fonde une véritable critique socialiste du libéralisme); d’un autre, elle adopte une posture scientiste et positiviste. Ce dernier aspect se traduit par ex par un sens de l’Histoire selon lequel l’histoire humaine (Antiquité, Moyen Âge, époque moderne…) serait une série nécessaire, organisée et même intelligible d’étapes de développement. Marx, comme presque tout le monde à son époque, noue Progrès et Histoire. Ces 2 dynamiques sont pour lui indissociables: + on avance dans le temps, + l’Humanité progresse et + on se rapproche du but: l’émancipation. Michéa appelle cette croyance “la métaphysique du progrès” et il pense qu’elle constitue un des 2 traits fondamentaux du libéralisme (l’autre est la Croissance, à laquelle se rattache l’extrême gauche par son productivisme). Or, c’est cette sensibilité à l’histoire qui prédominera rapidement, dés la Deuxième Internationale en fait, et qui constituera le fondement de l’orthodoxie marxiste: déterminisme historique, rôle de la grande industrie et + généralement du progrès technologique dans la marche historique, mépris des classes moyennes au profit du seul prolétariat comme agent du changement… Bref, l’extrême gauche d’aujourd’hui est avant tout une héritière du Marx libéral !!

Une fois Marx critiqué, une fois la gauche et l’extrême gauche écartées, on se demande vraiment où l’auteur peut bien situer le socialisme. Il cite bien certains noms oubliés aujourd’hui: les socialistes français avec Cabet, Leroux, Considérant ou les populistes russes; il appelle certes à la rescousse G. Orwell et sa common decency, ou encore M. Mauss et sa morale du don. Il fait aussi référence au courant anti-industriel et à celui + récent de la décroissance. Mais l’impression que laisse cette énumération est que le socialisme se livre par éclats théoriques plutôt que par luttes politiques (un parti pris de l’auteur assurément discutable) selon une tradition qui est loin d’être sous les feux de la rampe.

Le socialisme phagocyté par la gauche


Cette relative confidentialité du socialisme s’explique selon J.-C. Michéa par l’histoire nationale. Au XIXè s., la vie politique n’est pas encore bipolaire.

- Il y a bien l’équivalent de la gauche actuelle qui regroupe différentes fractions, de la grande bourgeoisie industrielle et libérale à la petite bourgeoisie commerçante et artisanale: c’est le parti, libéral et républicain, du changement.

- Il y a la droite, très différente de celle que nous connaissons aujourd’hui puisqu’elle regroupe alors les sensibilités monarchistes et cléricales (“l’alliance du trône et de l’autel”), càd des forces sociales et politiques précapitalistes et contre-révolutionnaires: c’est, à proprement parler, la Réaction face aux différents courants se réclamant des Lumières et de la Révolution Française.

- Mais, à côté de ce clivage gauche droite, se distingue une 3ème composante: le mouvement ouvrier, càd le socialisme.

Le choc de l’affaire Dreyfus va rapprocher les libéraux et les socialistes (parlementaires du moins) qui s’allient face à la droite réactionnaire et antidreyfusarde. Cette alliance est une alliance de circonstance face à un ennemi commun très puissant à l’époque, elle ne traduit en rien une quelconque compatibilité politique. Elle est d’autant moins prévue pour durer que socialistes et libéraux se sont affrontés à plusieurs reprises depuis le milieu du siècle. À ce propos, Michéa rappelle opportunément que

"les 2 répressions de classe les + féroces et les + meurtrières qui se soient abattues, au XIXè s., sur le mouvement ouvrier français ont chaque fois été le fait d’un gouvernement libéral ou républicain."

Mais voilà, ce pacte a duré et n’a jamais été remis en cause. Les socialistes, malgré une longue période pendant laquelle ils sont parvenus à faire valoir leurs mots d’ordre au sein de leur alliance avec la gauche, ont finalement été intégrés à cette dernière. Le compromis de “défense républicaine” auquel ils ont consenti à la fin du XIXè s., et qui ne devait pas durer, a donc conduit à la dissolution de leur spécificité. La gauche a phagocyté le socialisme.

On remarque par ailleurs que la droite réactionnaire a, quant à elle, disparu depuis le milieu du XXè s. Elle est remplacée par des partis dont la base électorale est plutôt conservatrice (soucieuse de la défense des valeurs traditionnelles) mais dont les programmes témoignent de

- leur ralliement massif à l’individualisme libéral,

- à la mondialisation marchande

- et au culte de la croissance illimitée.

