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28 mars 09, un bilan



L’économie distributive s’inscrit dans le cadre d’une économie d’abondance, rendue possible par les progrès des sciences et des techniques. Ce n’est pas pour autant une économie de gaspillage, car, faisant passer les intérêts humains avant les impératifs financiers, elle se développe dans le respect de l’environnement en gérant écologiquement les ressources naturelles et humaines.
L’économie distributrive s’impose dès lors qu’il n’est plus possible de maintenir le lien - le salaire - qui attache l’une à l’autre deux grandeurs, dont l’une - la production - croît désormais à volonté, tandis que l’autre - l’emploi nécessaire à cette production - ne cesse de diminuer au rythme des progrès scientifiques.
Ce lien a beau être élastique, il est en train de casser.
Il faut donc partager les richesses produites et partager aussi les tâches qui restent nécessaires pour les produire.
Pour cela, trois propositions:
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1. Le partage des richesses s’effectue par la distribution
d’un revenu auquel chacun a droit de sa naissance à sa mort: le revenu social. 2. Le partage des tâches est un devoir que chacun doit effectuer, selon ses compétences, et dont on peut prévoir qu’il s’allègera au rythme des progrès scientifiques. à ce devoir J.Duboin avait donné le nom de service social. Comme cette expression a pris depuis un autre sens, on peut le remplacer par service civil. 3. Bien qu’elles ne progressent plus dans le même sens, richesses et tâches ne sont pas indépendantes, puisque les richesses sont produites pour être consommées. Pour réaliser l’équilibre entre production et consommation, la gestion distributive utilise une monnaie de consommation gagée sur la production. |
Les modalités de fonctionnement, qui doivent pouvoir évoluer pour s’adapter à de nouveaux moyens, varier en fonction des besoins, voire même des régions, et les institutions nécessaires à leur mise en œuvre peuvent, prendre différents aspects. Il va de soi que ce sont les gens concernés qui devront eux-mêmes en décider.
Quelles que soient ces modalités, les principes sur lesquels repose l’économie distributive ouvrent des perspectives qui sont diamétralement opposées aux effets pervers de l’organisation capitaliste. Revoyons quelques aspects.
L’attribution d’un revenu social à chacun dès sa naissance est la reconnaissance du fait que tout individu qui nait aujourd’hui arrive dans un monde où la richesse est produite, non plus exclusivement à la sueur du front des vivants actifs, mais pour une part prépondérante, par des machines automatisées qui fonctionnent grâce aux connaissances accumulées par toutes les générations précédentes. Ce revenu, qui doit permettre aux générations qui viennent de disposer de ressources économiques suffisantes pour que chacun puisse s’épanouir selon ses aspirations et ses talents, pourvu, bien entendu, que cette liberté n’empiète pas sur celle d’autrui, est donc l’usufruit d’un patrimoine commun. L’économie distributive met ainsi fin à la misère.
Elle réalise le partage du travail et aussi la diminution automatique de la durée légale du travail au rythme du développement de nouvelles
technologies, ce mythe dont on parle aujourd’hui sans pouvoir le réaliser. Quand une entreprise s’automatise, elle contribue à la baisse du service civil et, quand elle accroît ainsi sa
production, elle accroît du même coup le pouvoir d’achat général. Il n’y a donc plus opposition entre l’intérêt des ménages et celui des entreprises. Le chômage n’est plus une catastrophe,
c’est du temps libéré que chacun peut consacrer aux activités de son choix. La grande relève * ne méne plus vers l’exclusion, elle devient, pour tous, une libération du travail contraint.
*Titre d’un ouvrage de J.Duboin paru en 1937 chez Grasset, puis d’un journal "distributiste"
En se libérant ainsi de l’aliénation du travail de production, la société va pouvoir consacrer de plus en plus de son temps et de ses moyens aux activités qui lui permettent de se développer: l’éducation, la formation, la recherche, la santé, l’art. Le niveau général de la culture, dans ces conditions, ne peut que s’élever... Et il ne s’agit pas là de culture "commerciale".
Aujourd’hui, dès l’enfance, les gens sont mis en condition pour devenir agressifs et égoïstes parce qu’il faut être le premier quand il n’y a de place que pour le meilleur. Acette compétition sauvage l’économie des besoins substitue des relations conviviales dans une société où chacun peut choisir sa place. L’éducation change alors complètement d’objectif. Il ne s’agit plus de former de jeunes loups, mais des hommes et des femmes équilibrés, que les éducateurs peuvent aider à se déterminer, à découvrir leurs dons et leurs aspirations. Et on peut miser sur la diversité de la nature humaine et sur les moyens modernes de formation pour être assuré que toute tâche nécessaire trouve les compétences qu’elle requiert.
La monnaie distributive n’est plus qu’un pouvoir d’achat de biens et de services. Les comptes ne peuvent être alimentés que par les organismes officiels auxquels revient le droit de création monétaire. Il ne peut donc plus y avoir d’argent sale: la monnaie n’est plus anonyme. C’est sans doute la fin du secret dans toute l’économie, et c’est la fin des fortunes basées sur les trafics, comme celui de la drogue, des détournements de fonds et autres abus de biens sociaux tels que ceux qui défraient, presque quotidiennement, la chronique depuis que le capitalisme néo-libéral et ses déréglementations laissent à penser certains responsables que tout leur est permis. Assurer la tâche dont on a pris la responsabilité n’est plus le moyen de s’enrichir au détriment des autres, voire au mépris de leur santé, c’est un devoir envers eux.
Et c’est ainsi que les hommes, et les femmes au même titre, bien évidemment, pourront devenir les artisans de leur évolution, sans en laisser le soin à “la main invisible du marché”, et qu’ils pourront transformer les progrès de leurs savoir-faire en véritable progrès social.
J.-P. MON, M.-L. DUBOIN
proposé par mamadomi

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