Pour ▼Adam Ferguson*," l’individu pré-social n’existe pas; l’homme n’existe pas avant ou
indépendamment de la société. Les hommes se constituent, pour le meilleur et pour le pire, dans la société, et
prennent diverses formes dans des sociétés différentes… Si donc on nous demande où est l’état de nature nous répondrons: il est ici; et peu importe de savoir d’où l’on parle, de l’île de
G-Bretagne, du cap de Bonne-Espérance ou du détroit de Magellan".[32]
"…l’humain se présente comme un être dont la nature est d’émerger de la nature en prenant appui sur elle, un être bio-sociologique, alliage indissociable de nature et de culture."[33]
|
Adam Ferguson, (1723-1816)
écrivain écossais
[32]M. Sahlins
La nature humaine
ed. de l’Eclat Terra Incognita
[33]J. Van Rillaer
L’agressivité humaine.
[34]à[38]M. Sahlins
La nature humaine
ed. de l’Eclat Terra Incognita
|
"Le point crucial est le suivant: pendant 3 millions d’années, l’évolution biologique des hommes a obéi à une
sélection culturelle. Nous avons été, corps et âme, façonnés pour vivre une existence culturelle".[34]
"Nés ni bons ni méchants, les hommes se façonnent dans l’activité sociale telle qu’elle se
déploie dans des circonstances historiques déterminées".[35]
Margaret Mead a écrit:
"il est bien + cohérent de considérer la nature humaine comme un matériau tout à fait brut et parfaitement
indifférencié, qui ne prendra une forme reconnaissable que lorsqu’elle aura été formée par la tradition culturelle".
Et de conclure:
"…la civilisation occidentale est construite sur une vision pervertie et erronée de la nature humaine. Pardon, je suis désolé,
mais tout cela est une erreur. Ce qui est vrai en revanche, c’est que cette fausse idée de la nature humaine met notre vie en danger."[36]
|
[34]à[38]M. Sahlins
La nature humaine
ed. de l’Eclat Terra Incognita
Arnold Gehlen (1904-1976),
anthropologue et sociologue allemand, est le principal représentant de l’anthropologie
philosophique
Claude Lévi-Strauss,
anthropologue et ethnologue français Professeur honoraire au Collège de France qui a exercé une
influence décisive sur les scies humaines dans la seconde moitié du XXè s. en étant notamment l’une des figures fondatrices de la pensée structuraliste
Charles Horton Cooley
(1864-1929) sociologue américain s’inscrivant ds le courant du pragmatisme. Pour lui, l’individu et la
société sont les 2 faces d’une seule réalité sociale. l’individu n’existe que par la société et la société que par les individus
|
Arnold Gehlen* a pu écrire:
"L’homme est par nature un être de culture."
"Que serait un homme, si on le privait de sa relation à une culture? Il suffit pour cela d’examiner ce que devient un être humain
qui a été coupé de toute société et laissé à lui-même dans la nature. Telle est la problématique de l’enfant sauvage.
On ne naît pas vraiment homme, on le
devient.
Nous sommes amenés à penser que la culture fait tout, que la culture invente l’homme. Aussi loin que nous cherchions autour de
nous, nous ne trouverons jamais "d’homme naturel", mais des formes de cultures dans lesquelles des hommes apprennent le modèle d’humanité qui est le
leur".
C’est la leçon que délivre l’ethnologie contemporaine, notamment l’anthropologie
structurale développée par Claude Levi-Strauss*.[37]
Et Charles Cooley* ajoute:
"La nature humaine n’est pas quelque chose qui existerait de façon séparée chez l’individu. Elle désigne une nature de groupe ou
une phase primaire de la société."
"D’où tenons-nous, poursuit- il, nos notions d’amour, de liberté, de
justice, etc.? Des philosophies abstraites? Non. Bien davantage, à l’évidence, de la vie effective que nous menons dans ces formes de société
élémentaires et largement répandues, dans la famille ou les groupes de jeux."
