Overblog
Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Bienvenue!

  • : caplibre
  • caplibre
  • : lieu d'échanges et de convivialité, en toute simplicité sur tous les sujets qui vous intéressent, des débats, de l'actualité, musique, poésie, humour, partage... bienvenue à tous les gourmands de la vie et aux adeptes de la pensée sans frontière!...ou de la non-pensée :) n'hésitez pas, proposez vos questions/sujets en cliquant sur "contact", en bas de page...ce sera publié!
  • Contact

T'entends quoi?

http://i54.photobucket.com/albums/g108/chrisnature/MERYCHRISTMASGold3.gif?t=1165322175http://nsm02.casimages.com/img/2009/11/23/091123092629330824919416.gifhttp://i54.photobucket.com/albums/g108/chrisnature/MERYCHRISTMASGold3.gif?t=1165322175http://nsm02.casimages.com/img/2009/11/23/091123092629330824919416.gifhttp://i54.photobucket.com/albums/g108/chrisnature/MERYCHRISTMASGold3.gif?t=1165322175

Oscar 2012 dans la catégorie du 
 court métrage documentaire

pour "Saving Face":la réalisatrice pakistanaise

Sharmeen Obaid-Chinoy lance sa campagne

contre les attaques à l'acide qui chaque année

défigurent + d'une centaine de femmes.

www.savingfacefilm.com

http://i54.photobucket.com/albums/g108/chrisnature/MERYCHRISTMASGold3.gif?t=1165322175

Pour suivre les décisions et les changements
voulus par le peuple et pour le peuple

c'est ICI, dossier ALUR pour ex

texte de Loi

►oops ça coupe, suite ici 
+ de zik ici [les notes que j'aime]

HOME
...pour voir le film de Yann Arthus-Bertrand
et une critique ici
; autre film (7'30):
Des fOrêts et des hommes
horloge mondiale

un moment Ted ici, avec Jill Bolte

hymne à la beauté de la nature ici

à lire absolument:
comprendre l'histoire d'Israël
par le grand universitaire Ilan Pappe
août 06 et toujours actuel...

138 pays reconnaissent la Palestine
en tant qu'état, 179 pays maintiennent leurs relations
diplomatiques, le pays est devenu membre de l'ONU
en 2011 (actuel statut d'observateur) mais
la demande d'adhésion n'aboutit pas à cause
du véto des E.U. et des pressions d'Israël
le 31 oct 2011:
la Palestine siège enfin à l'UNESCO
le 29 nov 2012
la Palestine devient
"un ETAT observateur
'non-membre' de l'ONU"


alerte huiles frelatées, à lire d'urgence

lexique pour les achats de poisson

dossier Red Bull, chez terre et mer
(plusieurs liens) ne pas consommer

Champs électromagnetiques et santé -
les REM, rayonnements électromagnétiques

les limites de la liberté d'expression:
incitations sans équivoques...
attention Printemps de Bourges en observation

HADOPI,
ses sanctions son vote aléatoire
pédagogie, pourquoi craindre Hadopi
sitôt votée, sitôt contournée, *ICI*
héhé...
riposte graduée censurée

les bibliothèques numériques sur Internet

Les 10 multinationales les + dangereuses
ICI

tout OGM = dépendance,...
moratoires nationaux et mobilisation

fruits et légumes de saison
chez Pol  merci 

scandale écologique de la fraise espagnole
chez
 Béa K

Où Qu'il Est, L'article?

Cap à citer

earth hour

 Samedi 29/03/14:
20h30/21h30
 ...merci à tous 
www.earthhour.be.
le 23/03/2013
on a aussi éteint les lumières!

http://i54.photobucket.com/albums/g108/chrisnature/MERYCHRISTMASGold3.gif?t=1165322175http://nsm02.casimages.com/img/2009/11/23/091123092629330824919416.gifhttp://i54.photobucket.com/albums/g108/chrisnature/MERYCHRISTMASGold3.gif?t=1165322175http://nsm02.casimages.com/img/2009/11/23/091123092629330824919416.gifhttp://i54.photobucket.com/albums/g108/chrisnature/MERYCHRISTMASGold3.gif?t=1165322175