De ce point de vue, l’évolution doctrinaire est bien + patente à droite qu’à gauche. La droite s’est libéralisée. D’une certaine manière, nous pouvons dire qu’elle s’est “gauchisée”. Finalement, l’auteur décrit, entre 1894 et les années 1970, un processus d’assimilation par la gauche de ses adversaires socialistes et réactionnaires qui aboutira à la pensée unique.

Le socialisme originel décrit par J.-C. Michéa se distingue du libéralisme avant tout par son sens moral. Pour lui, la soutenabilité de nos modes de vie est autant une question de rapport à l’autre que de rapport à notre environnement. De la même manière que nous devons apprendre à vivre dans un monde physique fini (la croissance économique ne saurait être illimitée), il est indispensable de reconnaître la transcendance des limites morales. Alors que l’image la + répandue du courant libertaire tient justement à la dénonciation de toute forme d’autorité et de normes ("il est interdit d’interdire"), l’auteur, anarchiste lui-même, affirme la nécessité d’une décence ordinaireIl attire ainsi notre attention sur l’incompatibilité de sphères intellectuelles et militantes qui se réclament toutes, ou qui sont toutes associées à l’anticapitalisme.

Nous retrouvons là le principe de l’ouvrage < d’Eve Chiapello et de Luc Boltanski > , Le nouvel esprit du capitalisme. Mais pour clivantes qu’elles soient, ses analyses ont cependant le mérite de restituer la cohérence d’une pensée “socialiste”, seule véritable alternative aux impasses actuelles.

Benjamin, GR, mai 2013

proposé par mamadomi

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commentaires

mamalilou 21/09/2014 00:19

-->> rhaaa, c'était pourtant sensé être ça, dans le berceau de la démocratie, en Grèce... la politique au service de l'individu
Socrate doit s'arracher la barbe!

Aloysia 18/09/2014 18:15

Peut-on vivre aujourd'hui la politique comme il y a un siècle ? La société a évolué, la politique doit évoluer également. La politique est au service de l'individu, et non l'individu au service de
la politique ; la politique est au service de la nation, et non la nation soumise aux idées politiques !

mamalilou 18/09/2014 14:56

-->> c'est vrai, nous pauvres innocents, abusés par la politique de pouvoir et de spectacle, nous voyons toutes les belles notions humanistes, toute la citoyenneté et la solidarité locales
bafouées et galvaudées, voire anéanties par ces agissements à grande échelle.
On nous maintient dans la peur, de tout, de l'autre
on nous lève les uns contre les autres, y compris pauvres et exclus contre d'autres pauvres et exclus, en divisant pour mieux régner
et comme des ânes, on vote, comme si la plupart de ces joueurs de poker et d'échecs espéraient vraiment autre chose que de promouvoir leur seule personne....
oh bien sûr, une grande masse d'acteurs de notre politique sont de fervents défenseurs de nos droits et de notre structure sociale et sociétale, mais la part la plus intéressée d'entre eux, est
tellement puissante, que nous devrons rapidement tour reprendre en main par notre discipline personnelle à paramétrer
notre quotidien dans la sobriété, l'utile, le bienveillant et le vrai...
il va y avoir un grand chambardement, un ras-le-bol anti-matérialiste... ça se sent arriver...
redevenons simples et on verra bien que la Terre nous nourrit tous...et que nous nous supportons tous très bien....

doux bisous à toi Renée, merci pour ce passage rayonnant, nous avons une petite reprise d'été ici!!!

mamiekeke :0026: 17/09/2014 18:58

Pour moi pauvre innocente , P.S et droite cela à toujours été du pareil au même et grosso modo c' est ce que j' en déduit aussi en lisant ton texte ha ha ha et bien nous voilà beau ha ha ha .
Gros bisous marseillais chère mamadomi à une prochaine fois .
(ici il a fait très beau toute la journée et maintenant l' orage et la pluie arrive) a +++

Renée (mamiekéké).

bernieshoot 17/09/2014 16:58

intéressant cette analyse,
ceci étant le quotidien peut-il vivre de ce débat ?

mamalilou 18/09/2014 14:47



de ce débat? ou des suites à y donner?


on tient tant de ces paramètres pour des acquis qu'on imagine mal vivre le quotidien autrement...


ce n'est pas qu'une vue de l'esprit, tout n'est pas un progrès ou "pas qu'un progrès"...


une certaine sobriété rend souvent plus heureux, et simplement plus sécure...