Les idéaux qui se forment spontanément, naturellement dc, dans ce cadre sont ceux
de la loyauté, de la sincérité, de l’entraide et de la bienveillance.
Ces idéaux propres à la primarité ne sont rien d’autre que les idéaux structurés essentiels
dans toute société humaine, réunis dans la triple obligation de donner, recevoir et rendre mise en lumière par Marcel Mauss*.
Ces 3 phases s’avèrent essentielles dans l’organisation sociale des peuples archaïques du monde. Sans être parfaite car elle présente ses faiblesses, l’économie du
don participe grandement, par l’influence culturelle qu’elle crée, à la maîtrise des comportements violents. Elle est une éducation, un mode d’intégration et de reconnaissance tout en
permettant l’autonomie. En occident, l’absence quasi permanente de situations d’abondance naturelle et des conditions géo-climatiques difficiles n’ont pas permis l’instauration d’un tel système
et ont conduit au capitalisme.
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Marcel Mauss, (1872-1950),
souvent considéré comme le "père de l’ethnologie française", fut engagé politiquement aux côtés de
Jaurès puis de Blum, dans la perspective d’un socialisme associationniste. Ses travaux sont poursuivis et divulgués aujourd’hui par la revue du M.A.U.S.S.; s’applique à en mettre en
valeur toute la pertinence pour la sociologie générale et pour la philosophie sociale et politique
[38]M. Sahlins
La nature humaine
ed. de l’Eclat Terra Incognita
Pierre Bourdieu (1930-2002)
sociologue français qui, à la fin de sa vie, devint, par son engagement public, l’un des acteurs
principaux de la vie intellectuelle française
|
"La culture, les informations, émises par la société vont permettre ou non l’expression des caractéristiques
biologiques de l’homme en leur donnant un sens, une valeur.
En
réalité, les anthropologues connaissent peu de sociétés, à part la nôtre, où la socialisation implique de domestiquer les dispositions anti-sociales inhérentes à
l’enfant".
Qui sont alors les + réalistes? Je crois que ce sont les peuples … qui considèrent que
la culture est l’état originel de l’existence humaine, tandis que l’espèce biologique est 2ndaire et contingente.[38]
L’action des individus est donc, au terme de la théorisation de
Bourdieu*, fondamentalement le produit des structures objectives du monde dans lequel ils vivent, et qui
façonnent en eux un ensemble de dispositions qui vont structurer leurs façons de penser, de percevoir et d’agir.
Pour les paléoanthropologues et une bonne partie des chercheurs dans le
domaine en sciences sociales, l’évolution biologique a précédé l’évolution culturelle, mais cette dernière a surpassé les effets de
l’évolution biologique; càd que, selon ce paradigme, la culture est + à même d’expliquer les transformations sociales et les différences entre les Hommes
que la génétique.
|
Henri Laborit (1914 - 1995)
Médecin chirurgien et neurobiologiste, introduisit l’utilisation des neuroleptiques en 1951. Il était
également éthologue (spécialiste du comportement animal), eutonologue (spécialiste du comportement humain) et philosophe
[39]à[42]Henri
Laborit
La nouvelle grille
|
Afin d’appuyer l’ensemble de ces études, révélations et
témoignages, il reste à demander à un grand chercheur dans ce domaine, ▼Henri Laborit*, de nous révéler ses conclusions:
"Nous sommes …obligés, par l’étude expérimentale du comportement agressif, de nous élever contre l’interprétation largement
diffusée au cours de ces
dernières années, de l’implacabilité génétique de l’agressivité chez l’homme".[39]
"…comme il serait peu probable que ce soient les dominés qui tentent d’eux-mêmes d’assurer la stabilité d’un
système hiérarchique, il faut bien que les dominants installent très
tôt dans le système nerveux de l’ensemble des individus du groupe, un type d’automatismes socioculturels, de jugements de valeurs favorables au
maintien de leur dominance, donc de l’organisation hiérarchique du groupe. La propagation de l’idée d’une agressivité innée de l’espèce humaine que
nous tiendrions des espèces animales nous ayant précédés dans le phylum fait partie sans doute de cet apprentissage".[40]
"Profitons-en …pour noter combien la référence à la "nature", au "naturel" se fait généralement pour fournir un alibi aux