Tunisie-drapeau.jpg

Pour une Tunisie et une Egypte
libres & démocratiques
calligraphie
bravo aux Lybiens, ya du travail encore...:

 courage aussi aux Yéménites, avec la révolution des femmes:

Drapeau du Yémen
...aux Syriens, qui paient cher:
aux Maliens, en proie au mal anti-éducation qui fait le lit de toutes les dominations:
et, que partout où
la liberté est bafouée,
la révolution se propage:
Algérie,Bahrein,Burkina Faso,Chine,
Djibouti,Haïti,Irak,Iran,Japon, 
Jordanie,Kenya,Koweit,Liban, 
Maroc,Mauritanie,Nigeria,Oman,
Palestine et Israël,Somalie,Soudan 
 ...France!
...Ukraine qui choisit des valeurs de démocratie dans le rapprochement à l'Europe, au détriment d'avantages économiques à rester liée à la Russie! Avec les risques extrémistes que ça comporte...
Thaïlande...

http://nsm02.casimages.com/img/2009/11/23/091123092629330824919416.gif

l'origine du  mot  bug

Severn, la voix de nos enfants

 http://nsm02.casimages.com/img/2009/11/23/091123092629330824919416.gif

de notre ami Vladimir Vodarevski

ZEM apprenti maître zen
ici

cannabis, attention quand même...
dangers, alerte, qlqs infos
chez cardamome

http://nsm02.casimages.com/img/2009/11/23/091123092629330824919416.gif

lettre ouverte d'un gendarme au président

de la république M. Hollande:


Couches Absorbées

Caplibreurs et surfeurs

Blog animé depuis bientôt 7ans

792 000 visites au 13 jan 2015
merci à tous et à toutes
...pour tous vos commentaires:
le 55 000ème, mercredi 5 nov 2014
déposé par:
bouquet rose et mauve
MERCI DE VOTRE VISITE

Je m'insurge!

Hommage à Stephane Hessel, récemment il avait subi la censure pour s'être exprimé contre les choix du gouvernement israëlien à l'encontre du peuple palestinien

 

ici, extrait de son indignation chez Taddeï

ses voeux de résistance 2011

en savoir plus à la fin de cette page en clic

******************************************************************************

L'homme que vous voyez sur la photo n'est pas un 'Black Block' ni un misérable retraité. C'est Manolis Glezos qui en 1941, sous l'occupation nazie, est monté sur l'Acropole et a retiré le symbole nazi, la croix gammée. Qui est-il?
 
Manolis Glezos Manolis Glezos
70 ans + tard des personnes en uniforme, serviteurs des banques, qui ne mériteraient même pas de lécher ses chaussures, ont l'audace de lever la main sur lui...
Ceux qui ne comprennent pas que nous voyons monter une nouvelle forme de fascisme financier devraient y réfléchir à deux fois.
 Un lien chez bernard

******************************************************************************

Suite aux pétitions de demande de soutien qui circulent:


Je déclare ne soutenir Eric Zemmour dans son combat pour la liberté d’expression qu'avec la réserve qui s'impose en regard du commerce qu'il fait de son impertinence dans sa posture d'opposition fanatique à ce qu'il appelle la pensée unique, opposition massive qui n'est qu'un grand fourre-tout de toutes les transgressions délétères par l'incitation à décomplexer toute forme de propos, de posture et d'investigation raciste.

Le poids de la parole publique enjoint une responsabilité et une prudence éthique qui, de toute évidence, lui pèsent dans son fantasme de toute puissance infantile tellement patent.

Ainsi, je NE CONDAMNE PAS LES PLAINTES ET PROCES QUI LUI SONT FAITS, NI LES CAMPAGNES DE SENSIBILISATION CONTRE SES EXCES ET SES FRANCHISSEMENTS DE LIGNE. Les pressions et menaces dont il fait régulièrement l’objet, en revanche sont nulles et non avenues.

