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28 mars 09, un bilan



art fractal
parure que leur beauté. Elles marchaient sans que leurs pieds touchent l'herbe, chantaient un cantique tissé de rêves d'amour et pinçaient des lyres d'ivoire aux cordes d'or. Arrivé devant
une place, je vis un trône incrusté de pierreries en plein milieu d'une scène d'où jaillissaient des lumières aux couleurs de l'arc-en-ciel. Les vierges se tenaient de chaque côté et chantaient
d'une voix plus élevée, le regard tourné vers l'endroit d'où émanaient des senteurs d'encens et de myrrhe. Soudain, une reine apparut d'entre les branches fleuries. Elle marcha lentement vers le
trône et s'y installa. Alors s'abattit une nuée de colombes blanches comme neige qui se posèrent à ses pieds, formant un croissant de lune.
La reine fit un
signe de la main et tout s'arrêta. Puis elle dit d'une voix qui me fit vibrer, telle la main d'un musicien qui pince les cordes de son luth, et qui ébranla entièrement cet environnement féerique,
comme si toute chose alors y était dotée d'oreilles et de coeurs: "Je t'ai convoqué, toi l'humain, et je suis la reine des théâtres de l'imagination. Je t'ai octroyé l'honneur de comparaître devant moi et je suis la reine de la forêt
des rêves. Ecoute mes commandements et proclame-les face aux humains. Dis-leur que la cité de l'imagination est un festin de noces, à sa porte un terrible géant monte la garde. N'y entrera que
celui qui aura revêtu les habits de noce. Dis-leur que c'est un paradis gardé par l'ange de l'amour. Seul celui dont le front est marqué du signe de l'amour peut le contempler. C'est un champ de
représentations où les cours d'eau ont la douceur du vin, où les oiseaux volent comme volent les anges et où les fleurs exhalent sans cesse leurs subtiles fragrances. Seul le fils des rêves peut
fouler l'herbe de ce champ. Annonce aux humains que je leur ai offert une coupe pleine de joie mais, dans leur ignorance, ils l'ont renversée. L'ange des ténèbres est alors venu l'emplir du
breuvage de la tristesse. Ils l'ont bu pur et sont devenus ivres. Dis-leur que seuls ceux dont les doigts ont touché mon écharpe et dont les yeux ont bu mon trône ont su bien jouer de la lyre de la vie. Isaïe a ordonné les perles de sa sagesse en colliers sur les fils de mon amour. Jean a raconté sa vision avec ma langue. Et Dante
n'a parcouru les prairies des esprits que
guidé
par mes indications. Je suis la métaphore qui étreint la réalité, une réalité qui révèle l'unnicité de l'être et un témoin qui
confirme les actes des dieux. Dis-leur que la patrie de la pensée se situe plus haut que le monde des choses visibles et que les nuages de l'allégresse ne troublent pas son ciel. Dis-leur que les
dessins de l'imagination sont dans le ciel des dieux et se reflètent dans le miroir de l'âme pour que leur espérance se répande dans ce qui suivra après sa libération de la vie
ici-bas."

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