jugements de valeur de l’époque. C’est ainsi que l’on fera appel à la nature pour montrer l’implacabilité de l’agressivité chez l’homme puisqu’elle existe chez l’animal, ce qui déculpabilise les hiérarchies, les dominances, l’agressivité des dominants en réponse à celle des dominés …"[41]
Et Henri Laborit conclut dans "la nouvelle grille":
"Il faut motiver l’homme
de demain pour qu’il comprenne que ce n’est
qu’en s’occupant des autres, ou + exactement des rapports des hommes entre eux, de tous les hommes quels qu’ils soient, qu’il pourra trouver la sécurité, la gratification, le plaisir. Je ne suis pas
loin de croire que nous entrons dans une ère où il ne sera plus possible d’être heureux seul ou à quelques-uns. Nous
entrons dans une ère où toutes les "valeurs" anciennes établies pour favoriser la dominance hiérarchique doivent s’effondrer".[42]
"Nous vivons actuellement en régime de "polyarchie". Chacun fait partie de différents groupes qui ont des intérêts
distincts et parfois opposés.
|
[39] à [42] Henri
Laborit
La nouvelle grille
[43] à [51] J. Van
Rillaer
L’agressivité humaine
|
La loi exprimée dans le groupe des amis de même âge ne reproduit plus
automatiquement celle de la famille ou de l’école. Les normes se bousculent et se contestent. Cette pluralité et cette discordance des valeurs (matérielles, morales, religieuses,
etc.), à quoi s’ajoute une dépersonnalisation des figures du surmoi et une perte du sens de la vie, explique, en partie, l’agressivité des temps
modernes".[43]
"De façon générale, nous pouvons dire que l’homme, animal iconolâtre, devient agressif
lorsqu’il est déçu par l’image que les autres lui renvoient ou par celle qu’il se fait de lui-même".[44]
"Selon J.P.Scott, la meilleure façon de rendre les animaux agressifs n’est pas de les frustrer mais de leur donner des occasions de gagner des
batailles".[45]
"En raison des observations réalisées chez différents peuples du monde entier, que ce soit
les Arapeshs de Nouvelle-Guinée, les Abrons de Côte-d’Ivoire, les Semais de Malaisie, les Lepchas► de l’Himalaya, "on peut en conclure que la "nature" humaine laisse de nombreuses possibilités, depuis le
renforcement de la violence dans des voies destructrices jusqu’à la réduction et la quasi-élimination de l’agressivité".[46]
"La pauvreté…ne mène pas à l’agression, mais l’inégalité
éprouvée comme injuste y conduit très facilement. On comprend dès lors que l’"affluent society", la société de consommation et de compétition sur le modèle américain, ne soit pas la moins
violente".[47]
"Les sociétés occidentales actuelles, tant par leur complexité que par leur éthique explicite et
implicite, sécrètent une violence structurelle et provoquent une contre-agression de la part des + faibles. Que l’on songe ici
- à la bureaucratie envahissante,
- à l’absence de communication entre les classes sociales,
- à l’octroi limité des biens de consommation exhibés par une minorité et magnifiés par la publicité,
- au sentiment que plus personne ne "survole’ effectivement les problèmes sociaux
- et que la machine sociale fonctionne toute seule ou au bénéfice de quelques-uns.
- Il faudrait aussi parler des mythes néfastes de l’Etat-providence et de la Société responsable de tous les
malheurs des citoyens…"[48]
"La tolérance intérieure est la condition de la tolérance envers autrui. Si l’on a pu dire que la rencontre avec
soi-même suppose le dialogue avec autrui, on peut également affirmer que la rencontre avec autrui passe par le dialogue avec soi-même".[49]
|
[43] à [51] J. Van
Rillaer
L’agressivité humaine
Erich Fromm,
(1900-1980) psychanalyste
humaniste américain d’origine juive allemande. Il est avec Adorno, Herbert Marcuse et d’autres, un des
1ers représentants de l’école de Francfort
|
…l’homme est semblable aux autres mammifères: il est un animal de contact, il a besoin de stimulations
sociales et, + précisément, d’une communauté qui lui donne un statut… L’enfant, en particulier, doit pouvoir, dans certaines limites, être "narcissisé". Il doit éprouver le
plaisir d’être en vie et se sentir bien dans sa peau. Ceci implique un minimum de sécurité, de stabilité, de sollicitude et de valorisation sociale.