Vous pourrez vous informer sur la charte éthique professionnelle du journalisme sur ce lien, dont:

- Refuse et combat, comme contraire à son éthique professionnelle, toute confusion entre journalisme et communication

- Ne confond pas son rôle avec celui du policier ou du juge

- Respecte la dignité des personnes

- N’use pas de la liberté de la presse dans une intention intéressée

- Prend la responsabilité de toutes ses productions professionnelles/répond devant la justice des délits prévus par la loi

- tient l’accusation sans preuve, l’intention de nuire, la déformation des faits, le mensonge, la manipulation, (...) pour les plus graves dérives professionnelles

http://obeissancecanine.free.fr/images/exercice1.gif

 vous pouvez commenter ici >> page blanche

21 novembre 2014 5 21 /11 /novembre /2014 23:28

page-7_Box9.jpg

ACHAT_VOITURE1.jpg

page-7_Box9.jpg

Sous le titre du journal La Grande Relève ainsi que sur les pages de caplibre depuis désormais 6ans, on trouve ces mots de Victor Hugo

Vous voulez les pauvres secourus,

moi je veux la misère supprimée

 

...sortie de son contexte, cette citation ne dit rien sur la réalité du combat à mener.

 

A la lecture d'un récent article de Gérard Mordillat, écrivain et cinéaste, Guy Evrard y a trouvé des éléments de réflexion qui en éclairent la portée aujourd'hui.

eecce1526ef9ccc0172db879d61a1b51.png

Soyons francs, la citation ambitieuse de Victor Hugo n’a jamais donné la force de renverser l’ordre social triomphant. A-t-elle seulement été brandie en étendard lors des grands mouvements populaires depuis qu’elle fut écrite? Elle est aujourd’hui pourtant souvent citée sur internet. Pour qui n’a pas lu le chapitre du roman de Victor Hugo, Quatre-vingt-treize, publié en 1874 et dont elle est extraite [1], elle évoque plutôt Les Misérables (1862), œuvre dans laquelle les gens du peuple se sont reconnus bien au-delà de nos frontières. Mais un roman, fut-il une fresque immense, n’est qu’une représentation, une mise en scène, ici de la misère humaine. Et s’il contribue à la prise de conscience, y compris de ceux qui souffrent, il est difficile d’y voir un instrument de lutte politique. Il touche trop au cœur et au ventre et ne stimule sans doute pas assez l’analyse et la réflexion. Cela tient-il à son auteur et à ses ambiguïtés [2] ou plutôt au fait qu’il décrit une époque dépassée, dont la suite nous a montré que la lutte des classes n’est pas seulement affaire de sentiments? En tout cas, les luttes populaires de la 2nde moitié du 19ème et du 20ème s., qui sans doute ont enraciné dans l’imaginaire des hommes révoltés les œuvres de Hugo (1802-1885), puis de Zola (1840-1902), ne sont jamais parvenues à vaincre et à transformer la société en profondeur, en dépit des sacrifices consentis et d’avancées certes importantes mais sans cesse remises en question. L’aliénation des peuples reste fondamentalement inscrite dans la stratégie des oligarchies qui dominent le monde.

page-7_Box9.jpgVictor Hugo s’élève contre la misèrepage-7_Box9.jpg

JPEG - 13.9 ko
Victor Hugo
Victor Hugo vers 1875, portrait tiré de Wikipédia

 

Dans un discours à l’Assemblée Nationale le 9 juillet 1849 [3], Victor Hugo, devenu républicain après 1848, clame:

"je suis de ceux qui pensent et qui affirment qu’on peut détruire la misère. (...) La misère est une maladie du corps social comme la lèpre est une maladie du corps humain; la misère peut disparaître comme la lèpre a disparu. (...) Les législateurs et les gouvernants doivent y songer sans cesse; car, en pareille matière, tant que le possible n’est pas le fait, le devoir n’est pas rempli".

Après quelques ex dignes effectivement des Misérables, V. Hugo enchaîne:

"Eh bien (...) je dis que ce sont là des choses qui ne doivent pas être; je dis que la société doit dépenser toute sa force, toute sa sollicitude, toute son intelligence, toute sa volonté, pour que de telles choses ne soient pas!".

Et, avec cette grandeur d’âme qui se traduit par un vœu pieux:

"Voilà pourquoi je voudrais pénétrer tous ceux qui m’écoutent de la haute importance de la proposition qui vous est soumise. Ce n’est qu’un 1er pas, mais il est décisif. Je voudrais que cette assemblée, majorité et minorité, n’importe, je ne connais pas, moi de majorité et de minorité en de telles questions; je voudrais que cette assemblée n’eût qu’une seule âme pour marcher à ce grand but, à ce but magnifique, à ce but sublime, l’abolition de la misère".


Bien sûr que la loi a le pouvoir d’éradiquer la misère, c’est même l’outil obligé aujourd’hui dans les riches démocraties occidentales. Et pourtant, Victor Hugo doit revenir sur le sujet dans Quatre-vingt-treize en 1874 et nous... dans La Grande Relève en 2012. C’est que nous cherchons en vain, dans son discours de 1849, la moindre référence à la société de classes, au rapport de force entre exploiteurs et exploités. Comme s’il suffisait d’appeler à un effort du pouvoir pour changer les choses, sans s’interroger sur la constitution de ce pouvoir:

"Et (...) je ne m’adresse pas seulement à votre générosité, je m’adresse à ce qu’il y a de + sérieux dans le sentiment politique d’une assemblée de législateurs!".

La suite nous dit pourquoi les aspirations du peuple en lutte ne sont pas près d’être satisfaites, référence aux journées de 1848:

"avec le concours de la garde nationale, de l’armée et de toutes les forces vives du pays, vous venez de raffermir l’Etat, ébranlé encore une fois. Vous n’avez reculé devant aucun péril, vous n’avez hésité devant aucun devoir. Vous avez sauvé la société régulière, le gouvernement légal, les institutions, la paix publique, la civilisation même".

On se rappelle aussi que Victor Hugo ne soutint pas davantage la Commune de Paris en 1870-71, même s’il condamna la répression Versaillaise lors de la Semaine sanglante.


La fin du discours montre que cette volonté de supprimer la misère, si elle est bien celle d’un humaniste, répond davantage à un réflexe de morale et de charité qu’à la revendication d’un droit de justice sociale:

"Vous n’avez rien fait (...) tant que l’ordre matériel n’a pas pour base l’ordre moral consolidé! Vous n’avez rien fait tant que le peuple souffre (...) tant qu’il y a au-dessous de vous une partie du peuple qui désespère! (...) tant que ceux qui sont dans la force de l’âge et qui travaillent peuvent être sans pain! tant que ceux qui sont vieux et ont travaillé peuvent être sans asile! tant que l’usure dévore nos campagnes, tant qu’on meurt de faim dans nos villes, tant qu’il n’y a pas des lois fraternelles (...) qui viennent de toutes part en aide aux pauvres familles honnêtes, aux bons paysans, aux bons ouvriers, aux gens de cœur!".

JPEG - 18.9 ko
Cosette - Illustration pour Les Misérables par Emile Bayard (Wikipédia)

Et pour preuve que l’idée de changer fondamentalement la société n’était pas à l’ordre du jour:

"Vous n’avez rien fait tant que l’esprit de révolution a pour auxiliaire la souffrance publique! (...) tant que dans cette œuvre de destruction et de ténèbres, (...) l’homme méchant a pour collaborateur fatal l’homme malheureux!".

page-7_Box9.jpgQuatre-vingt-treizepage-7_Box9.jpg

 

Dans son refus de la misère, de 1849 (discours à l’Assemblée) à 1874 (Quatre-vingt-treize), Victor Hugo semble pourtant être passé de l’idée d’une sorte de charité institutionnelle à une interrogation sur la légitimité à se révolter contre la misère. Il ne s’agit plus de concéder aux + pauvres des moyens de survivre dans un monde au fond immuable, mais d’accéder à la remise en cause de ce monde. En situant le roman dans la période la + exigeante de la Révolution française, écrit après l’expérience de la Commune de Paris, l’auteur poursuit, dans le chapitre d’où est extraite la citation évoquée précédemment, ses interrogations sur le sens des révolutions.