La personne n’a pas seulement besoin d’une petite touche de
non-conformisme,…il lui faut véritablement s’aimer elle-même. C’est cette vérité qui permet de comprendre le paradoxe énoncé par E.Fromm*: "l’égoïsme est une excroissance du manque d’amour de soi"".[50]
"Notre civilisation ne nous apprend qu’à conquérir les choses. Elle devrait nous enseigner aussi (ou surtout)
la dépossession, le jeu et le rire. L’esprit de sérieux, le goût de la conquête et la violence ont une même source. Tous 3 dérivent d’une
hypertrophie du moi ou de l’idéal du moi".[51]
"…L’explosion non contrôlée du comportement
agressif est un moyen de se soustraire à l’angoisse résultant de l’impossibilité de réaliser un comportement gratifiant".[52]
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[52] H.Laborit La nouvelle grille
Pierre Bourdieu (1930-2002) est un sociologue français qui, à la fin de sa vie,
devint, par son engagement public, l’un des acteurs principaux de la vie intellectuelle française
[53] J-Marie Muller Dictionnaire de la non-violence
|
En résumant l’opinion de Pierre Bourdieu sur le sujet, il est possible de
dire que la violence trouve donc sa cause dans la manière avec laquelle chacun s’évalue et se situe parmi les autres ainsi que dans la manière avec laquelle chacun se sent évalué et situé par les
autres. Et à cet égard, c’est plutôt du côté de la vie sociale que l’on se trouve.
La cause de la violence se trouve dans nos évaluations
subjectives de ce qui est, et dans la manière avec laquelle chacun se juge comparativement aux autres.
Si l’agressivité chez l’homme dépend des conditions sociales et de la
gratification personnelle, il est donc permis de penser qu’une solution existe à l’idée de construire une société conviviale et solidaire, exemptée de la caricature grossière d’une soi-disant
nature humaine indéniablement perverse et violente.
"On renoncera à ce sophisme qui voudrait affirmer: la violence est en l’homme comme elle est
partout dans la nature. Un tel raisonnement n’a d’autre effet de banaliser la violence et de la rendre inéluctable".[53]
Si l’agressivité fait partie du patrimoine inhérent à la vie lui permettant
de posséder une énergie vitale, tout débordement vers la violence demande l’intervention d’un stimulus externe.
Cette notion est importante car elle efface l’idée d’implacabilité de l’agressivité en terme d’agression
obligatoire dont l’expression serait inéluctable chez l’homme.
"Rompre avec la culture de la violence, c’est quelque part, sans pour autant faire table rase du passé,
rompre avec notre propre culture".[53]
En conclusion, il est possible d’annoncer que "la notion
occidentale de la nature animale et égoïste de l’homme est sans doute la plus grandeillusion qu’on ait jamais connue en anthropologie"
M. Sahlins.
A partir de cette remise en cause d’un pouvoir absolu d’une certaine "nature
humaine", il est alors permis de penser avec Sartre que l’homme est laissé à lui-même dans la nature en ayant à charge, à travers sa propre culture, de former une
humanité que la nature ne peut pas former pour lui. Tel est le rôle de l’éducation.