La scène se passe dans un cachot, la nuit qui précède l’exécution de Gauvain, jeune révolutionnaire empreint d’idéal et d’humanité, visité par Cimourdain, qui fut son précepteur et lui transmit son idéal républicain, mais est aujourd’hui l’envoyé du Comité de Salut Public et décida de sa condamnation à mort, au nom de la loi. Le 1er illustre la République magnanime et fraternelle, alors que le 2nd représente la République inflexible, poursuivant un objectif de justice impitoyable. Leur échange, dans ces circonstances, puise au fond des convictions les + intimes de tous ceux qui luttent pour changer le monde et pose, bien sûr, avec force, la question de la soumission de l’individu (sa liberté, sa vie, ses rêves) au groupe (l’intérêt général, la responsabilité collective). V. Hugo ne tranche pas dans le texte et on ne sait pas s’il comprend déjà que des individus + libres contribuent d’autant mieux au bonheur collectif quand ce bonheur est bien l’objectif commun, dans l’égalité de tous.

Quelques extraits:

— Gauvain: Les grandes choses s’ébauchent. Ce que la révolution fait en ce moment est mystérieux. Derrière l’œuvre visible, il y a l’œuvre invisible. L’une cache l’autre. L’œuvre visible est farouche, l’œuvre invisible est sublime. En cet instant je distingue tout très nettement. C’est étrange et beau. Il a bien fallu se servir des matériaux du passé. De là cet extraordinaire 93. Sous un échafaudage de barbarie se construit un temple de civilisation.

— Oui, répondit Cimourdain. De ce provisoire sortira le définitif. Le définitif, càd le droit et le devoir parallèles, l’impôt proportionnel et progressif, le service militaire obligatoire, le nivellement, aucune déviation, et, au-dessus de tous, reste cette ligne droite, la loi. La république de l’absolu.

(...)

— Cimourdain: La république c’est 2 et 2 font 4. Quand j’ai donné à chacun ce qui lui revient.

— Gauvain: Il vous reste à donner à chacun ce qui ne lui revient pas.

— Qu’entends-tu par là?

— J’entends l’immense concession réciproque que chacun doit à tous et que tous doivent à chacun, et qui est toute vie sociale.

— Hors du droit strict, il n’y a rien.

— Il y a tout.

— Je ne vois que la justice.

— Moi, je regarde plus haut.

— Qu’y a-t-il donc au-dessus de la justice?

— L’équité.

— Précise, je t’en défie.

— Gauvain: Soit, vous voulez le service militaire obligatoire. Contre qui? Contre d’autres hommes. Moi, je ne veux pas de service militaire. Je veux la paix. Vous voulez les misérables secourus, moi je veux la misère supprimée. Vous voulez l’impôt proportionnel. Je ne veux point d’impôt du tout. Je veux la dépense commune réduite à sa + simple expression et payée par la plus-value sociale.

— Qu’entends-tu par là?

— Ceci: d’abord supprimez les parasitismes; le parasitisme du prêtre, le parasitisme du juge, le parasitisme du soldat. Ensuite, tirez parti de vos richesses; vous jetez l’engrais à l’égout, jetez-le au sillon. Les trois quarts du sol sont en friche, défrichez la France, supprimez les vaines pâtures; partagez les terres communales. Que tout homme ait une terre, et que toute terre ait un homme. Vous centuplerez le produit social.

JPEG - 33.8 ko
(Wikipédia)

Cet échange imaginé par V. Hugo résonnerait aujourd’hui sans doute davantage sur le plateau d’un théâtre de la Révolution française que dans une manifestation de rue, mais nous sommes en littérature et la citation qui nous occupe niche bien au milieu d’ambitions qui n’ont pas fini de nous questionner dans la lutte contre l’aliénation des hommes. En cela, elle continue d’être un message révolutionnaire.

page-7_Box9.jpgTant qu’il y aura de la charité, il y aura de l’injusticepage-7_Box9.jpg

 

L’article de Gérard Mordillat, paru en octobre dans l’Humanité des débats [4], nous a fourni l’occasion de revenir sur cette évidence de l’actualité à l’approche de l’hiver: sans la résoudre, la charité souligne la misère qui, dans nos pays riches, ne résulte que de l’injustice sociale. C’est à la lutte politique qu’il revient alors de vaincre celle-ci. Et, plutôt que les propos de V. Hugo devant l’Assemblée en 1849, Gérard Mordillat nous rappelle ce que déclarait Robespierre à la Convention le 7 décembre 1792:

"Quel est l’objet de la société? C’est le maintient des droits imprescriptibles de l’homme. Quel est le 1er de ces droits? Celui d’exister. La 1ère loi sociale est donc celle qui garantit à tous ses membres les moyens d’exister".

V. Hugo disposait en fait d’une analyse politique, qu’il semble avoir ignorée, pour son sujet favori.


Mais, qu’est-ce qui empêche la réalisation de cette évidence, si bien énoncée, dans notre démocratie, sinon justement la volonté de ceux qui nous gouvernent d’y faire obstacle? Gérard Mordillat poursuit:

"Dans notre société, le droit d’avoir des droits est combattu par toutes les forces réactionnaires. Les sans-droits prolifèrent: sans-papiers, sans-abri, sans-travail, sans-logement [sans mariage, sans enfants...!]. Ces individus n’ont plus le droit d’exister. Ils sont, mais ils n’existent pas. Une fois rompu le principe d’égalité entre les citoyens, une fois vendue l’idée de 2 réalités sociales et politiques, l’une supérieure à l’autre, une fois acceptée comme naturelle et inévitable la multiplication des injustices, que voit-on? On voit la charité se substituer à l’égalité".


À l’origine, la charité est une notion religieuse, présente aussi bien dans l’islam que dans la tradition juive et chrétienne.

"Mais il est évident que le geste charitable est d’abord gratifiant pour celui qui l’accomplit, avant même d’atteindre celui qu’il secourt. Gratifiant dans la mesure où la charité est toujours publique et doit toujours l’être pour exprimer sa valeur sans attendre la rétribution de l’au-delà. Il faut non seulement donner mais se montrer donnant, depuis l’antiquité jusqu’au déploiement médiatique de la charité business d’aujourd’hui".

Et "Cette idée de charité a désormais glissé du champ du religieux pour s’enraciner dans celui du politique" qui s’exonère à bon compte des devoirs qui lui incombent.

"Ainsi, dans la société où nous vivons, on est passé du droit d’exister à l’existence d’aumône (...) pour survivre. La charité ne coûte rien (...) alors que l’application de lois sociales remettrait en cause l’injuste répartition des richesses et la criminelle inégalité qu’elle produit entre les citoyens".

V. Hugo avait seulement fait un bout du chemin. 

JPEG - 11.9 ko
Le Grand Retournement Film de Gérard Mordillat (sortie janv. 2013)

C’est la crise, la Bourse dégringole, les banques sont au bord de la faillite, le crédit est mort, l’économie se meurt... Pour sauver leurs mises les banquiers font appel à l’État. L’État haï est soudain le sauveur ! Les citoyens paieront pour que le système perdure, que les riches restent riches, les pauvres, pauvres. Adapté de la pièce de Frédéric Lordon cette histoire d’aujourd’hui se raconte en alexandrins classiques. C’est tragique comme du Racine, comique comme du Molière...

Gérard Mordillat poursuit, sans concession, l’analyse politique: 

 "Il suffit de regarder autour de soi pourvoir que les désengagements successifs de l’État, l’idéologie capitaliste néolibérale, la loi du marché font que (...) la 1ère des lois sociales, celle qui garantit à tous ses membres les moyens d’exister, est vilipendée, stigmatisée, obsolète (...)".

Ainsi, "petit à petit s’est imposée la pratique d’une charité à grande échelle se substituant à la nation et à l’État", quitte à consentir un allègement fiscal limité aux donateurs en échange de cette lâcheté politique. La pérennisation et l’extension des restos du cœur, que Coluche avait imaginés pour pallier à une situation qu’il jugeait inacceptable mais provisoire, constituent l’accusation la + éclatante de cette défaillance politique. Et pour éclairer encore le détournement du don dans le système capitaliste, G. Mordillat évoque cette notion, solidement ancrée dans les consciences, de l’employeur qui donne du travail à un employé:

"C’est un marché parfaitement inégalitaire, que le vocabulaire voudrait draper de vertu. La charité est cousue d’un drap de même tissu".      

Face à une main tendue dans la rue, je me rappelle toujours cette réponse que me fit la personne lorsque je lui dis, dans un réflexe, que déjà hier elle m’avait sollicité:

"je suis comme vous, je mange tous les jours!".