Nous pouvons en déduire: "Cela pose, bien sûr, la question
centrale de l’éducation puisque ce n’est que par elle qu’un sujet peut apprendre à "grandir" càd à devenir autonome. Une société décente est donc impensable sans l’action déterminante de
structures et de pratiques éducatives (aussi bien familiales que collectives) destinées à permettre au grand nombre d’accéder dans les meilleures conditions possibles à cette
maturité ou autonomie"J.-C. Michéa*.
|
Jean-Claude Michéa (né en 1950) écrivain et professeur de philosophie français,
auteur notamment de plusieurs essais autour de la pensée et l’œuvre de George Orwell
Benjamin Barber (né en août 1939) politologue et écrivain américain professeur de
scie politique à l’université du Maryland
[54] J-Claude Michéa
L’empire du moindre mal. 2010
[55] J. Dewey,
Démocratie et nature humaine 2002
|
"L’autonomie suppose donc à la fois un progrès
moral, un progrès psychologique et un progrès intellectuel. Et c’est pourquoi l’un des buts fondamentaux d’une société décente est nécessairement de mettre en place tous
les contextes matériels et symboliques qui permettront au + grand nombre de devenir autonomes, càd de "grandir".
J.-C. Michéa renvoie ici au dernier livre de Benjamin Barber* qui montre,
à l’inverse, que l’un des effets anthropologiques majeurs du
contexte capitaliste est précisément d’infantiliser les individus".[54]
Cependant, les protecteurs d’un tel système
prétendent que s’attaquer à lui c’est remettre en cause toute la base de la démocratie puisqu’il est censé défendre la libre expression d’une certaine "nature humaine".
"C’est en effet en raison de la croyance en une certaine théorie de la nature humaine que démocratie et capitalisme sont présentés
comme des siamois, si bien que s’attaquer à l’un, c’est menacer la vie de l’autre".[55]
Dénoncer les dogmes
erronés qui encombrent la théorie de la "nature humaine" sur lesquels s’est bâti le
capitalisme, ce n’est pas remettre en cause l’autonomie et son expression par la
démocratie.
C’est montrer
que la liberté, la libre expression de chacun dans la société n’est pas celle du renard dans le poulailler, mais dépend de la culture et de l’organisation sociale.
"Seulement, l’autonomie possède son propre piège, celui de l’individualisme qui procède bien d’un
jugement erroné dès lors que l’individu attaché à son autonomie croit qu’il peut se passer des autres et se désintéresser de la chose publique pour sauvegarder sa liberté
".
"L’ordre démocratique conduit chacun à se réfléchir comme un être séparé des autres, ayant une existence autonome,
choisissant sa vie et ceux avec lesquels il entretient des relations privilégiées. En ce sens l’individualisme est le propre d’une société ayant émancipé et défini l’homme comme une
personne càd un sujet moral appelé à exercer sa liberté et à déployer son existence selon le principe de l’autonomie personnelle."
|
Louis Dumont (1911-1998) était un anthropologue français spécialiste de l’Inde. Sa
réflexion porte également sur les sociétés occidentales en s’appuyant sur des analyses comparatives
[56] Alexis de Tocqueville
Essais sur l’individualisme
|
C’est là la face noble de l’individualisme correspondant à la définition
qu’en donne Louis Dumont*: "on désigne comme individualiste, par opposition au holisme, une idéologie qui valorise l’individu (au sens d’être moral
indépendant, autonome et ainsi essentiellement non social) et néglige ou subordonne la totalité sociale"[56]
"Déserté par le sentiment d’appartenance à un ensemble le transcendant et
l’obligeant, l’homme démocratique peut ainsi nourrir l’illusion de sa propre autosuffisance.
… l’individualisme procède bien d’un jugement erroné dès lors que cet individu attaché à son autonomie croit qu’il peut se passer
des autres et se désintéresser de la chose publique pour sauvegarder sa liberté".