Comme précédemment l’ex des Restos du cœur, elle signifiait que si la charité est, dans l’urgence, toujours un témoignage de solidarité, elle ne règle rien au fond, en ne s’attaquant pas aux causes.

"La réponse est nécessairement politique, puisqu’il y va de la justice et du rétablissement de l’égalité entre tous".

Il y va donc du droit,

"le droit d’exister comme un droit imprescriptible, garanti par la loi et non dépendant de la bonne ou de la mauvaise conscience individuelle".

page-7_Box9.jpg3341594392.pngpage-7_Box9.jpgDe la charité à la lutte politiquepage-7_Box9.jpg

 

Le week-end des 8-9 décembre 2012 vit l’édition annuelle du Téléthon, que Gérard Mordillat range au rayon de la “charité business” ou "autre bazar des bonnes œuvres et des grands profits". L’approche des fêtes de Noël et de fin d’année, avec leurs débordements consuméristes, n’est évidemment pas étrangère au choix de la période,

en misant sur "la bonne ou la mauvaise conscience individuelle".

Le lundi 11 décembre s’ouvrit la conférence contre la pauvreté et pour l’inclusion sociale, avec pour objectif déclaré de tenter d’endiguer la pauvreté, qui ne cesse de s’étendre en ce début du XXIème s. dans le pays d’Hugo comme ailleurs. Il est trop tôt pour apprécier la portée de l’évènement à l’heure où ces lignes sont écrites. Mais, si l’initiative gouvernementale n’est pas sans rappeler celle de Victor Hugo en 1849 devant l’Assemblée nationale, nous pouvons néanmoins approuver l’approche politique.

Le seuil de pauvreté est défini comme le revenu disponible (après impôts et prestations sociales) égal à 50% ou le + souvent à 60% du revenu médian (l’INSEE le fixe désormais à 60%, comme Eurostat), soit €803 ou  €964 pour une personne seule en 2010. À cette date, 4,755 millions de Français vivaient sous le seuil de pauvreté fixé à 50% et 8,617 millions sous le seuil fixé à 60%.

Voir les commentaires et les données en fonction de la composition du foyer sur le site de l’Observatoire des inégalités.

http://inegalites.fr/spip.php?article343

Que le pouvoir ait été contraint d’ouvrir le dossier ne doit rien au hasard et ne répond à je ne sais quelle promesse de la campagne électorale. C’est que la pauvreté est redevenue un phénomène de masse. Près de neuf millions de Français vivent aujourd’hui officiellement sous le seuil de pauvreté (voir encadré) et chacun sait qu’il ne suffit pas de franchir ce seuil pour vivre bien.icon_rolleyes.gif L’accroissement des inégalités, avec l’étalage des richesses de ceux qui passent les frontières pour alléger leur charge fiscale, peut lever un vent de révolte contre l’injustice et l’absurdité des politiques d’austérité qui voudraient faire courber l’échine aux peuples. Un vent qui souffle déjà au sud de l’Europe. En France, le renvoi de Nicolas Sarkozy et de la majorité de droite à l’Assemblée nationale avait donné un peu d’espoir, mais très vite il est apparu qu’en ne s’attaquant pas aux puissances financières et en poursuivant une stratégie de soumission aux marchés, la nouvelle majorité ne ferait que poursuivre, pour l’essentiel, la politique précédente, même si elle parvient à raboter un peu les inégalités.


La presse opposée au néolibéralisme dénonce bien sûr cette situation et ouvre ses lecteurs aux réalités. Ainsi, Alternatives Economiques [5] titrait "Pauvreté, ça suffit!" et l’Humanité dimanche [6], avec une pointe d’humour noir "La pauvreté... ça n’existe pas!" et un dossier appelant à "Combattre la pauvreté!". Mais aussi celle des affaires, Les Échos [7], devait rapporter les résultats d’un sondage d’opinion commandé par le journal:

"Un Français sur 2 se dit pauvre ou en passe de le devenir".

Pourtant, le + significatif est peut-être l’arrivée du mouvement associatif dans la protestation publique. Le constat de l’aggravation de la pauvreté est partagé du Secours catholique [8] au Secours populaire. Le Secours populaire [9], [10], [11] organisa une opération "Assiettes vides" en entrée des manifestations contre l’austérité à l’occasion de la Journée européenne pour l’emploi et la solidarité, le 14 novembre dernier. L’objectif:

"faire revenir Bruxelles sur sa décision de couper le plan européen d’aide alimentaire [PEAD]".

Arrêter le PEAD, "c’est couper les vivres à 18 millions d’Européens, dont 4 millions de Français". L’action commune avec la Croix rouge et la Banque alimentaire avait réussi à repousser ce projet de 2012 à 2014. Ensuite?

On le voit, une solidarité efficace, qui vise réellement à réduire la misère, ne peut ignorer l’analyse et l’action politiques. Les lecteurs de la GR savent que les principes de l’économie distributive, en assurant à la source une répartition équitable des richesses créées par la collectivité, permettraient, dans notre pays riche, de faire disparaître la pauvreté.

 

G. EVRARD, GR, janv 2013

page-7_Box9.jpg

JPEG - 23.5 ko

Le “Airfood” organisé par le Secours populaire

(L’Humanité 11)page-7_Box9.jpg

[1] Victor Hugo, Quatre-vingt-treize, partie III: En Vendée, livre 7: Féodalité et Révolution, chap. V: Le cachot, dialogue entre Cimourdain et Gauvin

http://fr.wikisource.org/wiki/Quatr...treize/III,_7#V_LE_CACHOT

[2] L’Humanité Dimanche, N°324, 9-22 août 2012, n° spécial pour le 150e anniv. de l’éd° des Misérables

[3] Victor Hugo, Discours sur la misère à l’Assemblée Nationale le 9 juillet 1849, voir dans réf 2 ou 

http://mamytartine.blog.lemonde.fr/...

[4] Gérard Mordillat, Tant qu’il y aura de la charité, il y aura de l’injustice, l’Humanité des débats 5-7 oct 2012, p.18 Voir aussi: Contre la charité, par Gérard Mordillat, l’Humanité.fr, 5 oct 2012.

http://www.humanite.fr/politique/co...

[5] Pauvreté, ça suffit !, Alternatives économiques, n°319, déc 2012

[6] La pauvreté... ça n’existe pas !, l’Humanité dimanche, 6 déc 2012

[7] Stéphane Dupont: Un Français sur deux se dit pauvre ou en passe de le devenir , Les Echos.fr, 6 déc 2012

http://www.lesechos.fr/economie-pol...

[8] Bernard Thibaud, secrétaire général du Secours catholique, La pauvreté s’est durablement installée en France, France Info, 8 nov 2012

http://www.franceinfo.fr/print/795043

[9] Des assiettes vides en entrée des manifestations contre l’austérité, l’Humanité.fr, 13 nov 2012

http://www.humanite.fr/social-eco/d...

[10] L’intolérable retour de l’Europe de la faim, l’Humanité.fr, 21 nov 2012

http://www.humanite.fr/societe/l-in...

[11] Secours populaire, L’aggravation de la pauvreté en Europe n’est pas une fatalité !, 23 nov 2012

 http://www.secourspopulaire.fr/actu...

page-7_Box9.jpg

proposé par mamadomi

rééd 13 03 14

Partager cet article

Published by mamadomi - dans Culture en partage
commenter cet article

commentaires

mamalilou 21/03/2014 03:32

-->> merci Carole
doux bisous à toi et délicieux printemps

Carole70 14/03/2014 10:42

Bonjour,c'est toujours avec beaucoup de bonheur que je viens vous lire. Bonne journée

..........♥*¨*•.¸¸❤✿¸.¤*¨¨*¤.¸¸ 14/03/2014 08:03

misère de misère
mais te souhaite une bonne journée

mamalilou 20/03/2014 00:04



toute belle nuit et journée à suivre aussi, merci tout plein


bisous riches!!



vivrenchine 14/03/2014 01:43

Bonjour
Je te souhaite un très bon vendredi
Nos amitiés
Qing&René
http://mandarinsgz.canalblog.com

mamalilou 20/03/2014 00:03



merci rené


doux bisous et amitiés à vous deux, en route pour un printemps de plus!