"Le despotisme trouve dans l’isolement des hommes et dans la désaffection
civique ses + fidèles alliés"[57].
|
[57] A. de Tocqueville
De la Démocratie en Amérique
[58] Axel Kahn
Raisonnable et humain? 2004
Protagoras, parfois aussi nommé
Protagoras d’Abdère, penseur
présocratique et professeur du Vè s. av. JC (dates présumées: env -490 ; -420).
|
"Mais l’éducation indispensable à la formation de l’autonomie individuelle ne peut se faire sans la présence de l’Autre, exemple et miroir, tuteur et compagnon. La contribution du soi et de l’autre à l’émergence d’une
personnalité est indispensable puisque seul, je ne puis être moi, il me faut dès l’origine, le contact avec l’autre que je contribue à forger mais qui m’enrichit aussi parce
qu’il est lui".[58]
"Pour le sophiste Protagoras*, la
science et la technique sont certes indispensables à l’homme mais demeurent insuffisantes; encore faut-il diké et aïdos, la justice et la
solidarité, càd le sentiment d’altérité, la prise de conscience de la valeur essentielle de l’Autre".[58]
Autonomie et solidarité avec l’Autre, voici 2 ingrédients difficiles à lier
pour parvenir à "cuisiner" une organisation sociale à visage humain. Difficile, mais non pas impossible puisque de nombreux peuples et civilisations y sont parvenus et notamment
les Iroquois pourtant qualifiés de "sauvages" au début du 18ème s., auxquels le baron de Lahontan attribue dans ses
écrits de nombreuses qualités dont la sagesse, l’indépendance d’esprit et le sens du groupe malgré qu’ils soient dépourvus, comme il dit, du sens de la propriété privée et non
chrétiens
.
Mais ne sont-ils pas, tous ces peuples "sous-développés",
adeptes de ces idéaux propres à la
primarité structurés par la triple obligation de donner, recevoir et rendre dont parle Marcel Mauss?
Poser l’importance du contexte environnemental, c’est concevoir
qu’on ne naît ni bon, ni mauvais, que chaque individu est ancré dans une histoire en devenir et que dc il peut changer si on lui en donne les moyens. C’est
partir du principe que les êtres humains sont avant tout le reflet de la société dans laquelle ils vivent et que l’on peut à tout moment débattre
collectivement de ce type de société et la faire évoluer en fonction de ce qui pourra être épanouissant pour
chacun-e.
Il est absurde que le capitalisme né de conditions particulières qui n’existent qu’artificiellement aujourd’hui puisse imposer ses nuisances dans le monde entier.
Il se cache derrière sa réussite technique qu’il présente comme la panacée universelle, comme la condition du bonheur
sur Terre, alors qu’en réalité
il ne propose qu’un enfermement dans le consumérisme, la dépendance envers le matériel sinon l’expression de la violence sous toutes ses formes. En raison des
dégradations catastrophiques infligées à l’environnement, il est donc aussi responsable d’une prolifération croissante de maladies qui atteignent aussi bien le physique que le
mental. Le cancer n’a-t-il pas l’aspect aujourd’hui des épidémies de peste d’antan? La lucidité suffirait à indiquer que ce système
politico-économique représente à présent le + grand fléau contre lequel l’humanité doit lutter. Or, élevé au niveau d’une religion
nourrie par la foi en la techno-science, son alliée, il demande l’aveuglement en un fanatisme sectaire et l’abandon de tout raisonnement au profit des prêtres-experts
seuls capables d’assurer un avenir meilleur.
L’intégrisme et le désir d’hégémonie qu’il affiche réalisent dans le monde
le même effet que le réchauffement brutal du climat sur les espèces végétales et animales, l’impossibilité pour la majeure partie des membres de l’humanité de s’adapter aux exigences du
"marché" et de s’attirer les bonnes grâces de la "main invisible" avec pour conséquence l’exclusion et même l’élimination.
En raison de la mentalité
contemporaine, un changement est-il encore possible?
Comme nous avons vu, une modification de la personnalité humaine peut être
le fait d’une évolution culturelle.
Les troubles mentaux (dépressions, stress, névroses, suicides,
déséquilibres familiaux, …) causées par le milieu capitaliste, montrent que l’humain ne s’est pas adapté à ce genre de régime, qu’il n’a pas eu le temps de se corrompre
définitivement et qu’un changement possède toutes les chances de se trouver considéré tel un soulagement et une renaissance salutaire.
Le retour à des conceptions initiales, telles celles
énoncées par M.Mauss, au sein d’une conjoncture devenue comparable, càd une situation qui propose l’abondance concertée respectueuse de l’environnement et la
priorité de l’Être, va permettre au distributisme aménagé en conformité avec les données modernes de retrouver sa place.
F. CHÂTEL, GR, 14 mars 2011
A propos d'agressivité
il n'y a au fond, pas de mal, mais qu'une absence de bonté, de lumière,
de chaleur, de conscience spirituelle...
D'ailleurs ici 2 habitués ont déposé les commentaires agressifs
et dans cette attitude dûment contestée ajoutent,
par caprice, la bêtise de constituer sur la même adresse IP
un 3ème
intervenant fictif qui viendrait abonder en leur sens
habitués de cet exercice, qui procèdent pareillement sur leurs propres blogs
j'ai pris le temps de leur répondre d'un ton désormais tranché, après avoir usé
à la corde toutes formes de techniques du dialogue positif
toutes formes de contre-manipulation
bienveillante
Par exception j'ai supprimé ces échanges parasites, ne conservant que le 1er
et le pseudo fantôme d'une finâsserie perverse qu'à vos yeux je livre.
Ils révélaient la force de ces conditionnements, mus non par la nature,
mais par le manque d'estime de soi,
de dignité et de recul
réduisant certains, par toute forme de mensonges et provocations
à médire sur les autres, pourfendant toute forme de bienveillance, et trouvant
dans la souplesse avenante de leurs interlocuteur, une brèche à exploiter.
Espoirs de quelque éclaboussure de gloire, sentiment solitude?
j'avais d'ailleurs prévu de traiter ce sujet des perceptions subjectives
qui nous posent en médiocres aquabonistes
taciturnes
plusieurs jours de commentaires irrespectueux et insistants,
inutiles, malveillants et
diffamatoires, voire désobligeants
pour l'auteur, les blogueurs, et ceux qui commentent même...
mes réponses ont été détaillées, poliment explicatives, fermes et inflexibles
à l'égard de leurs mauvaises manières
leur étant insupportables, ils revenaient... ma poubelle a grossi
de 22 commentaires et 6 réponses,
rien moins!
Valentine
connaît elle aussi sur son blog les mêmes affres...
ici, dans leur fantasme de toute puissance infantile
ils ont continué de sévir en duo (pour faire pression illusoire),
d'une morgue pathétique, vous pouvez
toutefois les suivre
sur leurs blogs respectifs en lien ci-dessous, ils ne mordent pas toujours...
- ces humains-là sont aussi souvent tristounes...
si vous appréciez les sophismes/aphorismes populistes et autres traitements
fallacieux, vous serez servis; mais n'espérez pas du 2nd degré
non non, c'est du pur jus réfléchi!

et ce sera là ma mini contribution sans complaisance à leur
quête de notoriété
note: le pseudo SV est un avatar de même IP que kt, venant
ajouter
de l'occurrence fictive pour essayer de
valider la justification
de leur intervention... par la réaction à ce
harcèlement
- cas d'école du procédé manipulatoire.
c'est particulièrement intéressant de voir étalé ce stéréotype de
la manipulation
si souvent traité sur ce blog:
voyez comment ça se déroule, lisez précisément le commentaire
collector (SV)
malheureusement, afin de ne pas fournir matière jouissive à cet
intervenant,
je suis obligée de faire le choix de vous priver de la lecture de
ses rebuffades
je vous invite à systématiquement procéder ainsi sur vos
blogs
comme avec tout manipulateur de votre quotidien
(si si en cherchant bien, vous en
reconnaîtrez...)
quand la situation se présente, ne vous laissez pas
envahir,
ne répondez pas systématiquement, triez entre les objections
légitimes et
les interventions perverses par le langage indirect,
questions-réponses etc...
Qu'on se rassure, je continuerai de contribuer de mon petit
écot
à la destruction du capitalisme
par l'apport régulier de décryptages de ses mécanismes manipulateurs
Les derniers propos